Jean-Claude ROMAND : analyse DS2C d'un effondrement annoncé

Le 29/11/2025 0

Les faits

Le 9 janvier 1993, les pompiers découvrent dans les décombres d'une maison incendiée à Prévessin-Moëns (Ain) les corps de Florence Romand et de ses deux enfants, Antoine (7 ans) et Caroline (5 ans), tués par balles. Le même jour, les parents de Jean-Claude Romand, Aimé et Anne-Marie, sont retrouvés assassinés à leur domicile de Clairvaux-les-Lacs (Jura). Jean-Claude Romand est découvert vivant, intoxiqué aux barbituriques.

L'enquête révèle l'impensable : pendant 18 ans, Romand a fait croire à tous qu'il était médecin chercheur à l'Organisation Mondiale de la Santé à Genève. En réalité, il a échoué en deuxième année de médecine en 1975 et n'a jamais exercé la moindre activité professionnelle. Chaque matin, il partait "travailler" et errait dans les forêts, les parkings, les bibliothèques. Il vivait de l'argent emprunté à ses proches sous prétexte de placements financiers avantageux via ses contacts à l'OMS.

Début janvier 1993, un ami réclame le remboursement d'une somme importante. L'échéance approche. Le mensonge va être découvert. Romand ne peut ni avouer ni continuer. Il tue méthodiquement sa famille, tente de se suicider, échoue.

Jugé en 1996, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il refuse systématiquement d'expliquer son geste au-delà de formules creuses ("Je ne sais pas", "C'était la seule solution"). Libéré en 2019 après 26 ans de prison, il maintient le silence.

Ce cas illustre de façon saisissante la nécessité d'une analyse multi-niveaux. Aucune approche mono-causale ne peut rendre compte de ce passage à l'acte : ni les facteurs de risque criminologiques classiques (Romand n'a aucun antécédent de violence), ni une lecture exclusivement psychiatrique (il n'est pas psychotique), ni une explication situationnelle (des milliers de personnes sont acculées financièrement sans tuer leur famille). Seule une méthode intégrative comme DS2C permet de comprendre comment et pourquoi cet effondrement était prévisible.

 

Application de la méthode DS2C

Niveau 1 : Analyse développementale

Histoire d'attachement

Romand naît en 1954 dans le Jura, fils unique d'un couple modeste. Le père, Aimé, est ouvrier forestier, effacé, peu présent. La mère, Anne-Marie, est surprotectrice, anxieuse, investit massivement son fils unique comme projet narcissique. Romand est "l'enfant parfait" : sage, poli, brillant à l'école, jamais un problème.

Cet attachement n'est pas sécure. Il est anaclitique : Romand existe à travers le regard maternel. Il n'a pas construit d'assise narcissique propre. Son identité repose entièrement sur la validation externe : être le bon élève, celui qui réussit, celui qui rend fiers. Toute faille dans cette image est vécue comme menace existentielle.

Trajectoire développementale

Le parcours scolaire est sans faute jusqu'en 1975. Romand entre en médecine à Lyon. Deuxième année : il échoue à l'examen. Cet échec est vécu comme effondrement narcissique total. Impossible d'avouer. Impossible de décevoir. Il commence à mentir : il prétend avoir réussi, s'inscrit en troisième année, assiste aux cours sans jamais passer les examens.

De 1975 à 1993, la trajectoire est celle d'une imposture systématique. Romand construit une vie fictive : il "travaille" à l'OMS, se marie (1980), a deux enfants (1985, 1987), achète une maison. Chaque matin, il part "au bureau" : il erre. Il lit *Le Monde*, des revues médicales, se tient informé pour soutenir la conversation. Il emprunte de l'argent à ses proches (beaux-parents, amis, maîtresse) en promettant des placements via l'OMS. Il vit de ces escroqueries.

Aucun turning point positif. Pas de ressource alternative. Le mensonge s'auto-entretient : chaque jour de plus rend l'aveu plus impossible. La spirale est infernale.

Facteurs de risque et de protection

  • Facteurs de risque développementaux :
    • Attachement insécure (anaclitique, surprotection maternelle)
    • Faux-self précoce (obligation d'être parfait)
    • Trauma narcissique (échec 1975) non élaboré
    • Absence totale de soutien social réel (tous les liens reposent sur le mensonge)
    • Isolement croissant (impossibilité de se confier)
  • Facteurs de protection : aucun. Romand n'a jamais développé de ressources internes (estime de soi autonome, capacité de mentalisation) ni de soutien externe réel (tout lien authentique supposerait d'avouer).

Facteurs de risque proximaux (janvier 1993)

Un ami, Luc Ladmiral, réclame le remboursement de 900 000 francs prêtés. Échéance : mi-janvier. Romand ne peut ni rembourser ni avouer. D'autres créanciers commencent à s'impatienter. Sa maîtresse, Corinne, médecin, envisage de lui présenter des collègues de l'OMS. La découverte est imminente.

Le passage à l'acte survient à ce moment précis : quand la sortie du mensonge devient inévitable et que l'aveu reste psychiquement impossible.

 

Niveau 2 : Structure de personnalité (Bergeret)

Structure limite

Romand présente tous les critères d'une organisation limite de la personnalité.

Angoisse dominante : abandon/effondrement narcissique

L'angoisse n'est ni de morcellement (psychotique) ni de castration (névrotique). C'est une angoisse d'abandon/effondrement : si le mensonge est découvert, il n'existe plus. Son identité repose entièrement sur le regard de l'autre. L'aveu = disparition.

Relations d'objet anaclitiques

Romand ne peut exister seul. Sa femme, ses enfants, ses parents, sa maîtresse sont les garants de son existence fictive. Ils ne sont pas des sujets autonomes mais des miroirs qui reflètent l'image qu'il projette. Cette relation d'objet est typiquement limite : l'autre est nécessaire pour contenir l'angoisse, mais il n'est pas investi comme sujet séparé.

Clivage massif

Pendant 18 ans, Romand maintient deux réalités parallèles sans jamais les laisser se rencontrer. D'un côté : le personnage du médecin OMS, mari, père, ami. De l'autre : le vide, l'errance, le mensonge. Ce clivage radical est caractéristique de la structure limite. Il n'y a pas refoulement (mécanisme névrotique) mais dissociation : les deux réalités coexistent sans s'annuler.

Fragilité du Moi

Le Moi de Romand n'est pas morcelé (il n'est pas psychotique), mais il est extrêmement fragile. Il ne tient que par le maintien du mensonge. Aucune assise narcissique solide. Aucun sentiment d'identité stable. Le Moi est entièrement étayé sur l'image sociale.

Faux-self total (Winnicott)

Romand illustre de façon paradigmatique le concept de faux-self de Winnicott. Il n'y a pas de "vrai" Romand, pas de noyau identitaire authentique. Seulement un personnage construit pour répondre aux attentes (d'abord maternelles, puis sociales). Le faux-self s'est hypertrophié au point d'occuper tout l'espace psychique. Quand il menace de s'effondrer, il n'y a rien derrière : le vide.

Fonction du passage à l'acte dans l'économie psychique

Le passage à l'acte est une défense ultime contre le morcellement. Si le mensonge est découvert, l'image s'effondre, et avec elle toute possibilité d'exister. Tuer ceux qui vont découvrir = tentative désespérée de préserver l'image, même si cela signifie détruire la réalité. C'est un passage à l'acte limite typique : impulsif (déclenché par l'imminence de la découverte), massif (anéantissement total), sans élaboration symbolique.

 

Niveau 3 : Dynamique pulsionnelle

Balance Éros/Thanatos

Chez Romand, Thanatos domine massivement à la fin. Pendant 18 ans, il y a eu une forme d'homéostasie : le mensonge permettait de maintenir une pseudo-vie. Mais cette homéostasie reposait sur un déni complet de la réalité. Quand le déni devient intenable, la pulsion de mort envahit tout.

Le passage à l'acte est un anéantissement : anéantissement de la famille (ceux qui incarnent le mensonge), anéantissement de soi (tentative de suicide), anéantissement de la maison (incendie). C'est une négativation radicale, typique de la structure limite en décompensation.

Compulsion de répétition

Le passage à l'acte de 1993 rejoue le trauma de 1975. En 1975, face à l'échec, Romand ne peut ni l'assumer ni en parler : il commence à mentir. En 1993, face à la découverte imminente, il ne peut ni avouer ni fuir : il tue. Dans les deux cas, la même impossibilité psychique : accepter la faillite narcissique.

La compulsion de répétition ne vise pas la maîtrise (comme dans certains cas où le sujet tente activement de réparer le trauma). Ici, elle est figée : Romand répète l'effondrement sans jamais pouvoir l'élaborer.

Mécanisme en jeu : effraction du système défensif

Pendant 18 ans, le déni a fonctionné comme pare-excitation. Romand ne pensait pas, n'élaborait pas, errait. Le mensonge tenait lieu de réalité psychique. En janvier 1993, l'effraction est imminente : la réalité va faire irruption. Le système défensif s'effondre brutalement. Le passage à l'acte est une décharge, une sortie hors du psychisme : l'affect (terreur de l'effondrement narcissique) ne peut être élaboré, il est agi.

Substrat évolutionniste

Du point de vue darwinien, on pourrait identifier une pulsion de préservation du statut social (dominance, réputation). Mais ici, cette pulsion est entièrement pervertie par la structure psychique. Romand ne défend pas un statut réel, il défend une illusion. Le passage à l'acte n'a aucune fonction adaptative : il détruit précisément ce qu'il prétend protéger.

 

Niveau 4 : Profil caractériel (Le Senne)

Type caractériel : Sentimental (Émotif - non Actif - Secondaire)

  • Émotivité : Romand est profondément émotif. L'angoisse est permanente, massive, mais contenue. Il ne l'exprime jamais directement. Les rares témoignages évoquent un homme tendu, anxieux, mais toujours maître de lui en apparence.
  • Non-activité : C'est le trait le plus frappant. Pendant 18 ans, Romand n'agit pas. Il erre. Il ne cherche pas de solution (reprendre des études, trouver un travail, avouer). Il est dans l'inhibition totale. L'action est impossible car elle supposerait d'affronter la réalité.
  • Secondarité : Romand est secondaire : il rumine, accumule, ne décharge jamais. L'affect n'est pas exprimé immédiatement (comme chez le primaire). Il s'accumule pendant 18 ans. Cette secondarité explique la durée exceptionnelle du mensonge et la brutalité de l'effondrement final.

Temporalité prédictive

Le type Sentimental (É-nA-S) a une temporalité caractéristique : longue inhibition → accumulation de tension → effondrement brutal. C'est exactement ce qui se produit chez Romand. Pendant 18 ans : inhibition. Janvier 1993 : effondrement.

Le Sentimental ne passe pas à l'acte impulsivement (comme le Colérique) ni de façon calculée après rumination (comme le Passionné). Il s'effondre quand le système d'inhibition ne tient plus. Le passage à l'acte est massif, désespéré, sans préparation réelle (Romand rate son suicide, geste typiquement "effondrement" plutôt que "planification").

Signaux précurseurs

Avec le profil Sentimental, les signaux précurseurs sont : augmentation de l'anxiété visible, repli sur soi accru, comportements d'évitement extrêmes, et surtout : moment où la fuite devient impossible. Chez Romand, ce moment arrive en janvier 1993 quand l'échéance du remboursement approche.

 

Niveau 5 : Analyse interactionnelle (Watzlawick)

Auteur : Jean-Claude Romand

Victimes : Florence (épouse), Antoine et Caroline (enfants), Aimé et Anne-Marie (parents)

Tiers : Luc Ladmiral (créancier), Corinne (maîtresse médecin), beaux-parents, amis

Séquence communicationnelle et prophétie auto-réalisatrice

Le cas Romand illustre de façon tragique le concept de prophétie auto-réalisatrice de Watzlawick.

Croyance initiale (1975) : "Si j'avoue mon échec, je n'existerai plus / je décevrai / je serai rejeté"

Cette croyance génère un comportement : mentir, cacher, maintenir l'illusion coûte que coûte.

Ce comportement produit des conséquences qui valident la croyance : plus le mensonge dure, plus l'aveu devient effectivement impossible. En 1993, avouer = effectivement perdre tout (famille, statut, liberté). La prophétie s'est réalisée.

Double contrainte auto-imposée

Romand vit dans une double contrainte permanente :

  • Injonction 1 : "Je dois maintenir le mensonge pour exister"
  • Injonction 2 : "Je ne peux plus maintenir le mensonge (manque d'argent, risque de découverte)"

Ces deux injonctions sont incompatibles. Il n'y a pas d'issue à l'intérieur du système. La double contrainte classique (Bateson, Watzlawick) provient de l'environnement (parents qui envoient des messages contradictoires). Ici, elle est internalisée : Romand s'est piégé lui-même.

Le passage à l'acte est une tentative de sortir du paradoxe : détruire le système (la famille = témoins du mensonge) pour échapper à la contradiction.

Escalade et ponctuation

Il n'y a pas ici d'escalade symétrique (comme dans les violences conjugales). L'escalade est interne : chaque jour qui passe augmente la tension, rend l'aveu plus impossible, rapproche de la découverte.

La ponctuation de Romand est probablement : "Je suis victime d'une situation dont je ne peux sortir". Mais cette ponctuation ignore qu'il a lui-même créé le piège. Il se vit comme contraint alors qu'il a construit méthodiquement l'impasse.

Communication non-verbale

Les témoignages des proches mentionnent, dans les jours précédant le drame, une tension inhabituelle chez Romand : regard fuyant, silences prolongés, crispation physique. Ces signaux non-verbaux révèlent la montée de l'angoisse que le discours continue de masquer (il maintient le mensonge jusqu'au bout).

La congruence verbal/non-verbal se rompt : le discours dit "tout va bien", le corps dit "je suis en détresse". Mais personne ne décode ces signaux comme précurseurs d'un passage à l'acte.

Fonction relationnelle du passage à l'acte

Tuer la famille = détruire les miroirs du mensonge. Florence, les enfants, les parents sont ceux pour qui le mensonge existe, ceux qui incarnent l'image fictive. En les tuant, Romand tente d'effacer les témoins de sa faillite. C'est un passage à l'acte qui vise à annuler la relation elle-même : si personne ne peut voir l'effondrement, il n'a pas lieu.

 

Niveau 6 : Synthèse et prédiction

Reconstruction du passage à l'acte

Le passage à l'acte de janvier 1993 est le point d'aboutissement d'une trajectoire de 18 ans. Il résulte de l'articulation de tous les niveaux analysés :

  • Terreau développemental : Attachement insécure, faux-self précoce, trauma narcissique de 1975 non élaboré, absence de ressources internes et externes.
  • Structure limite : Angoisse d'effondrement narcissique, clivage massif, relations d'objet anaclitiques, fragilité du Moi étayé uniquement sur l'image sociale.
  • Dynamique pulsionnelle : Déni comme système défensif pendant 18 ans, effraction imminente (découverte du mensonge), débordement pulsionnel (Thanatos), compulsion de répétition (rejouer l'effondrement de 1975 sans pouvoir l'élaborer).
  • Caractérologie : Profil Sentimental (É-nA-S) = inhibition prolongée + accumulation de tension + effondrement brutal. La temporalité du passage à l'acte était prévisible : pas d'explosion immédiate, mais effondrement massif quand la fuite devient impossible.
  • Escalade interactionnelle : Prophétie auto-réalisatrice (le mensonge rend l'aveu effectivement impossible), double contrainte internalisée (maintenir/ne plus pouvoir maintenir), famille comme miroir du mensonge à détruire.
  • Déclencheur : Demande de remboursement de Luc Ladmiral + projet de Corinne de le présenter à des collègues OMS = découverte imminente. Le système défensif s'effondre. Le passage à l'acte devient la seule issue psychiquement possible (même s'il est objectivement absurde).

Fonction du passage à l'acte

Le passage à l'acte remplit plusieurs fonctions simultanées :

1. Défense contre le morcellement : Tuer avant que l'image s'effondre = tentative de préserver l'identité fictive

2. Décharge : Évacuer une tension accumulée pendant 18 ans sans jamais être élaborée

3. Communication implicite : "Je préfère disparaître plutôt que d'exister comme ce que je suis réellement"

4. Annihilation du témoin : Détruire ceux qui incarnent le mensonge = effacer la réalité

Évaluation du risque de récidive

Après 26 ans de prison, le risque de récidive chez Romand est faible en termes de violence hétéro-agressive. Le passage à l'acte de 1993 était lié à une configuration psychique et contextuelle spécifique (maintien du mensonge pendant 18 ans + découverte imminente).

En revanche, le risque de décompensation suicidaire reste présent. La structure limite n'a probablement pas changé. Si Romand se retrouve dans une situation d'effondrement narcissique (échec, rejet, découverte d'une nouvelle imposture), le risque de passage à l'acte auto-agressif demeure.

Conditions de récidive (si elle devait avoir lieu)

- Nouvelle situation d'imposture suivie de menace de découverte

- Effondrement narcissique majeur (perte de statut, rejet)

- Absence de soutien thérapeutique ou social

- Événement déclencheur qui réactive le trauma de 1975 ou de 1993

Signaux d'alerte (profil Sentimental)

- Retrait social accru

- Augmentation visible de l'anxiété sans verbalisation

- Comportements d'évitement extrêmes

- Sentiment d'impasse (discours type "il n'y a pas de solution")

Limites de l'analyse

Cette analyse DS2C repose sur des éléments documentaires (livre d'Emmanuel Carrère, rapports psychiatriques du procès, témoignages). Elle ne s'appuie pas sur un entretien clinique direct avec Romand. Certaines hypothèses (notamment sur la dynamique pulsionnelle et l'attachement précoce) restent partiellement spéculatives.

Romand lui-même refuse systématiquement d'expliquer son geste. Il répète : "Je ne sais pas". Cette absence de verbalisation rend difficile l'accès à la réalité subjective du passage à l'acte. L'analyse reste donc une reconstruction externe, nécessairement partielle.

Enfin, l'analyse rétrospective comporte toujours un biais de confirmation : connaissant l'issue, on peut être tenté de sélectionner les éléments qui la rendent cohérente. Une analyse prospective (avant le passage à l'acte) aurait probablement identifié les vulnérabilités, mais aurait-elle pu prédire avec certitude le moment et la modalité du passage à l'acte ? Rien n'est moins sûr.

 

En conclusion

Le cas Romand illustre la nécessité d'une approche intégrative du passage à l'acte. Aucune lecture mono-causale ne suffit. Ce n'est ni "un facteur de risque" (Romand n'a pas d'antécédent de violence), ni "une psychose" (il n'est pas délirant), ni "une situation" (l'endettement seul n'explique pas le quintuple homicide).

C'est l'articulation de tous les niveaux qui rend compte du passage à l'acte : un terreau développemental (attachement insécure, faux-self précoce), une structure limite (angoisse d'effondrement, clivage, fragilité narcissique), une dynamique pulsionnelle (déni puis effraction, compulsion de répétition), un profil caractériel (Sentimental = inhibition puis effondrement), une escalade interactionnelle (prophétie auto-réalisatrice, double contrainte), et un déclencheur situationnel (découverte imminente).

La méthode DS2C permet cette reconstruction. Elle ne prétend pas prédire avec certitude, mais elle identifie les vulnérabilités, les conditions de décompensation, les signaux précurseurs. Elle offre un cadre de compréhension rigoureux et opérationnel pour l'analyse clinique et expertale du passage à l'acte.

 

Frantz BAGOE

Psychologue comportementaliste  

Créateur de la méthode DS2C

 

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