Quelle différence entre les thérapeutes ?

Lorsqu’une personne fait la démarche, qui n’est pas anodine, de chercher la raison de son mal être, il est essentiel de savoir quel type de thérapeute convient le mieux pour atteindre ce but.

Voici brièvement les différences :

Le psychopraticien a suivi une psychothérapie personnelle à la suite de laquelle il s’est formé, dans un institut privé, à un des grands courants de la psychothérapie. Il suit les règles éthiques et déontologiques de sa profession dont le fait de faire superviser à vie sa pratique.

Formation qui inclut la théorie, la didactique, la clinique et l’expérimentation personnelle. Le psychopraticien pratique le questionnement didactique avec son patient.

 

Le psychanalyste doit son titre à une psychanalyse personnelle suivie d’une seconde psychanalyse didactique qui le rend apte à gérer le transfert et son contre-transfert. Il peut aussi être formé en institut privé, voire dans certaines facultés. Il suit constamment un contrôle de sa pratique.

En psychanalyse, il n’y a pas d’intervention de la part du thérapeute.

 

Le psychiatre est un médecin qui a fait une spécialité en psychiatrie. Il soigne avec des médicaments. Sa formation est destinée à traiter les cas graves de psychoses ou névroses qui doivent être traitées par des médicaments de façon permanente ou passagère.

Le psychologue est diplômé de l’Université. Il connaît différentes théories et lois de fonctionnement du psychisme. Il dialogue avec le patient pour l’aider à faire le point ou y voir plus clair. Il mène des entretiens et évaluations. Il peut proposer des psychothérapies comportementales ou/et cognitives, visant essentiellement la disparition des symptômes.

Psychologues et psychiatres n’ont pas l’obligation à avoir travaillé sur eux-mêmes, ni à suivre une supervision !

 

En fin de compte, comment un thérapeute peut vous aider dans votre introspection s’il n’a pas lui-même réalisé la même démarche ?

Décret de réglementation concernant le titre de psychothérapeute

Un nouveau décret en matière de réglementation française des professions psys
Par Philippe Grauer, président du SNPpsy

Situation réglementariste actuelle au sein du carré psy en France

Rappelons qu’il existe dans notre pays plusieurs systèmes de protection et garantie du public en matière de psychothérapie. En voici le dessin général.

PROFESSIONS RÉGLEMENTÉES

1) Qu’est-ce qu’une profession réglementée ?
Profession dont l’exercice requiert la possession d’un diplôme ou une autre condition formelle de qualification. Une profession réglementée répond dans notre pays aux structures d’encadrement suivantes :

agréments délivrés par une autorité compétente suite à un contrôle de conformité
habilitations - réglementées par décret ou arrêtés ministériels -
certifications (diplômes d’État inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles)
ordres, associations professionnelles qui fixent les critères d’accès, évaluent les qualifications, les diplômes, et accordent le certificat, le titre réservé ou le permis d’exercice.

2) Profession libérale réglementée  : ordre, chambre ou syndicat
Les professions libérales réglementées sont tenues de s’inscrire auprès d’une autorité professionnelle indépendante, mais reconnue par l’État :
- un ordre (ex. : ordre des pharmaciens ou des médecins)
- un syndicat professionnel (ex. : dentistes)
- une chambre
- le barreau pour les avocats.
Ces autorités professionnelles :
- déterminent les conditions d’exercice des professions libérales
- assurent la défense de leurs intérêts auprès des pouvoirs publics
- voire jouent un rôle disciplinaire.
Voir aussi : déontologie, association.

3) Psychologue, psychiatre
En particulier le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche gère la profession réglementée de psychologue. Voir le parcours universitaire requis pour faire usage du titre de psychologue, les conditions d’obtention à l’exercice de cette profession, ses différents domaines d’exercice dans la fonction publique. Les modalités d’exercice de la profession de psychologue en France pour les détenteurs de diplômes étrangers sont possibles mais soumises à une procédure de reconnaissance des diplômes.
La profession de psychiatre relève de l’Ordre des médecins. Très dévalorisée depuis plusieurs décennies, cette profession s’est considérablement rapprochée de celle de la neurologie. Amenuisée, elle cède de fait énormément de terrain aux généralistes, qui administrent comme ils peuvent une médication qui nécessite quatre ans d’études spécifiques aux spécialistes. La psychiatrie s’efforce toujours de contrôler la psychologie. Conflits et alliances alternant.

PROFESSIONS AUTORÉGLEMENTÉES

4) Non réglementée, la profession libérale de psychopraticien relationnel® est autoréglementée depuis un demi siècle

Elle le doit à l’action des deux syndicats professionnels historiques, le PSY’G et le SNPPsy, et des plus tard venues deux fédérations professionnelles (comportant des sociétés savantes et des écoles), l’AFFOP et la FF2P. Ces institutions constituent les interlocuteurs naturels de la profession auprès des pouvoirs publics.

Ces organismes
- définissent les conditions d’exercice des psychopraticiens libéraux qui s’y affilient
- assurent la défense de leurs intérêts auprès des pouvoirs publics
- jouent un rôle disciplinaire interne à la profession
- s’appuient sur un code de déontologie. Celui du SNPPsy vient d’être rafraîchi, après plus de trente ans de bons services comme code de référence.
- encadrent les écoles de formation à la profession.

Formation et exercice

Les personnes en reconversion qui envisagent d’exercer la profession de psychopraticien relationnel® ne pourront le faire que dans le cadre autoréglementé. Sinon, ils devront devenir psychologues cliniciens, revendiquant alors le titre d’exercice réglementé de psychothérapeute.

Noter que les professions de psychologue clinicien et celle de psychopraticien relationnel, seulement voisines, ne coïncident pas. Rien n’empêchant inversement les psychologues, médecins, ou psychiatres, de se former à la psychothérapie relationnelle.

Si bien que de fait deux catégories de professionnels exercent la psychothérapie relationnelle® :
1) à titre principal les autoréglementés qualifiés  : psychopraticiens relationnels(1) – répondant aux 5 critères du SNPPsy(2).
2) à titre secondaire des réglementés requalifiés : médecins, psychologues, psychiatres, psychanalystes (sous le titre de psychothérapeute) ayant effectué les importants cursus de formation complémentaire qualifiants dans cette discipline(3).

Troisième catégorie, ceux qui exercent la psychanalyse(4) : nous dirons réglementés qualifiés en psychanalyse(5)– médecins, psychologues, psychiatres, qui pratiquent dans le cadre de la discipline voisine (6) qui est la leur – sous le titre réglementaire de psychothérapeute(7).

PROFESSIONS HORS RÉGLEMENTATION

5) Hors cadre, hors les deux cadres réglementé et autoréglementé, des particuliers s’intitulant comme ils l’entendent, psychopraticiens en roue libre, coaches ou encore différemment mais en adjoignant le radical psy à l’activité proposée, exercent sous leur seule responsabilité, ou celle d’organismes auto cautionnés. Le charlatanisme consiste à exercer une profession sous le nom d’une autre sans en avoir le droit scientifique et moral. Cela mérite vigilance. Donc, s’adresser à des réglementés (dûment requalifiés) ou à des autoréglementés.

LE SNPPsy UNE RÉFÉRENCE HISTORIQUE

Le SNPPsy, avec son code de déontologie datant de 1982, représente un syndicat historique de référence, soutenant, représentant et cautionnant, aux côtés de l’AFFOP et du PSY’G, les professionnels qui se reconnaissent dans la psychothérapie relationnelle, répartie selon diverses méthodes. Il constitue au sein du GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle – l’un des quatre piliers responsables des professions psys autoréglementées dans notre pays.

(1) Souvent déclinés en noms de méthodes, autre débat que nous n’abordons pas ici.
(2) Ou équivalent, dans le cadre du GLPR cela reste harmonisable.
(3) Compter autour de 1000 heures, à évaluer en fonction des acquis de l’expérience.
(4) Bien souvent, depuis des décennies, ils font de la psychothérapie (voir ce mot).
(5) Par le biais de leur profession réglementaire de psychologue.
(6) Dans le cadre de la dynamique de subjectivation qui leur est commune, psychanalyse et psychothérapie relationnelle sont disciplines apparentées.
(7) On nous pardonnera de ne pas aborder dans le détail des cas de figure complexes ne sachant entrer dans ce cadre qui vaut ici par son principe classificateur.

 

Marteau de la loi

Date de dernière mise à jour : 08/09/2018