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Tous les non-dits sont des mensonges !

 

Au même titre que « sois naturel ! », cette affirmation est une communication paradoxale parce que si je mens, alors les non-dits ne sont pas des mensonges.

Sous un autre angle, est-ce qu’on peut alors dire qu’ils sont synonymes ?  

 

Que nous disent les définitions ?

Dire un mensonge c’est altérer sciemment la vérité. C’est une affirmation contraire à la vérité faite dans l’intention de tromper (réf. www.cnrtl.fr).

Le non-dit, bien que chargé de sens, n’est pas formulé explicitement et n’a pas nécessairement cette connotation négative qui est associée au mensonge (réf. www.larousse.fr).

 

Un mensonge n’est pas un non-dit !

 

En synergologie, certains items mis bout à bout nous amènent à suspecter que la personne semble mentir, et d’autres attestent de non-dits. C’est le questionnement que nous allons mener qui va confirmer ou infirmer notre hypothèse.

 

Prenons de façon isolée l’item du « faux non » - la tête commence le mouvement de négation par la droite – peut suggérer un mensonge mais également un non-dit. Le travail du synergologue va être de poser des questions afin d’établir si la personne ment ou si elle ne nous dit pas tout (avec production de nouveaux items non verbaux) et ainsi, recréer un espace de communication assertif, réflexif et empathique : un espace d’authenticité, un système « gagnant-gagnant » (métacommuniquons !).

Le synergologue repère l’incongruence et tente d’y remédier par le questionnement.

En synergologie, nous disons que nous avons observé (notion abordée plus bas) au travers de maintes vidéos que tel item associé à tel autre, associé à tel autre et à tel autre, semble exprimer un non-dit et que d’autres semblent se retrouver dans le mensonge. Mais ça ne fait pas de nous des détecteurs de mensonge et nous ne le revendiquons pas ainsi. En revanche, relever une incongruence entre le verbal et le non verbal – un hiatus de communication – fait bien de nous des détecteurs de non-dits.

 

Tenter de démontrer à la façon « positiviste scientifique d’Auguste Comte» (grosso modo : ça marche/ça marche pas) que le synergologue ne détecte pas plus de mensonges que le hasard ne peut pas s’appliquer ici, elle est même dépassée parce qu’elle ne tient pas compte ni du contexte, ni de la stratégie de questionnement (contrairement à la Systémique).

 

Enfin, revenons rapidement sur la notion de l’observation dans le cadre du décryptage de vidéos. Observer c’est considérer avec attention, avec application. « C’est examiner un objet de connaissance (scientifique) pour en tirer des conclusions (scientifiques) » (réf. www.cnrtl.fr).

 

L’observation permet de réaliser la vérification empirique des phénomènes, c’est-à-dire qui s’appuie sur l’expérience et non sur la théorie. Dès lors, on ne peut pas nous opposer de quelconque biais ou encore d’effet Barnum.

 

Le fond, la forme…

 

                                    Mensonge

Mais d'où vient cette mélancolie ?

Mais d’où vient cette mélancolie ? Quel est son point de départ ?

Cette question m’a été posée plusieurs fois, suite à mon précédent article sur la différence entre la tristesse et la mélancolie.

Aucun élément de réponse sur internet (sauf erreur de ma part, si vous en avez, je suis preneur).

Et puis j’ai revu le film « Full Metal Jacket », de Stanley Kubrick (1987) avec Vincent D’Onofrio… là j’ai eu mon élément de réponse.

Tout le 1er tiers du film, Vincent D’Onofrio alias « grosse baleine » se fait littéralement pourrir par le sergent instructeur Hartman. « Grosse baleine » est empoté, peu habile avec son corps et semble différent émotionnellement des autres recrues. Il est sensible et les réflexions qui lui sont faites le touchent puissance 10. Alors petit à petit, il se renferme sur lui-même, dans son monde pour endurer les brimades sans le montrer aux autres.

A la fin de cette partie du film, « grosse baleine » se lève une nuit, prend un fusil d’assaut et tue le sergent instructeur Hartman avant de retourner l’arme contre lui, et finalement se tirer une balle dans la tête.

Lorsque nous sommes élevés avec des valeurs morales idéalistes et humanistes, que nous sommes de surcroît hyperesthésiques, ou hypersensibles, hyperémotifs et que dans notre petite enfance nous subissons un évènement qui, de notre hauteur candide, nous apparaît violent et humiliant alors notre socle vole en éclat… with the flick of the finger* !

 

La mélancolie, c’est la nostalgie du Paradis perdu.

 

Ainsi, certains ne regarderons plus le monde du même œil, ni la même candeur. Ils décideront d’analyser plus en détails les gens autour, voir ce qui les lie, comment ils interagissent et ça leur permet de se rassurer. Parce qu’ils savent dorénavant anticiper leurs réactions.

 

Gustave Flaubert a dit : "je suis doué d'une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire".

*Liam Gallagher avec Beady Eye « Flick of the finger »

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Le corps, ce système en équilibre

Quel lien entre un système qui doit préserver son équilibre pour subsister et le langage non verbal ?

C’est justement en maintenant son équilibre physiologique que le corps communique. Le langage non verbal en est la syntaxe. Le corps transmet nos changements d’états émotionnels, nos intentions bien avant que notre cerveau ne les perçoive. Cela se traduit par des gestes, des changements de position du corps, de l’axe de la tête, des démangeaisons sur le visage ou sur le corps… toutes ces manifestations sont la communication non verbale et participent à conserver le système en équilibre.

Grâce au décodage de quelques items du langage corporel, nous avons aujourd’hui la faculté de pouvoir anticiper les réactions, les émotions, les envies, les décisions et ainsi de nous adapter à la relation :

  • La position du buste est importante afin de savoir si la personne a envie de communiquer.
  • Le clignement des paupières permet de nous assurer que notre interlocuteur est présent et attentif.
  • Les gestes faits dans l’espace permettent de qualifier le discours. Est-il spéculatif ? (traduit notre absence, on parle en mode « automatique »). Est-il spectaculaire ? (à la manière d’un Fabrice Luchini en éternelle représentation). Est-il spéculaire ? (là, nous sommes bien présent dans la relation, ici et maintenant).

La reconnaissance d’items discordants avec le discours nous permet de ramener notre interlocuteur dans un espace d’échange que l’on souhaite authentique et bienveillant, grâce au questionnement.

Notre corps, véritable système qui n’a de cesse de conserver son équilibre à la manière de l’homéostat de W.Ross Ashby en 1954. Ashby a démontré que dans les systèmes naturels, se réalise une certaine conservation de l’adaptation et que le système évolue grâce à l’expérience acquise. Ce schéma systémique trouve son corolaire en physiologie, puisque « l’homéostasie permet de maintenir certaines constantes du milieu intérieur de l’organisme nécessaire à son bon fonctionnement, entre les limites des valeurs normales » (cf Vulgaris Médical).

Pour aller plus loin, la maladie crée un déséquilibre physiologique. Le système immunitaire doit donc se battre (parfois aidé par l’apport extérieur de médicaments) pour retrouver son équilibre. Mais même dans cette position de faiblesse, le corps continue de communiquer.

Ainsi le corps ne fait pas de gestes par simple hasard. Pire ! Notre corps « pense » avant notre cerveau. Grâce à ses cartes corporelles et aux IRM, Damasio démontre que le langage corporel est pré verbal et non co verbal. Le corps réagit en fonction des stimuli extérieurs. Lorsqu’un stimulus parvient à notre corps, celui-ci réagit et émet une réponse émotionnelle qui va parvenir au cerveau, qui à son tour va manifester le sentiment ressenti.

Le clou est définitivement enfoncé grâce à John Dylan Haynes (Université Humboldt à Berlin) et son tomographe à résonnance magnétique. Ce chercheur va jusqu’à démontrer que notre cerveau prend les décisions jusqu’à 7 à 10 secondes avant que nous en ayons conscience.

Grâce à nos observations et à notre classification de plus de 1 700 items corporels, nous sommes en capacité d’anticiper des comportements, d’analyser les stratégies de communication inconsciente et de qualifier la relation.

Ainsi, nous proposons une communication efficiente.

Question subsidiaire : quelle est la différence entre une personne très à l’aise avec son corps, qui le connaît très bien et en est fier, avec une personne qui est plus gauche et qui se sent dissociée de son corps ?

En gardant à l’esprit que tout corps communique, la communication sera évidemment existante mais elle serait certainement plus fluide et moins hésitante pour la 1ère versus la 2nde.

 

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Le langage non verbal (peut) représente(r) 100% de la communication !

Notre corps ne peut pas ne pas communiquer !

Le simple fait d’être seul, assis sur un banc à bailler aux corneilles ou à pratiquer l’introspection délivre le message : « je ne souhaite pas être dérangé ».

Ce message véhiculé par votre corps représente 100% de la communication.

Votre corps adopte une position spécifique qui est liée à votre état d’esprit du moment :

Elle sera « fermée » si vous pensez à un évènement préoccupant. Votre corps sera alors contracté (hypertonique), les épaules seront hautes, les jambes et les bras croisés, les poignets « cassés » ou encore vous maintiendrez un sac fermement contre vous.

Elle sera « ouverte » si vous pensez à vos prochaines vacances dans une île paradisiaque sans personne pour vous déranger. Le corps sera alors détendu (hypotonique), les bras posés sur le dossier du banc par exemple.

Mais si votre corps est présent sur le banc à cet instant (présence +), votre esprit préoccupé ne l’est pas lui (attention -). Quelques soit votre état d’esprit, positif ou négatif, c’est le peu de clignements de paupières qui délivre le message que vous n’êtes pas disponible pour communiquer. Vous vous coupez ainsi du monde extérieur pour être dans le vôtre, dans votre bulle. La majorité des personnes qui vous voit comme cela ont la même syntaxe que vous (transition de l’information), la même sémantique (décodage de l’information) et ainsi adopte un comportement en conséquence (pragmatique de la communication).

Mais soyez en certain : « on ne peut pas ne pas communiquer ! » (je vous renvoie au dilemme du schizophrène).

Dans un contexte où vous ne souhaitez pas communiquer mais que vous êtes néanmoins abordés par une personne, vous avez le choix entre 4 types de comportements :

  • Vous dites simplement que vous ne souhaitez pas être dérangé (de la manière qui vous semble la plus appropriée…), mais vous risquez néanmoins de provoquer une réponse en retour et c’est ce que vous voulez éviter,

  • Vous répondez a minima mais là aussi, vous laissez le champs libre à votre vis-à-vis pour qu’il comble le vide,

  • Vous vous exprimez dans un charabia, une incohérence de façon à décontenancer l’importun, ça c’est pas mal mais il ne faut pas avoir peur de passer pour un « original » (au mieux),

  • Vous feignez le sommeil, l’ivresse, vous vous exprimez dans une langue étrangère ou avec colère (vous êtes au choix un bon comédien ou bilingue).

Bien sûr, dans ces 4 cas-là (à lire lentement), le langage non verbal peut représenter un faible pourcentage de la communication.

Savoir décoder quelques clés du langage non verbal c’est pouvoir anticiper et s’adapter.

La forme et le fond…

Réf. « une logique de communication », P. Watzlawick, J. Helmick Beavin, Don D. Jackson, Editions du Seuil - 1972

 

Fourest : 1, Caron : 0

L’étude de la communication humaine se subdivise en 3 domaines : la syntaxe, la sémantique, le pragmatisme.

-          La syntaxe recouvre la transmission de l’information grâce à des symboles,

-          La sémantique est le problème du sens. Chaque interlocuteur doit avoir les mêmes codes pour comprendre la signification des symboles,

-          Le pragmatisme de la communication est le comportement généré par les 2 premiers.

Ces 3 aspects, nous le voyons bien, sont interdépendants mais mon champ d’analyse reste la communication non verbale et les stratégies comportementales.

J’ai trouvé très intéressant d’analyser le clash entre Aymeric Caron et Caroline Fourest. Celle-ci a été  largement invitée dans diverses émissions pour vendre son livre, mais surtout pour expliquer ce clash.

 Que s’est-il passé de si extraordinaire? Mon intuition me dit de me méfier lorsqu’une personne qui, sous ses dehors bien sage, tout en retenu, occupe beaucoup de place dans le paysage médiatique.

Une fois n’est pas coutume, voici ma conclusion avant ma démonstration qui elle, ne sera pas exhaustive tant il y a d’items l’enrichissant.

Aymeric Caron a péché par orgueil et par manque de rigueur dans la préparation de son affrontement. Caroline Fourest a plus d’une fois débattue avec des invités nettement plus coriaces que lui. Sa stratégie de communication comportementale a réussi à rallier à elle le public, Laurent Ruquier et les téléspectateurs. Le match est donc largement remporté par C. Fourest sur la forme sans que le fond ne soit abordé.

Voici donc les items qui illustrent très largement mon propos…

5 sec. – les 2 protagonistes ont le buste penché vers l’avant, à gauche, dans l’hésitation donc ou plutôt dans l’envie d’argumenter mais de façon plutôt « molle ». Caroline Fourest cligne peut des paupières, elle n’intègre pas ce que dit Caron qui, d’ailleurs, se met à distance avec son sourcil gauche levé et ce durant toute l’entrevue. C. Fourest est critique, marquée par un axe de tête latéral gauche et rotatif droit.

18 sec. et 24 sec. – Si A. Caron est dans la spontanéité (mauvaise stratégie avec C. Fourest) avec sa main gauche active, F. Fourest est dans le contrôle avec sa main droite active. Elle gère bien ce type de situations pour y être habituée.

42 sec. – C. Fourest joint les 2 mains et tranche, elle se sent « au-dessus » de l’autre et le signifie inconsciemment par ce geste.

47 sec. – A. Caron a la lèvre supérieure gauche ascendante, les « lèvres de chien », ce qui traduit de la colère et il ressent inconsciemment le déséquilibre des forces, son buste part alors en arrière. Ce désir de « fuir » se traduit par la « goutte de malaise » à 59 sec. lorsqu’il boit une gorgée d’eau.

1 min. 07 – C. Fourest se recadre, se reconcentre, en replaçant une mèche derrière son oreille gauche. Elle reste néanmoins dans le contrôle et se dissocie du discours avec des gestes figuratifs.

1 min. 19 – A. Caron fixe beaucoup en bas à droite du regard pour construire son discours, il faut au moins ça face à une bête de ce type d’échanges qu’est C. Fourest, surtout lorsqu’elle se délecte des pics qu’elle lui adresse (langue de délectation à 1 min. 24. C’est encore de la colère, de l’agressivité que le visage d’A. Caron laisse transparaître à 1 min. 31 avec ses dents apparentes.

C’est aussi de l’hésitation qui fait sa faiblesse lorsqu’il se pince le nez à la recherche d’une citation du livre qu’il ne trouve pas, à 1 min. 40 et à 1 min. 49 il se fait stopper par les mains en avant de C. Fourest, paume face à lui.

2 min. 04 – à nouveau les « lèvres de chien » d’A. Caron… à certains moments, il faudrait savoir capituler… d’autant qu’à 2 min. 05, sachant que la mayonnaise tourne et que son sang chauffe, C. Fourest cherche (cela dure moins d’1 sec.) Laurent Ruquier du regard afin qu’il intervienne, en vain.

2 min. 07 – C. Fourest signifie de ses paumes à A. Caron qu’il faut arrêter et passer à autre chose. Ses doigts sont tendus, ce qui trahit un stress qui est renforcé par la lèvre supérieure qui découvre les dents du haut… colère et agressivité !

2 min. 22 – A. Caron aimerait quand même que ses propos tranchent lorsqu’il évoque « je défends une méthode de travail » en joignant les mains à l’horizontale. Ce à quoi C. Fourest riposte en rejetant ces propos, en les balayant des mains du centre vers l’extérieur, « je n’ai pas de leçon à recevoir de vous sur mes méthodes de travail ».

2 min. 42 – A. Caron gère son stress depuis le début comme il peut grâce à son stylo qu’il garde bien en mains. Mais C. Fourest est définitivement dépitée, coin extérieur droit et gauche de la bouche ascendant. Mâchoire crispée et muscles de la bouche très tendus à 3 min. 03.

Voici pour moi le moment clé de cet échange, le moment où A. Caron aurait pu prendre la main clairement et définitivement si tant est qu’il eut mieux préparé la joute.

3 min. 08 – « Est-ce que oui ou non vous avez été condamnée pour une chronique sur France Culture ? » fit-il avec le stylo en bouche et le buste en avant. A la réponse négative pleine de certitude de C. Fourest, le buste de A. Caron part en arrière.

3 min. 14 – L’axe de tête d’A. Caron trahit la circonspection (rotatif gauche et latéral droit) sur « non je n’ai jamais été condamnée pour diffamation, j’ai même gagné mon procès ». Yeux exorbités d’A. Caron, sourcils levés trahissant son étonnement.

C’est faux, C. Fourest a bien été condamnée en octobre 2014 pour diffamation et son appel n’a pas encore été jugé ! http://www.lexpress.fr/culture/tele/onpc-aymeric-caron-denonce-les-mensonges-de-caroline-fourest_1676656.html

S’ensuivent des items de peur et de colère sur le front d’A. Caron, C. Fourest reste calme, affichant même du dépit à 3 min. 35. Son vis-à-vis ne peut rivaliser, son buste part en arrière et à nouveau la « goutte de malaise » à 3 min. 37.

3 min. 54 – A. Caron cherche l’approbation de Laurent Ruquier, en vain. Il est même injurié à 4 min. 07 et doit temporiser face aux applaudissements du public. Il cherche à nouveau l’aide de Ruquier, en vain.

4 min. 19 – Fière d’elle, C. Fourest sort 2 langues de délectation (ralenti à vitesse de 0,32).

J’arrête le décompte des points ici, il reste 3 min. d’invectives qui viennent conforter la décision finale : Caroline Fourest : 1, Aymeric Caron : 0

Dans cet échange, C. Fouret a si bien adapté sa stratégie de communication comportementale, qu’à aucun moment elle n’a eu à apporter de réponse à la critique qu’A. Caron lui faisait, à savoir qu’elle utilisait des méthodes (je cite) « malhonnêtes ».

Encore une fois, le fond et la forme…

Voici le lien vers la vidéo sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=LWgNOIHWGYU

Savoir décrypter les stratégies de communication comportementales est essentiel pour conserver son objectivité, mais également pour pouvoir anticiper les propos et s’y adapter.  C’est une force indéniable dans le processus de recrutement en groupe, dans le cadre d’interrogatoire ou encore dans la  formation… mais également en développement personnel pour regagner une confiance en soi durable.

N’hésitez pas à me contacter pour une présentation des diverses solutions que peut vous apporter la discipline, pour les entreprises, les TPE mais également pour les particuliers.

 

Bachar El-Hassad interviewé par D. Pujadas : Décryptage

Bien loin de la polémique que suscite cette interview, son analyse relève pour moi d’un double objectif :

  1. Constater si Bachar El-Hassad est bien aussi inébranlable qu’on le dit,
  2. Constater si sa communication non verbale est cohérente avec sa langue de bois (corps de bois).

Bien loin de moi l’envie de mener cette analyse à charge ou à décharge, je procède à une analyse factuelle.

Au cours de cette interview, Bachar El-Hassad soutient que la France a armé la frange de syriens qui s’est levée contre lui. Ces membres de l’opposition modérée seraient aujourd’hui des terroristes du Groupe Etat Islamique. Ainsi, la France soutiendrait les terroristes contre lesquels le régime Syrien se bat. Cependant, le président syrien se dit ouvert à renouer le dialogue avec la France, entre autre.

2 sec – Le président syrien est assis en position neutre, droit, pieds à plats avec l’épaule gauche légèrement plus haute que la droite, ce qui traduit un stress de performance. Ce stress se confirme par les mains jointes, doigts tendus.

41 sec – « les terroristes se sont infiltrés en Syrie avec l’appui d’Etats Occidentaux (…) », et voici un mouvement de tête que Bachard El-Hassad fait très souvent au cours de l’interview : un déplacement de la tête vers l’extérieur droit, c’est-à-dire à l’opposé de son interlocuteur. C’est une mise à distance dans le but de « fuir ». C’est exactement le même mouvement que vous faites lorsque vous sentez une odeur qui vous répugne.

56 sec – là il faut que vous soyez très attentifs parce que le mouvement de lèvres à observer est fugace. Nous appelons ça la « lèvre de chien ». C’est la lèvre supérieure droite ou gauche qui se lève et qui traduit une agressivité renvoyant à soi (lèvre supérieure gauche), ou lié à l’autre (lèvre supérieure droite). En l’occurrence, ici il s’agit de la gauche et c’est cohérent dans la mesure où David Pujadas attaque bille en tête Bachar El-Hassad en lui assénant que pour les français, il est LE responsable de la situation en Syrie.

1 min. 13 – « (…) tuer ses concitoyens » est placé à gauche avec ses mains alors que « affronter les forces politiques les plus puissantes » est placé à droite. Ainsi, Bachar El-Hassad aime ses concitoyens, contrairement aux forces politiques étrangères.

Vous pouvez également remarquer les nombreux haussements du sourcil gauche, pour se mettre à distance des autres.

1 min. 41 – les talons se soulèvent très régulièrement, en rythme, et cela tout au long de l’interview. Au-delà d’une manifestation de stress, il s’agit également d’un désir de se situer au-dessus de l’autre. Vous pouvez également constater que les mains de Bachar El-Hassad vont de pairs… elles se déplacent en même temps, en rythme, dans le même sens.

Toute cette première partie confirme le corps de bois ainsi qu’une situation stressante pour le président syrien.

2 min. 21 – l’hémi visage gauche est bien plus expressif que le droit qui lui, est très figé. La partie gauche du visage est le reflet du « moi », par opposition à « l’extérieur », « les autres ».

3 min. 13 – à nouveau le visage qui part vers l’extérieur droit lorsque Bachar El-Hassad dit ne pas avoir favorisé l’émergence du Groupe Etat Islamique. Vous y ajoutez les mains qui se déplacent en rythme, le buste qui part en arrière sur la gauche trahissant une envie de fuir ainsi que des gestes figuratifs (aucune projection personnelle). Dans cette situation, comment moi je me comporterais ? Si David Pujadas me pointait du doigt publiquement et me disait que j’aidais les terroristes, je pense que mon buste se pencherait vers l’avant et mes gestes seraient plus saccadés… Force est de constater que Bachar n’est pas du tout à l’aise, déstabilisé peut être ? Pris la main dans le sac ? Sinon, pourquoi voudrait-il fuir ?

4 min. 11 – Lorsque Bachar dit que le gouvernement français favorise l’émergence des terroristes, son buste est à nouveau en position de fuite sur son siège.

6 min. 24 – pris au dépourvu par les 2 photos de Pujadas, le président syrien réagit spontanément avec sa main gauche. Cependant, il pose une question au journaliste qui lui permet de se reprendre (main droite active) puis d’interpeller vivement Pujadas en pointant 2 doigts « pistolets » vers lui.

7 min. 26 – toujours déstabilisé, Bachar El-Hassad est en position de fuite sur son siège, l’épaule gauche bien plus basse et en arrière par rapport à l’épaule droite.

11 min. 34 – « les terroristes » sont placés à droite, ce qui amène à penser qu’il ne les apprécie pas…

(Là il y aurait plein de question à lui poser à M El-Hassad !)

12 min. 07 – à propos des contacts entre les services de renseignements français et les syriens, le regard est dirigé vers le bas à droite à la recherche d’un vocable précis, mesuré dans un désir de traduire exactement sa pensée, avec l’objectif de séduire (le mot recherché est « coopération »).

14 min. 35 – « nous sommes prêts à tout dialogue » assène-t-il avec la main droite tendue vers Pujadas.

Cette envie de renouer avec le dialogue est confirmée lorsque David Pujadas lui dit : « vous n’êtes pas intéressé par un dialogue », et Bachar El-Hassad l’arrête de sa main gauche, paume dirigée vers lui.

Globalement, Bachar El-Hassad a fait preuve d’une écoute attentive sans se laisser toutefois aller. S’il peut donner le change en paraissant contrôler la situation, son corps trahit un sentiment de stress, de malaise. Cependant, le président syrien manifeste une envie de renouer le dialogue avec la France, mais en défendant fermement sa position.  

 

Voici le lien vers la vidéo : www.youtube.com/watch?v=eCpaiBTcpnE

Pour de plus amples informations sur le corps de bois, vous pouvez vous rendre sur le site très intéressant d’Elodie Milczarek, sémiologue et synergologue : www.corpsdebois.com

Mais pourquoi se gratte-t-il la gorge ?

Rappel de l'épisode précédent : "voici maintenant un rapide exercice de réflexion qui vous est destiné : vous êtes au travail, vous avez en face de vous une personne assise dans son fauteuil, le dos très en arrière et la main gauche qui vient sur sa gorge pour gratouiller sa glotte. Comment l’interprétez-vous ?"

Le choix de la main est important. C’est l’expression de la manière dont nous nous situons par rapport à l’information que nous recevons. Rappelons rapidement que la main gauche exprime la spontanéité, la droite le contrôle.

Quel que soit le contexte, cette situation est vécue comme stressante pour votre interlocuteur. Son sang irrigue mal sa gorge pour se concentrer sur ses membres inférieurs, en cas de nécessité de fuite. Votre vis-à-vis se sent agressé (au figuré) sans pouvoir réagir. La main sur la gorge va avoir un effet déstressant, apaisant et va rétablir son équilibre physiologique (principe d’homéostasie).

De plus, étant en interaction avec vous, c’est bien ce que vous lui renvoyez qui le stresse : image de vous, image de lui, message que vous véhiculez, lui par rapport à vous ou à votre demande…

Enfin, face à cette situation stressante, son corps va vouloir fuir. Son ego, son torse recule sur le dossier du siège, plutôt vers sa gauche, et signifie qu’il se met en retrait de la communication. Pour retrouver une communication fluide et apaisée, vous devez tempérer vos propos et rassurer la personne grâce à un vocabulaire positif (normalement, il devrait se détendre).

La ou les questions à se poser par la suite sont : quelle était la cause de cet état ? Moi ? Ma demande ? Pensait-il à autre chose qui le préoccupait ? L’objet de ma demande nécessitait-il des compétences qu’il ne maîtrise pas ? Est-ce que la personne a pris toute la mesure de son poste pour réagir ainsi ? Devrais-je solliciter une personne différente la prochaine fois ? Comment puis-je l’aider à mon niveau ?

Je ne suis pas certain que vous puissiez ni poser toutes ces questions, ni y trouver des réponses, mais soyez attentif et gardez-les en tête si la situation devait se répéter.

Qu'ont-ils contre Mathieu Gallet ?

La première fois que j’ai vu Mathieu Gallet, c’était à l’émission « C’est à vous », il y a déjà quelques mois. Ma première impression était plutôt bonne puisque j’avais dans la lucarne un homme plutôt jeune, pas mal de sa personne, séduisant même. Il s’exprimait bien et arborait un petit air malicieux qui le rendait sympathique.

Je fus donc surpris d’apprendre que ce nouveau PDG de Radio France était en difficulté aujourd’hui et qu’une motion de défiance a même été votée contre lui.

Mais alors, comment en est-il arrivé là ? Est-ce lié à sa façon de mener le paquebot ou est-ce lié à sa façon d’être, à sa stratégie comportementale de communication (involontaire bien entendu) ?

Brièvement, il est important de rappeler que Mathieu Gallet a 38 ans, qu’il est ambitieux comme beaucoup de « petits gars » qui ont fait de brillantes études supérieures et qu’il semble plutôt de droite. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques, DEA d’analyses économique des décisions publiques, président depuis 2010 de l’INA après être passé au Ministère de la Culture  sous Frédéric Mitterrand en tant que conseiller technique, nommé depuis 2014 Président de Radio France par le CSA.

La réflexion que je me fais, c’est que Mathieu Gallet n’appartient (malheureusement ?) pas au sérail, à la caste des journalistes et cela combiné avec un air « je-me-fous-presqu’ouvertement de vous » a bien du mal à passer auprès du milieu.

Alors j’ai bien observé sa communication non verbale lors d’une interview accordé à France Inter ET filmée : http://www.dailymotion.com/video/x2llc1q_mathieu-gallet-j-ai-confiance-dans-le-soutien-de-notre-actionnaire_news

Ce qui est important de dire, c’est que même si une personne qui participe à une émission de radio se sait filmée, il ne suffit que de quelques secondes pour que la caméra soit totalement oubliée.

Voici donc mes observations à « brûle pourpoint » :

Tout d’abord, je remarque que dans l’ensemble, les mains de Mathieu Gallet sont peu actives, son torse (égo) est peu mobile, il est donc dans le contrôle et plutôt réservé. Cependant, il cligne beaucoup des yeux, ce qui nous indique qu’il est dans l’échange, qu’il trie et analyse les informations qu’il reçoit.

Ce qui est prégnant, c’est qu’il présente la majeure partie du temps son hémi visage droit, il regarde son interlocuteur avec son œil droit confirmant ainsi qu’il souhaite contrôler son discours.

Alors comment ressort son côté malicieux qui peut aisément passer pour du mépris par certains ? Eh bien son sourcil gauche est fréquemment levé, il se met à distance des autres. Il ne faut pas oublier que les autres perçoivent inconsciemment cet item et peuvent mal l’interpréter dans un contexte particulier (comme c’est le cas) !

Ce côté ironique se lit également sur le petit rictus que Mathieu Gallet affiche souvent, voyez le coin extérieur gauche de sa bouche qui remonte… additionnez cela avec le sourcil gauche qui s’élève et la marque du mépris est bien présente.

Exemple à 3 minutes 18 : sourire narquois/mépris avec haussement du sourcil gauche lorsqu’est évoqué Michel Sidoroff de Force Ouvrière qui lui reproche de préparer la privatisation de Radio France et sa vente à la découpe.

Cependant, il ne faut pas passer à côté de ses épaules hypotoniques, Mathieu Gallet est plutôt détendu, l’épaule droite légèrement élevée par rapport à la gauche ce qui traduit une volonté de faire une bonne interview, dans le but de séduire le Ministère qui lui débloquera les fonds ? Egalement, remarquez lors des phases qui précèdent ses réponses que son regard est fréquemment dirigé vers le bas sur sa gauche… preuve qu’il va chercher dans son vécu et que c’est son côté émotionnel qui le guide. Pourtant, ce qui est évoqué est du ressort du professionnel, de la gestion, ce ne sont pas des thèmes personnels… sauf que Mathieu Gallet se sent visé personnellement. Là où une personne avec de l’expérience prendrait les choses avec de la distance, le regard devrait être dirigé vers le haut à gauche (pour le côté cognitif et non émotionnel).

Mathieu Gallet est un émotionnel, voyez comme il appuie son propos de son poing paume tournée vers lui, à 6 minutes 15 lorsqu’il dit que « nous-mêmes devons prendre en charge notre propre transformation ». Il est même plutôt convaincu et il s’identifie aux salariés de Radio France. A 6 minutes 52, Mathieu Gallet fait un « vrai oui » lorsque son vis-à-vis lui demande s’il « attend le soutien de l’Etat », comme il fait un « vrai non » à 7 minutes 58 lorsque son vis-à-vis lui demande s’il ne va pas quitter son poste.

Comme nous venons de le voir, Mathieu Gallet cumule un manque d’expérience avec un air ironique et distant mais dans le fond, il est tout à sa fonction.

Le fond et la forme…

 

Voici maintenant un rapide exercice de réflexion qui vous est destiné : vous êtes au travail, vous avez en face de vous une personne assise dans son fauteuil, le dos très en arrière et la main gauche qui vient sur sa gorge pour gratouiller sa glotte. Comment l’interprétez-vous ?

Pas de photo pour illustrer, c’est exprès afin que vous puissiez imaginer la situation et retourner fouiller dans vos souvenirs.

J’attends votre interprétation avec impatience, soit directement sur le site, soit par mail : frantz.bagoe@gmail.com

J’apporterai la réponse dans 2 semaines.

 

 

 

Ces gestes qui parasitent le discours

Lorsque nous discutons avec  une personne, il est fréquent d’observer subrepticement des gestes qui semblent être effectués sans rapport avec la conversation et de façon inconsciente. Nous n’y prêtons pas vraiment attention, c’est tout juste si nous les remarquons et puis plus rien.

Un bref instant, notre esprit est alors détourné à cause de ces petits gestes qui viennent parasiter la conversation.

Mais ces gestes sont-ils aussi innocents qu’ils en ont l’air ?

Ces gestes sont des micro-attitudes, ils se caractérisent par l’intervention de la main sur le visage ou sur le corps.

Il y a 3 types de micro-attitudes :

-          La micro-fixation qui exprime une concentration totale ou un laisser-aller. Le corps est généralement immobile.

-          La micro-caresse qui elle exprime soit le désir non-conscient d’adresser la caresse à l’autre, soit à soi-même.

-          La micro-démangeaison, objet de cet article, qui exprime soit une contradiction entre nos pensées et nos actes, soit un décalage entre nos désirs et ce que nous projetons.

Voici 3 exemples de zones que nous pouvons voir gratter (micro-démanger) durant une discussion : l’oreille, l’arrière de la tête et la gorge.

1)      L’oreille 

La personne se gratte l’intérieur de l’oreille parce que mes propos la dérangent. Elle n’a pas envie de les entendre alors elle les extrait de son oreille en la grattant. C’est le cas lorsque vous rentrer chez vous et que vous racontez un évènement qui s’est déroulé pendant la journée. Cependant  votre conjoint se gratte l’intérieur de l’oreille tout en vous écoutant, vous pouvez alors remettre à plus tard votre anecdote, votre conjoint n’a pas envie de vous écouter.

La personne se gratte le haut du pavillon ? Les propos évoqués semblent compliqués mais elle écoute quand même parce que ça la concerne.

La personne se gratte l’arrière de l’oreille ? Ces propos sont indiscrets, elle ne souhaite pas poursuivre dans cette direction.

La personne se gratte le lobe de l’oreille lorsque ces propos la titillent, l’agacent.

2)      L’arrière du crâne

Cette partie est relative à un problème jugé complexe. Si la personne se gratte côté extérieur gauche, alors le problème est anecdotique et la solution devrait être trouvée. Côté extérieur droit, la solution va être plus difficile à trouver.

3)      La gorge

Elle sert à la communication, la gratter c’est vouloir réagir à des propos qui énervent. La réaction va se faire si le menton est relevé, elle est latente si le menton est bas.

J’apporte néanmoins une subtilité : si la personne est physiquement et mentalement présent avec vous dans l’échange, alors c’est bien l’objet de votre propos qu’elle perçoit négativement.

En revanche, il se peut que la personne soit « ailleurs » mentalement, alors il y a fort à parier que ce n’est pas à votre propos auquel elle réagit, mais à ce à quoi elle pense au lieu de vous écouter. Pour s’en assurer, vous devez observer si elle cligne des yeux, preuve qu’elle participe activement à la conversation. Si tel n’est pas le cas ou très peu, ou que son regard n’est plus connecté au votre, alors c’est que la personne a décroché et qu’elle n’est plus avec vous.

Vous pouvez également la questionner pour en avoir le cœur net et ceci fait, recentrer la conversation ou prendre congés.

 

 

Stratégies de communication des invités de l’émission : « ce soir (ou jamais !) »

Voici un exemple de rapport synergologique que je pourrais vous remettre suite à l’analyse d’un évènement spécifique que vous m’auriez commandé. Pour cet exemple, il s’agit de l’émission de Frédéric Taddéi lors de laquelle 6 invités furent conviés à débattre à propos de la loi Macron. L’analyse porte sur les 40 premières minutes environs.

Pour information, cette vidéo fut projettée et commentée lors d'une soirée interjuges organisée sur Paris. Nous, synergologues, nous réunissons régulièrement afin de confronter, échanger et enrichir nos analyses respectives sur une vidéo identique.

(lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ZttQWsGShJ0)

Le contenu même des arguments n’est pas analysé, seules comptent l’identification de chaque stratégie de communication que met en place l’invité, et comment cette stratégie évolue confrontée à l’interaction avec les autres invités.

1) Objet du présent rapport :

Afin d’apprécier la qualité des intervenants et de la richesse du débat, vous souhaitez identifier le style de communication de chaque participant et quelles interactions se mettent en place au fil des échanges. L’enjeu de ce rapport est de savoir si le profil des intervenants à une incidence sur la qualité d’un débat.

2) Les items généraux contextualisés :

Les invités : Thomas Philippon, Natacha Valla, Irène Inchauspé, Florian Philippot, Fiodor Rilov et Paul Jorion.

2’15 – Florian Philippot fait des gestes « spectaculaires », il fait son show télévisuel avec un sourire ironique, voire de mépris exprimant ainsi un satisfecit personnel.

5’47 – Thomas Philippon a un regard de « défocalisé actif », c’est-à-dire que son regard est fixe sans avoir l’air de regarder quelque chose en particulier, mais son esprit est tout à l’échange, il est bien présent dans le débat, il analyse. Dans le même temps, j’observe des haussements de sourcils qui font écho à cette idée qu’il souhaite communiquer, il montre ainsi son intérêt. J’observe également qu’il ne prend la parole que si l’animateur la lui donne et que dès qu’il a fini de s’exprimer, sa bouche reste fermée. Cela indique qu’il est structuré et sensible à la hiérarchie.

7’ – Paul Jorion hausse beaucoup des épaules, il a envie de plaire, de faire une bonne prestation.

8’10 – Natacha Valla est avare de gestes, elle reste contenue et dans le contrôle avec une main droite active.

9’42 – Fiodor Rilov est également dans la communication spectacle, mais avec en arrière-plan une peur grégaire de manque de reconnaissance. Il veut s’affirmer au groupe en plaçant son épaule droite très en avant, la main droite bien ancrée sur sa cuisse droite, le buste (image de l’ego, pensez au gorille qui se le frappe des 2 mains pour montrer qu’il est le plus fort) très en avant. Il n’écoute pas ses interlocuteurs, il coupe la parole et ponctue chaque mot par des haussements de sourcils qui tentent de rallier les autres à sa cause. Voyez également sa position assise, les jambes très écartées pour prendre plus de place (expego, voyez la grenouille qui se gonfle pour paraître plus grosse que le bœuf). C’est un profil typique de « conquérant négatif position haute » avec toute son arrogance.

10’08 – Pendant que Fiodor Rilov monologue, Natacha Valla a l’axe de tête « latéral droit et rotatif gauche » (ASN-ALD-ARD), elle ne se laisse pas totalement aller et adopte une posture qui laisse penser à de la séduction. Mais il s’agit d’une vraie stratégie comportementale pour amadouer son vis-à-vis, elle sera prête à contre attaquer dès que la fenêtre de tir sera ouverte (double visage).

10’40 – Irène Inchauspé a les deux mains sur le genou gauche, montrant ainsi une certaine protection. Elle ne se met pas en avant, ni en retrait, et n’adopte aucune stratégie de séduction. Elle se pose là, présente et attentive.

10’50 – Florian Philippot est toujours dans le show mais son sourcil gauche ascendant (ROSGA) nous indique qu’il se met à distance du groupe, contrairement à ce qu’il nous laisse penser par son discours. Il est présent mais il n’a pas d’attention, il est là physiquement mais absent mentalement. D’ordinaire « pushing », il semble sur la réserve ce qui me laisse croire que la stratégie comportementale de Fiodor le perturbe, ou que c’est un évènement extérieur qui le préoccupe…

14’09 – Fiodor Rilov n’est pas en phase avec Philippot (FN versus PC), pincement des ailes du nez (N40), ce qui sera confirmé à la fin du débat avec « je ne sais pas ce qu’il fait lui ? ».

14’20 – Paul Jorion place ses mains en « V » descendant (BSVD), il se veut « l’autorité qui se met au service des autres ». Ce sentiment de supériorité en position vigilante se traduit également par son axe de tête, incliné vers la droite, regardant avec l’œil gauche, le menton légèrement relevé (ASS-ALD-ARG).

14’26 – Pendant que Fiodor Rilov fait son show, il est intéressant d’observer le comportement des autres invités. Thomas Philippon a les mains disposées en couteaux fermés descendant (BSCFD), ce qui traduit un retour sur soi, une position attentiste. Natacha Valla est en position de « soumission » ou plus particulièrement d’écoute abandonnée, voire résignée. Son axe de tête est penché à gauche, elle regarde avec l’œil gauche avec le menton légèrement abaissé. Elle subit la prestation de l’avocat mais ne se place pas pour autant en arrière, avec l’envie de partir. Pas de protection apparente.

Pendant que Fiodor Rilov s’écoute parler, Paul Jorion tire sur les 2 pans de sa veste affirmant par ce geste : « c’est moi qui sait, mais je reste en retrait ».

18’39 – Thomas Philippon sort de sa réserve analytique et va se confronter à l’avocat. Ce changement de stratégie se traduit par un menton plus élevé que jusqu’alors. Il passe ainsi de « vigilant » à « conquérant ».

21’30 – Irène Inchauspé sort de sa réserve également et prend la parole. Son discours colle parfaitement avec son attitude corporelle, elle est dans une communication dite « authentique ». Par ailleurs, cette attitude est confortée par des paumes de mains à l’horizontale et tournées vers le haut, ce qui est un signe fort d’ouverture.

37’18 et 37’20 – Voyez ce geste effectué à 2 reprises que je qualifie volontiers d’agressif de Fiodor Rilov à l’encontre de l’avant-bras droit de Paul Jorion, uniquement pour signifier à ce dernier qu’ils sont tous deux d’accord. Mais quand 2 conquérants se font face, d’accord ou pas, vient le moment où il faut nécessairement ( ?) déterminer celui qui lance le plus loin…

41’17 – Fiodor Rilov passe en revue les invités et leur statut, notez qu’au moment même où il prononce le mot « avocat », sa main gauche vient tirer sur le pan gauche de sa veste, quelle fierté pour lui, quelle reconnaissance vis-à-vis des autres.

41’19 – Toujours Fiodor Rilov dit de Florian Philippot « je ne sais pas ce qu’il fait, lui, ce monsieur(…) » et Florian Philippot ne réagit pas dans un premier temps, tant il paraît absent du débat, alors que nous savons tous quel personnalité politique redoutable il peut se montrer.

3) Le moment clé :

Le moment qui, à mon sens, permet d’identifier globalement chaque stratégie comportementale de communication est à la 14’26 lorsque Fiodor Rilov monologue et que chaque invité l’observe avec une attitude corporelle spécifique.  

4) Contexte général annexe (éléments reliés à la vidéo permettant de l’éclairer) :

Après quelques recherches, il s’avère que Florian Philippot appris le jour même de l’émission qu’un magazine people ferait état de son homosexualité. Ceci explique complètement sa double attitude, celle peu convaincante en roue libre qui assène son éternel discours anti européen, et celle où il se protège des autres et à l’air totalement absent du plateau de télévision.

5) Conclusion :

Les intervenants mis face à face ont des profils de communication qui sont intéressants et complémentaires pour faire vivre le débat. Certains se placent en retrait afin d’analyser les arguments adverses, et n’hésitent pas à faire valoir leurs points de vues. Cependant, il suffit de la présence d’un profil trop conquérant, pour qui les autres ne sont que des faire-valoir, pour que le débat perde en richesse et en intérêt. Les autres invités sont alors sur la défensive et, soit s’opposent comme le font les mâles soumis en quête d’affirmation et de conquête de pouvoir, soit se placent en retrait pour regarder de l’extérieur cette lutte stérile et puérile. Les échanges deviennent vains, inintéressants et chacun décroche, le téléspectateur le premier.

Ainsi, voici la figure d’autorité observée pour chaque invité :

-          Thomas Philippon est vigilant positif en position haute, il se montre concentré et analytique et veut servir les échanges, son corps est cependant en tension avec des mains plutôt basses,

-          Natacha Valla est dans un espace authentique, son attitude non verbal calque son discours verbal, pas de tension observée sur le corps ni de protection,

-          Irène Inchaussé est également dans un espace authentique, mêmes remarques que pour Natacha Valla,

-          Florian Philippot est syntonique négatif position haute, c’est le rebelle des invités, il manifeste sa présence par petites touches mais il n’est pas tout à fait concerné,

-          Fiodor Rilov lui est LE conquérant négatif position haute, arrogant, donneur de leçon qui ne vous voit pas, qui est incapable de se rappeler de votre nom à la fin de l’échange. Son attitude corporelle est affirmée, avec des gestes forts tournés vers l’avant, les jambes bien écartées et qui pose sa main sur votre avant-bras pour vous signifier que c’est lui qui a la main,

-          Paul Jorion est également un conquérant mais positif en position haute, il se met à la portée des autres mais estime être celui qui sait.

6) Suggestion :

Suite aux différents éléments relevés dans ce rapport, il m’apparaît important que la production de l’émission doive opérer, a minima, à un tri des invités selon leur profil de communication, ceci afin que les échanges en soit plus riches. Un profil trop « conquérant » prendra le pas sur les autres invités et le débat deviendra alors stérile et inaudible. Deux profils opposés créeront une tension et les échanges seront plus vindicatifs. Cette cacophonie, source de risque d’image pour l’émission et pour le présentateur, donnera lieu à des pertes d’audience instantanées voire futures. Mais peut être que l’enjeu pour la production est de créer du show télévisuel, vecteur hypothétique d’audience ?

 

La contre-offensive des Valentines…

Certaines trouvent cette journée de la St Valentin très romantique, quand d’autres lui reprochent d’être trop commerciale. Mais les âmes qui lui reprochent d’être une fête trop commerciale ne sont-elles pas nostalgiques d’une journée qui gagne à être célébrée mais loin de la débauche mercantile ? Ceci étant, on peut également être romantique tout en déplorant le côté commercial. Mais ne nous égarons pas … Cet article n’a pas la prétention d’une prise de position en faveur des romantiques ou des nostalgiques, tout juste l’ambition d’être gadget.

La question se pose : comment une Valentine nostalgique peut-elle faire comprendre à son Valentin-mercantile qu’elle préfèrerait passer cette soirée avec un Pierrot-la-lune ?

Lui faire comprendre physiquement bien sûr, avec son corps, avec son langage corporel mais pas employé de la façon dont le souhaiterait le Valentin-mercantile. Mais comment faire ? Quelle stratégie de communication corporelle appliquer ?

#1 Eviter son regard ! Valentine doit éviter à tout prix de regarder Valentin-mercantile afin de ne pas susciter une quelconque envie de rapprochement. Ça met une distance de facto.

#2 En plus du regard, Valentine va devoir éviter tout contact physique qui sont fréquents, notamment quand ils se croisent pour passer d’une pièce à l’autre. Là, l’enjeu va être d’instaurer une autre distance qui devra tenir éloignés les gestes de rapprochement.

#3 S’ils sont assis l’un à côté de l’autre, Valentine devra croiser les jambes côté extérieur. C’est-à-dire qu’elle devra croiser la jambe droite sur la gauche, si elle est assise à la gauche de l’homme. Pire, elle pourrait même avancer l’épaule droite par rapport à la gauche, de sorte que Valentin-mercantile aura une vue imprenable sur le dos de l’épaule droite de sa Valentine.

#4 S’ils sont assis l’un en face de l’autre, Valentine devra décrire un « X » avec son corps, mais pas le « X » souhaité par le Valentin-mercantile… n’en déplaise aux mâles ! Imaginez un corps dont les épaules vont dans le sens inverse du croisement des jambes, c’est une protection à toute épreuve.

Ceci fait, pendant que les Valentines romantiques vont écouter John Legend avec son « all of me » en faisant tinter les flûtes remplies de champagne rosé, les Valentines nostalgiques écouteront Liam Gallagher chanter la mélancolique « I’m outta time » tout en espérant secrètement entonner John Legend, le champagne rosé restant une option !

Je souhaite aux Valentines et aux Valentins romantiques un 14 février à la hauteur de leur désir, et aux Valentines et Valentins nostalgiques un 14 février pleins de rêves et d’espoir.

Valentine seal

Comment anticiper des propos négatifs/agressifs grâce à la Synergologie ?

Voici un réel pouvoir qui vous est offert : la possibilité d’anticiper facilement des propos négatifs qui vous sont directement adressés, grâce à l’observation de 4 items !

Pourquoi l’anticipation est-elle un réel pouvoir ?

Parce qu’anticiper c’est se donner la possibilité :

-       d’adapter sa stratégie de communication et d’adopter le ton juste !

-       de préparer sa contre-offensive verbale !

-       de se préparer émotionnellement à recevoir ces propos négatifs, voire agressifs !

-       d’éviter l’effet de surprise que n’aurait pas manqué de provoquer notre interlocuteur avec ses propos !

Voici les 4 éléments de la communication non verbale facilement et rapidement observables :

-       la position de votre interlocuteur sur sa chaise. Il est assis buste vers l’arrière sur sa droite (il analyse vos propos et il construit son argumentation),

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-       2 mouvements de langues possibles :     

  • sa langue sort à droite de sa bouche pour y rentrer en son centre (pour schématiser, il s’agit d’un crochet du droit en boxe),Robl1
  • sa langue sort droit devant pour rentrer aussitôt (« langue de vipère » non représentée ici).

-       sa tête est penchée sur sa droite et il vous regarde avec son œil droit (son oreille droite est visible et pas son oreille gauche, c’est une écoute « vigilante » avec une forme de désaccord possible),

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-       son/ses indexes est/sont pointé(s) en forme d’un pistolet (vous pouvez voir une certaine tension dans les doigts).

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Vous voilà avec une sorte de couteau suisse doté de 4 accessoires qui servent à repérer la même chose, et qui va vous permettre de (re)prendre la directivité de l’échange.

Vous pouvez vous exercer en regardant des débats chez Ruquier ou chez Bourdin (BFM TV).

 

 

Un article dans l'Express l'Entreprise... ça avance !!!

Voici un simple copié/collé de l'article paru le 25/01 dernier dans l'Express - l'Entreprise, à propos de la plus-value qu'apporte la Synergologie en RH (article rédigé après interview de Martine Herrmann, ma formatrice) :

http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/efficacite-personnelle/gestuelle-detecter-un-malaise_1644024.html

 

Les gestes qui trahissent le malaise d'un collaborateur

Par Marie-Madeleine Sève publié le 25/01/2015 à  20:00, mis à jour le 27/01/2015 à  12:39

Tics, mimiques, regards, postures... Le manager qui sait lire le langage du corps détectera très tôt la gêne chez l'autre et pourra s'ajuster. Décryptage de Martine Herrmann, enseignante à l'Institut européen de synergologie. (1)

Le langage corporel représente 55% de la communication. Accomplis d'instinct, les gestes livrent des pensées et des émotions malgré soi. La synergologie a mis au point un lexique corporel de 1700 items permet de décoder ces signes non verbaux en sachant qu'il faut une convergence de 5 à 8 de ces signes pour valider une observation. Sans devenir un spécialiste, le manager peut ainsi repérer dans l'échange des indicateurs d'un état d'esprit négatif (ou positif) chez ses collaborateurs. Il lui reste ensuite à confirmer ses observations par un questionnement pertinent. Voici des gestes courants qui peuvent alerter sur des soucis non verbalisés. 

1. La difficulté face à une tâche

Votre collaborateur ne sait pas comment s'y prendre, il bute sur un problème insoluble pour lui. L'ensemble de son corps se recroqueville, se rigidifie. 

Gestes révélateurs. La main gauche disparaît dans une poche, sous la table, sur la cuisse. Les bras sont croisés très haut et très serrés sur le buste, les mains sous les aisselles, comme un enfant en colère. Autre signe: votre interlocuteur gratte la rotule du genou gauche, contredisant ce qu'il raconte. Ce qui signifie : "je n'y arrive pas", "je ne me sens pas à la hauteur". Se "laver" les mains en les descendant entre les jambes ou se les tordre fortement en se faisant des nœuds indiquent : "Comment vais-je le formuler?" 

2. L'incompréhension d'une consigne

Votre collaborateur ne comprend pas ce que vous lui expliquez, une mission, un trajet, un objectif, etc. C'est le stress qui prend le dessus. Le corps est tendu. 

Gestes révélateurs. La tête penche sur l'épaule droite ou  elle se tourne vers la gauche et en pivotant, elle présente son profil droit, ce qui signifie: "ce n'est pas clair, je n'adhère pas, je dois analyser". Les jambes sont croisées "en fermeture", l'une par-dessus l'autre, et font barrage à l'interlocuteur. Passer la main sous la narine droite notifie "je ne le sens pas" et se pincer les nez est le degré supérieur : "Ça ne passe pas du tout!". Celui qui doute d'avoir bien compris, croise les doigts de ses mains en dedans avec souvent un petit balancement qui dit " je suis partagé intérieurement".  

3. La résistance ou le blocage devant une directive

Votre collaborateur n'est pas d'accord avec un mot d'ordre ou une opinion, le corps va tout de suite se mettre à distance. 

Gestes révélateurs. La tête penche à droite, manifestant une vigilance accrue. Ou les gestes s'effectuent en dissociation de façon marquée, la tête part d'un côté, les bras de l'autre exprimant : " mon interlocuteur me cache des choses et j'ai du mal à le faire parler". Le corps a tendance à partir en arrière en se rapprochant du dossier de la chaise par exemple. Ou il s'aligne raidi avec la tête bien droite. Le "Stop" se signale par les paumes de la main bien ouvertes à la verticale et qui s'avancent vers vous. Les sourcils sont très relevés. Très éloquent aussi: l'index passé sous le nez et remonté violemment en dessinant une virgule. C'est un véritable signe de rejet. 

4. Le malaise face à un comportement ou une idée

Votre collaborateur va, dans ce cas-là particulièrement, laisser percer toute une gamme d'émotions par le corps : la tristesse l'embarras, l'indignation, le désarroi, la méfiance, l'anxiété, etc. 

Gestes révélateurs. La déglutition est fréquente afin d'"avaler son malaise". Par ailleurs, le corps se replie. Le grattage de micro démangeaisons au niveau du cou, de la glotte avertit que l'individu a un nœud à la gorge. Sur la chaise, le corps penche à gauche. La langue bouge aussi, elle tourne dans la bouche, puis s'immobilise faisant une bosse sur la joue. Ce qui traduit des : " je ne veux pas le dire", "ce n'est pas le moment de le dire". 

5. La mauvaise foi comme défense

Votre collaborateur cherche à vous convaincre alors qu'il sait qu'il est en tort. Le corps et le regard sont tendus. 

Gestes révélateurs. Les paupières clignent beaucoup, l'oeil s'ouvre davantage pour vérifier que son vis à vis le croit. La tête penche à droite, ou bien le menton se lève vers le ciel. Les deux sourcils sont très actifs, ils montent et descendent. Les mains dans l'espace sont parallèles, l'une en face de l'autre. Les lèvres sont pincées, pour cadenasser la vérité, ou la bouche se ferme en "huître"(lèvres aspirées) afin de retenir les propos, parfois embrouillés. 

 

 

Nos gestes ont-ils une logique ?

Le corps est géré par la partie controlatérale de notre cerveau.

L’hémisphère droit contrôle la partie gauche de notre visage et de notre corps.

L’hémisphère gauche contrôle la partie droite de notre visage et de notre corps.

Ces deux hémisphères sont reliés entre eux et communiquent perpétuellement entre eux grâce au corps calleux.

Cette base est essentielle pour la compréhension de ce qui va suivre.

La logique gestuelle intègre : la logique cérébrale, la logique neuro-symbolique et les gestes mi-conscients.

1)    La logique cérébrale : elle exprime pourquoi nous nous servons de la main droite ou de la main gauche.

-       La main droite exprime/traduit le contrôle que nous voulons avoir sur la communication. C’est une stratégie de communication qui veut que nous nous dissocions ainsi du discours pour ne pas laisser s’exprimer nos émotions. C’est une stratégie adoptée lors de discours, de réunions pour aborder des thèmes le plus souvent à caractère professionnel. Il n’y a pas d’affect dans ce type de communication.

-       La main gauche exprime/traduit notre spontanéité. La personne s’associe à son discours et dans ce cas, l’affect est bien présent. C’est une stratégie de communication adoptée lorsqu’un thème nous touche plus particulièrement, à titre personnel.

Ces deux types de stratégies de communication ne sont pas « pensés », c’est-à-dire que la personne ne se dit pas « tiens, je vais m’exprimer avec ma main droite parce que je vais aborder l’analyse des chiffres du dernier bilan ».

De même que ces deux stratégies peuvent s’observer au cours d’un même discours ou d’une même réunion, dès lors que différents sujets/thèmes abordés peuvent nous être plus personnels ou pas.

Au cours de la communication, si l’interlocuteur ne cesse d’utiliser sa main droite (et si cela concorde avec d’autres items observés comme des gestes figuratifs, la configuration des mains…), nous pouvons parler de logique froide. L’inverse étant la logique chaude.

J’apporte une précision importante quant à ces logiques : elles portent UNIQUEMENT sur l’INSTANT de la communication, et non sur un type de fonctionnement établi sur le long terme. Une personne ne peut pas être QUE logique chaude ou QUE logique froide !

 

2)    La logique neuro symbolique : elle englobe deux dimensions,

-       Une dimension diachronique qui renvoie au temps. La droite exprime le futur, la gauche le passé. Faites le test en observant une personne qui évoque un souvenir de vacances, il va diriger son regard vers la gauche et inversement s’il évoque un projet.

-       Une dimension socio affective qui exprime les valeurs. Ainsi, lorsque nous évoquons ce que nous aimons, nous le plaçons avec notre main à notre gauche et ce que nous aimons le moins, à notre droite. Par extension, ce qui nous rassure sera placé à gauche et ce qui nous fait peur à notre droite. Observez les mères (ou rappelez-vous) qui portent leur enfant, est-il porté à gauche ou à droite ?

 

3)    Les gestes mi-conscients : ce sont des gestes dont nous n’avons pas clairement conscience mais dont nous pouvons prendre conscience. Ces gestes sont de l’ordre de 4 :

-       Les gestes figuratifs => ils servent à décrire une situation mais en plaçant l’interlocuteur en dehors de la communication. Les gestes figuratifs mettent à distance. Ils sont effectués plus loin du torse, plutôt saccadés. Observez lorsque le directeur financier commente les chiffres du dernier bilan de la société.

-       Les gestes projectifs => ils nous permettent de projeter notre état d’esprit. Nous faisons entrer notre interlocuteur dans notre histoire et l’associons au discours. Observez lorsque votre ami vous raconte sa première fois à l’accrobranche. Les gestes sont plus souples, plus ronds et plus proche du torse.

-       Les gestes symboliques => très souvent de dimension culturelle, ce sont des gestes qui disent « ok tout va bien ! », ou les mains en prière etc…

-       Les gestes d’engramme => lorsque nous parlons et que nous avons des difficultés à trouver nos mots, les mains, les doigts vont venir aider notre mémoire à retrouver le chemin.

Ces 3 logiques sont facilement et rapidement observables dans votre environnement.

Si vous avez une vidéo pour laquelle vous souhaitez un avis spécifique, n’hésitez pas à m’en faire part, je me ferais un plaisir de l’analyser.

Je voulais également vous remercier d’être de plus en plus nombreux à lire mes articles, et ce quel que soit l’endroit du monde où vous vous trouvez ! Merci donc (dans le désordre) aux Russes, Anglais, Belges, Espagnols, Algériens, Américains, Canadiens, Irlandais, Anglais et bien sûr Français !

Lola, témoignage (mensonger) d'un viol l'été dernier

Voici un exercice que j’apprécie particulièrement, l’analyse de vidéos.

En naviguant sur le web à la recherche d’une vidéo intéressante à décrypter, je suis tombé sur le témoignage de Lola qui, en juin dernier, se disait avoir été victime d’un viol en pleine rue. Il s’est avéré, quelques jours plus tard, que ces propos étaient mensongers. A l’époque je n’avais pas prêté attention à ce fait divers et je peux comprendre qu’une analyse a posteriori peut vous sembler un peu facile… soit, cela étant, si vous me soumettez une vidéo d’un témoignage pour lequel toute la lumière n’a pas été encore faite, je l’analyserai avec plaisir et je le posterai sur mon site. Si la personne analysée s’avère être coupable, preuve aura été faite que nos analyses sont justes.

Voici donc la vidéo du témoignage de Lola, comparée à deux autres témoignages de victimes de viol. Les différences parlent d’elles-mêmes…

Lola :

Je rappelle et j’insiste, pour une meilleure compréhension, que la jeune fille aurait été violée fin juin dernier et que quelques jours après, elle avouait son mensonge.

L’analyse de la vidéo porte sur 38 secondes de la vidéo (entre la 27ème sec. et la 65ème sec.), les deux autres analyses portent uniquement sur 1 minute d’images.

Tout d’abord les axes de tête. Ici, la jeune femme parle en mettant en avant son hémi visage gauche et légèrement penché sur sa droite. Ceci induit une communication plutôt dans le contrôle, elle ne se laisse pas complètement aller.

0’29 La langue sort de la bouche à l’extérieur droit pour rentrer au centre, ce qui indique que les propos sont dits dans un contexte négatif. Rien de plus normal jusque-là.

0’32 La lèvre inférieure passe sous la lèvre supérieure, ce qui indique des propos retenus, que la jeune fille souhaite garder pour elle.

0’43 Son hémi visage gauche semble ouvert, détendu. L’œil gauche est plus grand que l’œil droit, le sourcil gauche est plus haut que le droit, il n’y a aucune contraction musculaire sur cet hémi visage. A contrario, l’hémi visage droit est plus contracté, il semble plus petit, ainsi que l’œil et le sourcil. Dans un contexte comme celui-ci, où la jeune fille a subi un acte terrible, il me semble que la gauche de son visage devrait être plus fermé, plus contracté avec l’extérieur de sa bouche tombant. C’est ce que l’on observe dans ce type de situation généralement, mais pas là.

0’44 Sa langue part vers le bas pour rentrer rapidement dans la bouche, ce qui confirme des propos retenus et que nous avons vu précédemment avec les lèvres.

0’58 La langue sort sur le côté droit de la bouche pour rentrer rapidement, c’est ce qu’on appelle une langue de « vipère » ou de « délectation »… ce qui est étonnant c’est que cette langue sort au moment où la jeune femme dit qu’elle témoigne pour « toutes celles qui ont subi ça ». Pour quelles raisons cet item est présent à ce moment-là ? Se délecte-t-elle de la situation qu’elle a mis en scène ou est-ce une « revanche » pour elle ? C’est une question qu’il aurait fallu lui poser manifestement.

Entre la 27ème seconde et la 65ème,  je compte 22 clignements de paupières, ce qui fait 34 battements de paupières par minute. Dans le cadre de mon mémoire, j’ai mené  une étude sur le nombre de clignements des paupières, pour laquelle j’ai visionné des centaines de vidéos. L’objectif de cette étude était de démontrer que la nictation est un élément prépondérant pour être certain qu’une personne revit une émotion positive ou négative et qu’elle ne feint pas. Sur ces vidéos, je devais dénombrer les clignements de paupières lorsque la personne racontait une émotion positive ancienne, une émotion positive récente mais également lorsqu’une personne évoquait une émotion négative ancienne et également récente (je précise qu’il s’agissait de personnes différentes sur chaque vidéo).

Il s’avère que lorsqu’une personne évoque une émotion négative récente, cette personne cligne environs 44 fois par minute. Dans le cadre du témoignage de cette jeune fille, le nombre de clignements de paupières est de 34… ce qui équivaut (selon mon étude) à une émotion négative ancienne.

Pour information, dans un environnement relativement neutre, dénué de toute charge émotionnelle, une personne cligne en moyenne 15 à 20 fois par minute. Autant dire que la nictation représente une activité importante quotidienne quant à la régulation de l’équilibre de notre état émotionnel.

Ce qui m’interroge également sur cette partie de vidéo, c’est que la jeune femme est très souvent en retour sur elle, son regard est dirigé vers le bas et plus focalisé sur ses pensées que sur les journalistes (mais là, rien de plus normal pour une personne qui a vécu un moment traumatisant), mais surtout son regard ne se dirige jamais vers le bas sur sa gauche. La direction du regard vers le bas à gauche nous indiquerait que certaines images lui reviennent en mémoire et qu’elle « revit » intérieurement la scène pour nous en faire part. Or là, la jeune fille regarde en bas mais face à elle ou vers la droite, ce qui nous amène à penser qu’elle cherche à construire son argumentation. Soit dans le but de répondre avec le plus de précision aux journalistes (mais là nous sommes dans le cognitif, la pensée raisonnée) ou dans les propos inventés.

En comparaison, le témoignage de la jeune femme ivoirienne, victime d’un viol :

Pour information, la jeune femme témoigne en 2001 d’un viol ayant été commis 10 ans avant. Autant dire que le souvenir est plutôt ancien, ce qui sous-entend que je devrais dénombrer au moins 34 clignements de paupières, or j’en dénombre pas moins de 72 pendant 1mn analysée… soit 2 fois plus que la vidéo précédente. De plus, les sourcils sont très mobiles ce qui traduit une envie de communiquer, de même que son visage qui d’ailleurs présente également l’hémi visage gauche et penché également sur la gauche, signe que la jeune femme est dans le lien, dans l’émotion.

Je n’observe aucun mouvement de langue mais plutôt une lèvre inférieure qui laisse entrevoir les dents du bas, ce qui traduit de la peur.

Dernière comparaison, une jeune femme de 20 ans raconte sur FaceBook le viol qu’elle a subi 6 ans auparavant (je vous invite à ne pas lire les commentaires qui proviennent de cerveaux passés à côté de l’évolution) :

La jeune femme incline la tête sur sa gauche, tout au moins au début de la vidéo, ensuite l’axe sera neutre. La personne est donc dans le lien, dans l’émotion, pas dans le contrôle. Je ne distingue pas d’hémi visage plus grand ou plus fermé l’un que l’autre, ce qui est cohérent avec l’ancienneté de l’acte.

A 8 sec. Voyez l’extérieur droit de la bouche qui remonte, il s’agit d’un rictus de mépris. Même chose à 15 sec. mais côté gauche, là c’est du dépit.

16 sec. La bouche fait une moue qui traduit une émotion gardée pour soi. La jeune femme laisse ensuite échapper un léger souffle à 20 sec. comme si elle voulait évacuer cette émotion justement.

51 sec. Même moue de mépris avec le regard dirigé vers le bas à gauche (tiens tiens…).

54 sec. La main gauche se met en travers du corps pour aller gratter la zone extérieure droite du cou. Le bras en travers du corps nous indique qu’elle veut se protéger et que cela la concerne personnellement (pour ne pas dire intimement) parce que c’est le bras gauche qui est en mouvement. La zone du cou concernée par la démangeaison nous indique qu’il s’agit de quelque chose qu’elle n’a pas encore digéré, qui lui reste en travers de la gorge (ça me semble plutôt cohérent avec ce qu’elle a vécu n’est-ce pas ?)

 

Pour conclure cette analyse, et même a posteriori, Lola a un discours verbal qui n’est pas en cohérence avec sa communication non verbale. Les signes présents dans les deux autres vidéos, et que nous devrions retrouver en partie dans son témoignage, ne sont malheureusement pas présents. Il y a quelques mois j’aurais conclu que si Lola semble évoquer un fait qui l’a fortement marquée, certains signes et absence de signes nous poussent à émettre des réserves sur celui qu’elle évoque. En revanche, il me semble effectivement que Lola a vécu un évènement négatif particulièrement marquant il y a plusieurs années... mais là, ce n'est plus mon domaine de compétence.

liens vers les vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=BCMdW1WZdbU

https://www.youtube.com/watch?v=jm1NqyJ6Xr8

https://www.youtube.com/watch?v=-EwZzQTAiAk

Si vous avez des suggestions de vidéos à analyser, n'hésitez pas. J'en profite également pour vous souhaitez mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année ! J'ai une pensée particulière pour ceux qui me suivent du Canada, d'Angleterre, de Belgique, d'Algérie, de Suisse, d'Espagne, de Russie ou encore de Roumanie ! Merci à vous tous de me suivre et de me lire.

Quelle PLUS VALUE apporte le synergologue en Assessment Center ?

Dans le contexte économique actuel, les entreprises doivent cibler au mieux leurs investissements pour assurer leur avenir et développer leur niveau d’activité. L’objectif des RH est d’optimiser leurs recrutements et d’investir sur les bonnes compétences afin de fiabiliser leurs choix.

L’idée de l’Assessment Center est d’évaluer les compétences (savoirs, savoir-faire et savoir être) de candidats au travers de mises en situation, individuelles, en face à face ou en groupe.

« L'assessment permet d'apprécier avec une grande fiabilité l'adéquation entre les comportements d'une personne, liés à sa personnalité et à son expérience, et les exigences de ses futures missions. »

Ce procédé vient compléter les méthodes plus conventionnelles de recrutement et vise à mettre chaque candidat sur le même pied d’égalité, puisque ni les diplômes, ni l’appartenance sociale ne sont retenus en tant que critères sélectifs.

59% des entreprises qui connaissent les AC pensent qu’ils pourraient être adaptés à leur contexte mais elles ne sont que 38% à y avoir recours.

Je suis de ceux qui sont convaincus du bienfondé de cette méthode de recrutement, et ce pour 3 raisons principales :

-       Tout d’abord parce que les AC permettent de fiabiliser le recrutement,

-       Ensuite parce que le candidat peut apprécier si le poste lui convient ou pas,

-       Enfin, parce que la chance est donnée à chaque postulant de faire preuve de ses compétences.

Dans cette méthode d’évaluation les deux parties sont gagnantes.

Son intérêt réside en ce que la procédure d’évaluation est constituée d’un mix de mises en situations : individuelles, en face à face, en groupe ce qui permet au recruteur d’obtenir un profil complet du candidat.

Un retour individuel est fait au candidat, lui donnant ses points forts ainsi que ses axes d’amélioration.

Les assesseurs peuvent être des responsables RH, des responsables hiérarchiques, ou encore des consultants et à chacun sa spécialité.

Cependant, il manque un maillon : le synergologue !

Revenons à la base et à ce qui fait la force des AC et de la Synergologie : l’OBSERVATION !

La force des AC est de mettre les candidats en situation et d’observer leur comportement et leurs compétences. C’est bien là NOTRE PLUS VALUE en tant que spécialiste du langage corporel, c’est bien là le fondement de notre discipline, de notre expertise : l’OBSERVATION !

Nous pouvons apporter une analyse pertinente, précise et juste du comportement individuel des candidats par rapport au groupe et repérer de véritables potentiels.

Nous pouvons identifier la façon dont les candidats gèrent leur stress, identifier dans quelle dynamique émotionnelle ils se trouvent. Souhaitent-ils interagir ou plutôt s’effacer ?

Nous pouvons savoir si la personne est dans le contrôle ou la spontanéité, nous pouvons savoir si elle feint.

Nous comprenons également avec finesse la stratégie individuelle de communication mises en place par les candidats.

N’oublions pas que l’interaction est à l’origine de tout comportement, qu’elle prend sur le corps la forme d’une trace observable et que cette trace corporelle observable non seulement est universelle, mais seul le synergologue à l’expertise pour la décrypter.

N’hésitez pas à faire appel à nous pour évaluer avec efficacité le profil de chaque candidat.

 

Sources : Evaluatys RH 10/2014, JOBTEASER.com, actiforces.com, primastoneconsultant.net

Oeil iris

La Synergologie illustrée par une pub

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La Synergologie illustrée par une pub du CIC : où comment une pub illustre avec brio ce que nous savons décrypter lors d’un échange en face à face.

Par cet exemple, nous vous dévoilons l’évolution des différents états émotionnels par lesquels peut passer un commercial face à son client (cette pub est disponible en visualisation sur Youtube évidemment).

A 2 sec. : le commercial de la banque à son buste penché en avant de son bureau, il marque ainsi son intérêt à son client. Vous noterez que le client a son buste penché en avant mais sur sa droite, il argumente avec conviction ses propos.

A 5 sec. : le « banquier » est dans une impasse verbale, il n’a plus d’argument à opposer à son client/prospect et souhaite se retirer de l’échange. Son buste part alors vers l’arrière et sur sa gauche.

A 9 sec. : dos au mur, le « banquier » ne peut pas disparaître, alors il met une « barrière de protection » entre lui et son client redoutable. Son buste est toujours en arrière, légèrement sur sa droite traduisant une certaine agressivité passive (bien sûr), son genou droit va venir en protection sur sa jambe gauche et ses mains vont venir renforcer ce « bouclier virtuel » en se positionnant sur son genou gauche.

Ensuite, c’est le jeu d’acteurs…

Voyez comme le client reste sur sa position initiale, c’est lui qui gère prend l’ascendant sur son vis-à-vis qui se retrouve « dans les cordes ».

 

La dimension oubliée (!) du Lean Management

Le Lean Management est évidemment la version Organisation Scientifique du Travail remis au goût du jour par Toyota (fin 20ème). La finalité est d’éviter le gaspillage à tous les niveaux parce qu’il réduit l’efficacité et la performance de l’entreprise. Le Lean Management s’appuie sur l’ensemble de ses employés pour atteindre cet objectif. Ce système d’organisation du travail se veut « parfait », et il le serait si une dimension pourtant essentielle n’était pas ou peu mise en valeur… (j’y reviendrai plus bas).

Dans la notion de Lean Management, il y a celle de mesure de la performance. Comment mesurer cette notion ? Si elle se fait par la productivité d’un employé en termes quantitatifs, elle se fait également par ses efforts et ses actions pour développer cette productivité. Mais la performance se mesure aussi par les moyens mis en œuvre par l’entreprise pour que ses employés se forment et développent leurs compétences, elle se mesure aussi par le contexte interne et externe dans lequel évolue l’employé. On peut ne pas atteindre ses objectifs mais être performant !

Dans cette organisation tournée vers la productivité, une possibilité d’évolution est offerte aux employés les plus motivés (pas forcément les plus compétents) de monter à l’échelle de la hiérarchie. Ainsi, un commercial (simple exemple parmi d’autres) peut prétendre à se mettre le pied à l’étrier du management et devenir manager de proximité. Selon la société qui l’emploi, ce nouveau manager sera formé à la collecte des fameuses statistiques, à certaines techniques d’entretiens après quelques mois de prise de poste (ou pas…). Dans cette période de formation, sur poste ou sur un site dédié, les diktats du manager à la sauce corporate sont inculqués mais sans tenir compte (malheureusement) de toutes les qualités et défauts intrinsèques de ces nouveaux managers. Les formateurs se retrouvent à former des managers comme un produit industriel. C’est LA que le bât blesse.

Etre manager de proximité, ce n’est pas se limiter à appliquer béatement le questionnement Socratique, les 5 pourquoi ou encore le PDCA et autre DESC… c’est aussi être LE coach qui sait prendre en compte les compétences, la motivation, l’expérience de chaque collaborateur, LE coach qui sait adapter son attitude à chaque collaborateur.

Laisser sortir de son bureau un employé en pleur est un triste aveu d’échec. L’enjeu du manager, de par son attitude, est de réussir à permettre à chaque collaborateur d’atteindre son meilleur niveau de performance possible. Une relation gagnant-gagnant finalement… (à ce titre, je vous invite à jeter un œil au « dilemme du prisonnier » dans la théorie des jeux). Dans de grosses structures, le lien de subordination peut avoir cet effet pervers de ne pas vouloir mettre en valeur les autres. Toute personne recherche la reconnaissance de quelques façons que ce soit, et la tentation est forte de vouloir se distinguer du groupe en jouant un peu des épaules. Grossièrement, un manager qui veut passer au niveau supérieur aurait tout intérêt à ne pas mettre en valeur un collaborateur qui semble réfléchir un peu trop et par là même, se distinguer du groupe. C’est une grossière erreur !

Il est primordial d’intégrer une dimension plus humaniste et beaucoup plus fine dans le management d’aujourd’hui. Cette dimension essentielle de la relation humaine peut être appliquée le plus naturellement du monde si le manager se pose les bonnes questions. Et ces questions sont relatives au langage non verbal. C’est là qu’intervient la Théorie de l’esprit !

La théorie de l’esprit est la faculté de pouvoir décoder l’état mental de l’autre au sens plus large que l’émotion et le sentiment (qui sont du domaine de l’empathie) et adapter sa communication en conséquence. Ainsi, l’autre se sentira compris, adhérera pleinement à votre dynamique et cela vous permettra d’anticiper ses réactions.

Se poser les bonnes questions est la résultante d’une triple attitude :

-       Assertivité, « je pense ce que je dis »,

-       Réflexivité, « j’écoute l’autre et je n’exclue pas qu’il ait raison »,

-       Empathie, « je ne juge pas l’autre ».

Cela implique pour le manager qu’il puisse reconnaître avoir tort sans se sentir déjugé dans sa fonction managériale.

Se poser les bonnes questions c’est : comment est positionné le buste de notre interlocuteur sur sa chaise ? A-t-il les lèvres pincées, rentrées ? Ses jambes sont-elles croisées le genou haut ? Ses mains sont-elles visibles ? Et bien d’autres encore… Toutes ces réactions physiologiques ont un sens que nous pouvons décoder.

Nous ne sommes pas tous des managers nés, mais avec un peu de bienveillance et en replaçant son ego là où il doit être, nous ferions un sacré bon manager, un sacré profiler (cf mon article du 6 sept.).

« Toutes les études sur la nouvelle génération connectée montrent que ces nouveaux collaborateurs sont de plus en plus rétifs à l’autorité (…). Pour s’adapter, le management va devoir se montrer plus interactif, davantage basé sur le partage et la négociation (…). Cette génération ne s’implique que si l’intérêt est réel. L’entreprise devra les encourager à exprimer leurs différences individuelles dont le groupe pourra s’enrichir. » (Frédéric Fougerat – Les Echos – nov. 2014)

(Sources : Wikipédia, TalentSoft, C. Hohmann, « Lean Managament » éditions Eyrolles 2012)

Le symbolisme des doigts dans un contexte d’échange

Voici un sujet passionnant et qui me tient à cœur au même titre que celui des yeux : le symbolisme des doigts dans un contexte d’échange.

Si vous observez une conversation entre deux ou plusieurs personnes, vous observerez immanquablement, à un moment ou à un autre, qu’une personne viendra se gratter une zone du visage à l’évocation d’un fait, d’un sentiment, d’une émotion.

Dans ce contexte, si la zone du visage (ou du corps) est importante à identifier, le choix du doigt ne l’est pas moins.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une démangeaison ? En synergologie, nous disons « micro-démangeaison ». C’est l’action de venir gratouiller subrepticement une zone du corps ou du visage et qui exprime une contradiction entre le ressenti et ce qui vous est dit.

Par exemple, lorsqu’un journaliste dit à un sportif qu’il n’a pas été, ou qu’il a été performant, ce dernier va venir gratter furtivement une zone de son visage avec un doigt (nez et pouce ou index).

Le choix du doigt est inconscient mais il nous oriente sur le ressenti de la personne.

-       Le pouce est une représentation du soi, je le brandis pour dire « je vais bien »,

-       L’index est une affirmation du moi dans l’environnement, je le lève pour prendre la parole,

-       Le majeur est intéressant parce qu’il est le doigt le plus long de la main (si si…) mais surtout parce qu’il SEMBLE sortir de la main pour aller vers l’autre. Je le brandis fièrement dans un contexte de dualité pour dire que « peu importe qui tu es, JE fais ce que je veux ET JE me fiche de ce que TU en penses ! » Bon, dans sa voiture c’est pas très classe je vous l’accorde… Le majeur représente également la créativité, la sexualité (vous pouvez associer les 2 aussi… ;-b),

Vous voyez dès à présent que si le pouce est le doigt le plus proche de nous, qu’il représente notre individualité, l’index introduit la notion d’environnement et le majeur la confrontation AVEC cet extérieur. Poursuivons…

-       L’annulaire représente le clan, la famille mais aussi la douceur du cocon. Il évoque la relation de couple, de famille.

-       L’auriculaire est ainsi le doigt le plus à l’extérieur de notre main et il représente l’harmonie, l’équilibre dans l’environnement.

Ce qui est très intéressant et novateur (n’en déplaise aux autres disciplines et autres pseudo décodeurs du langage non verbal), c’est de pouvoir identifier le contexte dans lequel tel doigt est choisi plutôt qu’un autre, pour se démanger le front, les yeux, la joue ou le nez. Nous pouvons ainsi anticiper ce que ressent notre interlocuteur à nos propos.

Selon le contexte verbal de l’échange :

-       Le pouce sera choisi pour des propos positifs lié à Soi,

-       L’index sera choisi pour des propos négatifs lié à Moi,

-       Le majeur dans un contexte verbal ambigu qui dérange,

-       L’annulaire à l’évocation de la famille, du couple,

-       L’auriculaire dans un contexte en rapport avec l’harmonie, l’équilibre dans l’environnement.

Nous distinguons 8 zones sur le visage :

-       Le front représente la réflexion, ce qui est de l’ordre du cognitif,

-       Les sourcils c’est s’imaginer, se souvenir,

-       Les yeux sont faits pour voir, ou ne pas voir,

-       Le nez représente ce qui nous intéresse, ce que l’on « sent » ou pas, ce que l’on cache ou ce qui est inexacte, et également ce qui a trait à notre image,

-       La « moustache » qui traduit le rapport à l’autorité, à la hiérarchie,

-       La bouche qui traduit notre plaisir,

-       Les oreilles qui représentent la vanité,

-       Les joues pour l’agressivité, l’envie de mordre.

Lorsque vous observez une démangeaison de telle ou telle zone du visage, faites le lien entre le symbole que représente cette zone et le doigt employé. Vous pourrez alors recentrer votre attitude, votre questionnement afin de replacer l’autre dans l’échange, dans l’authenticité.

 

Merci à Yann pour son autorisation d’utiliser son rapport d’étape sur « le choix du doigt dans la micro démangeaison du visage ».

Lens - PSG : carton rouge mais à qui ?

Un article plus léger que les précédents peut être parce que le sujet est plus populaire : le foot ! (Je suis fan moi aussi mais à ne pas répéter trop fort !)

Les arbitres français n'ont pas le vent en poupe depuis quelques années maintenant, faute aux erreurs d'arbitrage, etc... la dernière en date aurait été commise lors du Lens / PSG de vendredi dernier. 3 cartons rouge dans un même match, ça ne fait pas sérieux pour le corps arbitral mais voyons un peu le déroulé des évènements et la faute ne revient pas forcément à celui que l'on croit...

Regardez cette photo et dénombrez les joueurs sang et or autour de l'arbitre :  Lens psg 1

Celui qui fait face à l'arbitre est plutôt agressif, et pour cause, c'est celui qui prend le carton rouge. L'arbitre est seul face à 5 joueurs plutôt agacés alors quelle est l'émotion qui le submerge à ce moment précis ? Mettez-vous quelques instants à sa place... la PEUR ! L'arbitre à peur et face à la peur, 3 réactions possibles : Freeze, Flight, Fight. L'arbitre à passer la première sans effet, il aborde la seconde, il rompt le contact et part alors que 6 joueurs continuent de le poursuivre. Lens psg 2

M l'arbitre fuit et croise sur le chemin de sa fuite Cavani qui, par manque de réflexion (pour être politiquement correct), vient de chambrer les supporters lensois.

M l'arbitre, toujours seul avec sa peur au milieu de 22 gars un peu passionnellement tendus donc, sort un carton jaune pour faire comprendre au parisien que ce qu'il vient de faire n'est pas très protocolaire. Sauf que Cavani, pas psychologue pour 2 sous, reproduit la même attitude que ses compères lensois... il poursuit l'homme en bleu et souhaitant dissiper tout malentendu et ne comprenant pas pourquoi l'homme en bleu ne souhaite pas échanger mais préfère fuir, Cavani donc lui saisit le bras (Cavani ne parle pas français) pour obtenir des explications. Lens psg 3  Sauf que M l'arbitre est toujours dans sa dynamique de peur et réagit en conséquence. Il se sent à nouveau agresser et la seule façon de se défendre est de sortir un carton rouge (ce sera le 2nd de la soirée).

Qui doit-on blâmer ? Les sportifs un peu trop passionnés ? Un arbitre qui se sent agressé par 5 sportifs costauds (dynamique négative de groupe) ? Cavani qui ne sait pas parler français ?

Ne peut-on imaginer que ces sportifs, qui brassent plusieurs fois notre salaire pour 3 neurones, ne puissent pas accepter la décision arbitrale ? Ou n'ont-ils pas suffisamment été sevrés pour apprendre à gérer leur frustration ? Bien que je sois supporter du beau jeu, si celui-ci est vicié par une règle mal appliquée, je l'accepte, c'est le jeu...

Si les arbitres reçoivent des formations sur les attitudes qu'ils doivent adopter au cours d'un match, alors les joueurs devraient recevoir tout au moins des conseils de bienséance.

Mais ce n'est que mon avis... et je le partage.