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Portes Ouvertes des Artistes de Ménilmontant

Du 27 au 30 septembre, de 14h à 20h (nocturne jusqu'à 22h le 28), les Artistes de Ménilmontant organisent des Portes Ouvertes !

Je vous invite à venir découvrir les différentes activités qui y sont pratiquées, notamment le CERCE.

Le CERCE est un collectif regroupant 3 artistes art-thérapeutes, Véronique TAT (violoncelliste concertiste, enseignante et musicothérapeute) - Alessandra LANEVE (peintre, art-plastique, calligraphe japonaise, graphiste et art-thérapeute) - Patrick LAURIN (peintre, art-thérapeute, formateur et superviseur en art-thérapie) qui ont la gentillesse de m'accueillir pour débuter mon activité de psy en libéral dès le mois d'octobre.

La complémentarité entre la psychothérapie et l'art-thérapie n'est plus à démontrer... lorsqu'en plus cela se pratique dans un cadre doté d'une âme bienveillante !

 

Venez donc nombreux nous rencontrer et nous nous ferons un plaisir de vous présenter nos activités.

 

Po menilmontant

 

https://ateliersdemenilmontant.org/adm/portes_ouvertes/portes_ouvertes.htm

https://cerce-collectif.org/

 

 

Analyse Flash : Redouane Faïd, braqueur un jour, braqueur toujours !

3 images simples pour illustrer qui est Redouane Faid, l’enfant qu’il a été et le braqueur qu’il sera toujours.

 

Redouane faid 1

« Je me suis toujours gardé de véhiculer une aura et une légende en disant que c’est bien de faire ça… »

Il le scande comme un mantra mais il énonce simplement le symbole qui le guide lui, et vers ce à quoi il veut tendre : être plus le plus reconnu de tous les braqueurs !

Les propos sont dits posément, sans agressivité qui elle, est lisible sur son corps. Sa langue sort de sa bouche pour y rentrer rapidement, une image presque imperceptible mais dont le sens est : je ravale mes propos.

Axe de tête latéral droit ajouté à un axe de tête rotatif droit, lesquels sont renforcés par un axe sagital supérieur. Il se croit et se place au-dessus des autres, guidé par l’ambition et la quête de reconnaissance : il se voit comme un rebelle et le dit avec le sourire.

La position du buste en arrière et vers sa droite montre qu’il est dans une posture analytique, réfléchie. Son sourcil gauche est relevé par rapport au droit, ce qui le met à distance des autres. Il se veut à part, différent.

 

Redouane faid 2

« Quand vous grandissez dans une cité, on fait pas attention à vous… »

Le voilà son point de départ d’adaptation sociale, son T0 qui motive son ambition. C’est ce que je tente de clamer, de relayer haut et fort que l’enfant a besoin d’attention, de bienveillance et d’inclusion. Le cas échéant, nul ne peut prédire les voies créatives qu’il peut emprunter pour arriver à exister.

Son menton est froncé en une moue de regret, de dépit qui transmet au fond une tristesse ressentie et contre balancé par un sourire ironique qui revient très souvent tout au long de ses interviews. Il nous rit au nez ! Sa tristesse est domestiquée et surmontée à grand renfort de clivage bien versus mal, vision pour le moins binaire et enfantine du monde vu par un petit gars de la cité (rien de péjoratif dans mes propos, je vous rassure). C’est malheureusement trop souvent la loi de la débrouillardise et du plus fort qui l’emporte dans cet environnement.

 

Redouane faid 3

« Je me suis fait arrêter et ça m’a servi à stopper tout ça… »

Aller, pour un peu on pourrait y croire… Non ? Non, pas une once de vérité dans tout cela. Comment serait-ce possible lorsque la tête se désaxe tellement pour venir se placer à l’opposé de ce que les yeux regardent ?! Ses paroles vont dans un sens, ce qu’il pense réellement va dans l’autre sens.

 

Criminel un jour, criminel toujours !

 

Lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_WJytJmlOqs

 

Affaire de 8 infanticides : Dominique Cottrez

Le fait divers criminel est toujours/souvent l’occasion d’un débat/intérêt passionné et fascinant. L’amour peut y côtoyer la mort et certains crimes peuvent rester incompris du grand public, à cause de la nature même du crime, du scénario joué ou encore de l’auteur(e) et des victimes.

C’est le cas de l’infanticide. C’est un crime à traiter à part des autres, qui eux, sont souvent la conséquence de frustration, de jalousie, de haine. Mais qu’en est-il lorsqu’il est la conséquence de l’amour sur fond de crypte ? Comment comprendre cet acte d’une mère à l’encontre de son nouveau-né ? Pour tenter de comprendre ce passage à l’acte, il faut faire preuve d’une profonde et réelle empathie cognitive (et non émotionnelle).

 

Rappel des faits

Les acquéreurs d’une maison découvrent, en réalisant des travaux dans leur nouveau jardin, deux sacs en plastiques contenants les cadavres de deux bébés. Cette maison appartenait au père de Dominique Cottrez, qui reconnaîtra être la mère des bébés, de même qu’elle reconnaîtra la présence de six autres corps dans son garage et sa chambre à coucher.

Aucun des corps ne porte de trace de violence. Dominique Cottrez (DC – je n’y peux rien…) explique au juge avoir été victime d’inceste pendant très longtemps (propos niés par la suite, cependant il ne faut pas oublier l’état de sidération que peut provoquer un traumatisme psychique, et donc la possibilité d’état de confusion dans lequel se trouve la victime, même des années après les faits) et avoir agi par crainte que les enfants ne soient de son propre père.

Après deux ans de détention provisoire, DC a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire.

 

De l’économie psy

Chaque affaire d’infanticide ne doit pas faire appel à des statistiques, parce qu’elle est empreinte d’un contexte familial lourd et propre à chacun.

Ainsi, le profil de la mère infanticide (meurtre d’un bébé de moins de trois jours) concernerait des femmes jeunes, célibataires, sans antécédent psychiatrique et accouchant seules suite à un déni de grossesse. Le profil de la mère liberticide (meurtre d’un enfant âgé de un à onze ans) concernerait des femmes plus âgées, qui passent à l’acte dans un contexte pathologique dépressif sévère (Besnier, 2004).

Ces profils ne s’appliquent pas à DC. En premier lieu parce qu’il ne s’agit pas d’un déni de grossesse mais d’une dissimulation de grossesse. DC reconnaît et a conscience de ses grossesses mais elle est incapable d’en parler à quiconque. Dans le cas de DC, le passage à l’acte est un aveu de ne pas pouvoir établir de lien primaire, propre à la mère et à son nouveau-né. Elle aime trop ses enfants, même si cela semble paradoxal, pour les laisser exister/vivre en tant que conséquences de viols.

Au même titre qu’il existe des suicides altruistes, il existe (et c’est ici le cas) des meurtres altruistes. Ils sont la conséquence de carences affectives importantes et mortifères, d’un sentiment d’abandon profond et vraisemblablement de traumatismes qui datent de l’enfance et non traités. Traités suite à une résilience ou par une intervention extérieure. Il a été impossible à DC d’extérioriser/verbaliser ses épisodes traumatiques. La seule voie d’expression fut la somatisation dans le meurtre, somatisation paroxysmique des traumas subis.

Le refoulement peut avoir des effets délétères si l’évènement n’est pas pris en charge. Pour DC, accoucher et tuer ses enfants seraient comme taire ses mots/maux révélateurs du trauma. Elle est dans l’impossibilité de nommer ses enfants victimes parce qu’ils sont la représentation insupportable de la mauvaise mère, l’incarnation du mauvais sein, d’où une image de soi fortement dégradée, insupportable, confortée par un physique qui n’est plus une représentation féminine.

 

Le silence tue !

Garder les corps à proximité d’elle était comme se donner la possibilité de hurler ses mots/maux quand nécessaire, en posant simplement un regard sur les cadavres gardés à demeure et à l’insu (déni ?) de sa famille, son mari en particulier.

 

 

Dominique cottrez

 

Tout est la faute de la Femme !

« Le 23 mai 2014, Elliot Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement. Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations.

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième. Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme. Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route.

Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboarders et cyclistes.

Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné.

Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête. »

Lien vidéo Elliot Rodger : https://www.youtube.com/watch?v=G-gQ3aAdhIo

 

Mais quel est le lien entre les « incels » et Elliot Rodger et plus récemment Alek Minassian, l’auteur de l’attaque à la voiture bélier le 23 avril dernier ?

C’est le rapport conflictuel aux femmes et à la sexualité plus particulièrement. Je devrais même dire l’absence de sexualité parce que c’est bien son absence qui mène à la violence contre les femmes. Le ressentiment, la frustration, des mécanismes assez simples mais insidieux et ravageurs et toujours les mêmes victimes :

 

les femmes !

 

« Les incels sont la contraction de involuntary celibate, des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu’à leur vouer une haine féroce. (…) Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana, une canadienne. (…) En 1993, la jeune femme n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami. (…) A la fin des années 1990, elle crée un site, « Alana’s Involuntary Celibacy Project », qu’elle voulait comme une plate-forme d’entraide ouverte à ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelle. Les années passent et plus à l’aise socialement, elle finit par céder son site à un inconnu… » (Emilie Brouze – 26 avril – L’Obs)

Lien vers l’interview d’Alana : https://www.theguardian.com/world/2018/apr/25/woman-who-invented-incel-movement-interview-toronto-attack

 

Ce qui n’était au départ qu’un blog qui rassemblait des témoignages de jeunes n’ayant que peu de connaissances des codes sociaux, qui n’ont pas la chance d’avoir un physique « agréable » ou en tous les cas « dans la norme », s’est mû en un groupe d’hommes plus radicaux. Chaque membre participant à la dynamique malsaine de désigner ceux qui « réussissent » comme leurs ennemis.

Flashback... L’adolescence est marquée par ce désir de faire partie d’un groupe dans lequel l’individu s’identifie et y voit comme une reconnaissance, une appartenance. Il s’identifie à ses membres. L’inclusion est la vie ; le rejet est la mort. L’adolescence est aussi la période des premiers amours. Si chacun arrive dans l’adolescence avec son vécu familial, cette période particulière nécessite de reconnaître puis de s’approprier les codes sociaux. A défaut de schémas précoces adaptés, ce n’est ni plus ni moins que le rejet qui guette l’individu et ce rejet pourra être vécu comme violent/traumatisant.

Amour propre, estime de soi, valorisation sont les enjeux de l’inclusion et cela peut vite dégénérer en frustration, auto-dévalorisation, ressentiment ou encore conduite addictive et appétence traumatophilique. Ainsi, l’absence de relation affective, sentimentale, amoureuse, sexuelle créée une vive tension psychologique qui ne fera que s’exacerber à moyen et long terme, si l’individu ne réinvesti pas sa libido dans une voie socialement acceptable, et s’il ne se remet pas en question, alors la tension deviendra mortifère.

A ce stade-là, il existe différentes solutions proposées par notre belle et (si juste) société de consommation ! Là où tout se vit dans l’instantanéité, dans la possession et dans l’individualité, les sites pornos connaissent un essor fulgurant, les applications de rencontre se portent très bien alors même que hommes et femmes ne recherchent évidemment pas la même chose en s’y inscrivant. Même au niveau du simple plan Q, la femme va vouloir une certaine « bienséance » faisant office de préliminaires alors que l’homme peut aborder le date beaucoup plus « simplement » et zapper cette phase de « reconnaissance ».

Dans le traitement/l’assimilation d’une simple déception amoureuse ou même face à l’absence d’un quelconque intérêt affectif/amical envers un(e) individu(e), la différence entre genre est flagrante. Si la jeune femme peut se replier sur elle-même, consulter sa mère ou ses amies, le jeune homme va être envahi par une certaine violence créée par la frustration.

Pour des personnes influençables et "pauvres intellectuellement", le passage à l’acte violent est une option malheureusement de plus en plus choisie. Il s’agira alors de trouver un bouc-émissaire, de se victimiser, de partir à la recherche d’autres qui vivent le même malaise ou encore de s’endoctriner (religion), tout cela pour trouver une justification à son mal-être, pour décharger cette tension psychologique devenue invivable et pour être reconnu !

Pourtant, s’ouvrir aux autres, s’intéresser à l’art, à la littérature, faire du sport, du théâtre ou toute autre activité provoquera nécessairement une remise en question et permettra d’être plus ouvert, plus curieux, plus empathique.

 

En conclusion les gars, soyez moins cons !

 

 

Tintin

 

 

 

Le gendre idéal : Jonathann Daval !

Comment le gendre idéal a-t-il pu berner tout le monde ?

 

La question aurait pu se poser autrement : comment Jonathann Daval a-t-il pu mentir à tout le monde ? Mais d’ailleurs, a-t-il vraiment menti ? A-t-il caché une partie de la vérité ? A-t-il joué une sombre et cynique comédie ?

 

Se pose alors la question de l’authenticité et des signes qui permettent de la reconnaître. Lorsqu’une personne montre une émotion qu’elle ressent réellement, on s’attend à voir des épaules hypotoniques ou hypertoniques comme dans la tristesse ou la colère. On s’attend à une augmentation des clignements des paupières, des mouvements de bouche mais également à des gestes effectués avec les mains plus ou moins proches du corps.

 

Dans le cas de JD, seul le visage (d’après les vidéos que j’ai visionnées) nous apporte des éléments de réponse. Et au final, et évidemment renforcé par ses aveux, il s’agit d’un « mensonge vigilant », c’est-à-dire que JD doit en dire le moins possible afin que le peu d’informations verbales et non verbales extériorisées ne puissent lui être retournées. Il est donc confronté à une double contrainte : laisser s’extérioriser sa tristesse mais en en montrant le moins possible.

 

Avant d’analyser la vidéo et de vérifier s’il y a une émotion sous-jacente, il est important de rappeler les éléments connus.

 

Quels sont les éléments contextuels ?

 

D’abord JD affiche un physique petit, fluet, quelques rides sur le front, des sourcils peu mobiles, une coiffure branchée. JD apparaît comme une personne timide voire introvertie, il est informaticien, il est supporté par le père de sa femme lors des différentes sorties filmées. Il est à mille lieux d’un physique à la Charlton Heston et apparaît même efféminé…

 

JD a rencontré sa femme au lycée et il dit qu’ « elle a changé sa vie (…), qu’elle est une complice délicieuse » (Ouest-France). Elle avait 29 ans, était employée de banque, joggeuse donc active et énergique.

 

L’enquête a révélé une relation conflictuelle depuis quelques temps, avec des disputes que les voisins qualifient de crises hystériques, puis des échanges de SMS qui révèlent des propos violents de la part d’Alexia et enfin, une difficulté à concevoir un enfant (ce qui ne manque pas de créer des tensions, voire de les exacerber si elles étaient déjà existantes).

 

Meurtrier et triste à la fois ?

 

A l’analyse de la vidéo, il n’est vraiment pas aisé de se rendre compte que JD est l’auteur de ce crime sordide, cependant, quelques items peuvent être sujets à caution.

 

JD est authentique parce qu’il ne feint pas la tristesse. Elle est lisible sur toutes les images quand son hémi visage gauche est plus crispé que le droit (4 min. 05), avec les bords extérieurs de la bouche tombants, le menton qui se « froisse », ce ne sont pas des mimiques que l’on peut feindre facilement. Ses larmes sont bien là aussi. Les épaules sont hypotoniques, aucune des deux épaules n’est plus haute que l’autre donc il n’y a pas d’enjeu personnel, pas d’envie de performer. Les clignements d’yeux sont biens présents et même très (trop ?) appuyés, le chagrin éprouvé nécessite même l’ouverture de la bouche pour une meilleure oxygénation, on voit JD souffler souvent pour évacuer cette profonde tristesse. Son regard défocalise souvent mais de manière passive (4 min. 17 ; 4 min. 40 ; 5 min. 32), ce qui va dans le sens d’une authenticité. Par contre, nous ne voyons jamais de mouvement ni des bras, ni des mains, aucune micro démangeaison… mais JD est une personnalité timide et introvertie, voyez sa bouche souvent fermée (4 min. 17), son regard se baisse pour rentrer dans sa bulle (4 min. 44) ce qui est cohérent avec sa gestuelle économe.

 

Cependant, quelques items viennent parasiter le message…

 

A 4 min. 41, la bouche de JD se ferme en « huître » signifiant que des propos sont retenus, ce qui semble anachronique, d’autant que la langue sort pour rentrer immédiatement (ROBL10) confirmant cette envie de ne pas dire.

 

A 5 min. 47, JD a une déglutition marquée alors que je n’en ai pas vu précédemment et à nouveau sa langue qui sort pour rentrer immédiatement (ROBL10).

 

Enfin, et c’est pour moi le moment « clé » de ces items, à 5 min. 48, JD a une moue d’agacement, de circonspection avec une mise à distance des autres (ROBDGEA + ROSDA pour nous synergologues) sur la phrase prononcée par sa belle-mère : « cette marche que nous souhaitons silencieuse… ».

 

Comment expliquer ce hiatus ?

 

Je me permets une ou deux remarques qui pourront jouer un rôle dans l’explication. Le couple formé par JD et AD ressemble fortement à celui des parents d’AD. La mère est sur le devant de la scène, c’est elle qui parle, elle occupe une fonction de conseillère municipale, c’est donc une femme de pouvoir, alors que le père ne parle pas, il est effacé et soutient physiquement son gendre.

 

Le couple JD / AD habite dans la maison des grands-parents d’AD, ce n’est pas un bien acquis en commun (et alors me direz-vous ? J’y viens…).

 

JD a connu sa femme très jeune, au lycée, il dit qu’elle a changé sa vie, il est ainsi entré dans un processus d’idéalisation de sa femme, objet de son surinvestissement émotionnel. Le but étant de réparer évidemment un ego en berne, non valorisé et une faible estime de soi.

Cette idéalisation permet d’éviter la dépression mais qu’en est-il lorsque l’objet idéalisé souhaite vous quitter ? Si cela se réalisait, JD se serait retrouvé sans maison, sans femme, sans enfant promis et surtout, seul face à son narcissisme blessé et donc anéanti dans le sens le plus complet.

Malheureusement statistiquement, les hommes ont une fâcheuse tendance à passer à l’acte contre celle qui les menace de partir.

 

L’idéalisation fixe le couple dans un système non viable à terme, qui ne peut qu’imploser dès lors qu’un élément perturbateur vient mettre son grain de sable dans la machine d’un équilibre précaire. En particulier ici, le désir d’avoir un enfant est une difficulté dont, on peut facilement l’imaginer, chacun peut reprocher le tort à l’autre (je vous rappelle que AD est plutôt affirmée alors que JD est efféminé) et là, à chacun sa méthode… c’est ce qu’attestent les crises d’hystérie relatées par les voisins.

 

A mon humble avis, et là où JD ne pourra pas faire croire à la thèse de l’accident (un étranglement ne prend rarement que quelques secondes…), c’est qu’il avait conscience de ses actes et que le déni affiché lors de la conférence de presse et lors de la marche blanche n’a pas tenu face à la cruelle et sordide réalité.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vw4Ep_YvIos

 

J daval

Décryptage de la prise de parole du djihadiste Hocine, arrêté à Raqqa

Décryptage comportemental, réalisé en binôme, de l’interview du djihadiste arrêté à Raqqa. Vous trouverez dans un premier temps l’analyse globale, puis l’analyse détaillée par séquence. L’interviewer écrit dans son article (LCI, le 30/10/17) que Hocine reconnaît avoir «commis une faute, celle d’être allé en Syrie. »

 

Conclusions globales de la séquence

 

Frantz BAGOË : Dans cette interview et face à une journaliste, le djihadiste français affiche une attitude de dominant qui regrette effectivement d’être venu à Raqqa, mais pas pour les raisons que l’on peut croire. Uniquement parce qu’il n’y a pas trouvé la charia telle qu’il l’avait fantasmée et qu’il adore encore.


Elodie MIELCZARECK : Personne dont la gestuelle de domination s’exprime tout au long de l’interview. Le fait que l’interviewer soit une femme biaise un peu la situation à analyser. Les items de dominance viennent parasiter l’échange : parties génitales exposées, gestes en hauteurs, intensité forte de la voix. Son rôle reste difficile à cerner. Cependant, on peut affirmer qu’il n’a sans doute pas été très actif (items plutôt authentique quand il évoque les « 4 vieux mis de côté »). Pour autant, son histoire du « bureau des mariages » est noyée dans un vocabulaire jargonnant et avec de multiples détours. De plus, quand il évoque son action principale, « noter, c’est tout », on observe une gesticulation / agitation des membres et de la voix + un corps qui part vers l’arrière et se désolidarise du propos. On peut en déduire que sans avoir participé aux combats, cette personne a eu un rôle plus important et beaucoup plus engageant que celui qu’elle dépeint. Contrairement à ce qu’elle affirme, l’idéologie islamiste est partagée. Il incarne un certain dégoût / mépris mêlé d’agressivité envers ceux qui ne respectent pas la charia. Il s’agit donc d’un individu « radicalisé ». La fin de l’interview converge vers des items d’authenticité et de sincérité : expressions de peur et d’angoisse (voire de désarroi) quand il évoque sa volonté de rentrer en France. Hypothèse : moins que l’idéologie peu satisfaisante (puisqu’il est pour la charia – contrairement à ce qu’il dira à la journaliste), ce sont sans doute les conditions de réalisation sur place qui l’ont déçues (rencontres, conditions de vie, etc.).

 

Résultats détaillés séquence par séquence

 

L’entrée dans la pièce : 1ère séquence

Elodie MIELCZAREK : gestuelle de domination sur la journaliste à 51 sec, avec une micro-traction quand il découvre la scène >>> volonté de performer, de se positionner au-dessus. Exposition des parties génitales tout du long de l’interview.


Frantz BAGOË : entièrement d’accord, il manifeste une volonté d’affirmation de soi, de rétablir son autorité qui est en jeu, notamment face à une journaliste femme. La double micro traction du t-shirt, alors qu’il n’y a aucune raison qu’il le fasse, en est une manifestation tout comme la position assise qu’il adopte, les jambes étant bien écartées et toujours face à la journaliste. C’est un moyen corporel de montrer qui est le mâle et que nous retrouvons fréquemment chez les singes. En Synergologie, nous avons inventé le terme d’EXPEGO pour cette expansion de l’ego.
Il est dans une logique dite « froide », ses propos sont appuyés par sa main droite et son axe de tête penche latéralement à droite, signe d’une volonté de contrôle de son discours (à 53 sec).

 

Le rôle et les responsabilités décrites : 2ème séquence

Elodie MIELCZARECK : sur son rôle, mi-vérité, pas beaucoup de clignements de paupières quand il évoque le « bureau de mariage » masque de rides sur le front, «là on leur propose des mariages », il noie son rôle en parlant du mot spécifique arabe (jargon) + endroit spécifique, pas de cognition incarnée, les deux mains s’agitent ensemble >>> gros doute.
« C’est de noter c’est tout » : corps qui part vers l’arrière, agitation du corps, accélération du débit vocal >>> il n’est pas à l’aise.
Interprétation : il n’était sans doute pas très actif, n’a pas forcément eu entraînement au combat mais son histoire de bureau des mariages ne tient pas la route. Il ne s’est pas contenté de noter…


Frantz BAGOË : oui, c’est un moment important dans l’interview lorsqu’il dit : « les sœurs qui ont perdu leur mari, on les met dans un endroit spécifique… », il aurait été judicieux de l’interroger dans le détail parce qu’il hoche sensiblement la tête sur le mot « spécifique ». A-t-il participé activement ? A-t-il vécu ça de loin ? Cependant, il semble qu’effectivement il n’ait pas été entraîné au combat, il est sincère.


Elodie MIELCZARECK : « 4 vieux mis de côté » logique chaude, main gauche active, plutôt vrai ?


Frantz BAGOË : je partage ton analyse, d’autant qu’il ne considère pas les jeunes djihadistes qu’il place à sa droite (1 min 14 sec). A ce stade, j’observe que le sourcil droit est continuellement relevé, traduisant une mise à distance des évènements. C’est-à-dire qu’il met toujours de la distance entre le monde extérieur et lui.

 

Sur l’idéologie islamiste et la charia : 3ème séquence

Elodie MIELCZARECK : sur sa radicalisation, gros items d’agressivité envers les « gens qui ont commis certains délits ». D’ailleurs les items d’agressivité pourraient être contre la charia. Mais le fait qu’ils disent « des gens qui » en épelant « commis certains délit » … « délit qui est contraire à la charia » montre que, contrairement à ce que dit la journaliste en off, il approuve cette loi islamique…

Frantz BAGOË : d’ailleurs lorsque les décapitations sont évoquées, il fait un geste d’arrêt de sa main droite, paume dirigée vers la journaliste, afin de préciser une inexactitude. Comme si ces actes barbares devaient trouver une justification quant à la qualité de leurs victimes.
Son regard semble ahurit voire même béat, comme les victimes de manipulateurs pervers (les gourous). Il n’a pas trouvé à Raqqa l’incarnation qu’il se faisait de la charia : « je suis venu de mon propre gré, sauf que j’ai rencontré des gens contraires » et c’est juste avant de dire cette dernière partie de phrase que son sourcil droit s’abaisse pour se positionner naturellement au même niveau que le gauche (1 min 55 sec). Il est là encore dans la sincérité, il voulait rejoindre un Etat qui appliquait la charia mais il a été déçu de ce qu’il a trouvé.


Elodie MIELCZARECK : « des gens contraires », « des émirs de l’Etat islamiques » : il est réellement déçu de qu’il a trouvé là-bas. Mais il approuve/approuvait l’idéologie islamiste. C’est plutôt les circonstances concrètes qui semblent l’avoir désappointé…
Items d’angoisse et de peur sincère : expressions de peur (rides sur le front) + yeux écarquillés + oui oui oui oui (on peut même parler de désarroi) >>> il veut vraiment rentrer en France !

 

Djihadiste

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=jnP0wZN8saU

Lien vers le site d’Elodie MIELCZAREK : http://www.analysedulangage.com

Suite au rapport sur le processus de radicalisation

Je relaye le « rapport de recherche pour la mission de recherche Droit et Justice » qui s’intitule « Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents », avril 2017, sous la direction scientifique de Xavier Crettiez et Romain Sèze.

 

Il aborde de manière exhaustive le processus de radicalisation dont les facteurs qui mènent au passage à l’acte terroriste.

Publié cette année, il m’incite à faire un parallèle avec deux articles que j’avais écrit en 2015 :

L’un à propos de « L’hébergeur de Saint-Denis » et l’autre à propos du besoin de solitude, qui expliquent les manques éducatifs et attentionnels.

 

Voici le lien vers le rapport :

 

https://www.inhesj.fr/fr/content/rapport-saisir-les-m%C3%A9canismes-de-la-radicalisation-violente

 

Voici les liens vers mes articles :

 

http://www.ds2c.fr/blog/pour-en-finir-avec-l-hebergeur-de-saint-denis.html

http://www.ds2c.fr/blog/nous-avons-tous-besoin-de-moments-de-solitude.html

 

Voici ce que j’écrivais sur l’hébergeur de Saint-Denis suite à mon analyse du langage non verbal.

« Son torse est bombé, le menton est haut pour toiser, regarder de haut et en biais. Drôle d’attitude pour celui dont l’appartement est actuellement pris d’assaut par la police. Ne devrait-il pas être inquiet ? Voire apeuré ?

Votre œil, même néophyte, a capté immédiatement cette attitude désinvolte qui ne cadre pas avec l’horreur des évènements. C’est une attitude arrogante que vous retrouvez systématiquement chez tous les délinquants de cités. (…) Il répond au journaliste mais son regard n’est pas dirigé vers son interlocuteur. Il conserve son ton nonchalant, distancié, (…) très enfantin. C’est ce qui trahit sa pensée. Voyez vos enfants qui ont fait une bêtise et que vous surprenez… ils adopteront la même attitude.

(…) Vigilance teintée d’un sentiment de supériorité affirmé. Ce sont bien les Institutions qu’il défie du regard (…), ce qui traduit une désinvolture méprisante.

Voici donc en 39 secondes, une stratégie comportementale puérile, construite sur la défiance à l’encontre des Institutions, de ce qui représente l’ordre, et qui malheureusement est le creuset des terroristes.

Ces personnes sont du pain béni en mal de valeurs et de reconnaissance.

Mais ne croyez surtout pas que l’hébergeur n’a pas conscience ni de ses actes, ni de la portée des évènements, il n’en a tout simplement pas cure… l’hébergeur est authentique dans son témoignage, il est certainement étonné de se retrouver au premier plan mais il est certain qu’il savait que ces squatteurs étaient des criminels. »

 

Au travers de ces 2 articles, j’avais rappelé l’importance de la socialisation et de ses effets, l’influence qu’exerce le groupe/le clan/la famille et comment peut naître le déficit d’estime de soi et le manque de reconnaissance de la part des parents en premier lieu, de la démocratie/de l’Etat ensuite.

 

Comme l’indique le rapport, « dans bien des cas, une situation de non-reconnaissance est renforcée par une combinaison entre, d’une part, une socialisation virile valorisant la force physique (le parallèle avec l’environnement des halls de cités est évident, c’est moi qui le note) et le mépris de la mort et, d’autre part, une dévalorisation volontaire du statut de donateur au sein d’une société, c’est-à-dire la méconnaissance du rôle des acteurs comme contributeur à une sphère d’interaction sociale. » L’hébergeur de Saint-Denis en est le symbole.

 

Cependant, j’insiste sur le fait que ce sentiment de non-reconnaissance est un sentiment qui, malheureusement, se partage trop facilement versus une émotion positive. Il existe aussi la possibilité qu’a tout individu à se remettre en question et à faire un véritable effort cognitif pour s’inscrire dans une démarche plus valorisante et reconnue par la société. Cet effort cognitif revient à adopter un autre angle de vue et de se dire que finalement, elle (la société) n’a pas vocation à stigmatiser…

 

Si l’individu ne le fait pas, le Système menant au passage à l’acte va se mettre en marche. Comme le précise le rapport, « le plaisir intense que peuvent retirer les militants politiques à s’engager dans des actions radicales totalement éloignées d’une forme de quotidienneté et assurant à ceux qui s’en prévalent une image de soi grandiose et mythifiée. Un des ressorts de l’engagement armé, surtout lorsque l’on est issu d’un univers social désenchanté, est la possible mutation de soi en un surêtre tout puissant, qui valorise le statut moral de l’acteur et l’introduit dans les délices narcissiques d’un combat glorieux. » C’est exactement ce que je pointais du doigt en 2015 et ce que recherche ces terroristes européens : de la reconnaissance. Cette même reconnaissance que leur offrent les imams salafistes et daech.

 

Dans un contexte familial perturbé (parents non attentionnés, non sécurisants, père ou mère absent, violent ou addict) peu sécurisant et encore moins valorisant, se construit un faux-self qui va se développer et niant sa part de faiblesse et en mettant en avant la puissance physique qui représente une partie valorisante et noble. Le lien d’attachement avec la mère et le lien extérieur avec le père ont été déficients. Cette déficience a été le terreau du faux-self et a généré frustration et impuissance qui à leur tour ont été alimentés par la société civile dans laquelle ces individus ne se reconnaissaient pas. D’autant plus qu’ils avaient l’exemple de la première génération qu’ils jugent soumise à l’Etat et au peuple judéo-chrétien. Ainsi, révolte et absence d’identification au père sont des éléments communs à ces âmes perdues.

Le rapport illustre cet état de fait par l’exemple d’un djihadiste interrogé en prison, qui fut victime d’un pédophile et qui est dans le déni par rapport au traumatisme subit. A cela s’ajoute des rapports conflictuels avec la mère, l’absence du père, la violence subit de sa mère par ses différents concubins et le placement dans un foyer.

 

Dans sa partie psychosociale, le rapport évoque « des failles psychiques (…) qui exprimeraient dans le trouble face au contrôle de ses pulsions en particulier dans le rapport aux femmes. Ces dernières, en évoquant une image de désir très fort, renvoient l’islamiste à une forme d’impureté que seule la violence doit permettre de tenir à distance. » Alors disons qu’il s’agit d’une des voies empruntées mais ce n’est certainement pas la seule.

 

D’un point de vue psychologique, le destin d’une pulsion est soit le renversement en son contraire, soit le renversement contre soi, soit la sublimation, soit le refoulement. Ce dernier, très prisé, est une voie d’allègement de l’inconscient et même refoulée, la pulsion reste à la recherche de se décharger, l’inconscient ne tolérant qu’un certain niveau de tension. Le refoulement ne fait que transférer la pulsion dans l’inconscient qui est lui-même protégé par un système d’évitement de la frustration. La libido (pulsion de vie, de plaisir) est déviée vers un nouveau but, c’est le processus de sublimation. Ces individus auraient pu choisir une voie artistique, spirituelle, intellectuelle ou sportive (les exemples des joueurs de foot ne manquent pas, hein Neymar ?)… que sais-je encore.

 

Ce qui est dommage, c’est que les autorités semblent investiguer l’analyse sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi ». C’est une question de priorité bien sûr, d’urgence aussi mais il me semble important d’investir massivement la sphère éducative. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis toujours dans la recherche du « pourquoi ».

 

Quels sont les 3 éléments, selon le rapport, qui mènent aux engagements radicaux ?

- la prise en compte des réactions violentes nées d’un phénomène d’indignation et d’injustice,

- l’influence exercée par la doctrine et l’idéologie professée,

- le lien analytique établi entre idéologie et émotion.

 

On ne naît pas criminel, même s’il existe des prédispositions à mon avis (cf. psychogénéalogie), on le devient. Intervenir dès la plus tendre enfance est certainement une des clés pour minimiser les risques de déviance. Vaste programme.

 

Radicalisation

 

Observations complémentaires au débat #MLP vs #EM

Beaucoup d’analyses ont été faites (presse écrite, télé, vlog) sur les gestes effectués par #MLP et #EM lors du débat d’entre 2 tours. Cependant, je ne vous propose pas une énième analyse qui donnerait mon interprétation sur leur stratégie respective, ni les gestes les plus flagrants qu’ils ont pu faire.

 

Je vous livre simplement mes observations qui viennent en complément de ces analyses. Mes observations portent sur les attitudes récurrentes durant toute la durée du débat, et sur le type d’émotion transmis par chacun des candidats. Pour moi, il n’y a pas de vainqueur mais deux stratégies biens différentes qui ont malgré tout eu un impact sur les indécis.

 

#MarineLePen

Son émotion véhiculée est l’agressivité afin de pousser #EM dans ses retranchements. Son écoute est attentive et sur la défensive, illustrée par un visage en axe rotatif gauche et un axe latéral droit – elle regarde #EM avec son hémi visage gauche.

Son buste est très mobile du début à la fin, ce qui donne une image peu rassurante et une personnalité peu stable. Comme mes confrères, je constate de nombreux faux sourires qui ne sont faits que pour atténuer/ironiser la pique lancée, mais j’observe aussi une asymétrie de son visage. Si le côté droit du visage de #MLP est ouvert, c’est bien le contraire pour le côté gauche qui lui s’affaisse. Le côté droit du visage représente le lien avec l’extérieur alors que le côté gauche est plus personnel. Cette asymétrie traduit un malaise de situation, ce que provoque également ce sentiment de colère qu’elle arbore.

Mlp 2

Durant la 1ère heure de débat, les mains sont très proches de la table et de son corps. Les mouvements ne sont pas amples et les coudes sont dissimulés. #MLP est dans la retenue malgré ses vociférations. D’ailleurs, elle semble comme étriquée assise sur son siège, les épaules basses, les coudes serrés contre elle. Une attitude très enfantine finalement, un peu tétanisée par l’enjeu du débat. Disons qu’elle fait montre de prudence face à #EM dont elle craint la répartie.

Passée cette heure, les gestes sont plus élevés et les coudes viennent s’ancrer sur la table.

Serait-elle en pleine confiance ? Pas tout à fait… il n’y a qu’à voir les très très nombreux gestes effectués main droite, lorsqu’elle replace une mèche de cheveux derrière l’oreille. #MLP se recadre, se reconcentre, se réassure, se remotive ! Son stress trouve une voie de décompensation par la préhension de son stylo qu’elle manipule.

 

Hormis cette mèche de cheveux replacée derrière l’oreille, #MLP fait souvent un geste plus symbolique et qui traduit bien malgré elle son agressivité :

Mlp 1

 

Cependant, je trouve un geste que les deux prétendants effectuent souvent et en miroir : les mains jointes qui tranchent (mouvement de haut en bas) ou qui réunissent (mouvement de l’extérieur vers l’intérieur).

Mlp em

 

#EM

Contrairement à sa vis-à-vis, le futur Président affiche un grand contrôle et une certaine neutralité qu’il va essayer de garder de bout en bout. Il se veut pédagogue et plein de sang-froid, mais certains gestes (que nous verrons un peu plus loin) vont trahir son arrogance, voire sa désinvolture en passant par de l’agacement. #EM ne se laisse pas déstabiliser, il fait même preuve d’assurance. Son buste très en avant dès le début, les coudes bien posés sur la table avec les mains biens hautes. C’est une attitude de dominant.

 

Les deux mains sont tout de suite très mobiles, elles concluent, énumèrent, ponctuent et illustrent les propos.

Contrairement à #MLP, le visage de #EM est en axe rotatif neutre – c’est-à-dire qu’il la regarde bien en face – et quelques fois en axe latéral droit trahissant une écoute rigide. Cependant, il arbore sur la partie économique un sourire moqueur voire ironique. Il balaie les piques avec sa main droite pleine de désinvolture, et se permet même de reposer son menton sur sa main lorsque le thème de la sécurité intérieure est abordé.   

 

 

Voilà ce qu’il fallait ajouter à ces différentes analyses et qui, je l’espère, vous éclairera sur les attitudes récurrentes que vous avez pu vous-mêmes observer, sans pouvoir les interpréter.

 

 

 

Pénélope Fillon savait-elle qu'elle était rémunérée ?

Le regard de Pénélope Fillon me fait fortement penser à celui de Lady Diana. Un regard triste, dirigé vers le bas dans une certaine réserve, très fréquent dans cette séquence. Il va également souvent se perdre à l’extérieur gauche ou droit, une façon d’échapper momentanément à la réalité.

 

« Que faites-vous de vos journées, quand votre fils est à l’école ? »

 

A cette question, l’embarras voire même le désarroi se lit sur le visage de Mme Fillon, la bouche reste un instant entrouverte, la commissure des lèvres est ascendante et le corps s’affaisse… jusqu’au moment où il faut bien répondre ! Alors le corps se redresse, la bouche se ferme avec une certaine tension dans les lèvres (dubitative Mme Fillon) puis les sourcils se font plus hauts : il est temps de répondre.

Le corps part alors sur sa gauche dans une argumentation hésitante, timide. L’axe de tête est à gauche, l’œil directeur est le droit, traduisant de la soumission à son rôle de « femme de… » peu valorisant pour elle. A ce moment de sa vie, Pénélope Fillon n’est certainement pas une femme épanouie.

 

« J’ai toujours vécu comme n’importe qui d’autre. »

 

Du dépit aussi avec cette réponse qui la renvoie à la banalité du quotidien d’une mère (célibataire ?) qui ne travaille pas. Ses yeux sont grands ouverts, les sourcils très hauts et le regard perdu dans le vague.

Il faut attendre qu’elle évoque son inscription en Littérature Anglaise pour voir enfin un sourire vrai, spontané. Retour sur soi, regard vers le bas, l’évocation de cette activité « loisirs » semble la ravir.

 

François Fillon laisse-t-il sa femme libre de travailler ?

 

« Je me suis rendu compte que mes enfants ne me voient que comme leur mère », sa main droite va positionner cette fonction « mère » à sa droite, s’en désolidarisant. Pénélope Fillon aspire à occuper différemment ses journées qu’à materner.

 

Elle oppose à cette fonction sa formation scolaire : diplôme de français, de droit, concours d’avocat ! C’est dit avec de la tension dans la mâchoire et les dents serrées (agressivité contenue), mais les sourcils et le front sont plissés et montrent toujours cette tristesse.

 

Enfin, à 4min. 21 je passe l’interview à 25% de la vitesse normale, au moment où Pénélope Fillon dit clairement qu’elle n’a pas été l’assistante de son mari. Elle initie un « non » de la tête par la gauche, en toute sincérité donc !

 

Cette tristesse prégnante, que j’ai observé tout au long de cette interview, est illustrée par cette image arrêtée à 3min 05 et nous fait, aujourd’hui, nous poser cette question : Pénélope Fillon était-elle au courant de ces indemnités qui lui étaient versées ? La réponse semble évidente maintenant que vous venez de lire mon analyse de sa gestuelle, elle le sera encore plus lorsque vous lirez l’article d’Elodie Mielczareck : http://www.analysedulangage.com/index.php/2017/02/03/penelope-ne-savait-zones-dombre-discours-de-fillon-mots-trahissent-pensee/

 

Penelopefillon

Lien vers l'interview : https://www.youtube.com/watch?v=YS1a8n_cBNs

 

"Mal-aise" chez Michelle Obama

L’accueil du couple Trump par les Obama a été vivement commenté à travers le monde et dans tous les médias. Beaucoup comme l’AFP restent objectifs pour décrire l’arrivée du nouveau couple présidentiel, pendant que d’autres médias commentent avec la teinte d’hostilité que provoque Donald Trump.

 

Resituons la scène

 

Les Obama sont sur le perron de la Maison Blanche pour accueillir, de la façon la plus respectueuse possible, ce couple de milliardaire propulsé à la tête des USA grâce à une campagne très patriotique.

Il s’agit donc du protocole bien établi de la cérémonie d’investiture. Exit donc les employés de la Maison Blanche qui se chargent généralement des « à côté », tout au moins sur le perron… seuls restent les 2 soldats au garde à vous.

 

Aussi, Mme Trump, qui ne jouit pas de la meilleure image certainement à cause de son passé de modèle photo sur papier glacé, à la gentillesse d’offrir un présent à Michelle Obama.

Je fais remarquer qu’il s’agit d’un présent que vous et moi ne pourrions nous offrir, s’agissant d’une bijouterie de luxe des plus célèbres (Tiffany).

 

Le couple Trump ignore-t-il le protocole ?

 

Les Trump ne sont pas au fait des conventions politiques, ils sont certainement de parfaits novices dans ce domaine. Le cadeau de Melania se voulait être de la bienséance, toujours est-il que Michelle Obama s’en trouve étonnée, surprise, ne sachant où déposer le cadeau reçu, le temps de la photo protocolaire et fait donc une grimace évocatrice. Son mari prend les choses en mains, et après quelques secondes, le protocole peut reprendre.

 

Mais évocatrice de quoi ?

 

Le mot qui revient le plus souvent est : embarras, ce qui est vrai. Cependant nous pouvons pousser un peu plus loin l’analyse. J’observe que le visage de l’ancienne 1ère dame des USA peut être séparé en 2 hémi visages. Celui de droite, est plus fermé que l’autre mais affichant néanmoins un sourire social. L’hémi visage droit est le lien avec le monde extérieur. L’œil droit est plus petit que le gauche, concentré sur le rôle que Michelle Obama doit tenir à cet instant.

L’hémi visage gauche est plus ouvert mais il y a un rictus visible avec le coin gauche de la bouche qui s’étire vers l’extérieur, en un sourire crispé (celui-ci) lié à soi.

Dans le même temps, le sourcil gauche s’élève plus haut que celui de droite signifiant ainsi une mise à distance de soi vis-à-vis de l’autre.

Les sourcils traduisent notre envie de communiquer. Lorsqu’il se lève (celui de gauche), Michelle Obama se place (en tant qu’individu) à l’extérieur de la relation qu’elle vit avec les Trump.

 

Résultat ?

 

Eh bien Michelle Obama connaît le protocole et entend bien le respecter, par opposition à Melania Trump qui est novice en bien des points. Recevoir un cadeau est un élément extérieur que Mme Obama n’avait pas prévu et qui la met dans l’embarras car il n’y a pas de « petites mains » pour l’en débarrasser. Alors son visage va illustrer, va traduire cette dichotomie entre afficher un sourire de circonstance et une envie de montrer son « mal-aise » créant ainsi cette photo tant partagée !

 

Enfin, ce n’est que mon interprétation…Michelle obama

Koh Lantagonisme !

Koh Lanta 2016 nous offre une bonne occasion d’observer les différentes stratégies comportementales individuelles, mises en place au sein d’un groupe, pour servir un objectif personnel.

Gardons à l’esprit 2 notions très importantes :

- Will Schutz et l’élément humain (inclusion, contrôle et ouverture). L’inclusion désigne les liens entre les personnes, le désir de recevoir de l’attention, d’interagir, d’appartenir et d’être unique. Le contrôle désigne les relations de pouvoir, d’influence et d’autorité entre les gens. Enfin, l’ouverture est le degré auquel je souhaite être ouvert envers une autre personne.

- le dilemme du prisonnier. Imaginez que 2 prisonniers soient interrogés par les policiers. Ces derniers leurs proposent un choix : dénoncer son complice ou non. Si vous dénoncez votre complice et que lui aussi vous dénonce, vous avez une remise de peine d’1 an tous les deux. Si vous dénoncez votre complice et que lui vous couvre, vous avez une remise de peine de 5 ans et lui a la peine maximale. Enfin, si vous vous couvrez tous les deux, alors vous bénéficiez d’une remise de peine de 2 ans, tous les deux. Vous voyez bien qu’il est nécessaire de coopérer pour vous en sortir à moindre mal…

 

Allez, direction KOH LANTA, l’île au trésor, épisode 7.

L’heure de l’unification a sonné pour les Rouges et les Jaunes. Chaque équipe doit désigner un ambassadeur. Les 2 ambassadeurs s’isolent pour tenter de s’entendre sur un aventurier à éliminer.

Chez les Jaunes, c’est Jérôme qui est désigné après s’être imposé face à Jérémy. En faisant de ce rôle un objectif personnel, il se pose en Sauveur et c’est ce qui le perdra.

Du côté des Rouges, c’est la courte paille qui désigne arbitrairement Julie. Le hasard fait bien les choses, tant elle est « lunaire » mais avec une motivation d’acier.

 

Quel objectif pour chaque ambassadeur ?

Pour Jérôme, c’est de faire plier le Rouge afin qu’un aventurier de cette équipe soit éliminé. Il sera ainsi le Sauveur de son équipe et reviendra auréolé de ce « statut » face à ses coéquipiers.

Pour Julie, c’est de garder sa ligne de conduite : moralité et bienveillance, quitte à sortir du jeu.

 

Que s’est-il passé ?

Stratégiquement, c’est un naufrage. Jérôme se trouve devant l’impossibilité de convaincre Julie d’éliminer une personne de son équipe. Certain et confiant, il n’avait cependant pas tout prévu. Se retrouver face à Julie fut déjà un manque cruel de clairvoyance, mais devoir la laisser tirer en 1er la boule est un oubli qui va précipiter son départ (lui qui était convaincu de sa chance). C’est donc Julie qui tire la boule blanche et pousse l’ambassadeur Rouge vers un retour prématuré en France… oust !

 

Qu’ont-ils oubliés ?

Qu’ils participaient à un jeu et que leur objectif personnel était de le GAGNER.

 

Quelle aurait été la meilleure stratégie à adopter ?

Comme l’a montré le dilemme du prisonnier, la voie à suivre était la COOPERATION et non pas la négociation.

Chaque ambassadeur aurait désigné un aventurier de leur équipe qui représente un obstacle à l’atteinte de leur objectif personnel. Jérémy pour Jérôme car il est mal intégré au groupe ; Stéphane pour Julie car lui la considère comme faible.

Les ambassadeurs auraient eu recours au hasard (tirage à la courte paille pour épargner leur morale) pour sceller le sort d’un des deux protagonistes.

Un petit arrangement entre amis en somme…

 

Que leur a-t-il manqué ?

Ils ont simplement oublié leur objectif personnel en priorisant le groupe et pour ne pas égratigner leur morale (cf. l’élément humain).

Mais en optant pour cette stratégie vouée à l’échec, Jérôme prend un aller simple pour Paris avec pour seul bagage son statut de Sauveur. Son image est sauve face à sa famille, quant au jeu… un rêve s’envole !

 

« La sentence est irrévocable… »

 

Koh lanta

 

 

 

 

 

Attentat de Nice : quel témoin croire ?

Témoignages de l’attentat de Nice : qui croire ? Quel est le vrai héro ?

 

Après l’attentat de Nice du 14 juillet dernier, les différentes rédactions de presse écrites et télévisées se sont lancées dans une course féroce pour interviewer des témoins. Certains sont authentiques alors que d’autres sont sujets à caution.

 

Certains gestes sont propres à un échange authentique, alors que d’autres correspondent à une stratégie consciente de vouloir travestir la vérité, de l’enjoliver pour se donner plus d’importance et dont le seul but est d’être reconnu (l’inclusion).

 

Voici 2 vidéos de témoins de cet attentat, qui illustrent parfaitement ce schéma. 2 liens YouTube avec mon analyse non-exhaustive qui vous permet de vous faire une idée.

 

Témoignage n°1 : https://www.youtube.com/watch?v=Sl9MQ-Pl6Hg

 

L’émotion qui transpire de cette interview est la peur (1 min. 42, 2 min. 23, 2 min. 27, 3 min. 35).

Elle est toujours présente sur le visage du témoin et elle peut prendre plusieurs formes.

Voyez les yeux dans lesquels nous distinguons le blanc entre l’iris et la paupière inférieure en fin d’interview (sanpaku à 4 min. 12, 4 min. 17, 4 min. 38).

Les dents du bas sont très souvent visibles, également de nombreux clignements de paupières : ce sont des items de peur.

Voyez à 1 min. 24, lorsque le témoin dit : « il devait rouler à 90 km/h », les paupières se ferment de façon appuyée et plus longtemps qu’à la normale.

C’est un retour sur soi dans un contexte difficile.

Les sourcils participent activement à l’échange et viennent appuyer les propos (24 sec., 30 sec., 39 sec., etc…).

Le plus marquant, de mon point de vue, c’est ce fréquent petit mordillement de l’intérieur de la joue droite. Ce type de mordillement est fait lorsqu’est évoqué un évènement négatif (25 sec., 40 sec., 57 sec., 1 min. 15, 1 min. 32, 2 min. 33, 2 min. 54, 3 min. 13, 3 min. 30, 4 min, 4 min. 27).

 

Le corps est souple, il n’y a pas de tension dans les épaules et la tête est mobile. Vous devez vous dire que vu ce qu’il a vécu, ce stress devrait se lire sur son corps, les muscles devraient être rigides. Sauf que ce stress était palpable sur le moment, lors de l'attentat. La réaction à la peur fut l’attaque et son corps fut « paramétré » pour frapper. L’action terminée, le corps a en quelque sorte décompensé et il n’a plus à être en mode « guerrier », il est rassuré. De plus, le témoin n’a pas à inventer, ni à édulcorer la vérité, ainsi il n’a pas d’effort cognitif à faire pour livrer son témoignage.

 

Enfin, l’interviewé lève souvent le regard vers le haut (par exemple à 1 min. 28 et à 2 min. 27), ce qui est propre à l’évocation de la vérité.

 

Témoignage n°2 : https://www.youtube.com/watch?v=sVvkjPETTvU

 

La peur est beaucoup moins prégnante, moins évidente, moins dévoilée, dans cette interview parce qu’elle « flirte » avec de la colère retenue.

Sur certaines images arrêtées, nous pouvons distinguer cette colère (2 min. 04) avec les dents du haut apparentes dans un rictus typique.

L’hémi visage gauche est également plus expressif que le droit, plus ouvert traduisant une envie de se mettre en avant.

L’interviewé cligne peu des paupières, il n’est pas dans la relation mais dans son monde.

 

Sa langue sort plusieurs fois. Droit devant lorsque des propos négatifs ou ironiques sont verbalisés (à 11 sec. « j’ai vu une personne se faire écraser… » et à 1 min. 05, lorsqu’il dit en regardant de face la caméra « si cette personne est toujours en vie, j’aimerais bien la rencontrer »).

Elle sort aussi du coin gauche de la bouche pour rentrer au centre (2 min.27), pour traduire ici l’envie de nous faire compatir au fait qu’il n’a pas dormie depuis 36h.

 

Nous pouvons également observer des défocalisations actives du regard. C’est-à-dire que ses yeux vont s’arrêter sur différents points inexistants dans l’espace (défocalisation car son regard n’est plus dans celui de l’autre) mais de façon consciente, donc « calculée ». Ce n’est pas de la concentration qui permet de rappeler des souvenirs mais plutôt une construction consciente d’images où se mêlent réalité et fiction.

 

L’interviewé va aussi focaliser son regard dans celui du journaliste, par exemple à 1 min. 22, lorsqu’il dit avoir entendu le conducteur du scooter taper le camion. Il regarde le journaliste dans les yeux alors que la logique voudrait qu’il ait le regard tourné vers la gauche, plutôt dirigé vers le bas. Là, il cherche l’effet produit de son histoire dans le regard du journaliste pour pouvoir s’y adapter ensuite.

 

Enfin, en augmentant significativement la vitesse de lecture de la vidéo, vous vous apercevez que ses mouvements de tête sont stéréotypés, répondant à un rythme régulier qui est propre au « corps de bois » (cf Elodie Mielczarek, www.leblogdelasemio.com).

 

Pour conclure, le 1er témoignage est évident en termes d’authenticité parce qu’il ne soulève aucune question, même pour un néophyte.

 

Le 2nd en revanche est sujet à caution, tant la réalité vécue et évoquée se mélange dans des souvenirs qui semblent construits. La communication est moins fluide. Cette 2nde interview aurait mérité des questions plus précises de la part du journaliste.

 

Nice 14 juillet 2016

 

Emma Cosse et l'affaire Baupin : entre pudeur et intransigeance

Emmanuelle Cosse a 41 ans, journaliste, conseillère régionale d’Ile de France depuis 2010, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts entre 2013 et 2016,  Ministre du logement et de l’habitat durable depuis 02/2016.

Titulaire d’un DEA de droit public économique, elle a enseigné à la faculté de droit.

Emmanuelle Cosse est aussi la mère de jumeaux depuis 2013 dont le père est Denis Baupin (son aîné de 12 ans), vice-président de l’Assemblée Nationale (il a démissionné depuis) auquel elle est mariée depuis 2015.

 

La politique, le pouvoir et la vie de couple ne font pas bon ménage.

Rappel des faits : Denis Baupin aurait adressé des SMS à caractère sexuel et pornographique à au moins 13 femmes. Ces faits remontent jusqu’en 1990. Une enquête est en cours afin de confirmer/infirmer les accusations d’agression et de harcèlement sexuel.

 

C’est sur France Inter, le 10 mai dernier, qu’Emmanuelle Cosse a dû aborder cette affaire. L’émission était programmée depuis longtemps, la Ministre ne s’est pas défaussée. Il lui a fallu néanmoins adapter (consciemment et inconsciemment) sa communication.

Sa ligne de défense est double : se montrer factuelle et renvoyer toute question projective vers la justice en cours, et en montrer le moins possible sur ses émotions.

 

L’objectif de cet exercice, dont elle se serait bien passée, était de préserver sa pudeur, sa dignité et l’équilibre vie privée/vie publique. Pour cela, Emmanuelle Cosse peut s’appuyer sur sa capacité d’analyse et son aisance discursive.

 

Cependant, son corps nous donne une autre lecture…

 

Ce qui saute aux yeux, c’est la position de son buste. Il est penché sur sa gauche, presque avachi et c’est son coude gauche qui le supporte. Cela ne démontre pas vraiment une envie franche d’échanger sur le sujet. Elle nage en eaux troubles et nous indique dès à présent, que son avis sur l’affaire n’est pas tranché. Ce n’est pas son habitude d’adopter cette position dans l’espace. Elle est plutôt droite et dirigée vers l’avant avec l’envie de débattre.

 

Ensuite, c’est son regard qui interpelle. Il est très fréquemment dirigé vers le bas, le centre ou sur sa gauche, ce qui lui permet de se protéger du monde extérieur. Elle peut ainsi réciter un discours : « (…) cela doit se régler devant la justice, que cela soit avéré ou non. »

Les moments où son regard revient dans celui de l’autre, c’est lorsqu’elle prononce des mots comme « violences faites aux femmes », « combat politique », « transiger », « harcèlement », « faits d’une extrême gravité »…

 

La main active est la droite, elle caractérise une volonté de contrôler son discours. C’est facile à comprendre et à mettre en application lorsqu’on sait que les griefs ne la concernent pas elle directement. Cependant, la main gauche s’active quand justement elle est mise personnellement en cause. A 3 min. 06, lorsque le journaliste évoque « en mai 2015, la mise en place d’une adresse de signalement et que vous auriez demandé à être la seule destinataire (…), » c’est bien sa main gauche qui prend le relais.

 

Un autre item important est l’axe de tête : rotatif droit + latéral gauche + sagittal inférieur.

Rotatif droit, EC regarde avec son hémi visage droit, c’est donc son hémisphère gauche qui est privilégié. Ce qui confirme cette volonté de rester pragmatique, dans le contrôle. Son sourcil droit qui est souvent relevé confirme cette volonté.

Latéral gauche, EC a sa tête penchée sur sa gauche, elle est donc dans le lien relationnel et invite à une certaine empathie (voire sympathie) mais son axe précédent l’empêche d’être dans « l’abandon », l’émotionnel.

Sagittal inférieur, son menton est bas, dans la continuité de son regard et illustre une certaine pudeur, de la gêne, voire de la culpabilité.

 

Si Emmanuelle Cosse a su faire preuve de dignité face à cette affaire, nous observons que son corps illustre parfaitement son ressenti à un niveau plus personnel. Cette phrase illustre parfaitement cette interview et notre analyse : « je suis une femme qui peut être touchée par ce qu’il se passe, mais je suis aussi Ministre du logement. (…) Que tout le monde comprenne bien que je fais la part des choses, en ce qui peut concerner mon conjoint et ce qui me concerne moi. »

 

http://www.franceinfo.fr/emission/l-interview-politique/2015-2016/accusations-de-harcelement-contre-baupin-ce-debat-doit-avoir-lieu-devant-la-justice

 

Emma cosse

 

 

 

 

 

Emporté par la foule...

L’actualité nous fournit bien trop d’exemples où la foule joue sur le devant de la scène avec un focus sur des actes qui sont toujours exagération, exacerbation, violence, agressivité, pillage, tentative de meurtre et j’en passe.

 

Que ce soit les migrants à Calais, les terroristes extrémistes ou encore les Black Blocs, les actes commis sont toujours plus violents et réfléchis, années après années.

Les migrants prennent des risques inconsidérés et mettent leur vie en péril, dans le seul espoir de franchir la Manche.

Les terroristes, recrutés sur le sol français, n’hésitent pas à tirer un trait sur leur vie en se faisant exploser au service d’un prosélytisme à vomir.

Les Black Blocs suivent une préparation para militaire pour casser et éventuellement tuer du flic (là, je ne fais que rapporter les faits), dans le but de prôner l’Anarchie.

 

Qu’observe-t-on à la lecture de ces évènements ? Quels points communs relient ces individus prêts à engager leur vie pour une cause commune ?

 

Les migrants proviennent des zones géographiques différentes, des origines différentes, des situations personnelles différentes. Pourquoi se retrouve-t-ils tous à payer des sommes énormes pour atterrir à Calais à vouloir se cacher dans des camions ? A endommager des grilles, des routes et à se battre bec et ongles contre les CRS ?

 

Les parents des terroristes sont les premiers étonnés de voir leurs rejetons, élevés correctement, avec un bac en poche, avec un niveau de culture tout à fait correct, s’être radicalisés sans avoir éveillé les moindres soupçons.

 

Les Black Blocs sont âgés de 16 à 30 ans environs, certains sont toujours scolarisés, suivent des études supérieures et d’autres occupent des emplois salariés.

 

Milieux socio culturels différents, niveaux d’études différents, origines géographiques différentes.

 

La foule possède une âme collective et ce, quelques soit l’origine des individualités. La foule est un être provisoire composé d’éléments hétérogènes.

 

3 éléments caractérisent la dynamique d’une foule : le sentiment d’impunité, la contagion et la suggestibilité.

 

Le sentiment d’impunité est un sentiment de puissance, d’invincibilité que procure l’appartenance à un groupe. L’anonymat qu’offre la foule déresponsabilise l’individu qui la compose. Il se sent pousser des ailes et peut laisser s’exprimer à outrance ses peurs, ses frustrations, son caractère primal.

 

La contagion vient du fait que chaque individu sacrifie son intérêt personnel au profil de l’intérêt collectif. La personne se fond dans la masse, son voisin aussi et le voisin de son voisin qui marche à ses côtés également. Tel un virus qui se transmet par les voies aériennes transforme chaque humain en zombie.

 

La suggestibilité. Guidés par le même dessein, chaque individu se met dans un état émotionnel et psychologique proche de la fascination. Un peu comme un sportif se met en condition mentale à l’approche d’un grand évènement. La personnalité consciente est abolie ainsi que toute capacité de discernement.

 

Ainsi, retenons que la foule est toujours intellectuellement inférieure à l’homme isolé.

 

« Le point de départ de la suggestion est toujours l’illusion produite chez un individu au moyen de réminiscences, puis la contagion par voie d’affirmation de cette illusion primitive ».

 

En d’autres termes, la suggestibilité se fait grâce au caractère fantasmatique que revêt la foule. Ce sont les projections de l’individu qui vont lui faire abandonner tout discernement.

 

Les excès, qui en découlent, sont l’expression des frustrations primales réfrénées à cause de l’ordre moral. Vous y ajouter un besoin d’appartenance, de reconnaissance et d’estime de soi, et vous avez là un cocktail détonnant.

La foule réclame et s’abreuve d’exagération comme un acteur doit forcer le trait de son personnage. « Les foules ne connaissent que les sentiments simples et extrêmes. L’individu peut accepter la contradiction et la discussion, la foule les rejette ».

 

Devant cette « professionnalisation » des comportements grégaires des foules et les violences/exactions qu’elles commettent, la question légitime qui se pose est : comment ne pas se montrer extrêmement ferme contre ces individus connus ? Comment ne pas vouloir développer et  intensifier la surveillance ?

 

Je suis intimement persuadé que la lecture du langage corporel va prendre une place prépondérante dans l’éventail des moyens de surveillance qui ne manqueront pas de s’intensifier.

 

Blog black block gear Migrants calais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réf. : Gustave Le Bon, « Psychologie des foules » - puf 1963

http://www.strasbourg-montagneverte.fr/pages/dossiers/dossier-black-blocs-la-verite.html

 

Me Berton où la stratégie du consensus

Me Berton était sur le plateau de D. Pujadas avec comme objectif, la justification de la tenue d'un procès.

Précédemment, nous avions vu que Me Mary n'était pas très à l'aise pour assumer son rôle d'avocat d'Abdeslam, et ce malgré une faculté d'adaptation indéniable.

Voyons maintenant qu'en est-il de M Berton.

 

Avez-vous hésité avant d’accepter d’être l’avocat de Salah Abdeslam ?

Le corps de Me Berton est tonique, son buste dirigé vers l’avant avec les mains jointes et les index en pistolets suggèrent une volonté de se protéger mais aussi de répliquer, de se justifier. Ce qu’il va faire en prenant le temps de chercher les mots justes, pour ne pas heurter les français mais plutôt pour leur expliquer. Malgré tout, une fois sa justification terminée, la bouche va rester fermée pour ne pas trop en dire non plus (la protection).

 

Dans ces cas-là, l’homme, vous, s’efface complètement devant l’avocat ?

Petit rictus sur « on assimile l’avocat au client » pour gérer la tension. Puis la plaidoirie se poursuit en renforçant le rôle de la Justice, grâce à la main droite qui s’active. De même que sur le mot « procès », la paume de la main est dirigée vers le haut en signe d’ouverture, de consensus indiscutable. Me Berton poursuit même avec les mains s’avançant vers le peuple, paumes face à face, arguant que Salah Abdeslam pourra apporter les réponses aux questions légitimes que tout le monde se pose.

 

Vous l’avez rencontré pendant 2h vendredi, vous l’avez accompagné aujourd’hui devant le juge est-ce un homme qui a conscience de la gravité des faits ? Est-ce un homme qui a des remords ?

Me Berton n’en sait finalement absolument rien : « je pense que s’il a des remords… ». Par rapport à la justification des actes, l’avocat en reporte l’entière responsabilité sur son client.

 

Vous avez déclaré qu’il était effondré, abattu, quelle est votre réaction face à Mme Correia ?

Me Berton est dans l’empathie, sa main gauche vient humaniser sa plaidoirie et la nécessité de tenir un procès. Me Berton est là pour faire de la pédagogie en dépit l’émotion que suscitent ces actes terroristes.

 

Quand vous l’avez rencontré, vous a-t-il dit qu’il était décidé à coopérer, à donner des informations sur les recruteurs ?

Même question que précédemment à laquelle la réponse est identique. Me Berton espère que son client s’expliquera - « cette participation, il l’expliquera » est placé à l’extérieur par sa main droite (futur). « Il dira avec qui, comment, pourquoi… » est placé à gauche (passé) mais avec les deux mains qui souhaitent faire le lien entre le terroriste et les espoirs des victimes.

 

Toute la stratégie de cette intervention de Me Berton est de montrer à quel point les extrémités ne sont pas audibles dans un Etat de Droit. On ne guillotine plus en France. Le procès du terroriste se pose alors en consensus évident. Et contrairement à son homologue belge, Me Berton assume totalement son rôle d’avocat de la défense dans ce dossier.

 

Franck berton 1

Lien : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/enquete-sur-les-attentats-de-paris/video-frank-berton-avocat-francais-de-salah-abdeslam-la-justice-elle-se-rend-quand-on-comprend-les-choses_1425337.html

 

Quand l'avocat de Salah Abdeslam marche sur des oeufs !

Salah Abdeslam a été remis ce matin aux autorités françaises. Il sera défendu par Franck Berton, avocat pénaliste qui a choisi de représenter le terroriste présumé.

En Belgique, ce fut Me Sven Mary, l’une des stars pénalistes Bruxelloise.

Quelle sera la méthode de Me Berton ? L’avenir nous le dira. Quelle a été celle de Me Mary ?

Faisons un focus sur « la méthode Mary » et analysons sa légendaire rigueur au travers d’une récente interview.

 

Comment Salah Abdeslam a-t-il réagi lorsque vous l’avez informé des évènements de Bruxelles ?

L’avocat de Salah Abdeslam vient gratouiller l’aile gauche de son nez avec son pouce droit, son image publique d’avocat d’un terroriste le dérange. Nous pouvons également poser comme hypothèse  qu’il aurait aimé en apprendre plus dans un contexte où l’autre se tait désormais.

Dans le même temps, nous observons son sourcil gauche levé, il se met à titre personnel à distance de l’événement pour mieux s’en préserver et cherche à construire une réponse acceptable.

Une moue d’agacement, d’impatience côté gauche sur « cette situation (parlant des tragiques événements de Bruxelles) n’allait pas avantager sa situation… » Ni sans doute celle de son avocat…

 

Est-ce que comme nous, vous êtes persuadé qu’il avait connaissance du projet de ces attentats ?

La tension monte, laissant apparaître une langue de vipère. Les choses sont dites dans un contexte très difficile.

Beaucoup de haussements d’épaule droite, ce qui traduit une gêne ressentie quant au sujet évoqué. L’avocat fait un effort pour répondre avec les mots les plus justes et forcer un peu l’adhésion du journaliste (et téléspectateurs), alors que sa moue dubitative indique spontanément qu’il n’a pas les éléments pour penser que son client était au courant de Bruxelles, la contradiction est à jour.

 

Il connaissait ces personnes, donc on ne peut imaginer qu’il ne pouvait ignorer ce projet.

L’avocat place sa main devant lui, paume dirigée vers l’extérieur pour rejeter ces propos.

On note également un axe de tête penché sur sa gauche, empathique mais qui semble également s’adapter aux situations.

 

Est-ce que Salah Abdeslam entend toujours collaborer avec les enquêteurs ?

C’est un « oui » hésitant avec la bouche qui se tord vers la gauche, cherchant les mots pour dire les choses correctement. L’avocat marche sur des œufs dans tous ses propos placés sous le signe de la vigilance ; puis sa langue sort à droite, manifestant une volonté d’attaquant,  et comme par hasard, la phrase commence par « mais »…

L’avocat n’apprécie pas que les déclarations de son client aient été divulguées par le procureur Molins, la langue de vipère ressort.

 

Ce n’est pas les attentats de mardi qui ont changé son état d’esprit ?

L’avocat cache son nez donc son image, on peut penser qu’il en a désormais un peu assez de cette interview.

 

Qu’est-ce que Salah Abdeslam est prêt à dire aux enquêteurs, qu’ils soient français ou belge ?

Belle moue dubitative, l’avocat ne sait pas ce que son client est prêt à dire. Faire un arrêt sur image pour y voir un sourire d’agacement, il a déjà eu la question.

 

Quelqu’un qui collabore, on peut imaginer qu’il aurait dit « attention, il y en a encore d’autres à venir » ?

A nouveau le sourcil gauche qui le met à distance des propos. Les lèvres s’avancent avec une certaine tension et mettent en doute les arguments : « l’évolution dans sa collaboration à quelque peu changé (…). Rien ne laisse supposer aujourd’hui qu’il était au courant. » L’avocat ne se croit qu’à demi moitié…

 

Avant que vous soyez son avocat, vous m’aviez dit que la seule ligne de défense possible c’est qu’il soit repenti. Est-ce que c’est encore tenable aujourd’hui ?

A nouveau cette langue de vipère et la petite pique ne tarde pas : « je regrette même de penser que ce n’est qu’un début (les attentats). (…) Ca, c’était la ligne de défense que je pensais être la meilleure »… source d’un désaccord avec son client ? « Mon rôle se limite à ce qu’il s’est passé en Belgique… ».

 

Est-ce que les attentats de Bruxelles vous font regretter d’avoir accepté d’être son avocat ?

Il a beau savoir s’adapter aux situations, cette question touche personnellement l’avocat. Observer sa bouche qui reste ouverte devant la nécessaire justification, les dents du bas apparentes (peur) et de nombreux clignements de paupières qui attestent de la charge émotionnelle.

La langue balaie l’intérieur gauche de la bouche, les mots voudraient sortir, ça lui pèse.

 

Nous voyons ainsi que la rigueur et la faculté d’adaptation sont des pièces maîtresses de Me Mary. Cependant, défendre un terroriste crée une dichotomie observable entre l’image professionnelle qu’il souhaite véhiculer et ses propres valeurs.

 

Article co-rédigé par Stephen BUNARD et Frantz BAGOE

 

Lien : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/enquete-sur-les-attentats-de-paris/video-salah-abdeslam-est-un-tresor-en-informations-confie-son-avocat-a-france-2_1374177.html

 

Sven maryFranck berton

 

Cahuzac "supermenteur" !

« Super menteur » ou comment être un monstre manipulateur.

 

A bien y réfléchir, il faut faire preuve d’un aplomb hallucinant, pathologique même, pour oser mentir au premier ministre ainsi qu’au chef de l’état.

De ce fait, ce n’est qu’une formalité de se lever dans l’hémicycle pour affirmer tout de go : « Non, je n’ai pas de compte en Suisse ».

Pourquoi un monstre de manipulation ? Parce que bien qu’il connaissait le risque encouru, il a cédé à la lâcheté égocentrique pour ne pas affronter les conséquences de ses actes.

Nous nous sommes tous interrogés sur ces signes qui trahissent le mensonge.

Comment a-t-il pu berner tout le monde ? Les médias ? La classe politique ?

 

A y regarder de plus près,  trois items non verbaux flagrants mis bout à bout nous laissent une impression … bizarre.

 

1. La focalisation active du regard. Il fixe son interlocuteur de ses yeux très grands ouverts tel le serpent Kaa dans le livre de la jungle.

Il scrute le comportement induit par ses propos. Avez-vous bien gobé ce truc que je tente de vous faire avaler ?

 

2. Le peu de clignements de paupières, bien moins qu’à la normale qui est d’environ 15 à 20 clignements / minute.

Mais dans son cas, c’est un calculateur dans le contrôle et qui ne laisse pas paraître ses motions. Donc, il ne cligne pas beaucoup des paupières. Ceci étant, cela reste un indice à charge.

 

3. En revanche, ce que personne n’a observé, c’est la façon dont sa main droite tient le micro.

Observez bien : le pouce droit se trouve coincé entre l’index et le majeur.

Est-ce un geste que vous faites souvent ?

J’ai interrogé plusieurs personnes et pas une ne fait ce geste, qui est d'ailleurs très inconfortable.

Quelle est la signification des doigts ?

Le pouce symbolise le « Moi » dans l’environnement. Lorsqu’il est caché, cela traduit une introversion, un retour sur soi.

L’index est le doigt de l’affirmation (au sein d’un groupe), tandis que le majeur représente la créativité (en dehors de la dimension sexuelle).

Ainsi, Cahuzac coince inconsciemment son « Moi » entre l’affirmation de « soi » et sa « créativité » ! C’est-à-dire que l’épreuve qui le touche personnellement doit être mise sur la place publique, mais avec toute la créativité nécessaire à un mensonge de haut vol.

 

Etonnant non ?

 

Cahuzac

Pour en finir avec l'hébergeur de Saint Denis !

Comment le témoignage d’une personne, dont personne ne connaît le pédigrée au départ, peut-il susciter autant de moquerie sur les réseaux sociaux ?

Au départ, il ne s’agit ni plus ni moins du témoignage de celui qui est censé être le propriétaire de l’appartement, dans lequel s’étaient réfugiés les terroristes. Mais ces quelques secondes de justification du personnage ont eu raison de lui… pourquoi ? Pour quelles raisons ? Au-delà des arguments verbaux, qui auraient pu s’entendre indépendamment du comportement, c’est bel et bien son attitude non verbale qui a scellée son sort dans l’opinion publique.

Voici le lien vers la vidéo : http://www.tuxboard.com/hebergeur-saint-denis-terroristes/

27 sec. – c’est avec un air de défiance que le propriétaire semble prendre les choses. Son torse est bombé, le menton est haut pour toiser, regarder de haut et en biais. Drôle d’attitude pour celui dont l’appartement est actuellement pris d’assaut par la police. Ne devrait-il pas être inquiet ? Voire apeuré ?

Votre œil, même néophyte, a capté immédiatement cette attitude désinvolte qui ne cadre pas avec l’horreur des évènements. C’est une attitude arrogante que vous retrouvez systématiquement chez tous les petits délinquants de cités. Même pris la main dans le sac, ils adoptent cette attitude typique et nieront en bloc. D’autres yeux pourront y voir de l’étonnement de se retrouver dans cette situation.

29 sec. – Il répond au journaliste mais son regard n’est pas dirigé vers son interlocuteur. Il conserve son ton nonchalant, distancié.

30 sec. – Une fois qu’il a répondu, sa bouche se ferme pour ne pas en dire plus qu’il n’en faut… pas très bavard.

32 sec. – Le journaliste : « c’est-à-dire ? » L’hébergeur prend un air étonné, mêlé d’agacement (sourcils levés pour une mise à distance).

37 sec. – Haussement d’épaules, très enfantin. C’est ce qui trahit sa pensée. Voyez vos enfants qui ont faits une bêtise et que vous surprenez… ils adopteront la même attitude.

38 sec. – « Je n’étais pas au courant (…) » dit-il le visage franchement tourné vers l’arrière, à gauche. Cette direction (arrière-gauche) traduit un désir de fuite. Pour sûr il n’était pas au courant, mais il s’en doutait a minima… mais il est authentique.

39 sec. – Une belle langue de vipère avec un splendide axe sagital supérieur + axe rotatif gauche + axe latéral droit qui illustrent sa vigilance teintée d’un sentiment de supériorité affirmé. Ce sont bien les Institutions qu’il défie du regard comme ça.

43 sec. – A nouveau ce regard en fuite auquel s’ajoutent les coins extérieurs de la bouche qui remontent, ce qui traduit une désinvolture méprisante.

44 sec. – Le journaliste relance avec une question, l’hébergeur daigne alors reprendre le contact visuel et semble vouloir dire avec étonnement : « Quoi ? Qui me parle ? »

50 sec. – Le regard de l’hébergeur est droit devant lui, dirigé vers le journaliste qui le questionne. Lorsque l’hébergeur répond, son regard et son visage viennent accrocher la caméra pour prendre le Monde à témoin : « croyez-moi » veut-il dire avec cette attitude si puérile, les épaules se lèvent à nouveau pour appuyer son mensonge.

Sur les 8 secondes suivantes, je compte 7 soulèvements d’épaules effectués pour appuyer son propos. Je compte également 5 clignements dissymétriques des paupières, qui ne se produisent majoritairement dans un contexte négatif.

59 sec. – « Non, je ne savais pas » fit-il en débutant le mouvement en axe rotatif gauche, puis la bouche se ferme.

1 min. 6 sec. – « Non, je ne les connais pas », toujours en axe rotatif gauche (« faux non »).

Voici donc en 39 secondes, une stratégie comportementale puérile, construite sur la défiance à l’encontre des Institutions, de ce qui représente l’ordre, et qui malheureusement est le creuset des terroristes.

Ces personnes sont du pain béni en mal de valeurs et de reconnaissance.

Mais ne croyez surtout pas que l’hébergeur n’a pas conscience ni de ses actes, ni de la portée des évènements, il n’en a tout simplement pas cure… l’hébergeur est authentique dans son témoignage, il est certainement étonné de se retrouvé au premier plan mais il est certain qu’il savait que ces squatteurs étaient des criminels.

Voici un lien pour le pédigrée de l'hébergeur : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/22/01016-20151122ARTFIG00193-jawad-bendaoud-le-malfrat-qui-logeait-des-terroristes.php

Pour faire un parallèle, un rappel concernant cette stratégie comportementale délétère, je vous remets le lien vers un de mes précédents articles : http://www.ds2c.fr/blog/nous-avons-tous-besoin-de-moments-de-solitude.html

Enfin, je tiens à remercier Elodie Mielczareck qui a également effectué une analyse sur cette même vidéo (www.leblogdela semio.com).

Courant décembre je ferai un point sur les statistiques de fréquentation du site, avec le nombre de pages vues, les pays qui s’y intéressent ainsi que la durée moyenne d’une connexion par page.

D’ores et déjà, je tiens à vous remercier parce que vous êtes toujours plus nombreux !

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Attentats à Paris : 13-14 novembre 2015

Obama attentats paris

Interview d’Obama : https://www.youtube.com/watch?v=cT3Ms1t6HNU

 

Tout d’abord, mes plus chaleureuses pensées vont vers les familles des victimes de ces attentats que je ne qualifierai pas.

L’objet de cette rapide infographie est de montrer que Barack Obama, malgré les évènements qui le touche, qui l’affecte, doit garder une posture digne d’un Chef d’Etat.

Son message verbal et non verbal sera repris par la planète entière, il se doit de montrer de la fermeté.

Ainsi, son visage se fait le vecteur de ce double message : « je suis affecté (mais je ne le montre pas), je me montre ferme (et je le dis) ».

 

Les signes du trouble de Barack Obama sont décelables par le nombre de clignements de paupières : 42 en une minute (126 clignements en 2 minutes 58 sec.), c’est près de 3 fois plus que la normale (15 par minute). L’émotion est donc bien présente.

Vous pouvez également observer l’œil droit plus petit que le gauche, ce qui traduit un stress négatif lié à la situation.

Le sillon nasogénien gauche est plus marqué que le droit, ce qui traduit l’émotion que lui inspire la situation.

Enfin, le coin extérieur gauche de sa bouche est descendant, traduisant ainsi sa tristesse qu’il doit « masquer ».

Cependant, son épaule droite est contractée et plus haute que la gauche, Barack Obama doit assumer son rôle de Chef d’Etat et afficher un contrôle qui se veut rassurant.

Qui est Yanis Varoufakis ?

Voici le lien vers la vidéo : http://info.arte.tv/fr/grece-qui-est-yanis-varoufakis

Mais qui est Yanis Varoufakis ?

YF apparaît comme un personnage politique "à part", avec un comportement individuel dont nous n'avons pas l'habitude de voir. Il est intéressant de savoir s'il s'agit d'un personnage de composition ou s'il est véritablement lui-même dans ce comportement ?

Analyse technique du langage non verbal

40 sec : démarche épaule gauche plus haute que la droite, c’est dans sa statue, on va le revoir tout au long de la séquence vidéo.

1’56 min : sampaku sur l’œil gauche, les interviews liées à l’actualité s’enchaînent avec autant de stress. A gauche plutôt qu’à droite parce qu’il est aujourd’hui dans la lumière et que ce n’est pas un exercice aisé pour lui. Ceci est confirmé par la main gauche qui est souvent caché dans sa poche de pantalon.

L’hémi visage gauche est plus figé que le droit, c’est cohérent avec mes propos précédents.

3’28 min : main gauche dans la poche !

3’35 min : main droite qui relève sa manche de veste gauche avec un rictus sur le coin droit de la bouche qui évoque un mépris mais plus dans le sens : « je me fiche de ce que vous pouvez dire, je ferais ce que je veux… ». Egalement les mains en position de couteaux fermés ascendants qui indiquent un retour sur soi mêlée à une position qu’il veut dominante.

3’52 min : boucle secondaire en V ascendante « je suis l’autorité, celui qui sait » et on observe une certaine tension dans les lèvres.

4’19 min : sourire de circonstance, très satisfait de lui…

4’21 min : petit regard sur sa gauche pour vérifier l’effet obtenu…

4’30 min : les 2 protagonistes se lèvent et Varoufakis remet sa main gauche dans sa poche de pantalon. Ne jamais se dévoiler personnellement, c’est un jeu d’image sociale qu’il joue.

4’34 min : le président de l’eurogroupe parle à Varoufakis, a-t-il des propos positifs ou négatifs ? eh bien négatifs à mon sens, à cause du hochement de tête du président de l’eurogroupe vers la droite.

4’36 min : hochement de tête « miroir » qui traduit un sentiment de vexation, genre « si tu le prends comme ça, tant pis pour toi ».

4’52 min : position du buste sur la chaise en arrière, sur sa droite, agressivité latente, il analyse pour rebondir.

6’14 min : sa main gauche tracte encore une fois la manche droite pour se redonner la consistance d’un responsable dominant.

7’30 min : focus sur la main droite qui tient la tasse : poing fermé avec un léger retrait de la tête quand son vis-à-vis lui dit « je t’explique »…

7’32 min : la main se décrispe…

7’36 min : micro attitude sur le visage, au niveau de la base du nez (N1P1P2) : « j’aimerais comprendre » semble-t-il se dire. Se sent-il dépassé ?

De plus, il ouvre ses yeux main droite ce qui confirme le N1P1P2.

7’53 min : BP8

7’58 min : avant de serrer la main des syndicalistes, main gauche encore et toujours dans la poche.

C’est aussi de la réserve, ne pas se mettre personnellement en avant, juste sa fonction.

13’16 min : après sa réunion avec Michel Sapin, mâchoire crispée qui traduit l’énervement, confirmé par le coin extérieur gauche de la bouche ascendant qui traduit son dépit. La réunion n’a mené à rien.

14’14 min : là j’adore ! Le geste caresse à sa femme dans la cambrure des reins est d’une sensualité… elle reflète la complicité avec son épouse et noter que c’est au nez et à la barbe de leurs vis-à-vis.

17’34 min : interview à la télé allemande. Jambe gauche sur jambe droite pour se protéger car il sent le coup bas arriver… il n’a pas confiance et son coin extérieur droit ascendant de sa bouche vient confirmer tout le mépris qu’il a pour les politiciens allemands, à l’origine des maux grecs.

18’05 min : froncement de sourcils, mépris, la colère arrive.

Fin de l'analyse technique

 

Constat : y a-t-il un décalage entre les émotions/comportements qu'il exprime et ce qu'il est intrinséquement ?

Pour ma part, je pense que Varoufakis est dans un état spectaculaire, il fait le show, à cause de cette réserve qui l’habite (main gauche cachée dans la poche du pantalon). Il n’est pas présent dans la relation, il fait le jeu social et politique nécessaire à sa fonction.

Le moment clé est sans nul doute le moment qui suit l’échange avec le président de l’eurogroupe. Sa réaction est typique de son comportement social.

Comme il est dans la transgression, la rébellion, la franchise, la colère, je pense que sa compulsion est d’éviter toute marque de faiblesse d’où l’importance de ne pas se dévoiler. Ainsi, il évite de montrer tel qu’il est et personne ne peut avoir de prise sur lui.

Contexte

Pour la petite histoire, son père qui était chimiste et professeur d’université fut emprisonné et exilé sur une île pour y être « rééduquer ». C’est lui qui pousse son fils à suivre des études à Essex. Varoufakis évoque d’ailleurs dans la vidéo ce qu’il a ressenti lorsqu’un détenu lui a écrasé un jouet en fer blanc fabriqué exprès pour lui, alors qu’il était venu visiter son père.

Conclusion

Mais qui est Varoufakis ? Toute l’attitude de Varoufakis envers les autres, sa stratégie comportementale tend vers la critique (ce qui n'est pas foncièrement négatif) avec des ccès de rébellion. Sa façon de vouloir adopter une figure qui en impose dans sa gestuelle trahit un fort désir à se montrer sans faille. Il est ainsi un électron libre… (absence de cravate, moto, ne se plie pas au protocole, il travaille dans un bureau qui ne ressemble en rien à celui de ses prédécesseurs…).

A mon sens, Varoufakis est un vigilant, un esprit critique (en position basse), concentré (en position haute) avec des incursions de rébellion qui tient du syntonique, c’est selon le public qu’il a en face de lui. Il peut apparaître comme un électron libre, cependant il a une conscience aigüe du jeu politique et il a à coeur de mener à bien ses convictions, sans vouloir se dévoiler personnellement.
Varoufakis

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