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L'importance du contexte

Par Le 26/12/2020

Observer un groupe d’individus c’est prendre de la hauteur sur la situation, sur les interactions mais sans faire de focus sur une seule personne. 
Axer son observation sur une personne serait une erreur car l’acte intentionnel n’est qu’une partie du comportement, ce n’est pas la cause.

Il est donc nécessaire d’analyser l’environnement (symbolique, imposé, choisi de Bandura), le contexte pour apprendre à prévoir les comportements sur la base des informations qui fournissent le contexte et non à partir de l’intention inférée des individus.

C’est ce que fait d’ailleurs, de façon inconsciente, chaque membre d’un même groupe d’individus. Il analyse l’interaction (théorie triarchique de Sternberg) au regard des règles sociales induites de ce même groupe de façon à prévoir à très court terme de l’interaction le prochain mouvement, la prochaine parole, geste, réaction… Chacun vient donc avec sa propre histoire et en tant qu’analyste du comportement, il est primordial de l’avoir à l’esprit.

Une interaction ne se résume pas à un échange d’actions et de réactions entre deux ou plusieurs personnes, c’est aussi un moment d’échange de règles sociales et chacun vient avec les règles qu’il a apprises, avec toutes les différences que cela induit également (culturelles, statut socio-économique, familiales…). Ce moment d’échange revêt un aspect subliminal et “seule l’information de faits nouveaux fait l’objet d’un processus autoréflexif” (apprentissage vicariant).


Références : Goffman, Birdwhistell, Hymes, Bandura, Winkin16089838082731068744537623035563

 

Une question d'ego

Par Le 05/11/2021

Est-ce que l’impossibilité d’avoir un débat contradictoire ne viendrait-il pas d’un problème d’ego ? Est-ce que dans notre société hyper connectée et fondée sur l’individualisme, sur une éducation plus permissive et la sacralisation de l’enfant roi, fait que nous n’envisageons pas/plus que l’autre ait possiblement raison ? Et qu’il faille donc écouter ses arguments (autres que ceux entendus dans les émissions de téléréalités et de pseudo divertissements Hanounesques) pour autant qu’il y en ait (des arguments) ? Mais avant tout, qu’est-ce que l’ego et pourquoi serait-il mal placé ?

L’ego, c’est la conscience que l’on a de soi, c’est ce qu’on pense être notre personnalité. En psycho, l’ego peut être vu comme notre “moi”, c’est-à-dire une instance qui écoute nos pulsions, nos désirs, nos envies mais qui est chargée également de les réprimer, de les restreindre, de les rediriger dans la mesure où elle est en relation avec le monde extérieur. Ce monde extérieur qui est régenté par des REGLES de fonctionnement.

Ainsi, le “moi” accepte les désirs (du “ça”, réservoir des pulsions) uniquement s’ils peuvent s’exprimer conformément aux principes de réalité. C’est le médiateur.

Cependant, il y a une différence entre ce que je crois savoir de moi et ce que je suis vraiment. Notre ego est notre conscience qu’on a de nous-même mais elle est limitée, imparfaite et soumise à des déterminismes, le moi s’éloigne largement de notre être réel. Il est à la fois conscient et inconscient et par ses filtres sociaux, il met en place des stratégies comportementales et des mécanismes de défense pour trouver sa place dans la société. 

“Le moi est donc limité à notre personnalité : il est notre posture sociale, ou encore le personnage que nous nous sommes construit sur la base de nos instincts, de notre éducation, de notre psychologie, de notre vécu, de nos relations, de notre histoire personnelle, etc... C’est une carapace qui fonde le « je » que nous croyons être, et qui certes nous permet de survivre dans notre environnement, face aux autres.”

S’il a peur, s’il se sent menacé, alors il se protège, il se replie et a tendance à exclure tout ce qui ne va pas dans son sens. Alors on s’énerve parce qu’on entend un mot qui réveille quelque chose en nous (alors qu’en vrai, l’intention de l’autre n’était pas de nous heurter). Donc, si notre éducation et nos expériences de vie ne nous ont pas inculqué l’ouverture d’esprit et envisager que l’autre peut avoir un avis différent du nôtre, il ne peut exister d’échange contradictoire. C’est ce qui fait que lorsqu’une personne n’est pas d’accord et qu’elle le verbalise, alors la houle se lève et la communication s’interrompt. Et si la communication se rompt, alors tout s’arrête, chacun repart dans son monde imperméable et pauvre. 

Quelles solutions ? La réflexivité (j’envisage que l’autre ait raison), la communication non-violente, l’assertivité, l’authenticité et l’empathie. Encore une fois, si nous ne sommes pas compétents dans un domaine, il vaut mieux faire profil bas et aller se renseigner a posteriori sur le sujet, ce qui nous donnera des arguments pour la prochaine fois. Si un mot ou une intonation semble nous énerver ou nous interroger, on peut aussi demander à l’autre de préciser sa pensée ou de lui dire que son ton semble être un tantinet dur. Il suffit de dire les choses...

“Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes qui, l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir”, disait Henri Poincaré.

Réf. : “La différence entre le moi et le soi”, (jepense.org) ; Freud

 

Ego

Le cerveau des hommes vs celui des femmes

Par Le 04/11/2021

Certaines réflexions que j’entends ou qu’on m’oppose trop régulièrement est que le cerveau des femmes n’est pas le même que celui des hommes. Et que comme ils sont “génétiquement” ou “naturellement” différents, tout peut être expliqué par cette évidence ! C’est bien pratique puisqu’on fait fi de la responsabilité individuelle et de la possibilité du choix. Cet argument fonctionne d’ailleurs assez bien pour n’importe quoi ! C’est la génétique donc c’est comme ça… Bien sûr, dans ces cas-là, la ou les personnes sont incapables d’argumenter leur position et elles sont aussi incapables d’entendre ma réflexion. Les échanges contradictoires sont très difficiles aujourd’hui, voire quasiment impossibles à avoir. La position est tenue par l’égo et la méconnaissance (prochain sujet d’article : l’égo !). Lorsqu’on n’est pas compétent sur un sujet, mieux vaut le dire, c’est toujours mieux que de s'arc bouter sur un argument lu à moitié dans la presse people ou entendu en vol lors d’une émission de vulgarisation.
 
Ma réflexion de psycho évolutionniste est celle-ci : l’outil cerveau est identique pour l’Humain  mais l’évolution (Darwin) fait que l’outil a été ajusté selon les expériences, les environnements de chacun(e) - comprendre femme versus homme. 
 
Le cerveau d’un homme est-il différent de celui d’une femme ? 
 
S’il existe bel et bien des différences entre le cerveau d’un homme et celui d’une femme, la réponse est plus complexe que ça puisqu’un cerveau humain est un cerveau humain. De la même façon qu’un cerveau de fourmi mâle est le même que celui d’une femelle. C’est le même outil que l’évolution a façonné différemment selon plusieurs données, environnements, conditions. 
 
Mais que ce soit par la taille, la constitution ou le volume de certaines régions cérébrales, en moyenne, le cerveau des hommes et des femmes n’est pas identique. Et ces différences s’expliquent en partie par des différences liées à l'éducation, certains stéréotypes et par la psycho évo Darwinienne (Franceschini et aI., 2014).
 
En fonction du sexe, en ayant développé des compétences différentes et étant soumis aux stéréotypes genrés, il est évident d’observer des différences de performances entre hommes et femmes. Mais il existe réellement des différences dans le développement, dans la structure et les résultats à certains tests comme la rotation mentale (Lenroot et al., 2007, Ruigrok et al., 2014, Parsons et al., 2004 ; Moè, 2009) entre le cerveau d’un homme et le cerveau d’une femme.
 
Durant l'adolescence, la croissance cérébrale diffère chez les garçons et les filles, ce qui aboutit à des connexions différentes selon les sexes. Les hommes sont davantage branchés d'avant en arrière, tandis que les femmes le sont plutôt de droite à gauche. 
Une étude récente mettait en évidence que les femmes savent davantage faire preuve d'attention que les hommes, elles ont aussi une meilleure mémoire des mots et des visages, et manifestent une plus grande intelligence sociale et une plus grande empathie. 
En revanche, elles se trouvent moins brillantes en ce qui concerne la capacité à traiter l'information visuelle par exemple.
 
Les chercheurs ont comparé les cerveaux et globalement, les hommes présentent beaucoup de substance blanche*, qui caractérise surtout les connexions entre les différentes régions de l'encéphale. À l'inverse, les femmes sont mieux pourvues en matière grise*, point de départ de la pensée.
 
Les branchements s'orientent différemment selon le genre. Pour les hommes, ils sont plus denses au sein d'un même hémisphère, donc pour des liaisons d'avant en arrière. Pour les femmes, les trajectoires perpendiculaires sont renforcées, car elles disposent de davantage de connexions entre chacun des hémisphères. Ces connexions dans le cerveau évoluent à l’adolescence.
 
Chez les hommes, l'information passe bien entre le cortex frontal, siège de la coordination de l'action, et le cervelet, à l'arrière de l'encéphale, qui gère les mouvements. À l'intérieur de cette structure, les scientifiques ont malgré tout observé de nombreuses connexions d'un hémisphère à l'autre. Ces données suggèrent donc une meilleure aptitude pour l'exécution des tâches motrices. 
 
Les femmes montrent davantage de câblages entre l'hémisphère droit, qu'on schématise souvent comme étant lié à l'intuition, et l’hémisphère gauche associé à la logique. Elles seraient donc mieux équipées pour intégrer les données. 
 
Les chercheurs ont également observé l'ampleur des différences en fonction de l'âge. Entre 8 et 13 ans, les cerveaux demeurent assez ressemblants selon les sexes. En revanche, ils sont les plus dissemblables entre 14 et 17 ans, en plein milieu de l'adolescence, avant que les différences ne s'atténuent un peu chez les jeunes adultes.
 
 
 
 Cerveaux hf
 

Réf. : 
“Neuromythes : cerveau masculin versus cerveau féminin”, 08.03.2018, par Christophe Rodo, doctorant ATER Aix-Marseille Université
PNAS January 14, 2014 111 (2) 823-828 ; https://doi.org/10.1073/pnas.1316909110, Edited by Charles Gross, Princeton University, Princeton, NJ, and approved November 1, 2013 (received for review September 9, 2013)
Matière grise et matière blanche du cerveau: définitions | Psychomédia (psychomedia.qc.ca) 
La substance blanche, support de l’intelligence ? | Cerveau & Psycho (cerveauetpsycho.fr)

 
*La matière grise du cerveau contient les corps cellulaires des cellules nerveuses (neurones) alors que la matière blanche contient les fibres nerveuses (axones des cellules nerveuses) entourées d'une gaine de myéline protectrice (voyez l'illustration d'un neurone plus bas). La myéline, qui donne la couleur blanche, agit comme un isolant qui facilite la transmission des signaux transmis par les fibres nerveuses. La matière grise est distribuée dans le cortex (surface des hémisphères cérébraux et du cervelet), et plus profondément, dans les noyaux (ex. thalamus, hypothalamus), dans le tronc cérébral et la colonne vertébrale. Les structures de la matière grise traitent l'information provenant des organes sensoriels ou d'autres régions du cerveau constituées de matière grise. La matière blanche est composée de faisceaux de fibres qui connectent les différentes régions de matière grise et transmettent les communications entre les cellules nerveuses.
Quel est le rôle de la substance grise ? La substance grise assure la fonction de centre nerveux : réception des messages, analyse complexe des informations, élaboration des réponses. ... Comparée à la substance blanche, elle est ainsi en quelque sorte la partie « noble » du système nerveux.
La substance – ou matière – grise est le lieu des opérations mentales et du stockage des informations. C’est la couche externe du cerveau ou cortex ; elle est composée d’un grand nombre de corps cellulaires neuronaux – les régions des neurones qui intègrent des informations. Mais en dessous, il existe un socle de substance blanche qui remplit près de la moitié du cerveau humain – une proportion beaucoup plus élevée que dans le cerveau d’autres animaux.
Qu’est-ce que la substance blanche ? Ce sont des millions de câbles de communication, chacun contenant un fil unique, ou axone, entouré d’une substance grasse blanche, nommée myéline. Ces câbles blancs relient les neurones d’une région du cerveau à ceux d’une autre (voir l’encadré page 50). Pendant des décennies, les neuroscientifiques se sont peu intéressés à la substance blanche. Ils considéraient la myéline comme un simple isolant et les axones comme de banales voies de passage passives. Les théories de l’apprentissage, de la mémoire et des troubles psychiques reposaient sur des mécanismes moléculaires ayant lieu dans les corps cellulaires des neurones et dans les synapses – les points de contact entre neurones.
Mais le transport correct de l’information entre les aires cérébrales est nécessaire au bon fonctionnement du cerveau. Des personnes ayant des expériences « mentales » différentes ou présentant certains dysfonctionnements n’ont pas la même quantité de substance blanche. Et cette quantité change aussi par exemple au cours de l’apprentissage ou de la pratique d’un instrument, tel le piano. Bien que ce soient les neurones de la substance grise – ou plus précisément leurs corps cellulaires – qui intègrent et exécutent les activités mentales et physiques, l’intégrité de la substance blanche serait tout aussi importante pour maîtriser certaines capacités mentales et sociales, et expliquerait aussi pourquoi les personnes âgées ont des difficultés pour apprendre.

 

 

Inhibition Divine...

Par Le 19/10/2021

Dans les pays anglo-saxons, la part du religieux occupe une place importante que ce soit dans la sphère privée que dans la sphère professionnelle. Ainsi, les croyants passent un temps certain à penser à leur Dieu pendant qu’ils s’affairent.  

Est-ce que pour autant, cela influe sur leur créativité ?

Les recherches actuelles suggèrent qu’effectivement les croyants partent avec un désavantage - par rapport aux non-croyants - dans les tâches qui demandent de la créativité et que cela est nettement renforcé lorsque les croyants pensent activement à leur Dieu et s’en remettent à Lui. Se faisant, les croyants adoptent un état d’esprit passif qui inhibe leur capacité à trouver des solutions novatrices. 

Parce que les adeptes acceptent l’influence de leur Dieu, son omniscience, son omnipotence, cela induit qu’ils s’en remettent totalement à Lui. Les croyants, qui ont une foi profonde, partent donc du principe que leur Dieu seul détient le savoir, la connaissance et l’expertise.

Les croyants construisent socialement leurs rôles en fonction de la vision qu'ils ont quant aux responsabilités inhérentes du rôle de “suiveur” et sur la meilleure façon de les assumer efficacement. L'hypothèse sous-jacente est que les différences de rôles hiérarchiques sont légitimés et justifiées par des différences de connaissances, d'expertises et d'aptitudes. 

Les suggestions qu’ils pourraient faire sont donc auto censurées, même s’ils ont l’opportunité de les verbaliser. Pour eux, ce serait se montrer irrespectueux envers leur Dieu. 

Le fait de suivre passivement leur Dieu ne décourage pas seulement la pensée indépendante, elle donne également la priorité à une vision d’un monde global déjà établi et pétri de certitudes.

S’il y a des croyants passifs, il y a logiquement des croyants actifs.

Pour ces derniers, ils se voient actifs dans leur foi comme producteurs et partenaires dans le process de décision. S’ils acceptent l'influence de leur Dieu, ils soulignent également l'importance de s'exprimer, d'offrir des opinions et de contester de manière constructive les orientations de leur leader. 

 

Divine inhibition: Does thinking about God make monotheistic believers less creative? - ScienceDirect

In god we trust


 

Pourquoi s'en remettre à l'expert ?

Par Le 16/10/2021

Montrer à une personne ses lacunes dans certaines de ses connaissances le rend plus ouvert à l’avis des experts. 

Alors que certaines personnes surestiment leurs connaissances dans certains domaines (économique pour l’étude citée en bas de l’article), induire un sentiment d’ignorance leur permet de se remettre en question au regard de l’avis des experts plus compétents.

Aujourd’hui, l’influence de l’avis des experts a disparu. C’est flagrant avec la crise du Covid-19, les gens pensent en savoir plus que les scientifiques sans jamais pouvoir valider leur avis par des sources fiables. Ils savent et s’en remettent à l’avis d’autres personnes qui partagent évidemment leur avis (biais de confirmation). 

Mais pourquoi ne s’en remettent-ils pas aux avis éclairés des experts, des scientifiques ? 

Pas plus tard que la semaine dernière, je discutais avec deux voisins de chiens, notamment primitifs puisque j’ai un Akita Américain et un Akita Inu. Inévitablement la discussion a dévié vers le pass sanitaire et la nécessité de se faire vacciner. Mes deux voisins étaient contre et avançaient des arguments fumeux sans aucune référence. Je me suis retenu de contre argumenter, le débat contradictoire ne prévaut pas en ce moment, mais je me suis fait la réflexion qu’un nombre important de personnes font la même chose que mes deux voisins.

Les chercheurs de cette étude ont trouvé que les gens revoient leur avis en se confrontant à l’opinion publique, mais pas à celui des experts ! Insensé… 

Cependant, lorsque les lacunes dans les connaissances sont exposées, les gens révisent leurs croyances beaucoup plus en réponse à l'opinion des experts. Ce qu'ils ne faisaient pas avant que leurs lacunes ne soient exposées. L'exposition de ces lacunes n'avait pas besoin d'être liée au sujet. Par exemple, le fait de ne pas expliquer comment un hélicoptère prend son envol entraîne une révision similaire des croyances sur des questions économiques, comme l'assurance maladie.

Si vous souhaitez faire changer l’opinion d’une personne, essayez de lui faire reconnaître ses méconnaissances du sujet, mais pas de manière frontale. Il faut se montrer plus fin comme lui faire évoquer au préalable un sujet qu’il maîtrise. C'est en échouant à expliquer quelque chose que nous reconnaissons ce que nous ne savons pas et que nous faisons l'expérience d'un état d'humilité intellectuelle qui nous permet d'être plus réceptifs aux informations. 

 

https://www.researchgate.net/publication/346510541_Inducing_feelings_of_ignorance_makes_people_more_receptive_to_expert_economist_opinion

 

Avis d expert

Pourquoi feindre d'être une victime ?

Par Le 11/10/2021

La victimisation suscite généralement l'empathie/la sympathie des personnes. Dans une stratégie comportementale consciente, jouer les victimes peut s'avérer être d'une efficacité redoutable pour obtenir certaines ressources : financières ou psychologiques en s'octroyant une certaine légitimité et ainsi l'impunité morale.

La plupart des victimes renonceraient à ce "pouvoir" si elles pouvaient se débarrasser de cet état. Mais lorsque le statut de victime apporte certains avantages, cela peut inciter certains manipulateurs à exagérer voire à simuler totalement cet état.

https://quillette.com/2021/02/27/the-evolutionary-advantages-of-playing-victim/

 

Victimisation

Dominance perçue sur le visage : un avantage ?

Par Le 14/09/2021

L'apparence, la structure d’un visage peut traduire de la dominance ou de la soumission (Collins & Zebrowitz 1995 ; Keating et al. 1981b ; Mazur et al. 1984 ; Mueller & Mazur 1996 ; Zebrowitz & Montepare 1992 ; Zebrowitz et al. 1993). Lorsqu’il est perçu comme dominant - je préfère l’adjectif “assertif” pour ma part - le visage est un prédicteur fiable et constant pour prédire la réussite d’une carrière. 

Dans une étude conduite par Mueller & Mazur sur une cohorte de cadets de la promotion d’officiers de 1950 de l’école militaire de West Point (USA, 1998 - “Facial dominance in homo sapiens as honest signaling of male quality”), il ressort que le sentiment de dominance véhiculé par le visage revêt une dimension cruciale du potentiel de statut élevé. Les chercheurs n’ont en revanche pas trouvé de corrélation avec le critère “beauté”.

Mueller et Mazur ont défini la dominance faciale comme “le degré auquel une personne est jugée en fonction de son apparence faciale en tant que dominant, autoritaire et leader, comme opposé  à quelqu’un qui est subordonné, obéissant et suiveur” (trad. P. Gouillou).

Le visage joue un rôle crucial dans la cognition sociale humaine (Morris et al. 1996). Chez tous les primates, les expressions faciales sont des signaux importants des états internes : émotions et intentions. C’est d’ailleurs également le cas dans l’éthologie canine.

Des relations positives ont été observées, dans cette étude, entre le statut élevé et les caractéristiques physiques ostensibles comme la taille, un physique athlétique et l’attractivité. 

L’assertivité dégagée par le visage peut signaler des intentions (Harper 1991 ; Maynard Smith & Harper 1988) ainsi qu'un potentiel d'action ; par exemple, des mâchoires fortes ou des pommettes larges - caractéristiques qui contribuent à la dominance faciale perçue (Cunningham et al. 1990) - peuvent indiquer une force physique supérieure (ex. : Sébastien Chabal). 

À l'inverse, les personnes ayant un visage poupin comme de grands yeux, des sourcils hauts et fins, un visage rond, de petites arêtes nasales sont perçues comme plus enjouées, plus faibles et plus soumises (Berry 1990) et se décrivent comme moins agressives (Berry 1991) (par exemple : Carlos pour ceux qui connaissent).

Il faut par ailleurs distinguer le comportement dominant, qui vise à obtenir et à maintenir un statut élevé d’un comportement qui vise à un plus grand contrôle des ressources sur un congénère. Le comportement dominant peut être utile pour quelqu'un qui aspire à une carrière dite “verticale” (en termes de motivation), cependant cet objectif n'est généralement atteint que si la personne possède d'autres compétences sociales et cognitives nécessaires  pour obtenir des autres une certaine forme d’aide. Sans ces compétences sociales, le comportement dominant sera perçu comme un comportement antisocial et contre-productif. C’est le cas pour les criminels, les pervers narcissiques, les manipulateurs, les harceleurs... Les synergologues reconnaîtront la posture “positive” et “négative” du profil “conquérant”.

Le comportement dominant, assertif, est une attitude sociale élémentaire et importante dans toutes les sociétés humaines et animales. Dans l’étude de Mueller & Mazur, si les personnes interrogées classent de manière fiable les visages selon une dimension de dominance-soumission, il faut bien avoir en tête que leurs réponses correspondent à leur expérience personnelle, individuelle (apprentissage vicariant de Bandura). 

Compte tenu des aptitudes cognitives, empathiques, sociales et sportives requises, la dominance faciale perçue semble être un facteur supplémentaire crucial pour la réussite professionnelle.

 

Carlos chabal

Un geste ordinaire

Par Le 04/09/2021

 

« Émettre l’hypothèse que la personne est curieuse lorsqu’elle applique sa main sur le haut de son nez pour le caresser ou le gratter, est l’explication la plus logique en l’état des connaissances. Dans la zone du nez, huit microdémangeaisons font ainsi l’objet d’horizons de sens différents ; chaque zone touchée, grattée ou caressée inconsciemment exprime un non-dit. Lorsque la personne se gratte à l’aide de la pince pouce-index sous le nez en l’obturant, ce mouvement traduirait un malaise :  il y a un problème.  Et bien évidemment ce geste est inconscient. La proposition consistant à comprendre qu’il y a un problème lorsque la personne effectue ce type de microdémangeaison, constitue aujourd’hui l’explication la plus plausible » (P. Turchet).

Ce mouvement peut s’observer assez fréquemment et ce qui est intéressant, c’est de le confronter aux propos de cette même personne, voire son sourire social…

Dans les vidéos suivantes, ce geste est effectué pour masquer l’émotion négative ressentie par son auteur. Un geste qui se veut fait en catimini, l’air de rien...