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Affaire Alexia DAVAL : Enquête Criminelle W9

 

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Tout est la faute de la Femme !

« Le 23 mai 2014, Elliot Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement. Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations.

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième. Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme. Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route.

Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboarders et cyclistes.

Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné.

Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête. »

Lien vidéo Elliot Rodger : https://www.youtube.com/watch?v=G-gQ3aAdhIo

 

Mais quel est le lien entre les « incels » et Elliot Rodger et plus récemment Alek Minassian, l’auteur de l’attaque à la voiture bélier le 23 avril dernier ?

C’est le rapport conflictuel aux femmes et à la sexualité plus particulièrement. Je devrais même dire l’absence de sexualité parce que c’est bien son absence qui mène à la violence contre les femmes. Le ressentiment, la frustration, des mécanismes assez simples mais insidieux et ravageurs et toujours les mêmes victimes :

 

les femmes !

 

« Les incels sont la contraction de involuntary celibate, des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu’à leur vouer une haine féroce. (…) Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana, une canadienne. (…) En 1993, la jeune femme n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami. (…) A la fin des années 1990, elle crée un site, « Alana’s Involuntary Celibacy Project », qu’elle voulait comme une plate-forme d’entraide ouverte à ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelle. Les années passent et plus à l’aise socialement, elle finit par céder son site à un inconnu… » (Emilie Brouze – 26 avril – L’Obs)

Lien vers l’interview d’Alana : https://www.theguardian.com/world/2018/apr/25/woman-who-invented-incel-movement-interview-toronto-attack

 

Ce qui n’était au départ qu’un blog qui rassemblait des témoignages de jeunes n’ayant que peu de connaissances des codes sociaux, qui n’ont pas la chance d’avoir un physique « agréable » ou en tous les cas « dans la norme », s’est mû en un groupe d’hommes plus radicaux. Chaque membre participant à la dynamique malsaine de désigner ceux qui « réussissent » comme leurs ennemis.

Flashback... L’adolescence est marquée par ce désir de faire partie d’un groupe dans lequel l’individu s’identifie et y voit comme une reconnaissance, une appartenance. Il s’identifie à ses membres. L’inclusion est la vie ; le rejet est la mort. L’adolescence est aussi la période des premiers amours. Si chacun arrive dans l’adolescence avec son vécu familial, cette période particulière nécessite de reconnaître puis de s’approprier les codes sociaux. A défaut de schémas précoces adaptés, ce n’est ni plus ni moins que le rejet qui guette l’individu et ce rejet pourra être vécu comme violent/traumatisant.

Amour propre, estime de soi, valorisation sont les enjeux de l’inclusion et cela peut vite dégénérer en frustration, auto-dévalorisation, ressentiment ou encore conduite addictive et appétence traumatophilique. Ainsi, l’absence de relation affective, sentimentale, amoureuse, sexuelle créée une vive tension psychologique qui ne fera que s’exacerber à moyen et long terme, si l’individu ne réinvesti pas sa libido dans une voie socialement acceptable, et s’il ne se remet pas en question, alors la tension deviendra mortifère.

A ce stade-là, il existe différentes solutions proposées par notre belle et (si juste) société de consommation ! Là où tout se vit dans l’instantanéité, dans la possession et dans l’individualité, les sites pornos connaissent un essor fulgurant, les applications de rencontre se portent très bien alors même que hommes et femmes ne recherchent évidemment pas la même chose en s’y inscrivant. Même au niveau du simple plan Q, la femme va vouloir une certaine « bienséance » faisant office de préliminaires alors que l’homme peut aborder le date beaucoup plus « simplement » et zapper cette phase de « reconnaissance ».

Dans le traitement/l’assimilation d’une simple déception amoureuse ou même face à l’absence d’un quelconque intérêt affectif/amical envers un(e) individu(e), la différence entre genre est flagrante. Si la jeune femme peut se replier sur elle-même, consulter sa mère ou ses amies, le jeune homme va être envahi par une certaine violence créée par la frustration.

Pour des personnes influençables et "pauvres intellectuellement", le passage à l’acte violent est une option malheureusement de plus en plus choisie. Il s’agira alors de trouver un bouc-émissaire, de se victimiser, de partir à la recherche d’autres qui vivent le même malaise ou encore de s’endoctriner (religion), tout cela pour trouver une justification à son mal-être, pour décharger cette tension psychologique devenue invivable et pour être reconnu !

Pourtant, s’ouvrir aux autres, s’intéresser à l’art, à la littérature, faire du sport, du théâtre ou toute autre activité provoquera nécessairement une remise en question et permettra d’être plus ouvert, plus curieux, plus empathique.

 

En conclusion les gars, soyez moins cons !

 

 

Tintin

 

 

 

Subversive pudeur !

La pudeur est un sentiment de réserve, de retenue, de honte et de délicatesse (source : wikipédia), un sentiment plein de sincérité. Elle se manifeste par une attitude spécifique observable par les mouvements du corps. Mais elle tranche également aujourd’hui avec les attitudes ostentatoires où nombreux sont ceux qui croient que parler haut et fort rend plus respectable, plus incroyable et confère une certaine légitimité.

La sincérité et la pudeur apparaissent particulièrement à l’évocation d’un thème très personnel. C’est encore plus vrai lorsque ledit thème a quelque chose de subversif, qu’il existe une tension, un clivage qui peut nous pousser à en ressentir une légère honte à l’évoquer.

C’est parce que j’aime cette pudeur que l’interview de Romain Duris, par Patrick Cohen, m’a plu et que je souhaitai en partager l’analyse avec vous. Le sujet évoqué est le recueil des dessins érotiques de l’acteur qui a fait l’objet d’une parution et d’une exposition fin 2017.

« Pulp » en est le titre, abordé bien sûr par le journaliste dans le sens le plus explicite de la nudité crue, voire du porno. Il n’a pas totalement tort puisque c’est bien le thème des dessins de Duris et c’est ce qui met l’acteur dans l’embarras.

Il s’agit donc de défendre ses productions artistiques dans un contexte social a minima pudibond qui prône une neutralité de toute chose, voire à une ségrégation du corps par des pseudo-neo-religieux…

Voyons quels sont les marqueurs gestuels de la pudeur ressentie et affichée.

 

« Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de révéler vos œuvres, alors que vous dessinez depuis toujours ? »

Sa main gauche vient poser index et majeur au travers de sa bouche, s’interdisant la parole pour l’instant. Vous pouvez même observer une tension dans les lèvres qui s’avancent rapidement sans jamais s’ouvrir (à 9 sec. mais presqu’imperceptible à vitesse normale). Romain Duris va devoir se justifier, ce qui ne manque pas de lui faire ressentir de la gêne. Sourcils relevés parce qu’il est dans la relation mais qui signifie également une prise de distance pudique, corroboré par la lèvre supérieure gauche ascendante qui marque une certaine rigidité liée à l’extérieur. Il se donne le temps de la réflexion. L’index et le majeur de la main gauche viennent gratouiller le menton pour traiter ce sujet qui est très personnel, nous l’avons vu. Le regard part vers le bas, comme très souvent lors de cette courte vidéo, Romain Duris va puiser dans ses souvenirs émotifs nécessaires à sa justification. Ce regard est aussi un retour sur soi, un peu comme une fugue dissociative. Enfin, la position du buste est très parlante, au centre et sur sa gauche, ce qui signifie que l’acteur est dans l’expression de la timidité.

 

« Ce métier, le cinéma, est arrivé par hasard… »

Là, le sujet du cinéma semble poser question à Romain Duris, pour quelle raison ? Je lui aurais bien posé la question. Sa main droite entre en action afin de contrôler son discours, elle vient gratter sa mâchoire inférieure, ce qui est un signe plutôt d’agressivité, et son épaule droite s’élève, ce qui marque un effort d’expression sur un sujet objet d’un certain malaise. Est-ce qu’il ne souhaitait pas aborder le sujet ? Est-ce qu’il se dit que son étiquette d’acteur va prendre le dessus dans cette interview au détriment de son recueil de dessins ?  

Quelques secondes plus tard (à 18 sec.), on peut voir (à vitesse diminuée de moitié) sa lèvre gauche inférieure descendre et laisser apparaître ses dents. C’est l’expression d’une émotion négative liée à soi. Ce marqueur gestuel réapparaît à la 30ème sec. lorsque Patrick Cohen évoque le casting sauvage pour le film de Cédric Klapish, « le péril jeune »… Il est vraiment temps pour lui de revenir à ses dessins.

 

« J’ai attendu si longtemps parce qu’il y a un moment pour tout. »

Le discours est toujours contrôlé avec une main droite active mais sa paume est dirigée vers lui, ce qui montre son implication. Ses gestes sont près du corps, fluides et tout en rondeurs. Il se livre enfin.

 

« Avoir du matériel, des dessins anciens, des dessins plus récents. »

Sa langue sort subrepticement au centre de la bouche pour y rentrer rapidement. Il se délecte de son œuvre mais sans le dire franchement, il réprime sa joie en quelque sorte mais son corps parle pour lui. D’ailleurs il conclut cette séquence de justification par une lèvre inférieure gauche descendante, traduisant ainsi son inconfort, tout comme ce pouce droit dont il va rogner l’ongle…

 

« J’ai pas toujours envie de montrer tout ce que je fais. (…) Jamais j’aurais eu le culot de me dire que mes dessins sont dignes d’être exposés. »

La main droite est toujours active, sa paume vers lui et haussement des sourcils sur « culot » histoire de rester dans l’ambivalence des émotions.

 

Il n’est jamais chose aisée pour un introverti de parler d’un sujet qui le passionne et qui plus est, subversif, dans les temps qui courent. La pudeur, qui devrait être une valeur à valoriser selon moi, vient tempérer la joie que voudrait exprimer la personne. C’est la marque d’une intelligence et d’une finesse émotionnelle.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=d9TlkLirKX0

 

Pulp

Le gendre idéal : Jonathann Daval !

Comment le gendre idéal a-t-il pu berner tout le monde ?

 

La question aurait pu se poser autrement : comment Jonathann Daval a-t-il pu mentir à tout le monde ? Mais d’ailleurs, a-t-il vraiment menti ? A-t-il caché une partie de la vérité ? A-t-il joué une sombre et cynique comédie ?

 

Se pose alors la question de l’authenticité et des signes qui permettent de la reconnaître. Lorsqu’une personne montre une émotion qu’elle ressent réellement, on s’attend à voir des épaules hypotoniques ou hypertoniques comme dans la tristesse ou la colère. On s’attend à une augmentation des clignements des paupières, des mouvements de bouche mais également à des gestes effectués avec les mains plus ou moins proches du corps.

 

Dans le cas de JD, seul le visage (d’après les vidéos que j’ai visionnées) nous apporte des éléments de réponse. Et au final, et évidemment renforcé par ses aveux, il s’agit d’un « mensonge vigilant », c’est-à-dire que JD doit en dire le moins possible afin que le peu d’informations verbales et non verbales extériorisées ne puissent lui être retournées. Il est donc confronté à une double contrainte : laisser s’extérioriser sa tristesse mais en en montrant le moins possible.

 

Avant d’analyser la vidéo et de vérifier s’il y a une émotion sous-jacente, il est important de rappeler les éléments connus.

 

Quels sont les éléments contextuels ?

 

D’abord JD affiche un physique petit, fluet, quelques rides sur le front, des sourcils peu mobiles, une coiffure branchée. JD apparaît comme une personne timide voire introvertie, il est informaticien, il est supporté par le père de sa femme lors des différentes sorties filmées. Il est à mille lieux d’un physique à la Charlton Heston et apparaît même efféminé…

 

JD a rencontré sa femme au lycée et il dit qu’ « elle a changé sa vie (…), qu’elle est une complice délicieuse » (Ouest-France). Elle avait 29 ans, était employée de banque, joggeuse donc active et énergique.

 

L’enquête a révélé une relation conflictuelle depuis quelques temps, avec des disputes que les voisins qualifient de crises hystériques, puis des échanges de SMS qui révèlent des propos violents de la part d’Alexia et enfin, une difficulté à concevoir un enfant (ce qui ne manque pas de créer des tensions, voire de les exacerber si elles étaient déjà existantes).

 

Meurtrier et triste à la fois ?

 

A l’analyse de la vidéo, il n’est vraiment pas aisé de se rendre compte que JD est l’auteur de ce crime sordide, cependant, quelques items peuvent être sujets à caution.

 

JD est authentique parce qu’il ne feint pas la tristesse. Elle est lisible sur toutes les images quand son hémi visage gauche est plus crispé que le droit (4 min. 05), avec les bords extérieurs de la bouche tombants, le menton qui se « froisse », ce ne sont pas des mimiques que l’on peut feindre facilement. Ses larmes sont bien là aussi. Les épaules sont hypotoniques, aucune des deux épaules n’est plus haute que l’autre donc il n’y a pas d’enjeu personnel, pas d’envie de performer. Les clignements d’yeux sont biens présents et même très (trop ?) appuyés, le chagrin éprouvé nécessite même l’ouverture de la bouche pour une meilleure oxygénation, on voit JD souffler souvent pour évacuer cette profonde tristesse. Son regard défocalise souvent mais de manière passive (4 min. 17 ; 4 min. 40 ; 5 min. 32), ce qui va dans le sens d’une authenticité. Par contre, nous ne voyons jamais de mouvement ni des bras, ni des mains, aucune micro démangeaison… mais JD est une personnalité timide et introvertie, voyez sa bouche souvent fermée (4 min. 17), son regard se baisse pour rentrer dans sa bulle (4 min. 44) ce qui est cohérent avec sa gestuelle économe.

 

Cependant, quelques items viennent parasiter le message…

 

A 4 min. 41, la bouche de JD se ferme en « huître » signifiant que des propos sont retenus, ce qui semble anachronique, d’autant que la langue sort pour rentrer immédiatement (ROBL10) confirmant cette envie de ne pas dire.

 

A 5 min. 47, JD a une déglutition marquée alors que je n’en ai pas vu précédemment et à nouveau sa langue qui sort pour rentrer immédiatement (ROBL10).

 

Enfin, et c’est pour moi le moment « clé » de ces items, à 5 min. 48, JD a une moue d’agacement, de circonspection avec une mise à distance des autres (ROBDGEA + ROSDA pour nous synergologues) sur la phrase prononcée par sa belle-mère : « cette marche que nous souhaitons silencieuse… ».

 

Comment expliquer ce hiatus ?

 

Je me permets une ou deux remarques qui pourront jouer un rôle dans l’explication. Le couple formé par JD et AD ressemble fortement à celui des parents d’AD. La mère est sur le devant de la scène, c’est elle qui parle, elle occupe une fonction de conseillère municipale, c’est donc une femme de pouvoir, alors que le père ne parle pas, il est effacé et soutient physiquement son gendre.

 

Le couple JD / AD habite dans la maison des grands-parents d’AD, ce n’est pas un bien acquis en commun (et alors me direz-vous ? J’y viens…).

 

JD a connu sa femme très jeune, au lycée, il dit qu’elle a changé sa vie, il est ainsi entré dans un processus d’idéalisation de sa femme, objet de son surinvestissement émotionnel. Le but étant de réparer évidemment un ego en berne, non valorisé et une faible estime de soi.

Cette idéalisation permet d’éviter la dépression mais qu’en est-il lorsque l’objet idéalisé souhaite vous quitter ? Si cela se réalisait, JD se serait retrouvé sans maison, sans femme, sans enfant promis et surtout, seul face à son narcissisme blessé et donc anéanti dans le sens le plus complet.

Malheureusement statistiquement, les hommes ont une fâcheuse tendance à passer à l’acte contre celle qui les menace de partir.

 

L’idéalisation fixe le couple dans un système non viable à terme, qui ne peut qu’imploser dès lors qu’un élément perturbateur vient mettre son grain de sable dans la machine d’un équilibre précaire. En particulier ici, le désir d’avoir un enfant est une difficulté dont, on peut facilement l’imaginer, chacun peut reprocher le tort à l’autre (je vous rappelle que AD est plutôt affirmée alors que JD est efféminé) et là, à chacun sa méthode… c’est ce qu’attestent les crises d’hystérie relatées par les voisins.

 

A mon humble avis, et là où JD ne pourra pas faire croire à la thèse de l’accident (un étranglement ne prend rarement que quelques secondes…), c’est qu’il avait conscience de ses actes et que le déni affiché lors de la conférence de presse et lors de la marche blanche n’a pas tenu face à la cruelle et sordide réalité.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vw4Ep_YvIos

 

J daval

Emilie Konig "je resterai ferme sur ma foi jusqu'à mon dernier souffle"

Paris Match a publié un portrait d’Emilie König le 02/01 dernier, très bien fait, que je vous invite à lire histoire que vous ayez une idée assez précise de qui est la française partie faire le djihad :

http://www.parismatch.com/Actu/International/Emilie-Koenig-portrait-d-une-djihadiste-francaise-arretee-en-Syrie-1430687#

Emilie König a été arrêtée en décembre dernier par la milice kurde YPG qui a diffusé une vidéo lundi :

https://www.youtube.com/watch?v=bCh5LyFIO5k

Mon analyse de sa gestuelle porte, non pas sur la véracité des tortures à l’encontre de la française convertie, mais sur la question de savoir s’il subsiste ce fanatisme religieux en elle. Lors de cette interview, Emilie König doit mettre sur le devant de la scène, en première ligne, le fait qu’elle n’est pas victime de torture, que tout va bien, une vie normale en somme comme toute jeune femme occidentale (qu’elle n’est plus).

Avec cet objectif en tête, EK doit poser un voile (très) épais sur ses convictions religieuses et là, il est (très) intéressant de voir comment le corps va gérer cette dichotomie.

Tout d’abord, il faut bien avoir en tête que le mensonge nécessite une forte concentration, une forte énergie cognitive pour garder le contrôle sur le message verbal relayé par le non verbal, afin que le tout forme un ensemble cohérent (d’autant qu’EK souhaite être jugée en France. Quels sont les atouts d’un système judiciaire tel que le système judiciaire français, face au système judiciaire turque, voire islamique ? C’est une vraie fausse question !).

Outre la concentration gourmande en énergie psychique que nécessite le mensonge, ce dernier est verbalisé avec une voix monocorde avec peu de variation de ton, d’intensité. Le regard est actif, peu dans l’émotionnel (donc dirigé sur les côtés ou vers le haut plutôt que vers le bas) hormis pour tous les souvenirs qui doivent représenter une part de vrai, pour venir enrichir le mensonge. Ce mélange aide à consommer un peu moins d’énergie et à une fonction de déresponsabilisation, « je ne mens pas tout à fait puisqu’il y a une partie de vrai dans ce que je vous raconte. »

 

A contrario, pour constater si la personne dit la vérité, il faut se poser la question de la fluidité du débit vocal, de la focalisation du regard qui doit à certains moments (inconscient) « être absent », un peu comme si la personne perdait contact avec son interlocuteur.

Enfin, il faut être attentif aux gestes visuo spaciaux qui ont la fonction de mimer et de faire revivre des scènes à la personne. Dans l’authenticité, le regard est actif, il est soutenu et conscient, la personne cligne plus des paupières que la norme (la moyenne est de 15 clignements par minute environs), les sourcils sont mobiles pour appuyer le discours.

 

Dans cette interview, ce qui est visible immédiatement, c’est que l’image n’est pas inversée, les inscriptions sur son pull sont bien lisibles. C’est aussi le contrôle qu’EK semble vouloir exercer sur son corps. Il est rigide, fixé dans une attitude qui se veut représenter la « détente et l’apaisement », en cela sa gestuelle est déjà un hiatus.

Sur les quelques minutes que représente la séquence, EK alterne le contrôle, la contradiction, le mépris et le désir de convaincre.

 

Au 1er visionnage, on peut se dire qu’EK semble détendue, autant qu’elle puisse l’être dans sa situation et elle tente de transmettre un message d’apaisement, de détachement voire de nonchalance. Je dirais qu’elle « fait comme si la situation était ordinaire ». Alors qu’elle est extraordinaire ! Son corps agit et réagit à la fois au message corporel de l’interviewer, miroir et réceptacle de son discours, mais aussi à ses propres pensées et valeurs morales bien ancrées dans son corps.

Ainsi, sa main droite est active alors que la gauche semble inerte, la position de son buste est rigide. Ces 2 éléments contribuent à illustrer le contrôle qu’elle souhaite exercer sur ses vrais desseins.

 

La contradiction entre ses valeurs morales, qu’elle a érigées en protection face à l’absence de son père, et les valeurs occidentales nécessaires à afficher se matérialise par le pouce droit levé lorsque sa main droite est tournée vers elle (à 2 sec.). « Il n’y a pas de différence entre nous et les filles du YPG », le geste de la main avec le poignet cassé et la paume dirigée vers elle signifie son intention de lier les 2 parties différentes entre elles.

C’est aussi le cas par la moue qu’elle fait très souvent avec la lèvre supérieure gauche levée - à 22 sec. sur « j’ai vu que les femmes du YPG ramenaient des bonbons… », à 50 sec. sur « mon arrestation », à 1 min. 18 lorsqu’elle évoque la communication avec sa mère, « je lui ai expliquée tout ça… » ; la langue qui sort au centre de la bouche pour rentrer sur le côté droit à 1 min. 16 sur « j’ai pris peur, j’ai téléphoné à ma mère, je lui ai expliquée tout ça… » ; et l’hémivisage qui, à 42 sec. sur « elles (les filles du YPG) nous apportent tout ce qu’on a besoin… », montre 2 émotions contraires. La partie supérieure du visage exprime la tristesse alors que la partie inférieure exprime la joie par un sourire social.

 

Ses tentatives de nous prendre à témoins, dans son désir de convaincre du fait qu’elle est bien traitée, sont mises en scène par un regard focalisé (consciemment) droit devant elle, en regardant l’objectif de la caméra à 35 sec. sur « on nous apporte du café… », à 1 min. 09 sur « j’ai entendu les femmes de Daech dirent qu’il y avait beaucoup d’injustice… qu’elles tapaient (les filles du YPG)… » et à 2 min. 08 lorsqu’elle énumère toutes les commodités apportées par les filles du YPG.

 

Toute cette stratégie s’avère vaine quand on voit/observe le mépris qui pointe insidieusement par les coins extérieurs de la bouche qui s’élèvent à 1 min. 03 juste avant qu’elle n’évoque les femmes de Daech, le menton qui s’élève à 2 min. 03 puis à 2 min. 29 lorsqu’elle évoque les commodités apportées par les filles du YPG et les médecins qui sont là pour les aider, et la moue de la lèvre supérieure gauche sur les mots « la croix rouge est présente… ». Lever le menton lorsqu’on évoque quelque chose c’est se positionner au-dessus et afficher son mépris sans le dire. Ayez en tête ce que représente l’image de la croix pour un musulman qui prône le djihad !

 

Alors non, EK ne semble pas si paisible que ça, non seulement à cause de sa situation de prisonnière mais encore moins par le fait qu’elle doive faire une croix (jeu de mot facile) sur les valeurs morales qu’elle idéalise, en particulier si elle veut être jugée en France pour pouvoir s’en sortir a minima. EK ment-elle quant à ses conditions de détention ? Pour avoir une idée franche, il aurait fallu procéder à un questionnement spécifique. En revanche ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas renoncé à ses valeurs morales prônant un Islam radical.

 

 

Emilie koenig

 

Décryptage de la prise de parole du djihadiste Hocine, arrêté à Raqqa

Décryptage comportemental, réalisé en binôme, de l’interview du djihadiste arrêté à Raqqa. Vous trouverez dans un premier temps l’analyse globale, puis l’analyse détaillée par séquence. L’interviewer écrit dans son article (LCI, le 30/10/17) que Hocine reconnaît avoir «commis une faute, celle d’être allé en Syrie. »

 

Conclusions globales de la séquence

 

Frantz BAGOË : Dans cette interview et face à une journaliste, le djihadiste français affiche une attitude de dominant qui regrette effectivement d’être venu à Raqqa, mais pas pour les raisons que l’on peut croire. Uniquement parce qu’il n’y a pas trouvé la charia telle qu’il l’avait fantasmée et qu’il adore encore.


Elodie MIELCZARECK : Personne dont la gestuelle de domination s’exprime tout au long de l’interview. Le fait que l’interviewer soit une femme biaise un peu la situation à analyser. Les items de dominance viennent parasiter l’échange : parties génitales exposées, gestes en hauteurs, intensité forte de la voix. Son rôle reste difficile à cerner. Cependant, on peut affirmer qu’il n’a sans doute pas été très actif (items plutôt authentique quand il évoque les « 4 vieux mis de côté »). Pour autant, son histoire du « bureau des mariages » est noyée dans un vocabulaire jargonnant et avec de multiples détours. De plus, quand il évoque son action principale, « noter, c’est tout », on observe une gesticulation / agitation des membres et de la voix + un corps qui part vers l’arrière et se désolidarise du propos. On peut en déduire que sans avoir participé aux combats, cette personne a eu un rôle plus important et beaucoup plus engageant que celui qu’elle dépeint. Contrairement à ce qu’elle affirme, l’idéologie islamiste est partagée. Il incarne un certain dégoût / mépris mêlé d’agressivité envers ceux qui ne respectent pas la charia. Il s’agit donc d’un individu « radicalisé ». La fin de l’interview converge vers des items d’authenticité et de sincérité : expressions de peur et d’angoisse (voire de désarroi) quand il évoque sa volonté de rentrer en France. Hypothèse : moins que l’idéologie peu satisfaisante (puisqu’il est pour la charia – contrairement à ce qu’il dira à la journaliste), ce sont sans doute les conditions de réalisation sur place qui l’ont déçues (rencontres, conditions de vie, etc.).

 

Résultats détaillés séquence par séquence

 

L’entrée dans la pièce : 1ère séquence

Elodie MIELCZAREK : gestuelle de domination sur la journaliste à 51 sec, avec une micro-traction quand il découvre la scène >>> volonté de performer, de se positionner au-dessus. Exposition des parties génitales tout du long de l’interview.


Frantz BAGOË : entièrement d’accord, il manifeste une volonté d’affirmation de soi, de rétablir son autorité qui est en jeu, notamment face à une journaliste femme. La double micro traction du t-shirt, alors qu’il n’y a aucune raison qu’il le fasse, en est une manifestation tout comme la position assise qu’il adopte, les jambes étant bien écartées et toujours face à la journaliste. C’est un moyen corporel de montrer qui est le mâle et que nous retrouvons fréquemment chez les singes. En Synergologie, nous avons inventé le terme d’EXPEGO pour cette expansion de l’ego.
Il est dans une logique dite « froide », ses propos sont appuyés par sa main droite et son axe de tête penche latéralement à droite, signe d’une volonté de contrôle de son discours (à 53 sec).

 

Le rôle et les responsabilités décrites : 2ème séquence

Elodie MIELCZARECK : sur son rôle, mi-vérité, pas beaucoup de clignements de paupières quand il évoque le « bureau de mariage » masque de rides sur le front, «là on leur propose des mariages », il noie son rôle en parlant du mot spécifique arabe (jargon) + endroit spécifique, pas de cognition incarnée, les deux mains s’agitent ensemble >>> gros doute.
« C’est de noter c’est tout » : corps qui part vers l’arrière, agitation du corps, accélération du débit vocal >>> il n’est pas à l’aise.
Interprétation : il n’était sans doute pas très actif, n’a pas forcément eu entraînement au combat mais son histoire de bureau des mariages ne tient pas la route. Il ne s’est pas contenté de noter…


Frantz BAGOË : oui, c’est un moment important dans l’interview lorsqu’il dit : « les sœurs qui ont perdu leur mari, on les met dans un endroit spécifique… », il aurait été judicieux de l’interroger dans le détail parce qu’il hoche sensiblement la tête sur le mot « spécifique ». A-t-il participé activement ? A-t-il vécu ça de loin ? Cependant, il semble qu’effectivement il n’ait pas été entraîné au combat, il est sincère.


Elodie MIELCZARECK : « 4 vieux mis de côté » logique chaude, main gauche active, plutôt vrai ?


Frantz BAGOË : je partage ton analyse, d’autant qu’il ne considère pas les jeunes djihadistes qu’il place à sa droite (1 min 14 sec). A ce stade, j’observe que le sourcil droit est continuellement relevé, traduisant une mise à distance des évènements. C’est-à-dire qu’il met toujours de la distance entre le monde extérieur et lui.

 

Sur l’idéologie islamiste et la charia : 3ème séquence

Elodie MIELCZARECK : sur sa radicalisation, gros items d’agressivité envers les « gens qui ont commis certains délits ». D’ailleurs les items d’agressivité pourraient être contre la charia. Mais le fait qu’ils disent « des gens qui » en épelant « commis certains délit » … « délit qui est contraire à la charia » montre que, contrairement à ce que dit la journaliste en off, il approuve cette loi islamique…

Frantz BAGOË : d’ailleurs lorsque les décapitations sont évoquées, il fait un geste d’arrêt de sa main droite, paume dirigée vers la journaliste, afin de préciser une inexactitude. Comme si ces actes barbares devaient trouver une justification quant à la qualité de leurs victimes.
Son regard semble ahurit voire même béat, comme les victimes de manipulateurs pervers (les gourous). Il n’a pas trouvé à Raqqa l’incarnation qu’il se faisait de la charia : « je suis venu de mon propre gré, sauf que j’ai rencontré des gens contraires » et c’est juste avant de dire cette dernière partie de phrase que son sourcil droit s’abaisse pour se positionner naturellement au même niveau que le gauche (1 min 55 sec). Il est là encore dans la sincérité, il voulait rejoindre un Etat qui appliquait la charia mais il a été déçu de ce qu’il a trouvé.


Elodie MIELCZARECK : « des gens contraires », « des émirs de l’Etat islamiques » : il est réellement déçu de qu’il a trouvé là-bas. Mais il approuve/approuvait l’idéologie islamiste. C’est plutôt les circonstances concrètes qui semblent l’avoir désappointé…
Items d’angoisse et de peur sincère : expressions de peur (rides sur le front) + yeux écarquillés + oui oui oui oui (on peut même parler de désarroi) >>> il veut vraiment rentrer en France !

 

Djihadiste

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=jnP0wZN8saU

Lien vers le site d’Elodie MIELCZAREK : http://www.analysedulangage.com

Suite au rapport sur le processus de radicalisation

Je relaye le « rapport de recherche pour la mission de recherche Droit et Justice » qui s’intitule « Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents », avril 2017, sous la direction scientifique de Xavier Crettiez et Romain Sèze.

 

Il aborde de manière exhaustive le processus de radicalisation dont les facteurs qui mènent au passage à l’acte terroriste.

Publié cette année, il m’incite à faire un parallèle avec deux articles que j’avais écrit en 2015 :

L’un à propos de « L’hébergeur de Saint-Denis » et l’autre à propos du besoin de solitude, qui expliquent les manques éducatifs et attentionnels.

 

Voici le lien vers le rapport :

 

https://www.inhesj.fr/fr/content/rapport-saisir-les-m%C3%A9canismes-de-la-radicalisation-violente

 

Voici les liens vers mes articles :

 

http://www.ds2c.fr/blog/pour-en-finir-avec-l-hebergeur-de-saint-denis.html

http://www.ds2c.fr/blog/nous-avons-tous-besoin-de-moments-de-solitude.html

 

Voici ce que j’écrivais sur l’hébergeur de Saint-Denis suite à mon analyse du langage non verbal.

« Son torse est bombé, le menton est haut pour toiser, regarder de haut et en biais. Drôle d’attitude pour celui dont l’appartement est actuellement pris d’assaut par la police. Ne devrait-il pas être inquiet ? Voire apeuré ?

Votre œil, même néophyte, a capté immédiatement cette attitude désinvolte qui ne cadre pas avec l’horreur des évènements. C’est une attitude arrogante que vous retrouvez systématiquement chez tous les délinquants de cités. (…) Il répond au journaliste mais son regard n’est pas dirigé vers son interlocuteur. Il conserve son ton nonchalant, distancié, (…) très enfantin. C’est ce qui trahit sa pensée. Voyez vos enfants qui ont fait une bêtise et que vous surprenez… ils adopteront la même attitude.

(…) Vigilance teintée d’un sentiment de supériorité affirmé. Ce sont bien les Institutions qu’il défie du regard (…), ce qui traduit une désinvolture méprisante.

Voici donc en 39 secondes, une stratégie comportementale puérile, construite sur la défiance à l’encontre des Institutions, de ce qui représente l’ordre, et qui malheureusement est le creuset des terroristes.

Ces personnes sont du pain béni en mal de valeurs et de reconnaissance.

Mais ne croyez surtout pas que l’hébergeur n’a pas conscience ni de ses actes, ni de la portée des évènements, il n’en a tout simplement pas cure… l’hébergeur est authentique dans son témoignage, il est certainement étonné de se retrouver au premier plan mais il est certain qu’il savait que ces squatteurs étaient des criminels. »

 

Au travers de ces 2 articles, j’avais rappelé l’importance de la socialisation et de ses effets, l’influence qu’exerce le groupe/le clan/la famille et comment peut naître le déficit d’estime de soi et le manque de reconnaissance de la part des parents en premier lieu, de la démocratie/de l’Etat ensuite.

 

Comme l’indique le rapport, « dans bien des cas, une situation de non-reconnaissance est renforcée par une combinaison entre, d’une part, une socialisation virile valorisant la force physique (le parallèle avec l’environnement des halls de cités est évident, c’est moi qui le note) et le mépris de la mort et, d’autre part, une dévalorisation volontaire du statut de donateur au sein d’une société, c’est-à-dire la méconnaissance du rôle des acteurs comme contributeur à une sphère d’interaction sociale. » L’hébergeur de Saint-Denis en est le symbole.

 

Cependant, j’insiste sur le fait que ce sentiment de non-reconnaissance est un sentiment qui, malheureusement, se partage trop facilement versus une émotion positive. Il existe aussi la possibilité qu’a tout individu à se remettre en question et à faire un véritable effort cognitif pour s’inscrire dans une démarche plus valorisante et reconnue par la société. Cet effort cognitif revient à adopter un autre angle de vue et de se dire que finalement, elle (la société) n’a pas vocation à stigmatiser…

 

Si l’individu ne le fait pas, le Système menant au passage à l’acte va se mettre en marche. Comme le précise le rapport, « le plaisir intense que peuvent retirer les militants politiques à s’engager dans des actions radicales totalement éloignées d’une forme de quotidienneté et assurant à ceux qui s’en prévalent une image de soi grandiose et mythifiée. Un des ressorts de l’engagement armé, surtout lorsque l’on est issu d’un univers social désenchanté, est la possible mutation de soi en un surêtre tout puissant, qui valorise le statut moral de l’acteur et l’introduit dans les délices narcissiques d’un combat glorieux. » C’est exactement ce que je pointais du doigt en 2015 et ce que recherche ces terroristes européens : de la reconnaissance. Cette même reconnaissance que leur offrent les imams salafistes et daech.

 

Dans un contexte familial perturbé (parents non attentionnés, non sécurisants, père ou mère absent, violent ou addict) peu sécurisant et encore moins valorisant, se construit un faux-self qui va se développer et niant sa part de faiblesse et en mettant en avant la puissance physique qui représente une partie valorisante et noble. Le lien d’attachement avec la mère et le lien extérieur avec le père ont été déficients. Cette déficience a été le terreau du faux-self et a généré frustration et impuissance qui à leur tour ont été alimentés par la société civile dans laquelle ces individus ne se reconnaissaient pas. D’autant plus qu’ils avaient l’exemple de la première génération qu’ils jugent soumise à l’Etat et au peuple judéo-chrétien. Ainsi, révolte et absence d’identification au père sont des éléments communs à ces âmes perdues.

Le rapport illustre cet état de fait par l’exemple d’un djihadiste interrogé en prison, qui fut victime d’un pédophile et qui est dans le déni par rapport au traumatisme subit. A cela s’ajoute des rapports conflictuels avec la mère, l’absence du père, la violence subit de sa mère par ses différents concubins et le placement dans un foyer.

 

Dans sa partie psychosociale, le rapport évoque « des failles psychiques (…) qui exprimeraient dans le trouble face au contrôle de ses pulsions en particulier dans le rapport aux femmes. Ces dernières, en évoquant une image de désir très fort, renvoient l’islamiste à une forme d’impureté que seule la violence doit permettre de tenir à distance. » Alors disons qu’il s’agit d’une des voies empruntées mais ce n’est certainement pas la seule.

 

D’un point de vue psychologique, le destin d’une pulsion est soit le renversement en son contraire, soit le renversement contre soi, soit la sublimation, soit le refoulement. Ce dernier, très prisé, est une voie d’allègement de l’inconscient et même refoulée, la pulsion reste à la recherche de se décharger, l’inconscient ne tolérant qu’un certain niveau de tension. Le refoulement ne fait que transférer la pulsion dans l’inconscient qui est lui-même protégé par un système d’évitement de la frustration. La libido (pulsion de vie, de plaisir) est déviée vers un nouveau but, c’est le processus de sublimation. Ces individus auraient pu choisir une voie artistique, spirituelle, intellectuelle ou sportive (les exemples des joueurs de foot ne manquent pas, hein Neymar ?)… que sais-je encore.

 

Ce qui est dommage, c’est que les autorités semblent investiguer l’analyse sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi ». C’est une question de priorité bien sûr, d’urgence aussi mais il me semble important d’investir massivement la sphère éducative. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis toujours dans la recherche du « pourquoi ».

 

Quels sont les 3 éléments, selon le rapport, qui mènent aux engagements radicaux ?

- la prise en compte des réactions violentes nées d’un phénomène d’indignation et d’injustice,

- l’influence exercée par la doctrine et l’idéologie professée,

- le lien analytique établi entre idéologie et émotion.

 

On ne naît pas criminel, même s’il existe des prédispositions à mon avis (cf. psychogénéalogie), on le devient. Intervenir dès la plus tendre enfance est certainement une des clés pour minimiser les risques de déviance. Vaste programme.

 

Radicalisation

 

"Je suis allé au bout de mes engagements politiques" : Henri Guaino en colère ?

Les propos d’Henri Guaino sur l’électorat de droite « à vomir » font le buzz. Il a depuis confirmé ses propos en les explicitant et d’après lui, sans colère. Or, la gestuelle inconsciente lors des différentes interviews que j’ai visualisées infirme cela.

 

Anamnèse    

Quels besoins fondamentaux ? Rapide focus sur le passé d’Henri Guaino : comment et sur quoi il s’est construit.

HG est né en 1957, une période après-guerre où il était nécessaire de tout reconstruire. Ce n’était pas des années de légèreté intellectuelle ni comportementale et encore moins d’opulence matérielle.

HG est d’origine italienne et n’a pas connu son père. C’est une information particulièrement importante pour comprendre la construction et le développement de son identité.

Comment se construire sans une figure paternelle dont la fonction est de donner un cadre, des repères, des valeurs et d’être un exemple pour son enfant ?

HG est donc élevé par sa mère femme de ménage – même si elle se remarie, être élevé par un homme qui n’est pas votre père naturel et n’a pas de filiation avec vous reste une phase complexe, encore plus à cette époque - et sa grand-mère, concierge.

Il se construit en se donnant les moyens de ses ambitions avec pour objectif de s’en tirer par le haut. HG obtient une licence d’histoire à Paris-Sorbonne et sort diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Voyez comment sa ligne de conduite est droite et déterminée, tournée totalement vers son besoin d’appartenance et de reconnaissance. Soulignons qu’il ne s’agit pas de vouloir être reconnu par ses pairs (jeu de mot conscient et voulu avec « père » évidemment), mais par ceux qui évoluent dans le cercle « supérieur ». Ce point est très important. Appartenir à un cercle de politiciens qui œuvre pour la reconstruction de la France représente un summum dans la reconnaissance personnelle. Pour accéder à un tel rêve, il est primordial de faire montre de ténacité et de persévérance !

Pour résumer cette première partie, les 2 maîtres mots sont : identification et reconnaissance.

 

A l’envers de ses fondamentaux identificatoires ?

HG est fondamentalement Gaulliste et assimilassionniste. Qu’est-ce donc ?

C’est un « mouvement d’idées qui avait pour objectif de faire disparaître tout particularisme culturel et d’imposer l’assimilation culturelle aux minorités d’un pays » (wikipedia). Plus simplement, issu d’une famille italienne, HG est persuadé que les migrants doivent s’intégrer par le travail d’abord, sans mettre en avant leurs convictions religieuses pour se « fondre dans la communauté d’adoption ».

Voilà ce qu’il faut avoir à l’esprit lorsque vous regardez l’interview d’HG, dont les propos sont certes déplacés mais contextualisés mais qui gardent tout leur sens. Vous comprenez que pour lui, qui n’est pas animé par la langue de bois, il est difficilement compréhensible que les électeurs soient plus fidèles à leur intérêt personnel qu’à leurs idées, leurs présupposées convictions politiques - ce qui sociologiquement s’explique très bien. Disparition de certaines règles, de certaines valeurs mais également disparition de la contrainte du temps et des frontières. A cela vous ajoutez la surreprésentation de l’image et vous avez un terreau fertile pour l’angoisse identificatoire.

Aujourd’hui, les électeurs en particuliers et plus généralement les personnes « connectées » sont plutôt parties prenantes pour suivre un projet sans clivage et novateur. Synonyme d’ouverture d’esprit et de World spirit. Si en plus ce projet peut faire table rase des vieux mammouths de la politique politicienne inflexibles et incapables de s’adapter ou alors juste en adoptant le port de la barbe… alors banco !

Nous sommes dans une société économique et sociale portée par l’internet global et la libre circulation des citoyens. Cette nouvelle façon de voir l’avenir est en totale contradiction avec l’ancien monde dans lequel HG s’est construit. Ainsi naît sa colère clairement exprimée dans ses propos tenus et confirmés depuis dans d’autres émissions.

 

L’analyse des gestes forts

Malgré mes recherches, je n’ai rien trouvé sur une quelconque maladie qui expliquerait cette notable différence entre l’hémi visage droit et gauche. Cette différence est particulièrement visible, vous l’aurez vous-même noté, sur les paupières et sur la bouche. Effectivement, les fermetures des paupières se font asymétriquement et l’œil gauche d’HG est très souvent plus fermé que le droit. Egalement, le côté gauche de la bouche est sensiblement plus fermé que le droit. Ainsi, je ne relèverai pas cette asymétrie, je constate juste le nombre de clignements de paupières importants et appuyés.

 

« Je suis allé au bout de mes engagements politiques ».

 

Lorsque le journaliste lui pose clairement la question : « vous arrêtez HG ? » à 17 sec., le coin extérieur droit de la bouche d’HG est descendant, signe d’une émotion négative liée à l’extérieur.

« Même si l’électorat qui a voté dans la 2ème circonscription de Paris, 6, 5 et 7ème est à vomir… », à 22 sec. est asséné avec une main gauche active et un menton levé. Il se place ainsi au-dessus de cet électorat qui ne représente pas la droite traditionnelle qu’il défend. Le comportement de ces électeurs lui est incompréhensible et le touche profondément dans ses valeurs (main gauche qui illustre la spontanéité et les valeurs personnelles).

HG exprime du dégoût pour ces « bobos qui sont dans l’entre soi » à 43 sec., teinté d’agressivité avec cette lèvre de chien sur « fini l’hypocrisie » à 49 sec. Sentiment appuyé par un menton encore levé et une main droite qui rejette.

Nous retrouvons cette main droite active, avec une tension décelable dans les doigts et le tranchant de la main à 1mn, lorsqu’il évoque la « bourgeoisie traditionnelle de droite » et les électeurs de Patrick Balkany.

HG affirme son positionnement d’homme libre et le rappelle à la journaliste à 1min. 33 sec. : « vous n’allez pas me donner des leçons ce soir ?! » avec une tension très forte dans les lèvres, notamment la lèvre supérieure.

Enfin, à 1 min. 49, le rejet est à nouveau exprimé mais cette fois avec les 2 mains sur « contrairement à tous leurs préceptes moraux ».

 

La couleur des sentiments

Colère, déception, dépit, ressentiment, rancœur, consternation, déconvenue et enfin désillusion ! Tous ces synonymes sont une sous-rubrique de la colère clairement exprimée par Henri Guaino contre cet électorat infidèle. Ce n’est ni plus ni moins qu’un fort sentiment d’abandon que peut ressentir un enfant face à l’absence du père… une crise identificatoire en somme.

 

Henri guaino

Liens vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=YgYAvlNF-no

https://www.youtube.com/watch?v=4hlxU4JdQwo

 

 

 

Observations complémentaires au débat #MLP vs #EM

Beaucoup d’analyses ont été faites (presse écrite, télé, vlog) sur les gestes effectués par #MLP et #EM lors du débat d’entre 2 tours. Cependant, je ne vous propose pas une énième analyse qui donnerait mon interprétation sur leur stratégie respective, ni les gestes les plus flagrants qu’ils ont pu faire.

 

Je vous livre simplement mes observations qui viennent en complément de ces analyses. Mes observations portent sur les attitudes récurrentes durant toute la durée du débat, et sur le type d’émotion transmis par chacun des candidats. Pour moi, il n’y a pas de vainqueur mais deux stratégies biens différentes qui ont malgré tout eu un impact sur les indécis.

 

#MarineLePen

Son émotion véhiculée est l’agressivité afin de pousser #EM dans ses retranchements. Son écoute est attentive et sur la défensive, illustrée par un visage en axe rotatif gauche et un axe latéral droit – elle regarde #EM avec son hémi visage gauche.

Son buste est très mobile du début à la fin, ce qui donne une image peu rassurante et une personnalité peu stable. Comme mes confrères, je constate de nombreux faux sourires qui ne sont faits que pour atténuer/ironiser la pique lancée, mais j’observe aussi une asymétrie de son visage. Si le côté droit du visage de #MLP est ouvert, c’est bien le contraire pour le côté gauche qui lui s’affaisse. Le côté droit du visage représente le lien avec l’extérieur alors que le côté gauche est plus personnel. Cette asymétrie traduit un malaise de situation, ce que provoque également ce sentiment de colère qu’elle arbore.

Mlp 2

Durant la 1ère heure de débat, les mains sont très proches de la table et de son corps. Les mouvements ne sont pas amples et les coudes sont dissimulés. #MLP est dans la retenue malgré ses vociférations. D’ailleurs, elle semble comme étriquée assise sur son siège, les épaules basses, les coudes serrés contre elle. Une attitude très enfantine finalement, un peu tétanisée par l’enjeu du débat. Disons qu’elle fait montre de prudence face à #EM dont elle craint la répartie.

Passée cette heure, les gestes sont plus élevés et les coudes viennent s’ancrer sur la table.

Serait-elle en pleine confiance ? Pas tout à fait… il n’y a qu’à voir les très très nombreux gestes effectués main droite, lorsqu’elle replace une mèche de cheveux derrière l’oreille. #MLP se recadre, se reconcentre, se réassure, se remotive ! Son stress trouve une voie de décompensation par la préhension de son stylo qu’elle manipule.

 

Hormis cette mèche de cheveux replacée derrière l’oreille, #MLP fait souvent un geste plus symbolique et qui traduit bien malgré elle son agressivité :

Mlp 1

 

Cependant, je trouve un geste que les deux prétendants effectuent souvent et en miroir : les mains jointes qui tranchent (mouvement de haut en bas) ou qui réunissent (mouvement de l’extérieur vers l’intérieur).

Mlp em

 

#EM

Contrairement à sa vis-à-vis, le futur Président affiche un grand contrôle et une certaine neutralité qu’il va essayer de garder de bout en bout. Il se veut pédagogue et plein de sang-froid, mais certains gestes (que nous verrons un peu plus loin) vont trahir son arrogance, voire sa désinvolture en passant par de l’agacement. #EM ne se laisse pas déstabiliser, il fait même preuve d’assurance. Son buste très en avant dès le début, les coudes bien posés sur la table avec les mains biens hautes. C’est une attitude de dominant.

 

Les deux mains sont tout de suite très mobiles, elles concluent, énumèrent, ponctuent et illustrent les propos.

Contrairement à #MLP, le visage de #EM est en axe rotatif neutre – c’est-à-dire qu’il la regarde bien en face – et quelques fois en axe latéral droit trahissant une écoute rigide. Cependant, il arbore sur la partie économique un sourire moqueur voire ironique. Il balaie les piques avec sa main droite pleine de désinvolture, et se permet même de reposer son menton sur sa main lorsque le thème de la sécurité intérieure est abordé.   

 

 

Voilà ce qu’il fallait ajouter à ces différentes analyses et qui, je l’espère, vous éclairera sur les attitudes récurrentes que vous avez pu vous-mêmes observer, sans pouvoir les interpréter.

 

 

 

Merveilleux Traumatisme !

Régulièrement, je lis le témoignage de personnes ayant vécu un évènement traumatisant survenu dans leur petite enfance, leur adolescence ou encore à l’âge adulte. Cette démarche de libération de la parole est nécessaire, je la respecte avec force.

Je ne peux m’empêcher de penser à celles qui n’arrivent pas à exprimer ce choc qu’elles ont vécu. Parler à la première personne n’est pas chose aisée, ni forcément souhaitée. C’est un passage à l’acte dont les conséquences sur l’entourage sont à prendre en considération.

Il est cependant possible d’utiliser d’autres moyens qui peuvent être créatifs, comme écrire, sculpter, dessiner, faire du sport, jouer au théâtre… tous moyens de sublimation qui, en apparence impersonnels, auront cette force d’extérioriser le trauma sans que quiconque ne puisse pointer du doigt cette personne comme étant une victime, sans la juger. La victime n’a pas forcément envie de passer comme telle parce qu’elle a pu développer des stratégies comportementales qui lui ont permis de s’en sortir jusqu’aujourd’hui, parce que son entourage ne comprendrait peut être pas, ni bien le vivre non plus, le plaçant face à leurs manques (ne pas s’être aperçu de…, avoir préféré le déni…).

Cependant, comme évoqué dans un précédent article, la verbalisation est salvatrice même si elle est dépersonnalisée et réalisée indirectement… « Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Mais dès qu’on en fait un récit, on donne sens à nos souffrances. »

Un traumatisme est une effraction du psychisme suite à un évènement soudain qui porte atteinte à l’intégrité de la personne (guerre, maltraitance, violence…).

« Il semble exister un équilibre neurologique dans un système physiologique distinct qui permet à l’information d’être traitée en vue d’une résolution adaptative. (…) Quand quelqu’un fait l’expérience d’un trauma psychologique grave, un déséquilibre se produit dans le système nerveux. (…) Le système est incapable de fonctionner de façon optimale et l’information acquise au moment de l’évènement est maintenu dans son état perturbant. »

Le traumatisme sera plus difficile à surmonter si la victime s’est vue passive ou si l’action de l’agresseur était volontaire.

Il sera « moins impactant » si la victime a le sentiment de pouvoir, à l’avenir, éviter toutes situations similaires grâce à l’adoption d’un comportement différent comme une attitude corporelle plus affirmée.

Par exemple, nous savons que les criminels violents ciblent les femmes, les personnes âgées et sont à la recherche d’indicateurs de faiblesse ou de peur. En Synergologie, nous avons observé qu’un des signes précurseurs d’une agression physique est le « recentrage » de l’agresseur. Il replace ses vêtements sur lui juste avant de passer à l’acte et avant d’investir la distance « personnelle » puis « intime » de sa victime. Il ne montre aucune micro démangeaison avant l’attaque et ne cligne pas non plus des paupières !

Le traitement que la personne fait consciemment ou inconsciemment de l’évènement traumatique peut ainsi avoir des effets plus bénéfiques que d’autres.

« Nos souffrances ne sont pas vaines, une victoire est toujours possible. »

La résilience est un moyen qui permet de s’en sortir avec le moins de dommage, dans la mesure où la victime se sert de l’évènement pour ajuster sa façon de faire, de voir la vie, d’être. La résilience permet de rebondir pour être plus fort. Cette restructuration cognitive permet une certaine immunisation comportementale face aux évènements stresseurs, mais elle se fait au détriment de l’émotionnel puisqu’il y a surinvestissement dans le cognitif. « Presque tous ceux qui s’en sont sortis ont élaboré, très tôt, une « théorie de vie » qui associait le rêve et l’intellectualisation. (…) L’intellectualisation permet d’éviter l’affrontement qui nous impliquerait personnellement. » De mon point de vue, cette capacité cognitive est déjà ancrée dans l’individu dès son plus jeune âge et ne fait que se renforcer par la suite, au gré des évènements de la vie.

En revanche, une personne plus « émotionnelle » ou avec un sentiment d’efficacité personnelle moins affirmé, aura plus de difficultés parce qu’elle devra faire face à un flux extrêmement fort d’émotions qui ne pourra être dompté, noyant la victime dans un brouhaha émotionnel. Le traumatisme va faire voler en éclats les idéaux de la victime, ses croyances en un monde juste et prévisible et il peut conduire à un syndrome post traumatique.

Comment le thérapeute peut-il aider en identifiant la logique cérébrale ?

Ce n’est pas chose facile que de verbaliser un évènement traumatique, récent ou ancien. C’est se découvrir, se mettre à nu et dévoiler sa faille la plus béante. La crainte d’être jugé est prégnante. La relation thérapeute/patient est fondée sur la confiance, la bienveillance, l’assertivité et l’empathie. Quel est intérêt pour le thérapeute de savoir si son patient est plus cognitif qu’émotionnel ? Eh bien il saura si son patient s’exprime avec spontanéité ou avec des filtres. Il pourra ainsi orienter et affiner son questionnement de façon plus efficiente, plus pertinente.

Une personne qui a une préférence hémisphérique Gauche va présenter préférentiellement son hémi visage Droit ! Elle s’exprimera en contrôlant ses mots, en expliquant son discours et aura les mains plutôt en pronation alors qu’une personne ayant une préférence hémisphérique Droit, présentera plus naturellement son hémi visage Gauche avec toute sa spontanéité et aura les poignets plus ouverts en supination. La première privilégiera l’appui de son discours avec sa main droite, tandis que la seconde utilisera sa main gauche.

 

Alors, comment s’en sortir réellement ?

Il est nécessaire de multiplier les différentes approches thérapeutiques, c’est-à-dire la Thérapie Cognitive et Comportementale, l’EMDR mais également la psychothérapie.

  1. être informé sur la normalité des symptômes, sur leur évolution et les possibilités de traitement,
  2. être incité à visualiser à nouveau l’évènement mais bien sûr dans un environnement (cabinet de psy) sécure,
  3. utiliser ce pouvoir qu’offre la catharsis,
  4. réguler l’activité neurovégétative grâce aux méthodes de respiration, de training autogène de Schultz, de yoga, de méditation de pleine conscience…
  5. utiliser la restructuration cognitive grâce à une grille de traitement des ruminations,
  6. développer une qualité d’acceptation parce qu’on ne peut pas « effacer » ce qu’il s’est passé et améliorer l’affordance (« faculté qu’a l’organisme de se comporter en percevant ce que l’environnement lui offre en termes de possibilités d’actions »),
  7. devenir acteur de sa vie en s’impliquant avec créativité dans des relations sociales (associations, formations, loisirs, politique…).

Mais bien sûr, cela ne peut se faire qu’avec un accompagnement psychologique qui est nécessaire et primordial, je le réaffirme.

Aujourd’hui encore plus qu’hier, il est primordial de protéger la petite enfance, l’adolescence mais également les Droits des Femmes en luttant activement contre la violence scolaire, sociale, professionnelle... Oserais-je aller jusqu’à dire qu’il serait nécessaire de dispenser des cours d’éducation parentale concomitamment aux cours d’accouchement ? C’est une évidence…

 

Resilience 1

Réf. : Boris Cyrulnik (« un merveilleux malheur », Odile Jacob), Psychoweb, Jacques Van Rillaer (SPS n°294), Francine Shapiro (« manuel d’EMDR », InterEditions), Jacques Fradin, Inserm, Roger Sperry, Edward T. Hall (« la dimension cachée », Points), Nelly Boulassy (« anticiper une agression physique, étude des signes précurseurs »), slate.fr/life/79723/victime-agression-demarche, acrh.revues.org/7338

 

 

 

 

 

 

Poutine vs Sarkozy : sommet du G8 en 2007

Le sommet du G8 2007 réunissait les dirigeants des 7 pays démocratiques les plus industrialisés et la Russie, du 6 au 8 juin 2007, en Allemagne. Au cours de ce G8, Nicolas Sarkozy a vivement critiqué la politique menée par Vladimir Poutine. Mais lors d’un tête à tête, le Président russe va réajuster à sa façon l’équilibre des pouvoirs…

Lors de la conférence de presse qui suivit, l’ensemble des journalistes présents a attribué l’attitude de Nicolas Sarkozy à une ivresse, mais la réalité est toute autre.

Au-delà des éléments verbaux repris par Nicolas Hénin, voyons comment cela s’est traduit par le langage non verbal.

 

[2.06] : NS arrive d’une démarche plutôt assurée pour quelqu’un que les journalistes disent être ivre. Je ne vois pas d’hésitation, le poids du corps s’ancre avec détermination dans chaque pas.

 

[2.11] : « Vous préférez que je réponde aux questions ? » NS affiche du dépit sur son visage, illustré par la commissure gauche de sa bouche qui est ascendante. Ce dépit se mêle de surprise avec ses rides du front et les sourcils en « accent circonflexe ». Je peux distinguer aussi son hémi visage droit commandé par le cerveau analytique (hémisphère gauche) plus crispé que le gauche.

 

[2.44] : « Du fait de l’humiliation que venait de lui infliger Vladimir Poutine ». Sur cette image que vous pouvez arrêter, vous pouvez observer une différence évidente de hauteur au niveau des épaules. La gauche est beaucoup plus haute (hypertonique) et contractée afin de se protéger. C’est instinctivement le bras gauche qui s’élève en premier en bouclier vers le danger, pour se protéger. En revanche, la droite est plus basse, en cohérence avec cet hémi visage droit moins expressif.

La mâchoire est pendante, exprimant ainsi le renoncement, l’hébétude.

Enfin, sur cette même image, NS marque un retour sur soi avec son regard et son menton bas, marquant ainsi une infériorité.

 

[2.45] : Ce sentiment, qui est aussi la peur, est encore plus lisible à ce moment avec des rides en forme de vagues sur le front, avec le blanc des yeux très apparent sur le bas de l’iris.

 

[2.48] : « Nous avons évoqué tous les sujets… » dit NS avec la bouche en huître (propos retenus) et une crispation des sourcils désireux de marquer/d’insister sur ce point en particulier.

 

[2.52] : « La Tchétchénie… » avec le sourcil droit levé qui veut mettre le monde extérieur à distance. Le regard est défocalisé et la lèvre est mordue, ce qui ne s’observe que dans un contexte négatif s’il n’est pas associé à un vrai sourire.

 

[2.58] : « Les Droits de l’Homme… » avec la commissure gauche de la bouche qui remonte (ascendante) avec un mordillement de la lèvre inférieure (encore).

 

[3.00] : « Le Droit des homosexuels… » avec du dégoût teinté de peur dans l’expression du visage, les dents inférieures sont très visibles et les narines sont retroussées, prêtes à inspirer davantage d’air (qui semble lui manquer).

 

Comme souvent, nous voyons que la réalité n’est pas forcément celle qu’ON nous présente.

La réalité est que le corps parle à notre insu, qu’il produit des signes observables et que nous avons aujourd’hui les moyens de les décrypter.

 

 

Merci à Emmanuelle Fitoussi pour la suggestion.

 

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=HEpcPdcJqR8

Biblio. : Nicolas Hénin, « La France russe », 2016

 

Poutine vs sarkozy

Pénélope Fillon savait-elle qu'elle était rémunérée ?

Le regard de Pénélope Fillon me fait fortement penser à celui de Lady Diana. Un regard triste, dirigé vers le bas dans une certaine réserve, très fréquent dans cette séquence. Il va également souvent se perdre à l’extérieur gauche ou droit, une façon d’échapper momentanément à la réalité.

 

« Que faites-vous de vos journées, quand votre fils est à l’école ? »

 

A cette question, l’embarras voire même le désarroi se lit sur le visage de Mme Fillon, la bouche reste un instant entrouverte, la commissure des lèvres est ascendante et le corps s’affaisse… jusqu’au moment où il faut bien répondre ! Alors le corps se redresse, la bouche se ferme avec une certaine tension dans les lèvres (dubitative Mme Fillon) puis les sourcils se font plus hauts : il est temps de répondre.

Le corps part alors sur sa gauche dans une argumentation hésitante, timide. L’axe de tête est à gauche, l’œil directeur est le droit, traduisant de la soumission à son rôle de « femme de… » peu valorisant pour elle. A ce moment de sa vie, Pénélope Fillon n’est certainement pas une femme épanouie.

 

« J’ai toujours vécu comme n’importe qui d’autre. »

 

Du dépit aussi avec cette réponse qui la renvoie à la banalité du quotidien d’une mère (célibataire ?) qui ne travaille pas. Ses yeux sont grands ouverts, les sourcils très hauts et le regard perdu dans le vague.

Il faut attendre qu’elle évoque son inscription en Littérature Anglaise pour voir enfin un sourire vrai, spontané. Retour sur soi, regard vers le bas, l’évocation de cette activité « loisirs » semble la ravir.

 

François Fillon laisse-t-il sa femme libre de travailler ?

 

« Je me suis rendu compte que mes enfants ne me voient que comme leur mère », sa main droite va positionner cette fonction « mère » à sa droite, s’en désolidarisant. Pénélope Fillon aspire à occuper différemment ses journées qu’à materner.

 

Elle oppose à cette fonction sa formation scolaire : diplôme de français, de droit, concours d’avocat ! C’est dit avec de la tension dans la mâchoire et les dents serrées (agressivité contenue), mais les sourcils et le front sont plissés et montrent toujours cette tristesse.

 

Enfin, à 4min. 21 je passe l’interview à 25% de la vitesse normale, au moment où Pénélope Fillon dit clairement qu’elle n’a pas été l’assistante de son mari. Elle initie un « non » de la tête par la gauche, en toute sincérité donc !

 

Cette tristesse prégnante, que j’ai observé tout au long de cette interview, est illustrée par cette image arrêtée à 3min 05 et nous fait, aujourd’hui, nous poser cette question : Pénélope Fillon était-elle au courant de ces indemnités qui lui étaient versées ? La réponse semble évidente maintenant que vous venez de lire mon analyse de sa gestuelle, elle le sera encore plus lorsque vous lirez l’article d’Elodie Mielczareck : http://www.analysedulangage.com/index.php/2017/02/03/penelope-ne-savait-zones-dombre-discours-de-fillon-mots-trahissent-pensee/

 

Penelopefillon

Lien vers l'interview : https://www.youtube.com/watch?v=YS1a8n_cBNs

 

"Mal-aise" chez Michelle Obama

L’accueil du couple Trump par les Obama a été vivement commenté à travers le monde et dans tous les médias. Beaucoup comme l’AFP restent objectifs pour décrire l’arrivée du nouveau couple présidentiel, pendant que d’autres médias commentent avec la teinte d’hostilité que provoque Donald Trump.

 

Resituons la scène

 

Les Obama sont sur le perron de la Maison Blanche pour accueillir, de la façon la plus respectueuse possible, ce couple de milliardaire propulsé à la tête des USA grâce à une campagne très patriotique.

Il s’agit donc du protocole bien établi de la cérémonie d’investiture. Exit donc les employés de la Maison Blanche qui se chargent généralement des « à côté », tout au moins sur le perron… seuls restent les 2 soldats au garde à vous.

 

Aussi, Mme Trump, qui ne jouit pas de la meilleure image certainement à cause de son passé de modèle photo sur papier glacé, à la gentillesse d’offrir un présent à Michelle Obama.

Je fais remarquer qu’il s’agit d’un présent que vous et moi ne pourrions nous offrir, s’agissant d’une bijouterie de luxe des plus célèbres (Tiffany).

 

Le couple Trump ignore-t-il le protocole ?

 

Les Trump ne sont pas au fait des conventions politiques, ils sont certainement de parfaits novices dans ce domaine. Le cadeau de Melania se voulait être de la bienséance, toujours est-il que Michelle Obama s’en trouve étonnée, surprise, ne sachant où déposer le cadeau reçu, le temps de la photo protocolaire et fait donc une grimace évocatrice. Son mari prend les choses en mains, et après quelques secondes, le protocole peut reprendre.

 

Mais évocatrice de quoi ?

 

Le mot qui revient le plus souvent est : embarras, ce qui est vrai. Cependant nous pouvons pousser un peu plus loin l’analyse. J’observe que le visage de l’ancienne 1ère dame des USA peut être séparé en 2 hémi visages. Celui de droite, est plus fermé que l’autre mais affichant néanmoins un sourire social. L’hémi visage droit est le lien avec le monde extérieur. L’œil droit est plus petit que le gauche, concentré sur le rôle que Michelle Obama doit tenir à cet instant.

L’hémi visage gauche est plus ouvert mais il y a un rictus visible avec le coin gauche de la bouche qui s’étire vers l’extérieur, en un sourire crispé (celui-ci) lié à soi.

Dans le même temps, le sourcil gauche s’élève plus haut que celui de droite signifiant ainsi une mise à distance de soi vis-à-vis de l’autre.

Les sourcils traduisent notre envie de communiquer. Lorsqu’il se lève (celui de gauche), Michelle Obama se place (en tant qu’individu) à l’extérieur de la relation qu’elle vit avec les Trump.

 

Résultat ?

 

Eh bien Michelle Obama connaît le protocole et entend bien le respecter, par opposition à Melania Trump qui est novice en bien des points. Recevoir un cadeau est un élément extérieur que Mme Obama n’avait pas prévu et qui la met dans l’embarras car il n’y a pas de « petites mains » pour l’en débarrasser. Alors son visage va illustrer, va traduire cette dichotomie entre afficher un sourire de circonstance et une envie de montrer son « mal-aise » créant ainsi cette photo tant partagée !

 

Enfin, ce n’est que mon interprétation…Michelle obama

Verbaliser, c'est guérir

 

Verbaliser, c’est guérir

La définition de « verbaliser » est : dresser un procès-verbal. C’est aussi s’exprimer, se faire comprendre par le langage, formuler ses pensées par la parole, faire connaître ses sentiments et ses opinions (réf. Larousse).

 

Verbaliser, c’est donc exprimer une idée, un sentiment, une émotion. Au contraire, intérioriser équivaut à garder pour soi, sans partage, au risque de ne pas se faire comprendre.

La conséquence néfaste est le refoulement de cette émotion et la naissance d’un sentiment négatif qui, s’il n’est pas extériorisé, enflera comme une tumeur et générera une stratégie d’adaptation envers l’objet/la personne/la situation qui en est à l’origine.

Ce sentiment négatif ne disparaît jamais, il ne demande qu’à s’exprimer de n’importe quelle façon (sublimation, déplacement…).

 

L’émotion comme système d’échange

Faisons un focus rapide sur la perception et la régulation des émotions. Elles passent par 3 systèmes (réf. Neurofit.ch) :

- le système neurophysiologique (hormonal et neurovégétatif),

- le système moteur (corps, visage, voix),

- le système cognitif expérientiel (c’est la capacité à prendre conscience et à verbaliser le ressenti).

 

L’émotion est le liant entre les individus dont un des buts est l’inclusion (appartenir à un groupe).

L’individu dispose de 2 processus distincts pour appréhender la réalité (réf. Les motivations.net) :

- le système expérientiel qui est instinctif, associatif, orienté vers l’action immédiate mais avec un mode de pensée stéréotypé et émotionnel,

- le système rationnel, plus analytique et logique, dirigé par la raison. L’individu évalue, encode, décode, prévoie et ensuite agit.

 

Dans la communication interpersonnelle, ces 2 systèmes sont aisément identifiables lorsque la personne s’exprime davantage avec l’une ou l’autre de ses mains.

Par exemple, un homme politique comme François Bayrou va s’exprimer en majeur partie avec sa main droite. Un discours qui est donc analytique, ce qui est normal pour un bègue.

Alors que le témoignage d’une personne sur un évènement personnel verra une main gauche plus active que la droite (hémisphéréité).

 

Pourquoi devoir verbaliser ses émotions ?

Mais ne soyons pas clivant. Nous ne sommes ni tout l’un, ni tout l’autre, mais un savant mélange dont notre tempérament et notre caractère sont le reflet. Un cerveau droit (instinctif) qui communique avec un cerveau gauche (analytique) grâce à un corps calleux, véritable autoroute du partage de l’information.

 

Il faut bien avoir en tête que l’Etre Humain recherche la satisfaction de son plaisir personnel (pulsions) et l’évitement du déplaisir face au principe de réalité.

L’Etre Humain doit préserver son équilibre psychique et physiologique (homéostasie) grâce à différentes stratégies d’adaptation. S’il n’y a pas de passage à l’acte pour satisfaire son plaisir, une frustration va naître et se diffuser insidieusement dans le psychisme. Elle va investir chaque recoin de nos pensées, tapie, pour ne demander qu’à être satisfaite d’une manière ou d’une autre.

 

Le déséquilibre psychique (visible sur le corps par des micros démangeaisons au visage et sur les membres) intervient dès lors qu’un trop grand nombre d’envies ne sont pas réalisées, lorsque la coupe des frustrations déborde ou lorsqu’une situation est vécue comme un traumatisme.

 

Les occasions de refouler une idée, un sentiment ou une émotion sont nombreuses, que ce soit au travail, en société ou dans la sphère privée. Mais cela se fait toujours au détriment de soi.

 

Une des stratégies la plus efficace  

Cela va permettre de se concentrer sur l’émotion ressentie, de la décrire, de lui donner corps grâce à la richesse du vocable employé (granularité).  Mettre des mots sur ce qui est ressenti  permet de se respecter et de gagner en estime de soi. Vous occuperez l’espace de communication (professionnel, familial, privé) avec plus d’efficience, vous enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

s enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

 

 

Verbaliser

 

La larme à l'oeil

Si vous observez une conversation, vous verrez immanquablement qu’à un moment, une des personnes se grattera une zone du visage à l’évocation d’un fait, d’un souvenir, d’un sentiment ou encore d’une émotion. La psychologie et les neurosciences nous ont appris que le corps ne fait pas les choses sans raison. Ce phénomène, appelé « homéostasie », répond à la nécessité de rétablir l’équilibre psychique.

Un geste qui vient gratter la peau, la caresser ou encore un geste de préhension est là pour décharger une pulsion de façon indirecte car elle est confrontée au principe de réalité des contingences sociales. Mais comme cette pulsion se doit d’être exprimée, le psychisme le fait par des chemins détournés.

Dans un contexte de tristesse ou de joie et lorsque la personne verse des larmes – qui sont l’expression de la sincérité - plusieurs points sont particulièrement intéressants à observer.

  • Quel est le côté du visage qui est touché en premier, lorsque la 1ère larme est essuyée ?
  • Quelle est la main qui intervient pour réaliser ce geste ?
  • Quel est le doigt choisi inconsciemment ?

Nous pouvons logiquement nous demander ce qu’évoquent ces larmes pour la personne ?

Se sent-elle responsable ? Cette situation la touche-t-elle personnellement ?

A l’analyse de plusieurs vidéos, nous avons observé que si la main essuie d’abord le côté gauche du visage, « c’est que la personne se sent pleinement responsable de ce qui lui arrive. Que les larmes soient de tristesse ou de joie. » C’est le cas pour Cécile Bourgeon dont le procès s’instruit actuellement, sa fille Fiona morte suite à des coups portés (https://www.youtube.com/watch?v=XSWBM5unnms).

Par ailleurs, si la main essuie d’abord le côté droit du visage alors « la personne n’est pas responsable de ce qui se passe, elle n’aurait pas pu éviter la situation (positive ou négative) ? » C’est le cas de Christophe Dechavanne lorsque sa fille Ninon parle de lui (https://www.youtube.com/watch?v=aKo5EuemlVo).

Lorsque le geste s’effectue, il est rare que ce soit la main du côté opposé qui le réalise. Généralement, c’est la main du côté identique à la larme essuyée qui intervient.

Cependant, lorsque la personne croise pour essuyer la larme - main droite/œil gauche, main gauche/œil droit - elle fait intervenir une stratégie de défense pour se protéger (de quoi ? Peut-être est-ce à trouver…).

Enfin, lorsque les 2 mains effectuent le geste de façon simultané, nous pouvons émettre l’hypothèse que l’émotion ressentie touche trop profondément la personne qui n’a d’autre stratégie de défense que la régression. La régression, en psychologie, est un retour à des modes de pensée et de conduite qui ne correspondent ni à l’âge, ni à la maturité psychique de la personne (http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Regression). Cette régression fait référence à un évènement qui a marqué l’évolution du développement psychique de l’enfant : perte d’un parent, carence affective précoce, sevrage trop tôt, allaitement exagérément prolongé. C’est le cas pour Mamadou Sakho qui évoque la disparition de son père sur un plateau de télé (https://www.youtube.com/watch?v=mBK9npC8yWI).

Maintenant, nous connaissons également la signification des doigts de la main

Petit rappel sur le choix du doigt qui va nous orienter sur le ressenti de la personne.

- Le pouce est la représentation de notre Ça, de notre identité intrinsèque et instinctive. Je le brandis pour dire « je vais bien » ou encore lors d’une altercation « c’est à moi que tu parles ? »

- L’index est une affirmation du Moi dans l’environnement, c’est dire que notre être instinctif s’exprime en tenant compte des règles sociétales. Je le lève pour prendre la parole.

- Le majeur est intéressant parce qu’il est le doigt le plus long de la main mais surtout parce qu’il SEMBLE sortir de la main pour aller vers l’autre. Je le brandis fièrement dans un contexte de dualité pour dire que « peu importe qui tu es, JE fais ce que je veux ET JE me fiche de ce que TU en penses ! »

- L’annulaire représente le clan, la famille mais aussi la douceur du cocon. Il évoque la relation de couple, de famille.

- L’auriculaire est ainsi le doigt le plus à l’extérieur de notre main et il représente l’harmonie, l’équilibre dans l’environnement.

 

Vous voyez dès à présent que si le pouce est le doigt le plus proche de nous, qu’il représente notre individualité, l’index introduit la notion d’environnement et le majeur la confrontation AVEC cet extérieur.

Quelle que soit la situation évoquée avec l’autre, il est primordial de faire preuve de grande empathie, de le questionner sur ce qu’il ressent et pourquoi il le ressent.

Enfin, gardons bien présent à l’esprit qu’il est juste nécessaire de valoriser l’autre et ce, sans arrière-pensée.

 

Cecile bourgeonChristophe dechavanneMamadou sakho

 

Théo Padnos : ex otage d'Al Nostra. Décryptage

Théo Padnos, américain de 46 ans, prisonnier pendant 2 ans du front Al-Nostra, la branche syrienne d’Al-Qaïda.

 

Ce témoignage est rare, riche en informations et en émotions.

Plutôt que de lister de façon académique la pléthore de gestes et leurs significations, analysons la vidéo sous le triptyque suivant :

 

- l’envie de témoigner,

- la tension palpable,

- le souvenir/la bulle.

 

Témoigner

Nous pouvons observer que Théo Padnos exprime son envie de communiquer sur son expérience d’otage. Les gestes effectués avec les mains, que ce soit individuellement ou ensemble, illustrent bien ce désir.

A 12 sec. lorsque la main gauche vient gratter la nuque alors que la main droite exprime le rejet.

A 2 min. 17 sec. lorsque la main gauche vient placer les cheveux derrière l’oreille, pour se recadrer et revenir dans l’échange.

La mobilité des sourcils est également un bon indice de cet état d’esprit. Ils se lèvent, s’écarquillent dans une volonté de communiquer, de faire partager.

 

Pour rester sur la zone du visage, les expressions faciales sont les premières à transmettre l’émotion. C’est le cas avec la peur lisible sur le visage de Théo Padnos, à 28 sec.

Mais c’est encore plus le cas avec la cognition incarnée qui est ce moment où la personne revit et mime l’action avec son corps (26 sec. et 33 sec.).

 

Le corps tendu

Il n’en demeure pas moins que le corps est sous tension et qu’il le montre. C’est notamment perceptible lorsque le buste se retire vers l’arrière, pour manifester son envie de fuir l’échange (1 sec.), lorsque les lèvres se mordillent (2 sec.), ou encore lorsque la bouche se pince pour retenir des propos (30 sec. et 53 sec.).

L’axe de tête nous signifie la rigidité et la vigilance qui contribuent à ce corps tendu, comme c’est le cas avec l’axe latéral droit et l’axe rotatif droit qui sont fréquents, tout au long de ce témoignage.

 

Retour dans sa bulle

Enfin, ce qui est particulièrement touchant, c’est l’émotion pudique qui transparaît derrière un clignement d’yeux plus long que d’ordinaire (2 sec.), un regard qui s’abaisse vers sa gauche pour se remémorer les tristes faits (1 sec., 5 sec., 30 sec.), revenant ainsi dans sa bulle.

 

Si je devais choisir une image illustrant cette séquence, ce serait celle-ci :

 

Theo padnos

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=f-7rPLoRAkk

 

J’en profite, en cette fin d’année qui approche à grands pas, pour vous remercier de me lire. Vous êtes toujours plus nombreux, canadiens, américains, anglais, espagnol, africains et même français à lire mes articles. Ca me fait plaisir et c’est stimulant.

J’en profite également pour remercier ma relectrice et correctrice, Sophie, qui subit mon immédiateté depuis fort fort longtemps et qui fait en sorte de rendre mes articles lisibles/compréhensibles par le plus grand nombre.

 

A très bientôt

 

 

Koh Lantagonisme !

Koh Lanta 2016 nous offre une bonne occasion d’observer les différentes stratégies comportementales individuelles, mises en place au sein d’un groupe, pour servir un objectif personnel.

Gardons à l’esprit 2 notions très importantes :

- Will Schutz et l’élément humain (inclusion, contrôle et ouverture). L’inclusion désigne les liens entre les personnes, le désir de recevoir de l’attention, d’interagir, d’appartenir et d’être unique. Le contrôle désigne les relations de pouvoir, d’influence et d’autorité entre les gens. Enfin, l’ouverture est le degré auquel je souhaite être ouvert envers une autre personne.

- le dilemme du prisonnier. Imaginez que 2 prisonniers soient interrogés par les policiers. Ces derniers leurs proposent un choix : dénoncer son complice ou non. Si vous dénoncez votre complice et que lui aussi vous dénonce, vous avez une remise de peine d’1 an tous les deux. Si vous dénoncez votre complice et que lui vous couvre, vous avez une remise de peine de 5 ans et lui a la peine maximale. Enfin, si vous vous couvrez tous les deux, alors vous bénéficiez d’une remise de peine de 2 ans, tous les deux. Vous voyez bien qu’il est nécessaire de coopérer pour vous en sortir à moindre mal…

 

Allez, direction KOH LANTA, l’île au trésor, épisode 7.

L’heure de l’unification a sonné pour les Rouges et les Jaunes. Chaque équipe doit désigner un ambassadeur. Les 2 ambassadeurs s’isolent pour tenter de s’entendre sur un aventurier à éliminer.

Chez les Jaunes, c’est Jérôme qui est désigné après s’être imposé face à Jérémy. En faisant de ce rôle un objectif personnel, il se pose en Sauveur et c’est ce qui le perdra.

Du côté des Rouges, c’est la courte paille qui désigne arbitrairement Julie. Le hasard fait bien les choses, tant elle est « lunaire » mais avec une motivation d’acier.

 

Quel objectif pour chaque ambassadeur ?

Pour Jérôme, c’est de faire plier le Rouge afin qu’un aventurier de cette équipe soit éliminé. Il sera ainsi le Sauveur de son équipe et reviendra auréolé de ce « statut » face à ses coéquipiers.

Pour Julie, c’est de garder sa ligne de conduite : moralité et bienveillance, quitte à sortir du jeu.

 

Que s’est-il passé ?

Stratégiquement, c’est un naufrage. Jérôme se trouve devant l’impossibilité de convaincre Julie d’éliminer une personne de son équipe. Certain et confiant, il n’avait cependant pas tout prévu. Se retrouver face à Julie fut déjà un manque cruel de clairvoyance, mais devoir la laisser tirer en 1er la boule est un oubli qui va précipiter son départ (lui qui était convaincu de sa chance). C’est donc Julie qui tire la boule blanche et pousse l’ambassadeur Rouge vers un retour prématuré en France… oust !

 

Qu’ont-ils oubliés ?

Qu’ils participaient à un jeu et que leur objectif personnel était de le GAGNER.

 

Quelle aurait été la meilleure stratégie à adopter ?

Comme l’a montré le dilemme du prisonnier, la voie à suivre était la COOPERATION et non pas la négociation.

Chaque ambassadeur aurait désigné un aventurier de leur équipe qui représente un obstacle à l’atteinte de leur objectif personnel. Jérémy pour Jérôme car il est mal intégré au groupe ; Stéphane pour Julie car lui la considère comme faible.

Les ambassadeurs auraient eu recours au hasard (tirage à la courte paille pour épargner leur morale) pour sceller le sort d’un des deux protagonistes.

Un petit arrangement entre amis en somme…

 

Que leur a-t-il manqué ?

Ils ont simplement oublié leur objectif personnel en priorisant le groupe et pour ne pas égratigner leur morale (cf. l’élément humain).

Mais en optant pour cette stratégie vouée à l’échec, Jérôme prend un aller simple pour Paris avec pour seul bagage son statut de Sauveur. Son image est sauve face à sa famille, quant au jeu… un rêve s’envole !

 

« La sentence est irrévocable… »

 

Koh lanta

 

 

 

 

 

Ces gestes parlent pour vous !

Certaines situations vous paraissent d’emblée difficiles, conflictuelles :

un entretien professionnel, une émission de télé, de radio, un RDV avec le prof. principal de votre enfant, que sais-je encore…

Ces moments sont  très stressants. Pour les affronter, nous nous préparons psychologiquement  par des représentations mentales, grâce auxquelles nous visualisons la scène telle qu’elle pourrait se dérouler.

Nous pouvons aussi faire baisser le niveau de stress si nous nous isolons une dizaine de minutes au cours desquelles, nous nous emploierons à imaginer les pires scénarios possibles.

 

Au niveau du corps, nous gérons ces situations par la respiration ventrale, qui a un effet quasi immédiat sur le rythme cardiaque (il va baisser) puisqu’elle sollicite le système parasympathique au détriment du système sympathique.

Nous pouvons également nous concentrer sur chaque partie de notre corps pour en ressentir toutes ses manifestations (chaleur, tremblements, irrigation sanguine, contraction/déconctraction musculaire…). Le focus sur nos sensations va dérouter le cerveau de l’élément stressant.

 

Gérer son stress est une bonne (une excellente) chose, cependant nous restons toujours à la merci d’un imprévu, d’une remarque, d’un geste et ou d’une attitude qui va non seulement nous surprendre, mais nous déconcerter et potentiellement nous faire perdre nos moyens (ressources). Ainsi, tout le travail préparatoire sera réduit à néant.

Savoir reconnaître certains gestes annonciateurs d’un verbiage négatif contribuera à gagner en confiance en soi et nous donnera l’élan nécessaire pour prendre quelques secondes de réflexion, puis s’affirmer.

 

Prenons 2 exemples de gestes typiques :

 

- Votre interlocuteur affiche son plus beau faux-sourire (sans participation du front, ni des yeux bien sûr) et pose ses coudes sur la table. Ses mains sont jointes vers le haut, paume contre paume.

Par ce geste, votre vis-à-vis vous fait comprendre qu’il est celui qui sait et qu’il n’est pas d’accord avec vous. Si une tension musculaire se voit dans son geste, dans ses mains, alors ne soyez pas surpris de voir celles-ci tomber comme un couperet face à vous, bien décidées à trancher (et pas forcément en votre faveur).

 

- Votre interlocuteur affiche toujours son sourire de circonstance, les coudes posés sur la table et les mains ascendantes. Cependant, les doigts s’entrecroisent et les index sont érigés vers le haut à la manière d’un double pistolet.

C’est un geste qui signifie que votre vis-à-vis se sent dominant (ce qui n’est bien sûr pas forcément le cas), qu’il n’est pas d’accord avec vous et qu’il va vous le signifier de façon agressive.

 

Face à ce genre de comportement qui n’a qu’un seul but : vous affaiblir pour mieux vous « détruire » (je vous assure que le terme n’est pas trop fort au regard des quelques exemples vécus que j’ai en tête), votre stratégie dépendra de l’enjeu de la situation et elle est fonction de votre « tempérament ».

 

- Vous pourrez adopter un comportement inhibé, c’est-à-dire que vous aurez du mal à oser, à refuser et à exprimer votre opinion. Cependant, ce sera au détriment du respect de votre propre position.

- Vous pourrez adopter un comportement agressif, dans ce cas-là vous riposterez (avec différentes positions du curseur) parce que vous vous sentirez agressé. Vous respecterez ainsi votre position, vos valeurs mais pas celle de votre vis-à-vis.

- Enfin, vous pourrez adopter un comportement affirmé où vous saurez demander, verbaliser vos avis, vos opinions en cohérence avec vos valeurs, votre interlocuteur et l’environnement (cf. les différentes méthodes d’affirmation de soi).

 

Voici 3 exemples illustrant ces stratégies face au même comportement agressif :

 

Comportement inhibé (à nuancer) : https://www.youtube.com/watch?v=2eSppTMvn54

Comportement agressif (mais amène) : https://www.youtube.com/watch?v=wMWHDdmnao8

Comportement affirmé (voire affable) : https://www.youtube.com/watch?v=q2r68jKbFdw

 

Vous noterez la position du buste pour chaque invité, dirigé vers l’avant lorsqu’il a envie d’échanger, vers l’arrière lorsqu’il « laisse la main ». Lorsqu’il analyse les propos et élabore une contre argumentation (voire une pique), son buste sera tout d’abord vers sa droite en arrière, puis s’avancera vers l’autre pour exposer son propos.

 

Voici pour ces gestes annonciateurs qui ne pourront plus vous surprendre, ni annihiler votre travail préparatoire. Leur reconnaissance ne demande pas beaucoup d’effort cognitif et les reconnaître in situ vous fera certainement sourire en coin.

 

Yann moix 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yann moix 2

A la recherche de l'authenticité, plutôt que du mensonge

L’action personnelle l’emportera toujours sur une action poussée par autrui, que le contexte soit celui de la réinsertion, la sortie d’une relation toxique, l’abandon d’une addiction ou d’une idéologie ou encore dans le cadre d’une thérapie comportementale et cognitive.

 

L’homme est heureux quand il décide de faire, d’autant plus qu’il a besoin de communiquer sur ce qu’il fait. Pour cela il recherche des personnes qui partagent certaines de ses valeurs et qui sont susceptibles de lui faire un retour positif, source de valorisation. C’est le processus d’inclusion de Will Schutz  dans « L’élément humain », ce désir de faire partie d’un groupe pour y être reconnu en tant qu’individu.

 

Il est donc nécessaire de faire prendre conscience à la personne son intérêt à changer et à se mettre en action. Gustave Le Bon, dans « psychologie des foules », avançait que la foule est toujours intellectuellement inférieure à l’homme isolé. L’individu a besoin d’être valorisé et respecté mais il est important de recadrer cette valorisation dans un autre contexte plus positif, ouvert et constructif que celui qu’il a connu jusqu’à maintenant (cf. Paul Watzlawick).

 

Mais comment faire comprendre à une personne qu’elle a tout intérêt à changer de perspective ?

 

Selon le domaine d’activité, il sera nécessaire soit de réunir des personnes qui ont des connaissances spécifiques, comme des scientifiques, des sociologues, des psychologues et autres synergologues… soit de collecter préalablement des informations qui seront utile pour offrir d’autres champs de vision à la personne.  

 

Ensuite, la recherche des signes non verbaux de l’authenticité est une posture primordiale et respectueuse versus la recherche du mensonge. C’est une posture parce qu’à trop vouloir rechercher les signes du mensonge, on en voit partout (!) et notre langage non verbal va trahir nos intentions, qui seront interprétées inconsciemment par le vis-à-vis comme une menace. La suggestion ne prendra pas.

 

Lorsqu’un signe non verbal laissera à penser qu’il y a un hiatus de communication, l’interrogatoire devra être suffisamment souple pour aller tirer le fil de la pelote et mettre à jour les non-dits.

 

Mais comment reconnaître l’authenticité ?

 

Gardons bien à l’esprit que lorsqu’une personne bouge (en situation de communication bien sûr), elle change d’état d’esprit. C’est à ce moment qu’elle est la plus lisible.

Une personne qui n’est pas authentique surjoue en termes de gestes, voire de paroles (Fabrice Luchini en est un bon exemple). Elle veut contrôler son corps et son discours. Son attention sera focalisée sur cet objectif de ne rien laisser paraître quoique ce soit de pensée personnelle.

Son regard sera ainsi quelques fois concentré sur un point inexistant, donnant à la personne l’impression qu’elle s’est réfugiée dans son monde. Or, c’est à la meilleure façon de tisser son histoire qu’elle réfléchit. Posez-lui des questions précises et vous observerez que son buste va passer de l’avant vers l’arrière, afin de prendre un temps de réflexion, puis revenir vers l’avant pour vous « servir la soupe ». Prenez de la hauteur à cet échange et vous remarquerez que la personne agit en rythme (cf. « corps de bois » d’Elodie Mielczarek) et que c’est ce rythme qui trahit son désir contrôle.

 

Des yeux pas très ouverts et peu de clignements de paupières sont également de très bons indices. La personne n’enregistre pas ce que vous lui dites, ça entre par une oreille et ressort par l’autre. Trouver un autre angle d’approche pour que son cerveau soit étonné, soit diverti, voire déboussolé. Faites preuve de créativité et n’hésitez pas à être paradoxal dans votre argumentation.

 

L’amplitude de la gestualité est aussi un bon paramètre et raccord avec l’exemple de Fabrice Luchini. Les gestes seront faits avec grande amplitude lorsque la personne se déconnecte de son discours, sans affect. En revanche, ils sont réalisés proche du corps lorsque la personne se projette et s’associe à son discours.

 

Ces clés devraient vous aider à discerner les différentes phases du changement d’état d’esprit de la personne et ainsi, vous pourrez orienter votre questionnement de façon à renforcer la suggestion et faire que la personne y adhère.

 

« Le point de départ de la suggestion est toujours l’illusion produite chez un individu au moyen de réminiscences, puis la contagion par voie d’affirmation de cette illusion primitive ». G. Le Bon

 

 

Prisonnier

 

S'asseoir sur les épaules des géants... et faire le point

 

« Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointains qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux ».

Jean de Salisbury, Metalogion, 1159

 

 

La rentrée reprend ses droits avec son implacable marche en avant, après avoir passé des vacances revigorantes, vivifiantes mais également reposantes.

 

Aussi, pour reprendre le rythme et vous fixer des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis) pour cette année, je vous propose un exercice très simple de Systémie. Avant de faire le premier pas en avant, il est primordial de prendre de la hauteur pour voir où nous nous situons, de prendre la photographie de notre situation à cet instant de notre vie.

 

C’est un exercice de réflexion où le sentimental et l’émotionnel n’ont pas leur place, par manque d’objectivité. Il va falloir faire preuve d’abnégation pour analyser froidement votre environnement, en mettant de côté vos peurs, vos colères, vos joies, vos emportements passionnels et vos regrets. Que du factuel ! Cette étape est cruciale alors prenez le temps nécessaire.

 

Vous devez tout d’abord identifier les différentes composantes de votre vie d’hier et d’aujourd’hui : amis, collègues, couple, enfant, activités sportives, activités artistiques, faits de vie, etc…

 

Pour les personnes, elles peuvent être des amis proches comme des personnages publics qui ont eu une influence sur votre développement, vos motivations. Pour procéder, vous pouvez vous baser sur les distances chères à Edward T. Hall (proxémie, lien https://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=141&Itemid=44), ce qui peut vous aider à visualiser et donc vous souvenir.

Commencer par la sphère publique, puis la sphère sociale, la sphère personnelle et la sphère intime. Une sphère = une ou plusieurs personnes pour lesquelles vous qualifiez la relation.

Vous ont elles aidées à grandir ou au contraire, vous ont elles freinées dans votre développement ? Quelles sont celles qui ont comptées pour vous en termes de retour d’image, de valorisation ?

 

Pour les activités, elles peuvent être sportives, artistiques, ludiques… Posez-vous la question de savoir si cela vous a coûté de les pratiquer, si elles vous ont apporté de nouvelles ressources/qualités/sensations. Les avez-vous pratiquées pour faire plaisir ou étiez-vous motivé ? Etiez-vous physiquement à ce que vous faisiez et y prêtiez-vous toute votre attention ?

 

Ceci fait, il est temps d’organiser vos données. Placez-vous au centre d’une feuille (dessinez-vous, collez une photo ou un avatar) et organisez tout autour les différentes composantes de votre vie en vous reliant à elles par des lignes, ces composantes sont susceptibles d’être elles aussi détaillées. Vous pouvez, par exemple, préciser si vous avez plusieurs amis sur lesquels vous pouvez compter, ou pas.

 

Ces lignes seront continues pour les composantes positives et d’une couleur qui représente le positif pour vous (genre… bleu), elles seront en pointillées pour les composantes négatives et d’une couleur qui représente le négatif pour vous (genre… rouge).

 

A ce stade, vous savez quelles composantes vous ont aidé à évoluer, celles sur lesquelles vous devez désormais vous appuyer et que vous avez à développer.

Toutes celles qui représentent le négatif, vous pouvez tirer un trait dessus, ne vous y attardez plus parce que c’est une perte de temps et d’énergie.

 

Vous voilà fin prêt pour faire le 1er pas du reste de votre vie et atteindre vos objectifs !

 

 

Monenvironnement

 

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