psychologie

La force d’un témoignage investi et authentique !

Article qui aurait également pu s’intituler : « Reconnaître le dysfonctionnement du lien mère-fille au travers d’un témoignage relatif à un TCA », dans la mesure où ce dysfonctionnement est clairement désigné au travers d’un geste spécifique, à 2 moments uniques de cette interview. Nous verrons quel est ce geste un peu plus loin.

Double objectif aussi pour cette analyse qui pointera les marqueurs gestuels témoins de la véracité d’un témoignage, ici un trouble du comportement alimentaire, et l’évocation inconsciente d’une information connexe non prévue, ici le lien mère-fille dans l’enfance.

Rappelons que dans le mensonge, il est fréquent que l’individu regarde significativement son interlocuteur pour constater si son histoire est crue par l’autre. Il emploie plus volontiers des pronoms impersonnels et se dissocie de l’évènement qui est généralement une histoire peu complexe illustrée par des mots à teinte négative.

En revanche, dans la vérité l’emploi du « je » est fréquent, la personne assume sa responsabilité dans l’événement et le regard se défocalise involontairement (défocalisation passive) et fréquemment.

Ely Killeuse est bloggeuse et témoigne, pour le Huffington Post, de sa relation avec ses parents lorsqu’elle était en proie à un trouble du comportement alimentaire.

A noter qu’il n’y a pas d’image inversée si je me réfère au t-shirt en début de séquence et à son livre qu’elle tient devant elle.

« Quand ma mère s’est aperçue que je me faisais vomir… »

Nous constatons immédiatement cette défocalisation passive du regard, véritable témoin de la véracité du discours. A l’évocation de sa mère, la bloggeuse se démange nettement la base du nez (N20 à 36 sec.), marqueur gestuel spécifique qui signifie que tout n’est pas dit.

L’évènement est décrit tout d’abord avec la main gauche (40 sec.) puis ce sont les deux mains qui sont employées (cognition incarnée) ; main gauche qui nous indique que le sujet la touche particulièrement.

Ely Killeuse montre une certaine rigidité (liée à elle, à son histoire) par le côté extérieur gauche de sa bouche qui s’étire (40 sec.). Cette gêne liée à l’image renvoyée aux autres et à soi est aussi visible par la lèvre inférieure qui s’étire vers le bas, laissant apparaître les dents (45 sec. avec la vitesse réduite à 25%). Cette gêne ressentie est un mélange de peur et de dégoût que nous pourrions réinterpréter comme une révulsion ressentie face à sa maladie.

« Ensuite, j’allais me faire vomir et vu que mes parents travaillaient tard, ils ne s’en rendaient pas compte. »

A nouveau, Ely Killeuse défocalise son regard, témoin de son sentiment de culpabilité. Les sourcils se lèvent pour souligner les propos (53 sec.). A la fin de l’évocation de son souvenir, sa bouche se ferme avec une tension visible dans la mâchoire, ce qui indique qu’elle ne souhaite pas en dire davantage.

Lorsqu’elle parle des vomissements répétitifs et des conséquences sur la santé, sa bouche se ferme pour en dévoiler peu sur ce sujet et sa langue sort très rapidement en son centre (1 min. 14 sec.). Est-ce une langue de vipère ou une langue de délectation ? J’opte pour le fait qu’elle savait ce qu’elle encourait mais qu’elle n’en avait pas pris conscience. Sa langue sortie vient donc nous dire « oui je le savais mais je l’ai fait quand même, parce qu’à ce moment-là, j’en avais besoin pour mon équilibre psychologique.» Et c’est ce qu’elle nous confirme juste après lorsqu’elle dit que « l’envie d’être mince était plus intéressante que de prendre soin de ma santé. »

« Ce qui m’a vraiment aidée, c’est quand ma mère m’a emmenée faire du shopping… »

Voici le second moment important de l’interview, lorsqu’elle évoque sans en avoir conscience sa relation dyadique mère-fille. Ce qui est intéressant, c’est à nouveau cette micro démangeaison faite avec son index gauche (l’index est le « je » personnel, celui qu’on tend lorsqu’on veut prendre la parole) à la base du nez (N20) et qui nous indique des propose cachés, des non-dits. Elle déglutit, sa mâchoire se crispe quand elle avoue qu’elle se faisait mal autant qu’aux autres, ses yeux sont humides et sa bouche se ferme pour ne plus trop en dire (1 min. 34 sec.).

« Mon père rentre tard, ma mère, elle, elle a l’avantage de travailler en poste… »

Ce coup-ci, c’est son majeur droit qui vient gratter la base de son nez alors que ses propos font référence à son père ET à sa mère. Ce geste m’interroge, effectué de la main droite il induit l’environnement, le monde extérieur tandis que le majeur fait référence à la libido, au couple…

Pour ma part, je comprends qu’il y a une tension à la base dans la relation dyadique mère-fille, comme je l’ai précédemment dit, et que cette tension a grandi du fait du TCA de Ely. Ce geste traduit inconsciemment un reproche adressé à sa mère, un manque qui a été ressenti avec force et qui a été à l’origine du TCA. Le manque, qui fut source d’une grande angoisse pour la bloggeuse, a été redirigé vers le corps, vers une action (décharge pulsionnelle de l’agir) pour satisfaire son homéostasie.

Quelques dizaines de secondes après (2 min. 24 sec.), Ely se démange une partie du corps qu’on ne voit pas du fait du cadrage de la caméra, lorsqu’elle dit qu’il est nécessaire d’aller consulter un médecin bienveillant. Elle marque ainsi son regret de ne pas en avoir trouvé un, ou de ne pas l’avoir fait.

« Malheureusement, dès l’enfance on instruit un rapport compliqué à l’alimentation… »

C’est par ailleurs un autre moment important de cet entretien parce qu’il témoigne d’un vrai rejet. Le regard se détourne franchement à sa droite, semblant vouloir éviter son propos. Elle place ainsi de facto l’alimentation, qu’elle aime et qu’elle vante, sur sa gauche (côté cœur bien sûr).

Les mains s’activent à nouveau, paumes dirigées vers elle et formant ainsi une bulle imaginaire protectrice. Ainsi, elle s’associe à son discours.

Dans cette analyse, nous avons vu que les marqueurs gestuels mis en avant, de façon inconsciente, par la bloggeuse traduisent un discours vrai, un témoignage de son expérience personnelle mais dévoilent également de façon insidieuse l’origine de son TCA.

Ces marqueurs sont perceptibles à l’œil nu pour autant que nous soyons entraînés à y faire attention. Ils sont importants parce que leur appréciation permettra un meilleur questionnement du thérapeute, notamment sur les non-dits du patient, mais également dans un cadre judiciaire.

Pour information à propos des TCA, Irène Chatoor et l’école de Washington ont établi la classification nosographique la plus reconnue en France et à l’étranger des TCA, qui permet un meilleur diagnostic :

  • Le trouble alimentaire de la régulation des états,
  • Le trouble alimentaire associé à un manque de réciprocité mère-nourrisson,
  • Les aversions sensorielles alimentaires,
  • Le trouble alimentaire associé à des conditions médicales concurrentes,
  • Le trouble alimentaire post-traumatique.

Pour une bonne prise en charge, le thérapeute se doit de :

  • Ne pas exclure la possibilité d’une cause organique,
  • Evaluer l’intensité du trouble relationnel et les répercussions sur l’enfant de la personnalité des parents,
  • Proposer une guidance maternelle et la requalification des compétences paternelles.

Pour la suite me concernant, je serai en formation sur la prise en charge du trauma psy en septembre et dès novembre j’aurais l’honneur de participer à une certification à l’entretien cognitif (une première en France), dispensée par le Pr. Jacques Py. L’entretien cognitif a été récemment utilisé en France pour une affaire pédo criminelle et a déjà démontré sa très grande utilité outre atlantique.

 

Ely killeuse

Lien vers la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=AjqKlyPHfow

Liens vers les articles connexes :

http://elykilleuse.fr/

https://projet.chu-besancon.fr/pmb/PMB_Ecoles/opac_css/doc_num.php?explnum_id=171

https://www.cairn.info/revue-perspectives-psy-2007-4-p-354.htm

https://recherche.univ-paris-diderot.fr/actualites/les-troubles-du-comportement-alimentaire-lies-la-relation-parentale

http://www.lemangeur-ocha.com/wp-content/uploads/2012/04/AlimAdos-Meryem-Sellami3.pdf

newman et al 2003 – Lying words : Predicting deception from linguistic styles

http://psychotemoins.inist.fr/?Ameliorer-la-qualite-des-portraits

Analyse Flash : Redouane Faïd, braqueur un jour, braqueur toujours !

3 images simples pour illustrer qui est Redouane Faid, l’enfant qu’il a été et le braqueur qu’il sera toujours.

 

Redouane faid 1

« Je me suis toujours gardé de véhiculer une aura et une légende en disant que c’est bien de faire ça… »

Il le scande comme un mantra mais il énonce simplement le symbole qui le guide lui, et vers ce à quoi il veut tendre : être plus le plus reconnu de tous les braqueurs !

Les propos sont dits posément, sans agressivité qui elle, est lisible sur son corps. Sa langue sort de sa bouche pour y rentrer rapidement, une image presque imperceptible mais dont le sens est : je ravale mes propos.

Axe de tête latéral droit ajouté à un axe de tête rotatif droit, lesquels sont renforcés par un axe sagital supérieur. Il se croit et se place au-dessus des autres, guidé par l’ambition et la quête de reconnaissance : il se voit comme un rebelle et le dit avec le sourire.

La position du buste en arrière et vers sa droite montre qu’il est dans une posture analytique, réfléchie. Son sourcil gauche est relevé par rapport au droit, ce qui le met à distance des autres. Il se veut à part, différent.

 

Redouane faid 2

« Quand vous grandissez dans une cité, on fait pas attention à vous… »

Le voilà son point de départ d’adaptation sociale, son T0 qui motive son ambition. C’est ce que je tente de clamer, de relayer haut et fort que l’enfant a besoin d’attention, de bienveillance et d’inclusion. Le cas échéant, nul ne peut prédire les voies créatives qu’il peut emprunter pour arriver à exister.

Son menton est froncé en une moue de regret, de dépit qui transmet au fond une tristesse ressentie et contre balancé par un sourire ironique qui revient très souvent tout au long de ses interviews. Il nous rit au nez ! Sa tristesse est domestiquée et surmontée à grand renfort de clivage bien versus mal, vision pour le moins binaire et enfantine du monde vu par un petit gars de la cité (rien de péjoratif dans mes propos, je vous rassure). C’est malheureusement trop souvent la loi de la débrouillardise et du plus fort qui l’emporte dans cet environnement.

 

Redouane faid 3

« Je me suis fait arrêter et ça m’a servi à stopper tout ça… »

Aller, pour un peu on pourrait y croire… Non ? Non, pas une once de vérité dans tout cela. Comment serait-ce possible lorsque la tête se désaxe tellement pour venir se placer à l’opposé de ce que les yeux regardent ?! Ses paroles vont dans un sens, ce qu’il pense réellement va dans l’autre sens.

 

Criminel un jour, criminel toujours !

 

Lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_WJytJmlOqs

 

Affaire de 8 infanticides : Dominique Cottrez

Le fait divers criminel est toujours/souvent l’occasion d’un débat/intérêt passionné et fascinant. L’amour peut y côtoyer la mort et certains crimes peuvent rester incompris du grand public, à cause de la nature même du crime, du scénario joué ou encore de l’auteur(e) et des victimes.

C’est le cas de l’infanticide. C’est un crime à traiter à part des autres, qui eux, sont souvent la conséquence de frustration, de jalousie, de haine. Mais qu’en est-il lorsqu’il est la conséquence de l’amour sur fond de crypte ? Comment comprendre cet acte d’une mère à l’encontre de son nouveau-né ? Pour tenter de comprendre ce passage à l’acte, il faut faire preuve d’une profonde et réelle empathie cognitive (et non émotionnelle).

 

Rappel des faits

Les acquéreurs d’une maison découvrent, en réalisant des travaux dans leur nouveau jardin, deux sacs en plastiques contenants les cadavres de deux bébés. Cette maison appartenait au père de Dominique Cottrez, qui reconnaîtra être la mère des bébés, de même qu’elle reconnaîtra la présence de six autres corps dans son garage et sa chambre à coucher.

Aucun des corps ne porte de trace de violence. Dominique Cottrez (DC – je n’y peux rien…) explique au juge avoir été victime d’inceste pendant très longtemps (propos niés par la suite, cependant il ne faut pas oublier l’état de sidération que peut provoquer un traumatisme psychique, et donc la possibilité d’état de confusion dans lequel se trouve la victime, même des années après les faits) et avoir agi par crainte que les enfants ne soient de son propre père.

Après deux ans de détention provisoire, DC a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire.

 

De l’économie psy

Chaque affaire d’infanticide ne doit pas faire appel à des statistiques, parce qu’elle est empreinte d’un contexte familial lourd et propre à chacun.

Ainsi, le profil de la mère infanticide (meurtre d’un bébé de moins de trois jours) concernerait des femmes jeunes, célibataires, sans antécédent psychiatrique et accouchant seules suite à un déni de grossesse. Le profil de la mère liberticide (meurtre d’un enfant âgé de un à onze ans) concernerait des femmes plus âgées, qui passent à l’acte dans un contexte pathologique dépressif sévère (Besnier, 2004).

Ces profils ne s’appliquent pas à DC. En premier lieu parce qu’il ne s’agit pas d’un déni de grossesse mais d’une dissimulation de grossesse. DC reconnaît et a conscience de ses grossesses mais elle est incapable d’en parler à quiconque. Dans le cas de DC, le passage à l’acte est un aveu de ne pas pouvoir établir de lien primaire, propre à la mère et à son nouveau-né. Elle aime trop ses enfants, même si cela semble paradoxal, pour les laisser exister/vivre en tant que conséquences de viols.

Au même titre qu’il existe des suicides altruistes, il existe (et c’est ici le cas) des meurtres altruistes. Ils sont la conséquence de carences affectives importantes et mortifères, d’un sentiment d’abandon profond et vraisemblablement de traumatismes qui datent de l’enfance et non traités. Traités suite à une résilience ou par une intervention extérieure. Il a été impossible à DC d’extérioriser/verbaliser ses épisodes traumatiques. La seule voie d’expression fut la somatisation dans le meurtre, somatisation paroxysmique des traumas subis.

Le refoulement peut avoir des effets délétères si l’évènement n’est pas pris en charge. Pour DC, accoucher et tuer ses enfants seraient comme taire ses mots/maux révélateurs du trauma. Elle est dans l’impossibilité de nommer ses enfants victimes parce qu’ils sont la représentation insupportable de la mauvaise mère, l’incarnation du mauvais sein, d’où une image de soi fortement dégradée, insupportable, confortée par un physique qui n’est plus une représentation féminine.

 

Le silence tue !

Garder les corps à proximité d’elle était comme se donner la possibilité de hurler ses mots/maux quand nécessaire, en posant simplement un regard sur les cadavres gardés à demeure et à l’insu (déni ?) de sa famille, son mari en particulier.

 

 

Dominique cottrez

 

Tout est la faute de la Femme !

« Le 23 mai 2014, Elliot Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement. Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations.

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième. Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme. Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route.

Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboarders et cyclistes.

Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné.

Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête. »

Lien vidéo Elliot Rodger : https://www.youtube.com/watch?v=G-gQ3aAdhIo

 

Mais quel est le lien entre les « incels » et Elliot Rodger et plus récemment Alek Minassian, l’auteur de l’attaque à la voiture bélier le 23 avril dernier ?

C’est le rapport conflictuel aux femmes et à la sexualité plus particulièrement. Je devrais même dire l’absence de sexualité parce que c’est bien son absence qui mène à la violence contre les femmes. Le ressentiment, la frustration, des mécanismes assez simples mais insidieux et ravageurs et toujours les mêmes victimes :

 

les femmes !

 

« Les incels sont la contraction de involuntary celibate, des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu’à leur vouer une haine féroce. (…) Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana, une canadienne. (…) En 1993, la jeune femme n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami. (…) A la fin des années 1990, elle crée un site, « Alana’s Involuntary Celibacy Project », qu’elle voulait comme une plate-forme d’entraide ouverte à ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelle. Les années passent et plus à l’aise socialement, elle finit par céder son site à un inconnu… » (Emilie Brouze – 26 avril – L’Obs)

Lien vers l’interview d’Alana : https://www.theguardian.com/world/2018/apr/25/woman-who-invented-incel-movement-interview-toronto-attack

 

Ce qui n’était au départ qu’un blog qui rassemblait des témoignages de jeunes n’ayant que peu de connaissances des codes sociaux, qui n’ont pas la chance d’avoir un physique « agréable » ou en tous les cas « dans la norme », s’est mû en un groupe d’hommes plus radicaux. Chaque membre participant à la dynamique malsaine de désigner ceux qui « réussissent » comme leurs ennemis.

Flashback... L’adolescence est marquée par ce désir de faire partie d’un groupe dans lequel l’individu s’identifie et y voit comme une reconnaissance, une appartenance. Il s’identifie à ses membres. L’inclusion est la vie ; le rejet est la mort. L’adolescence est aussi la période des premiers amours. Si chacun arrive dans l’adolescence avec son vécu familial, cette période particulière nécessite de reconnaître puis de s’approprier les codes sociaux. A défaut de schémas précoces adaptés, ce n’est ni plus ni moins que le rejet qui guette l’individu et ce rejet pourra être vécu comme violent/traumatisant.

Amour propre, estime de soi, valorisation sont les enjeux de l’inclusion et cela peut vite dégénérer en frustration, auto-dévalorisation, ressentiment ou encore conduite addictive et appétence traumatophilique. Ainsi, l’absence de relation affective, sentimentale, amoureuse, sexuelle créée une vive tension psychologique qui ne fera que s’exacerber à moyen et long terme, si l’individu ne réinvesti pas sa libido dans une voie socialement acceptable, et s’il ne se remet pas en question, alors la tension deviendra mortifère.

A ce stade-là, il existe différentes solutions proposées par notre belle et (si juste) société de consommation ! Là où tout se vit dans l’instantanéité, dans la possession et dans l’individualité, les sites pornos connaissent un essor fulgurant, les applications de rencontre se portent très bien alors même que hommes et femmes ne recherchent évidemment pas la même chose en s’y inscrivant. Même au niveau du simple plan Q, la femme va vouloir une certaine « bienséance » faisant office de préliminaires alors que l’homme peut aborder le date beaucoup plus « simplement » et zapper cette phase de « reconnaissance ».

Dans le traitement/l’assimilation d’une simple déception amoureuse ou même face à l’absence d’un quelconque intérêt affectif/amical envers un(e) individu(e), la différence entre genre est flagrante. Si la jeune femme peut se replier sur elle-même, consulter sa mère ou ses amies, le jeune homme va être envahi par une certaine violence créée par la frustration.

Pour des personnes influençables et "pauvres intellectuellement", le passage à l’acte violent est une option malheureusement de plus en plus choisie. Il s’agira alors de trouver un bouc-émissaire, de se victimiser, de partir à la recherche d’autres qui vivent le même malaise ou encore de s’endoctriner (religion), tout cela pour trouver une justification à son mal-être, pour décharger cette tension psychologique devenue invivable et pour être reconnu !

Pourtant, s’ouvrir aux autres, s’intéresser à l’art, à la littérature, faire du sport, du théâtre ou toute autre activité provoquera nécessairement une remise en question et permettra d’être plus ouvert, plus curieux, plus empathique.

 

En conclusion les gars, soyez moins cons !

 

 

Tintin

 

 

 

Le gendre idéal : Jonathann Daval !

Comment le gendre idéal a-t-il pu berner tout le monde ?

 

La question aurait pu se poser autrement : comment Jonathann Daval a-t-il pu mentir à tout le monde ? Mais d’ailleurs, a-t-il vraiment menti ? A-t-il caché une partie de la vérité ? A-t-il joué une sombre et cynique comédie ?

 

Se pose alors la question de l’authenticité et des signes qui permettent de la reconnaître. Lorsqu’une personne montre une émotion qu’elle ressent réellement, on s’attend à voir des épaules hypotoniques ou hypertoniques comme dans la tristesse ou la colère. On s’attend à une augmentation des clignements des paupières, des mouvements de bouche mais également à des gestes effectués avec les mains plus ou moins proches du corps.

 

Dans le cas de JD, seul le visage (d’après les vidéos que j’ai visionnées) nous apporte des éléments de réponse. Et au final, et évidemment renforcé par ses aveux, il s’agit d’un « mensonge vigilant », c’est-à-dire que JD doit en dire le moins possible afin que le peu d’informations verbales et non verbales extériorisées ne puissent lui être retournées. Il est donc confronté à une double contrainte : laisser s’extérioriser sa tristesse mais en en montrant le moins possible.

 

Avant d’analyser la vidéo et de vérifier s’il y a une émotion sous-jacente, il est important de rappeler les éléments connus.

 

Quels sont les éléments contextuels ?

 

D’abord JD affiche un physique petit, fluet, quelques rides sur le front, des sourcils peu mobiles, une coiffure branchée. JD apparaît comme une personne timide voire introvertie, il est informaticien, il est supporté par le père de sa femme lors des différentes sorties filmées. Il est à mille lieux d’un physique à la Charlton Heston et apparaît même efféminé…

 

JD a rencontré sa femme au lycée et il dit qu’ « elle a changé sa vie (…), qu’elle est une complice délicieuse » (Ouest-France). Elle avait 29 ans, était employée de banque, joggeuse donc active et énergique.

 

L’enquête a révélé une relation conflictuelle depuis quelques temps, avec des disputes que les voisins qualifient de crises hystériques, puis des échanges de SMS qui révèlent des propos violents de la part d’Alexia et enfin, une difficulté à concevoir un enfant (ce qui ne manque pas de créer des tensions, voire de les exacerber si elles étaient déjà existantes).

 

Meurtrier et triste à la fois ?

 

A l’analyse de la vidéo, il n’est vraiment pas aisé de se rendre compte que JD est l’auteur de ce crime sordide, cependant, quelques items peuvent être sujets à caution.

 

JD est authentique parce qu’il ne feint pas la tristesse. Elle est lisible sur toutes les images quand son hémi visage gauche est plus crispé que le droit (4 min. 05), avec les bords extérieurs de la bouche tombants, le menton qui se « froisse », ce ne sont pas des mimiques que l’on peut feindre facilement. Ses larmes sont bien là aussi. Les épaules sont hypotoniques, aucune des deux épaules n’est plus haute que l’autre donc il n’y a pas d’enjeu personnel, pas d’envie de performer. Les clignements d’yeux sont biens présents et même très (trop ?) appuyés, le chagrin éprouvé nécessite même l’ouverture de la bouche pour une meilleure oxygénation, on voit JD souffler souvent pour évacuer cette profonde tristesse. Son regard défocalise souvent mais de manière passive (4 min. 17 ; 4 min. 40 ; 5 min. 32), ce qui va dans le sens d’une authenticité. Par contre, nous ne voyons jamais de mouvement ni des bras, ni des mains, aucune micro démangeaison… mais JD est une personnalité timide et introvertie, voyez sa bouche souvent fermée (4 min. 17), son regard se baisse pour rentrer dans sa bulle (4 min. 44) ce qui est cohérent avec sa gestuelle économe.

 

Cependant, quelques items viennent parasiter le message…

 

A 4 min. 41, la bouche de JD se ferme en « huître » signifiant que des propos sont retenus, ce qui semble anachronique, d’autant que la langue sort pour rentrer immédiatement (ROBL10) confirmant cette envie de ne pas dire.

 

A 5 min. 47, JD a une déglutition marquée alors que je n’en ai pas vu précédemment et à nouveau sa langue qui sort pour rentrer immédiatement (ROBL10).

 

Enfin, et c’est pour moi le moment « clé » de ces items, à 5 min. 48, JD a une moue d’agacement, de circonspection avec une mise à distance des autres (ROBDGEA + ROSDA pour nous synergologues) sur la phrase prononcée par sa belle-mère : « cette marche que nous souhaitons silencieuse… ».

 

Comment expliquer ce hiatus ?

 

Je me permets une ou deux remarques qui pourront jouer un rôle dans l’explication. Le couple formé par JD et AD ressemble fortement à celui des parents d’AD. La mère est sur le devant de la scène, c’est elle qui parle, elle occupe une fonction de conseillère municipale, c’est donc une femme de pouvoir, alors que le père ne parle pas, il est effacé et soutient physiquement son gendre.

 

Le couple JD / AD habite dans la maison des grands-parents d’AD, ce n’est pas un bien acquis en commun (et alors me direz-vous ? J’y viens…).

 

JD a connu sa femme très jeune, au lycée, il dit qu’elle a changé sa vie, il est ainsi entré dans un processus d’idéalisation de sa femme, objet de son surinvestissement émotionnel. Le but étant de réparer évidemment un ego en berne, non valorisé et une faible estime de soi.

Cette idéalisation permet d’éviter la dépression mais qu’en est-il lorsque l’objet idéalisé souhaite vous quitter ? Si cela se réalisait, JD se serait retrouvé sans maison, sans femme, sans enfant promis et surtout, seul face à son narcissisme blessé et donc anéanti dans le sens le plus complet.

Malheureusement statistiquement, les hommes ont une fâcheuse tendance à passer à l’acte contre celle qui les menace de partir.

 

L’idéalisation fixe le couple dans un système non viable à terme, qui ne peut qu’imploser dès lors qu’un élément perturbateur vient mettre son grain de sable dans la machine d’un équilibre précaire. En particulier ici, le désir d’avoir un enfant est une difficulté dont, on peut facilement l’imaginer, chacun peut reprocher le tort à l’autre (je vous rappelle que AD est plutôt affirmée alors que JD est efféminé) et là, à chacun sa méthode… c’est ce qu’attestent les crises d’hystérie relatées par les voisins.

 

A mon humble avis, et là où JD ne pourra pas faire croire à la thèse de l’accident (un étranglement ne prend rarement que quelques secondes…), c’est qu’il avait conscience de ses actes et que le déni affiché lors de la conférence de presse et lors de la marche blanche n’a pas tenu face à la cruelle et sordide réalité.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vw4Ep_YvIos

 

J daval

Emilie Konig "je resterai ferme sur ma foi jusqu'à mon dernier souffle"

Paris Match a publié un portrait d’Emilie König le 02/01 dernier, très bien fait, que je vous invite à lire histoire que vous ayez une idée assez précise de qui est la française partie faire le djihad :

http://www.parismatch.com/Actu/International/Emilie-Koenig-portrait-d-une-djihadiste-francaise-arretee-en-Syrie-1430687#

Emilie König a été arrêtée en décembre dernier par la milice kurde YPG qui a diffusé une vidéo lundi :

https://www.youtube.com/watch?v=bCh5LyFIO5k

Mon analyse de sa gestuelle porte, non pas sur la véracité des tortures à l’encontre de la française convertie, mais sur la question de savoir s’il subsiste ce fanatisme religieux en elle. Lors de cette interview, Emilie König doit mettre sur le devant de la scène, en première ligne, le fait qu’elle n’est pas victime de torture, que tout va bien, une vie normale en somme comme toute jeune femme occidentale (qu’elle n’est plus).

Avec cet objectif en tête, EK doit poser un voile (très) épais sur ses convictions religieuses et là, il est (très) intéressant de voir comment le corps va gérer cette dichotomie.

Tout d’abord, il faut bien avoir en tête que le mensonge nécessite une forte concentration, une forte énergie cognitive pour garder le contrôle sur le message verbal relayé par le non verbal, afin que le tout forme un ensemble cohérent (d’autant qu’EK souhaite être jugée en France. Quels sont les atouts d’un système judiciaire tel que le système judiciaire français, face au système judiciaire turque, voire islamique ? C’est une vraie fausse question !).

Outre la concentration gourmande en énergie psychique que nécessite le mensonge, ce dernier est verbalisé avec une voix monocorde avec peu de variation de ton, d’intensité. Le regard est actif, peu dans l’émotionnel (donc dirigé sur les côtés ou vers le haut plutôt que vers le bas) hormis pour tous les souvenirs qui doivent représenter une part de vrai, pour venir enrichir le mensonge. Ce mélange aide à consommer un peu moins d’énergie et à une fonction de déresponsabilisation, « je ne mens pas tout à fait puisqu’il y a une partie de vrai dans ce que je vous raconte. »

 

A contrario, pour constater si la personne dit la vérité, il faut se poser la question de la fluidité du débit vocal, de la focalisation du regard qui doit à certains moments (inconscient) « être absent », un peu comme si la personne perdait contact avec son interlocuteur.

Enfin, il faut être attentif aux gestes visuo spaciaux qui ont la fonction de mimer et de faire revivre des scènes à la personne. Dans l’authenticité, le regard est actif, il est soutenu et conscient, la personne cligne plus des paupières que la norme (la moyenne est de 15 clignements par minute environs), les sourcils sont mobiles pour appuyer le discours.

 

Dans cette interview, ce qui est visible immédiatement, c’est que l’image n’est pas inversée, les inscriptions sur son pull sont bien lisibles. C’est aussi le contrôle qu’EK semble vouloir exercer sur son corps. Il est rigide, fixé dans une attitude qui se veut représenter la « détente et l’apaisement », en cela sa gestuelle est déjà un hiatus.

Sur les quelques minutes que représente la séquence, EK alterne le contrôle, la contradiction, le mépris et le désir de convaincre.

 

Au 1er visionnage, on peut se dire qu’EK semble détendue, autant qu’elle puisse l’être dans sa situation et elle tente de transmettre un message d’apaisement, de détachement voire de nonchalance. Je dirais qu’elle « fait comme si la situation était ordinaire ». Alors qu’elle est extraordinaire ! Son corps agit et réagit à la fois au message corporel de l’interviewer, miroir et réceptacle de son discours, mais aussi à ses propres pensées et valeurs morales bien ancrées dans son corps.

Ainsi, sa main droite est active alors que la gauche semble inerte, la position de son buste est rigide. Ces 2 éléments contribuent à illustrer le contrôle qu’elle souhaite exercer sur ses vrais desseins.

 

La contradiction entre ses valeurs morales, qu’elle a érigées en protection face à l’absence de son père, et les valeurs occidentales nécessaires à afficher se matérialise par le pouce droit levé lorsque sa main droite est tournée vers elle (à 2 sec.). « Il n’y a pas de différence entre nous et les filles du YPG », le geste de la main avec le poignet cassé et la paume dirigée vers elle signifie son intention de lier les 2 parties différentes entre elles.

C’est aussi le cas par la moue qu’elle fait très souvent avec la lèvre supérieure gauche levée - à 22 sec. sur « j’ai vu que les femmes du YPG ramenaient des bonbons… », à 50 sec. sur « mon arrestation », à 1 min. 18 lorsqu’elle évoque la communication avec sa mère, « je lui ai expliquée tout ça… » ; la langue qui sort au centre de la bouche pour rentrer sur le côté droit à 1 min. 16 sur « j’ai pris peur, j’ai téléphoné à ma mère, je lui ai expliquée tout ça… » ; et l’hémivisage qui, à 42 sec. sur « elles (les filles du YPG) nous apportent tout ce qu’on a besoin… », montre 2 émotions contraires. La partie supérieure du visage exprime la tristesse alors que la partie inférieure exprime la joie par un sourire social.

 

Ses tentatives de nous prendre à témoins, dans son désir de convaincre du fait qu’elle est bien traitée, sont mises en scène par un regard focalisé (consciemment) droit devant elle, en regardant l’objectif de la caméra à 35 sec. sur « on nous apporte du café… », à 1 min. 09 sur « j’ai entendu les femmes de Daech dirent qu’il y avait beaucoup d’injustice… qu’elles tapaient (les filles du YPG)… » et à 2 min. 08 lorsqu’elle énumère toutes les commodités apportées par les filles du YPG.

 

Toute cette stratégie s’avère vaine quand on voit/observe le mépris qui pointe insidieusement par les coins extérieurs de la bouche qui s’élèvent à 1 min. 03 juste avant qu’elle n’évoque les femmes de Daech, le menton qui s’élève à 2 min. 03 puis à 2 min. 29 lorsqu’elle évoque les commodités apportées par les filles du YPG et les médecins qui sont là pour les aider, et la moue de la lèvre supérieure gauche sur les mots « la croix rouge est présente… ». Lever le menton lorsqu’on évoque quelque chose c’est se positionner au-dessus et afficher son mépris sans le dire. Ayez en tête ce que représente l’image de la croix pour un musulman qui prône le djihad !

 

Alors non, EK ne semble pas si paisible que ça, non seulement à cause de sa situation de prisonnière mais encore moins par le fait qu’elle doive faire une croix (jeu de mot facile) sur les valeurs morales qu’elle idéalise, en particulier si elle veut être jugée en France pour pouvoir s’en sortir a minima. EK ment-elle quant à ses conditions de détention ? Pour avoir une idée franche, il aurait fallu procéder à un questionnement spécifique. En revanche ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas renoncé à ses valeurs morales prônant un Islam radical.

 

 

Emilie koenig

 

Merveilleux Traumatisme !

Régulièrement, je lis le témoignage de personnes ayant vécu un évènement traumatisant survenu dans leur petite enfance, leur adolescence ou encore à l’âge adulte. Cette démarche de libération de la parole est nécessaire, je la respecte avec force.

Je ne peux m’empêcher de penser à celles qui n’arrivent pas à exprimer ce choc qu’elles ont vécu. Parler à la première personne n’est pas chose aisée, ni forcément souhaitée. C’est un passage à l’acte dont les conséquences sur l’entourage sont à prendre en considération.

Il est cependant possible d’utiliser d’autres moyens qui peuvent être créatifs, comme écrire, sculpter, dessiner, faire du sport, jouer au théâtre… tous moyens de sublimation qui, en apparence impersonnels, auront cette force d’extérioriser le trauma sans que quiconque ne puisse pointer du doigt cette personne comme étant une victime, sans la juger. La victime n’a pas forcément envie de passer comme telle parce qu’elle a pu développer des stratégies comportementales qui lui ont permis de s’en sortir jusqu’aujourd’hui, parce que son entourage ne comprendrait peut être pas, ni bien le vivre non plus, le plaçant face à leurs manques (ne pas s’être aperçu de…, avoir préféré le déni…).

Cependant, comme évoqué dans un précédent article, la verbalisation est salvatrice même si elle est dépersonnalisée et réalisée indirectement… « Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Mais dès qu’on en fait un récit, on donne sens à nos souffrances. »

Un traumatisme est une effraction du psychisme suite à un évènement soudain qui porte atteinte à l’intégrité de la personne (guerre, maltraitance, violence…).

« Il semble exister un équilibre neurologique dans un système physiologique distinct qui permet à l’information d’être traitée en vue d’une résolution adaptative. (…) Quand quelqu’un fait l’expérience d’un trauma psychologique grave, un déséquilibre se produit dans le système nerveux. (…) Le système est incapable de fonctionner de façon optimale et l’information acquise au moment de l’évènement est maintenu dans son état perturbant. »

Le traumatisme sera plus difficile à surmonter si la victime s’est vue passive ou si l’action de l’agresseur était volontaire.

Il sera « moins impactant » si la victime a le sentiment de pouvoir, à l’avenir, éviter toutes situations similaires grâce à l’adoption d’un comportement différent comme une attitude corporelle plus affirmée.

Par exemple, nous savons que les criminels violents ciblent les femmes, les personnes âgées et sont à la recherche d’indicateurs de faiblesse ou de peur. En Synergologie, nous avons observé qu’un des signes précurseurs d’une agression physique est le « recentrage » de l’agresseur. Il replace ses vêtements sur lui juste avant de passer à l’acte et avant d’investir la distance « personnelle » puis « intime » de sa victime. Il ne montre aucune micro démangeaison avant l’attaque et ne cligne pas non plus des paupières !

Le traitement que la personne fait consciemment ou inconsciemment de l’évènement traumatique peut ainsi avoir des effets plus bénéfiques que d’autres.

« Nos souffrances ne sont pas vaines, une victoire est toujours possible. »

La résilience est un moyen qui permet de s’en sortir avec le moins de dommage, dans la mesure où la victime se sert de l’évènement pour ajuster sa façon de faire, de voir la vie, d’être. La résilience permet de rebondir pour être plus fort. Cette restructuration cognitive permet une certaine immunisation comportementale face aux évènements stresseurs, mais elle se fait au détriment de l’émotionnel puisqu’il y a surinvestissement dans le cognitif. « Presque tous ceux qui s’en sont sortis ont élaboré, très tôt, une « théorie de vie » qui associait le rêve et l’intellectualisation. (…) L’intellectualisation permet d’éviter l’affrontement qui nous impliquerait personnellement. » De mon point de vue, cette capacité cognitive est déjà ancrée dans l’individu dès son plus jeune âge et ne fait que se renforcer par la suite, au gré des évènements de la vie.

En revanche, une personne plus « émotionnelle » ou avec un sentiment d’efficacité personnelle moins affirmé, aura plus de difficultés parce qu’elle devra faire face à un flux extrêmement fort d’émotions qui ne pourra être dompté, noyant la victime dans un brouhaha émotionnel. Le traumatisme va faire voler en éclats les idéaux de la victime, ses croyances en un monde juste et prévisible et il peut conduire à un syndrome post traumatique.

Comment le thérapeute peut-il aider en identifiant la logique cérébrale ?

Ce n’est pas chose facile que de verbaliser un évènement traumatique, récent ou ancien. C’est se découvrir, se mettre à nu et dévoiler sa faille la plus béante. La crainte d’être jugé est prégnante. La relation thérapeute/patient est fondée sur la confiance, la bienveillance, l’assertivité et l’empathie. Quel est intérêt pour le thérapeute de savoir si son patient est plus cognitif qu’émotionnel ? Eh bien il saura si son patient s’exprime avec spontanéité ou avec des filtres. Il pourra ainsi orienter et affiner son questionnement de façon plus efficiente, plus pertinente.

Une personne qui a une préférence hémisphérique Gauche va présenter préférentiellement son hémi visage Droit ! Elle s’exprimera en contrôlant ses mots, en expliquant son discours et aura les mains plutôt en pronation alors qu’une personne ayant une préférence hémisphérique Droit, présentera plus naturellement son hémi visage Gauche avec toute sa spontanéité et aura les poignets plus ouverts en supination. La première privilégiera l’appui de son discours avec sa main droite, tandis que la seconde utilisera sa main gauche.

 

Alors, comment s’en sortir réellement ?

Il est nécessaire de multiplier les différentes approches thérapeutiques, c’est-à-dire la Thérapie Cognitive et Comportementale, l’EMDR mais également la psychothérapie.

  1. être informé sur la normalité des symptômes, sur leur évolution et les possibilités de traitement,
  2. être incité à visualiser à nouveau l’évènement mais bien sûr dans un environnement (cabinet de psy) sécure,
  3. utiliser ce pouvoir qu’offre la catharsis,
  4. réguler l’activité neurovégétative grâce aux méthodes de respiration, de training autogène de Schultz, de yoga, de méditation de pleine conscience…
  5. utiliser la restructuration cognitive grâce à une grille de traitement des ruminations,
  6. développer une qualité d’acceptation parce qu’on ne peut pas « effacer » ce qu’il s’est passé et améliorer l’affordance (« faculté qu’a l’organisme de se comporter en percevant ce que l’environnement lui offre en termes de possibilités d’actions »),
  7. devenir acteur de sa vie en s’impliquant avec créativité dans des relations sociales (associations, formations, loisirs, politique…).

Mais bien sûr, cela ne peut se faire qu’avec un accompagnement psychologique qui est nécessaire et primordial, je le réaffirme.

Aujourd’hui encore plus qu’hier, il est primordial de protéger la petite enfance, l’adolescence mais également les Droits des Femmes en luttant activement contre la violence scolaire, sociale, professionnelle... Oserais-je aller jusqu’à dire qu’il serait nécessaire de dispenser des cours d’éducation parentale concomitamment aux cours d’accouchement ? C’est une évidence…

 

Resilience 1

Réf. : Boris Cyrulnik (« un merveilleux malheur », Odile Jacob), Psychoweb, Jacques Van Rillaer (SPS n°294), Francine Shapiro (« manuel d’EMDR », InterEditions), Jacques Fradin, Inserm, Roger Sperry, Edward T. Hall (« la dimension cachée », Points), Nelly Boulassy (« anticiper une agression physique, étude des signes précurseurs »), slate.fr/life/79723/victime-agression-demarche, acrh.revues.org/7338

 

 

 

 

 

 

Verbaliser, c'est guérir

 

Verbaliser, c’est guérir

La définition de « verbaliser » est : dresser un procès-verbal. C’est aussi s’exprimer, se faire comprendre par le langage, formuler ses pensées par la parole, faire connaître ses sentiments et ses opinions (réf. Larousse).

 

Verbaliser, c’est donc exprimer une idée, un sentiment, une émotion. Au contraire, intérioriser équivaut à garder pour soi, sans partage, au risque de ne pas se faire comprendre.

La conséquence néfaste est le refoulement de cette émotion et la naissance d’un sentiment négatif qui, s’il n’est pas extériorisé, enflera comme une tumeur et générera une stratégie d’adaptation envers l’objet/la personne/la situation qui en est à l’origine.

Ce sentiment négatif ne disparaît jamais, il ne demande qu’à s’exprimer de n’importe quelle façon (sublimation, déplacement…).

 

L’émotion comme système d’échange

Faisons un focus rapide sur la perception et la régulation des émotions. Elles passent par 3 systèmes (réf. Neurofit.ch) :

- le système neurophysiologique (hormonal et neurovégétatif),

- le système moteur (corps, visage, voix),

- le système cognitif expérientiel (c’est la capacité à prendre conscience et à verbaliser le ressenti).

 

L’émotion est le liant entre les individus dont un des buts est l’inclusion (appartenir à un groupe).

L’individu dispose de 2 processus distincts pour appréhender la réalité (réf. Les motivations.net) :

- le système expérientiel qui est instinctif, associatif, orienté vers l’action immédiate mais avec un mode de pensée stéréotypé et émotionnel,

- le système rationnel, plus analytique et logique, dirigé par la raison. L’individu évalue, encode, décode, prévoie et ensuite agit.

 

Dans la communication interpersonnelle, ces 2 systèmes sont aisément identifiables lorsque la personne s’exprime davantage avec l’une ou l’autre de ses mains.

Par exemple, un homme politique comme François Bayrou va s’exprimer en majeur partie avec sa main droite. Un discours qui est donc analytique, ce qui est normal pour un bègue.

Alors que le témoignage d’une personne sur un évènement personnel verra une main gauche plus active que la droite (hémisphéréité).

 

Pourquoi devoir verbaliser ses émotions ?

Mais ne soyons pas clivant. Nous ne sommes ni tout l’un, ni tout l’autre, mais un savant mélange dont notre tempérament et notre caractère sont le reflet. Un cerveau droit (instinctif) qui communique avec un cerveau gauche (analytique) grâce à un corps calleux, véritable autoroute du partage de l’information.

 

Il faut bien avoir en tête que l’Etre Humain recherche la satisfaction de son plaisir personnel (pulsions) et l’évitement du déplaisir face au principe de réalité.

L’Etre Humain doit préserver son équilibre psychique et physiologique (homéostasie) grâce à différentes stratégies d’adaptation. S’il n’y a pas de passage à l’acte pour satisfaire son plaisir, une frustration va naître et se diffuser insidieusement dans le psychisme. Elle va investir chaque recoin de nos pensées, tapie, pour ne demander qu’à être satisfaite d’une manière ou d’une autre.

 

Le déséquilibre psychique (visible sur le corps par des micros démangeaisons au visage et sur les membres) intervient dès lors qu’un trop grand nombre d’envies ne sont pas réalisées, lorsque la coupe des frustrations déborde ou lorsqu’une situation est vécue comme un traumatisme.

 

Les occasions de refouler une idée, un sentiment ou une émotion sont nombreuses, que ce soit au travail, en société ou dans la sphère privée. Mais cela se fait toujours au détriment de soi.

 

Une des stratégies la plus efficace  

Cela va permettre de se concentrer sur l’émotion ressentie, de la décrire, de lui donner corps grâce à la richesse du vocable employé (granularité).  Mettre des mots sur ce qui est ressenti  permet de se respecter et de gagner en estime de soi. Vous occuperez l’espace de communication (professionnel, familial, privé) avec plus d’efficience, vous enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

s enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

 

 

Verbaliser

 

NOUS ne sommes PAS des PSY ! Cependant…

NOUS ne sommes PAS des PSY ! Cependant…

Lorsque nous abordons la Synergologie et l’analyse du langage corporel avec une personne, une des premières remarques qui nous est faite est : vous faites un peu de psychologie finalement ? Et là, il faut mettre les 2 pieds sur le frein. Le plus simple est de poser la question suivante et de tenter d’y répondre tout aussi simplement :

Quelle différence faisons-nous entre psychologues et synergologues ?

L’axiologie est différente. L’objet de la psychologie est l’étude du comportement humain sous tous ses aspects psychiques, normaux ou pathologiques. Le rôle d’un psy est d’analyser des situations, de repérer des problèmes ou encore de franchir des caps éprouvants (source : psychologies.com). Son objectif est d’aider les personnes à aller mieux.

L’objet de la synergologie est d’analyser la structure du langage corporel, de décoder le langage non verbal. Le rôle du synergologue est triple :

-       Comprendre l’émotion,

-       Installer la relation sur la base de l’authenticité,

-       Qualifier le comportement.

De fait, la synergologie s’exclut du champ de la thérapie mais s’inclus dans celui de la communication.

Un exemple pour illustrer cette GRANDE différence :

Un patient en grande détresse psychologique consulte un psychologue afin de trouver un moyen de s’en sortir. Pour le psy, il s’agira de restaurer l’équilibre psychologique de son patient. En revanche le synergologue va trouver une congruence entre le langage verbal et le langage non verbal. Factuellement, le patient est authentique d’un point de vue synergologique. Exprimé différemment, le synergologue observe que le langage non verbal du patient coïncide avec son état psychologique du moment.

Posons le problème à l’inverse. Un cadre RH fait appel à un synergoloque afin d’améliorer sa prise de parole en public, notamment lors de réunions. Le synergologue identifie, grâce au langage corporel de la personne, un épuisement professionnel et l’invite à consulter un psychologue.

NOUS ne sommes PAS des PSY ! Cependant… les deux disciplines sont connexes, complémentaires.

Suivez-moi sur Twitter : @FrantzBAGOE, ou contactez-moi par mail : frantz.bagoe@gmail.com