clash

Fourest : 1, Caron : 0

L’étude de la communication humaine se subdivise en 3 domaines : la syntaxe, la sémantique, le pragmatisme.

-          La syntaxe recouvre la transmission de l’information grâce à des symboles,

-          La sémantique est le problème du sens. Chaque interlocuteur doit avoir les mêmes codes pour comprendre la signification des symboles,

-          Le pragmatisme de la communication est le comportement généré par les 2 premiers.

Ces 3 aspects, nous le voyons bien, sont interdépendants mais mon champ d’analyse reste la communication non verbale et les stratégies comportementales.

J’ai trouvé très intéressant d’analyser le clash entre Aymeric Caron et Caroline Fourest. Celle-ci a été  largement invitée dans diverses émissions pour vendre son livre, mais surtout pour expliquer ce clash.

 Que s’est-il passé de si extraordinaire? Mon intuition me dit de me méfier lorsqu’une personne qui, sous ses dehors bien sage, tout en retenu, occupe beaucoup de place dans le paysage médiatique.

Une fois n’est pas coutume, voici ma conclusion avant ma démonstration qui elle, ne sera pas exhaustive tant il y a d’items l’enrichissant.

Aymeric Caron a péché par orgueil et par manque de rigueur dans la préparation de son affrontement. Caroline Fourest a plus d’une fois débattue avec des invités nettement plus coriaces que lui. Sa stratégie de communication comportementale a réussi à rallier à elle le public, Laurent Ruquier et les téléspectateurs. Le match est donc largement remporté par C. Fourest sur la forme sans que le fond ne soit abordé.

Voici donc les items qui illustrent très largement mon propos…

5 sec. – les 2 protagonistes ont le buste penché vers l’avant, à gauche, dans l’hésitation donc ou plutôt dans l’envie d’argumenter mais de façon plutôt « molle ». Caroline Fourest cligne peut des paupières, elle n’intègre pas ce que dit Caron qui, d’ailleurs, se met à distance avec son sourcil gauche levé et ce durant toute l’entrevue. C. Fourest est critique, marquée par un axe de tête latéral gauche et rotatif droit.

18 sec. et 24 sec. – Si A. Caron est dans la spontanéité (mauvaise stratégie avec C. Fourest) avec sa main gauche active, F. Fourest est dans le contrôle avec sa main droite active. Elle gère bien ce type de situations pour y être habituée.

42 sec. – C. Fourest joint les 2 mains et tranche, elle se sent « au-dessus » de l’autre et le signifie inconsciemment par ce geste.

47 sec. – A. Caron a la lèvre supérieure gauche ascendante, les « lèvres de chien », ce qui traduit de la colère et il ressent inconsciemment le déséquilibre des forces, son buste part alors en arrière. Ce désir de « fuir » se traduit par la « goutte de malaise » à 59 sec. lorsqu’il boit une gorgée d’eau.

1 min. 07 – C. Fourest se recadre, se reconcentre, en replaçant une mèche derrière son oreille gauche. Elle reste néanmoins dans le contrôle et se dissocie du discours avec des gestes figuratifs.

1 min. 19 – A. Caron fixe beaucoup en bas à droite du regard pour construire son discours, il faut au moins ça face à une bête de ce type d’échanges qu’est C. Fourest, surtout lorsqu’elle se délecte des pics qu’elle lui adresse (langue de délectation à 1 min. 24. C’est encore de la colère, de l’agressivité que le visage d’A. Caron laisse transparaître à 1 min. 31 avec ses dents apparentes.

C’est aussi de l’hésitation qui fait sa faiblesse lorsqu’il se pince le nez à la recherche d’une citation du livre qu’il ne trouve pas, à 1 min. 40 et à 1 min. 49 il se fait stopper par les mains en avant de C. Fourest, paume face à lui.

2 min. 04 – à nouveau les « lèvres de chien » d’A. Caron… à certains moments, il faudrait savoir capituler… d’autant qu’à 2 min. 05, sachant que la mayonnaise tourne et que son sang chauffe, C. Fourest cherche (cela dure moins d’1 sec.) Laurent Ruquier du regard afin qu’il intervienne, en vain.

2 min. 07 – C. Fourest signifie de ses paumes à A. Caron qu’il faut arrêter et passer à autre chose. Ses doigts sont tendus, ce qui trahit un stress qui est renforcé par la lèvre supérieure qui découvre les dents du haut… colère et agressivité !

2 min. 22 – A. Caron aimerait quand même que ses propos tranchent lorsqu’il évoque « je défends une méthode de travail » en joignant les mains à l’horizontale. Ce à quoi C. Fourest riposte en rejetant ces propos, en les balayant des mains du centre vers l’extérieur, « je n’ai pas de leçon à recevoir de vous sur mes méthodes de travail ».

2 min. 42 – A. Caron gère son stress depuis le début comme il peut grâce à son stylo qu’il garde bien en mains. Mais C. Fourest est définitivement dépitée, coin extérieur droit et gauche de la bouche ascendant. Mâchoire crispée et muscles de la bouche très tendus à 3 min. 03.

Voici pour moi le moment clé de cet échange, le moment où A. Caron aurait pu prendre la main clairement et définitivement si tant est qu’il eut mieux préparé la joute.

3 min. 08 – « Est-ce que oui ou non vous avez été condamnée pour une chronique sur France Culture ? » fit-il avec le stylo en bouche et le buste en avant. A la réponse négative pleine de certitude de C. Fourest, le buste de A. Caron part en arrière.

3 min. 14 – L’axe de tête d’A. Caron trahit la circonspection (rotatif gauche et latéral droit) sur « non je n’ai jamais été condamnée pour diffamation, j’ai même gagné mon procès ». Yeux exorbités d’A. Caron, sourcils levés trahissant son étonnement.

C’est faux, C. Fourest a bien été condamnée en octobre 2014 pour diffamation et son appel n’a pas encore été jugé ! http://www.lexpress.fr/culture/tele/onpc-aymeric-caron-denonce-les-mensonges-de-caroline-fourest_1676656.html

S’ensuivent des items de peur et de colère sur le front d’A. Caron, C. Fourest reste calme, affichant même du dépit à 3 min. 35. Son vis-à-vis ne peut rivaliser, son buste part en arrière et à nouveau la « goutte de malaise » à 3 min. 37.

3 min. 54 – A. Caron cherche l’approbation de Laurent Ruquier, en vain. Il est même injurié à 4 min. 07 et doit temporiser face aux applaudissements du public. Il cherche à nouveau l’aide de Ruquier, en vain.

4 min. 19 – Fière d’elle, C. Fourest sort 2 langues de délectation (ralenti à vitesse de 0,32).

J’arrête le décompte des points ici, il reste 3 min. d’invectives qui viennent conforter la décision finale : Caroline Fourest : 1, Aymeric Caron : 0

Dans cet échange, C. Fouret a si bien adapté sa stratégie de communication comportementale, qu’à aucun moment elle n’a eu à apporter de réponse à la critique qu’A. Caron lui faisait, à savoir qu’elle utilisait des méthodes (je cite) « malhonnêtes ».

Encore une fois, le fond et la forme…

Voici le lien vers la vidéo sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=LWgNOIHWGYU

Savoir décrypter les stratégies de communication comportementales est essentiel pour conserver son objectivité, mais également pour pouvoir anticiper les propos et s’y adapter.  C’est une force indéniable dans le processus de recrutement en groupe, dans le cadre d’interrogatoire ou encore dans la  formation… mais également en développement personnel pour regagner une confiance en soi durable.

N’hésitez pas à me contacter pour une présentation des diverses solutions que peut vous apporter la discipline, pour les entreprises, les TPE mais également pour les particuliers.