copé

Jérôme Lavrilleux à BFM le 26/05

https://www.youtube.com/watch?v=mbXHMyXMUGk

Qu’il est difficile pour un fils de garagiste d’intégrer les hautes sphères politiciennes sans mettre de côté ses valeurs morales. Pris dans un début de tourbillon médiatique et certainement judiciaire, c’est un exercice difficile et pathétique pour un presque quidam de venir défendre à BFM TV son manque de discernement lors de la dernière campagne présidentielle. Même si elle fut certainement préparée, cette interview menée par Ruth Elkrief a été vécue par un Jérôme Lavrilleux à fleur de peau comme un moment extrêmement stressant et bouleversant. Voici ce qu’il faut retenir de ces 23mn difficiles à gérer émotionnellement pour le directeur de cabinet de JF Copé :

(0.04) Dès la première image, l’amertume et la tristesse s’invitent sur le plateau. Commissures des lèvres tombantes, l’œil droit plus fermé que le gauche, épaules hypotoniques, Jérôme Lavrilleux apparaît abattu par la tournure que semblent prendre les évènements.

(1.08) A la question sur la facturation des meetings de N Sarkozy, JL est prêt à jouer cartes sur table. Il va pour cela chercher les informations dans le passé, il se remémore les évènements pour pouvoir en restituer avec précision la mécanique. Sa main gauche vient d’ailleurs appuyer son discours et sa volonté de précision (index et pouce se touchent).

(2.46) Voici un rictus de mépris que JL va arborer plusieurs fois tout au long de l’entretien. La commissure droite de la bouche s’étire vers le haut… là c’est à propos des sous-traitants qui ont effectués leurs prestations dans l’urgence. Leurs rejette-t-il la faute ou est-ce que si le temps nécessaire eut été pris, l’UMP n’en serait pas là ?

(3.03) Sanpaku du bas sur l’œil gauche qui indique une mauvaise image de soi. Voyez également le sourcil gauche tombant.

 (4.25) « Il y a eu un dérapage » dont n’est pas très fier JL, retour sur lui avec les mains jointes, sans tension dans les doigts, il aurait certainement préféré être chez lui, caché dans son cocon.

(5.59) « Je suis là pour assumer mes responsabilités »… mais du bout des lèvres quand même et avec une certaine colère. La bouche reste fermée et pincée après ces propos, comme ce sera souvent le cas durant ces 23 mn.

(7.49) Voilà qui est intéressant ! A propos des conventions fictives et l’enrichissement personnel, la main droite de JL vient - mine de rien - se cacher dans la poche droite de son pantalon… mais que veut-il cacher au monde ?

(8.47) Subreptice mouvement de langue de l’extérieur droit vers le milieu de la bouche, ce qui est révélateur de propos assumés dans un contexte pour le moins difficile. Le moment de l’interview étant très stressant, je ne relève pas les langues de vipères ou de délectation qui rentrent aussi rapidement qu’elles sont sorties. Je mets ça sur le compte de la sécheresse buccale causée par le stress.

(9.12) Voici un nouveau geste révélateur dans la volonté de ne pas se montrer trop spontané, lorsque JL aborde la législation sur les comptes de campagne. La main gauche se pose sur la droite.

(11.01) Jérôme Lavrilleux met bien les finances douteuses du FN à sa droite pour signifier que ce ne sont pas ses valeurs, par opposition à la justice qu’il place sur sa gauche. Mais comment considère-t-il la hiérarchie au sein de l’UMP lorsqu’il la place sur sa droite (12.19) ?

(13.40) JL est sincère lorsqu’il dit ne pas s’être entretenu des comptes de campagne avec JF Copé et N Sarkozy. Généralement, un mensonge est dit sans cligner des yeux parce que la personne se concentre sur la soupe qu’elle sert, et une fois qu’elle est bue, alors la tension se relâche et les yeux clignent beaucoup en décompensation. Or là, ce n’est pas le cas.

(14.25 et 14.46) Les propos concernant N Sarkozy lui déplaisent, sa langue passe sur ses lèvres du milieu vers la droite pour dire ce qu’il a à dire dans ce contexte difficile.

(15.23) Voici un moment clé dans cette interview à la tournure voyeuriste, « et JF Copé ne regarde pas les chèques ? » Joli faux non de la tête de JL, comment pourrait-il en être autrement ? Ruth Elkrief a également du mal à le croire… et pour cause.

(18.43) JL revit les évènements, ses mains se font descriptives ce qui traduit son authenticité.

(22.27 et 22.31) Tour à tour mépris et dépit à son égard sur le fait qu’il n’a pas eu le courage de tirer sur le signal d’alarme. La commissure droite de la bouche s’étire vers le haut (22.27 mépris) puis la commissure gauche s’étire à son tour vers le haut (22.31 dépit). Une façon non verbale de s’en vouloir d’avoir dû se taire pour faire bonne figure devant les patrons.

En conclusion, une interview un brin racoleuse et pathétique sur les coulisses du pouvoir mais Jérôme Lavrilleux se montre authentique. Après une nouvelle affaire qui concerne à nouveau de hauts dirigeants politiques, devons-nous nous étonner des 25% du FN ???