dépersonnalisation

Focus : "des-pressions"

La dépression est une maladie que nous pouvons aborder sous l'angle de l'analyse comportementale.

Parce que le comportement est inhibé, il est intéressant de mettre en lumière les facteurs qui contribuent à cet état et ce, afin de pouvoir agir pour en sortir.

Dans mon processus d'analyse du comportement, il y a l'étude de l'agentivité, de la construction de la pensée, de l'auto régulation et de l'auto réflexion.

Dans ce court article, j'ai choisi d'aborder l'agentivité et plus précisemment (mais succintement) l'environnement et les topiques freudiennes.

 

Pulsion de vie / Pulsion de mort

La dépression, sévère ou non, est un mal redoutable de nature psychosomatique dû à un dérèglement de l'humeur.

L'humeur se définit comme "la disposition affective et émotionnelle qui conditionne la manière dont nous ressentons les évènements qui, normalement, engendrent de la joie ou de la tristesse (source : etat-depressif.com)."

Cet état psychologique peut faire suite à un évènement traumatique, comme par exemple l'attaque de l'hypercasher à Vincennes, le 9 janvier 2015 à 13h (environnement imposé). Il faut bien avoir conscience que les proches habitants, promeneurs et personnels des bureaux situés à proximité ont tous vécus individuellement/subjectivement l'évènement. Selon leur propre ressenti, leur propre histoire, leurs propre ressources (facteurs de régulation).

Les personnes qui n'ont pas pu digérer correctement cette violence gratuite ont développé un état dépressif avec toute sa graduation possible (topiques freudiennes).

Difficultées à travailler, à se concentrer, à avoir une vie sociale... un cercle vicieux où pulsion de vie et pulsion de mort s'affrontent.

Ce qui caractérise la pulsion de vie, c'est l'action, le passage à l'acte, le mouvement, le dynamisme. A l'inverse, pour la pulsion de mort, c'est l'absence de passage à l'acte, l'incapacité à prendre une décision. La pulsion de mort est constante alors que la pulsion de vie s'adapte au niveau énergique du psychisme de l'individu.

 

L'angoisse augmentée

L'inaction augmente l'intensité de l'angoisse, donc pour lutter contre, il est nécessaire de rester ou de se mettre en action, en mouvement. Mais l'angoisse représente un signal face à l'imminence d'un danger pour l'intégrité physique. En fonction de l'intensité de l'angoisse ressentie, le deuil sera possible ou impossible. Deuil de l'idéal du moi.

Lorsque la personne consulte un thérapeute (psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychopraticien...), elle va devoir se questionner pour tenter d'intégrer les évènements traumatisants, pour tenter de revenir au présent alors que son trauma l'a bloquée au moment où le mal a fracturé sa conscience. Mais certaines fois, ce questionnement fait ressurgir des souvenirs d'enfance qui étaient jusque là profondément enfouis dans l'inconscience, fait ressurgir des sensations diffuses et désagréables et jamais expliquées. Ce phénomène peut être la conséquence d'une "crypte" et ce sentiment d'angoisse sera amplifié pour le faire passer au niveau supérieur...

La crypte est un deuil qui s'installe à l'intérieur de la personne. C'est un secret qui peut être intergénérationnel transmis inconsciemment à un proche, à son enfant. Ca peut être un mariage forcé de sa grand-mère, puis sa mère qui a vécu la même chose et qui peut expliquer sa relation aux hommes.

Ca peut être le non désir de parentalité mais que la vie a fait que la personne a quand même eu un enfant. Cependant, ce non désir originel n'aura jamais été avoué à son enfant. Sauf que ce non dit a des répercussions sur la façon d'être avec son enfant, sur les gestes que le parent lui porte et d'autres comportements encore. Qui dit secret, dit honte ressentie par rapport à ce secret vis à vis du monde extérieur. Au niveau de la dynamique psychologique, la crypte est l'incorporation de la perte d'un "objet" (psychologiquement parlant) représentant l'idéal du moi. Pour lutter contre la perte de cet "objet", la personne va s'identifier à celui-ci pour tenter de le conserver en lui. C'est ce qu'on appelle l'identification mélancolique narcissique.

Hélas, la personne s'expose à une double impossibilité :

- impossibilité de constituer un idéal avouable à partir d'un secret honteux et inavouable,

- dénoncer ce secret sous peine de détruire son idéal du moi.

C'est donc une impossibilité de "dire" qui inhibe la névrose elle-même, qui engendre par la suite un sentiment de culpabilité. D'autant que ce sentiment de culpabilité est conscient chez la personne, alors que la crypte est (je vous le rappelle) un phénomène inconscient. Ce qui explique que le niveau d'angoisse monte d'un cran et que le sentiment de ne pas savoir ce qui cause cet état, ou qui l'amplifie, ronge la personne au-delà des mots/maux.

 

La thérapie

Il est donc primordial de s'entourer de personnes bienveillantes, amis, famille, proches, qui vous apporterons leur soutien et une partie des ressources nécessaires pour sortir de cet état dépressif. Comme il est primordial d'en parler avec un professionnel, un psy ou un groupe de paroles. Apprendre à bien respirer (il existe de nombreuses techniques), se faire violence pour marcher tous les jours, s'investir dans un projet même s'il vous paraît minime et si vous pouvez : ne consommez ni alcool, ni drogue, ni neuroleptique dont les effets secondaires sont dévastateurs. L'expérience m'a fait constater leurs effets encore peu connus, dont les médecins restent sans réponse, que sont les symptômes de dépersonnalisation et de déréalisation. Des symptômse sur lesquels je reviendrai lors d'un autre article plus spécifique.

 

Mais soyez convaincu que cet état dépressif se soigne dans la durée, qu'il représente une phase de la vie mais qu'il y a un après. Gardez toujours ça à l'esprit et ce, même si vous êtes dans un accès d'angoisse sévère !!!