expérience

J'ai le pouvoir sur ma vie ! Ou pas... ?

Le 07/11/2020

Les Théories de l’Action Raisonnée et du Comportement Planifié (Fishbein et Ajzen 1975 ; Ajzen 1991) sont des théories dominantes dans l’étude de la relation entre les attitudes et les comportements sociaux. Elles permettent à la fois d’expliquer, de prédire et de modifier les comportements des individus. 

La TAR postule que le comportement dépend de l’intention qui elle même dépend de l’attitude envers le comportement et de la norme subjective. Cette dernière représente la pression sociale perçue par l’individu à effectuer ou non le comportement. 

La TCP y ajoute un élément : le control comportemental perçu. Celui-ci n’est pas sans rappeler le “locus of control” de Julian Rotter (1954) et le “sentiment d’efficacité personnel” d’Albert Bandura. 

L’intention, c’est l’évaluation d’un individu qui considère les implications que pourrait avoir son action avant d’adopter ou non un comportement (théorie de l’attente-valeur de Martin Fishbein, 1970). L’intentionnalité, point de départ de l’agir, rejoint l’agentivité issue de la théorie sociale cognitive de Bandura.

Avec l’intentionnalité et la norme subjective, nous retrouvons les espaces intime et social de l’individu et par extension, l’endogroupe et l’exogroupe lorsqu’elles s’appliquent à un groupe restreint de personnes partageant les mêmes valeurs. Cette notion est importante pour l’analyse de la communication non verbale (Synergologie, P. Turchet).

Dans la TCP, la réalisation ou non du comportement dépend également de facteurs non motivationnels l’opportunité ou les ressources à disposition. 

Dans le prolongement de ces quelques lignes sur la prédictivité des comportements, l’application de ces théories sur des évènements qui nous touchent tous est très intéressante. 

C’est le cas pour la COVID-19 avec cet article que je vous invite à lire : aspects médico-psychologiques relatifs à l’épidémie de coronavirus : l’apport de la théorie de la détection du signal et du concept de lieu de contrôle.

Lien internet : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7270071/

Cit. : Naviaux, A. F., Janne, P., & Gourdin, M. (2020). Aspects médico-psychologiques relatifs à l’épidémie de coronavirus (Covid-19) : l’apport de la théorie de la détection du signal et du concept de lieu de contrôle [Medico-psychological aspects relating to the coronavirus epidemic (Covid-19): The contribution of the theory of signal detection and the concept of place of control]. Annales medico-psychologiques, 178(3), 223–225. https://doi.org/10.1016/j.amp.2020.03.001

 

Locus of control

 

Que nous apprend Milgram sur l'obéissance ?

Le 04/05/2019

L’obéissance à l’autorité (Milgram, expériences effectuées entre 1950 et 1963)

 

Découverte : La propension extrême des adultes, hommes ou femmes, à la soumission quasi inconditionnelle aux ordres de l’autorité. Son point de départ se situe à l’apparition de la division du travail (début 20ème).

57% des sujets obéissent s’ils ne sont pas en contact avec la victime.

30% des sujets obéissent s’ils sont en contact avec la victime.

L’obéissance à l’autorité, souvent prônée comme une vertu, revêt un aspect bien différent quand elle est au service d’une cause néfaste.

Ceux qui ont administré des chocs électriques à la victime l’ont fait, non pour assouvir des tendances agressives, mais parce que l’idée qu’ils avaient de leur obligation les y contraignaient moralement. Rares sont ceux qui possèdent les ressources intérieures nécessaires pour lui résister, parce que toute une gamme d’inhibition s’oppose à une éventuelle révolte.

 

Qu’est-ce qui contraint le sujet à rester à l’état de soumission (agentique) ?

  • Désir de tenir sa promesse, la politesse, l’engagement moral pris,
  • Préserver la relation, désir de se montrer à la hauteur qui s’accompagne d’une diminution sensible de la préoccupation de l’éthique morale,
  • Se concentrer sur les caractéristiques techniques immédiats pour perdre de vue les conséquences lointaines,
  • La normalisation de l’acte par sa continuité.

Ainsi, chaque sujet inhibe son fonctionnement autonome et il devient alors un autre individu qui accepte le contrôle total d’une personne ayant un statut plus élevé.

 

Quel est le processus de l’obéissance ?

  • Elle est transmise par l’éducation,
  • Les agents sociétaux, dès que l’enfant sort du cocon familial, il est transféré dans un système d’autorité institutionnel dans lequel la soumission est indispensable, explicite ou implicite à une entité impersonnelle,
  • La structure de récompense/châtiment,
  • La perception de l’autorité qui doit être « légitime »,
  • « L’idéologie » de la situation,
  • La responsabilité redirigée. Le sujet se sent engagé vis-à-vis de l’autorité mais pas responsable du contenu des actes que celle-ci lui prescrit.

 

Comment expliquer la baisse de l’obéissance à mesure que la victime se rapproche ?

  • L’empathie du sujet envers sa victime,
  • Agrandissement du champ cognitif, il est plus difficile de faire abstraction de la victime,
  • La proximité génère une inhibition passive, de la honte et de la culpabilité, contrairement à l’éloignement qui provoque un rapprochement entre le sujet et la personne représentant l’autorité,
  • Conscientisation des causes et des conséquences.

Le seul danger qui menace le fonctionnement d’un système hiérarchisé, c’est la possibilité que la défection d’un de ses éléments en entraîne d’autres, d’où la nécessité de l’isoler et de la punir sévèrement.

 

Faire la différence entre « obéissance » et « conformisme »

L’obéissance survient à l’intérieur d’une structure hiérarchisée alors que le conformisme détermine la conduite parmi des gens de statuts égal (avec souvent une pression implicite du groupe).

Nous avons tous besoin de moments de solitude

Le 08/07/2015

Les expériences de l'éthologue John Calhoun sur le comportement social et la surpopulation chez les rats (1958) sont phénoménales. Comment le stress provoqué par la surpopulation influence les comportements entre individus et groupe d'individus constitués, mais également la chimie organique des individus stressés.

Toutes les phases de la vie sont touchées : séduction et activité sexuelle, la nidation, les soins aux petits, la territorialité et l'organisation sociale, les conséquences physiologiques...

Les résultats sont transposables aux habitants qui vivent dans des barres HLM ou dans des ghettos et font froid dans le dos dans le contexte actuel... si les urbanistes consultaient les éthologues, les villes seraient plus humaines c est certain !

Les expériences de Calhoun montrent que même le rat a besoin de moments de solitude. Les femelles au nid sont particulièrement vulnérables tout comme les petits....

La surpopulation détruit des fonctions sociales importantes, provoquant la désorganisation et l'effondrement démographique ou la crise de mortalité.

Certains rats stressés (crise cloacale) subirent de profondes altérations se traduisant par un sadisme endémique (moeurs sexuelles entre autres...), l'éducation des petits se fit dans le complet désordre. Le comportement social des males se dérégla au point d'aboutir à l'agression permanente, les hiérarchies sociales étaient devenues instables...

Tout l'équilibre repose sur la bonne gestion des distances chez l'homme, qui elles-mêmes sont très différentes d'une culture à l'autre.

Je perçois là, un lien tellement évident avec la Synergologie !

Sommes-nous faits pour vivre ensemble (cultures différentes) si aucun n'accepte de compromis ?

(ref : Edward T. Hall "La dimension cachee")