stratégie de communication

Importer un comportement virtuel dans la vie réelle ?

L’utilisation quotidienne d’internet, que ce soit depuis un ordinateur, un téléphone ou une tablette, fait que nous avons tous créés des identifiants personnels sur des sites marchands, des blogs… Notre navigation dans ce monde virtuel met en lumière des comportements récurrents que nous n’avons pas forcément dans la vie réelle. 

Pour certaines personnes, la navigation, l’utilisation d’internet se fait dans un objectif de développement personnel et pour d’autres dans un but malveillant voire criminel. Pour tous, notre comportement dans la vie réelle est affecté par celui du monde virtuel, à différents degrés et cela peut également modifier certains traits de caractère.

Comment est-il possible d’importer un comportement virtuel dans la vie réelle ?

Si nous considérons internet comme un monde parallèle à part entière, alors la création d’avatars est symboliquement une nouvelle naissance.

Dans la vie réelle, Henri Wallon a théorisé le stade du miroir qui est le stade formateur de l’identité pour l’enfant âgé de 6 à 18 mois. 

“L’image du corps passe par celle imaginée dans le regard de l’autre.” Le regard de l’autre est donc capital pour le narcissisme de chacun et c’est la capture de son image spéculaire dans le miroir qui permet à l’enfant d’appréhender ce qu’il pense être.

Cette perception se maintiendra si la mère/le groupe/l’autre confirme l’enfant dans cette reconnaissance imaginaire. Ainsi, notre comportement virtuel est perçu par les autres internautes qui interagissent avec nous. Leurs feedbacks vont renforcer ou affaiblir  certains de nos comportements virtuels.

Pour Françoise Dolto, la surface du miroir est une surface psychique omni réfléchissante faisant du miroir une image mais aussi possiblement la voix ou tout autre forme sensible comme peut l’être le comportement. 

Également, dans son concept d’image inconsciente du corps, “le stade du miroir est un structurant symbolique, réel et imaginaire, mais il est surtout l’inscription définitive du sujet dans son corps biologique, une fin et non un début.”

C’est l’autre qui vous reconnaît et c’est la relation avec l’autre qui va faire que nous allons nous exprimer, nous isoler, nous faire sentir confortable, développer notre confiance. Et c’est possible parce que l’autre se projette en nous dans ce qu’il est, ce qu’il n’est pas et ce qu’il voudrait être.

Charles Horton Cooley a développé le concept de “looking-glass self” par lequel les individus construisent leur “self” (leur façon d’être - qui peut être authentique ou feint, dans ce cas nous parlons de “faux self”) en observant comment ils sont perçus par les autres. 

Cooley met en ainsi en avant le côté social de notre construction psychologique en 3 étapes : dans une situation sociale, l’individu imagine comment les autres le voit, comment ils jugent son apparence et comment ce même individu développe des sensations en fonction et répond aux sollicitations.

Mais la multiplicité des surfaces réfléchissantes peut poser question quant au développement du “self”. Être renforcé dans son comportement virtuel par les autres permet de se voir plus confiant, plus fort, de développer son estime de soi et nécessité faisant loi, ces nouveaux traits de caractère sont testés dans le monde réel, que ce soit pour faire le bien... ou le mal.

 

Crapaud boeuf

Jeffrey Epstein : portrait d'un prédateur

Jeffrey Epstein est né le 20/01/1953 à Brooklyn, New-York et il a été retrouvé pendu dans sa cellule le 10/08/2019. Issu d’une famille juive de classe moyenne, son père était agent municipal des espaces verts. Je n’ai pas trouvé d’information relative à sa mère. Son enfance s’est déroulée à Sea Gate, le quartier de la classe ouvrière à Coney Island. 

Après des études à l’Université Courant Institute of Mathematical Sciences de New York, dont il est ressorti sans diplôme, il est néanmoins devenu professeur à la Dalton School de Manhattan (1973-1975) après avoir menti sur l’obtention de son diplôme. 

Il a fondé son entreprise de gestion d’actifs basé sur le modèle pyramidal de Ponsi. Après une longue enquête, il fut inculpé pour trafic sexuel en bande organisée de mineures. 

Epstein avait mis en place une structure pyramidale d’abus sexuels sur mineures. Environs 80 jeunes filles victimes, entre 2001 et 2006, furent agressées sexuellement ou forcées à avoir des rapports sexuels avec des hommes influants selon plusieurs témoignages, dont celui de Virginia Roberts Giuffre, 17 ans à l’époque des faits.  

Jeffrey Epstein était un self-made-man intelligent, vif d’esprit, sérieux mais un vrai manipulateur charismatique. C’était un introverti dénué d’empathie, incapable de gérer la colère et intolérant à l’angoisse. Il avait du mal à situer la frontière entre le bien et le mal. Sûr de lui, il savait aussi se faire craindre. 

 

Sur cette vidéo : www.youtube.com/watch?v=I6cDF9nSYaU on peut voir Jeffrey Epstein se gratter la mâchoire inférieure avec sa main droite, après avoir jurer de dire la vérité. Avec ce geste effectué sur “yes I do”, il masque son agressivité. 

Sur “is it true sir that…”, il affiche un mépris (à 20 sec.) avec son regard qui s’abaisse, le coin extérieur droit de sa bouche remonte alors que sa main droite vient gratter sa gorge côté droit. Ce geste traduit une envie de ne pas trop en dire.

 

Sur cette vidéo : www.youtube.com/watch?v=PeGMzQ1bRyo après avoir invoqué notamment le 5ème amendement (à 3 min. 28) pour ne pas répondre à la question “avez-vous été abusé sexuellement lorsque vous étiez enfant ?”, Jeffrey Epstein se pince les narines de la main droite et passe son index sous son nez. C’est certainement un moment important dans la mesure où l’on sait que bon nombre de pervers narcissiques ont eux-même été abusés durant leur enfance. Mais Jeffrey Epstein ne veut pas répondre.

 

Du point de vue de la dynamique psychologique, Jeffrey Epstein avait un profil typique du pervers narcissique, du prédateur sexuel. 

Un individu qui n’a pas accès à la symbolisation ira chercher ceux qui sauront nourrir son narcissisme blessé. Que ce soit par la prédation, l’effraction ou l’intimidation.

Dans des conditions normales, la mère attentionnée vient rassurer son nourrisson des agressions extérieures qui le persécutent. Sa mère lui permet de distinguer le bon du mauvais. Le pervers est à l’origine un enfant insécure qui n’a pas la capacité à créer des représentations psychiques, à symboliser, à fantasmer. 

Afin de gérer/diminuer son angoisse d’anéantissement, il va se doter de “prothèses fétichiques”. L’autre est utilisé comme un fétiche et participe à l’auto-érotisme du pervers. Il est donc le garant de l’intégrité narcissique du pervers à condition qu’il soit inanimé et immuable (“objet non objet”, Racamier). 

Le prédateur sexuel a un manque de contrôle pulsionnel, une pauvreté du monde fantasmatique, il se croit omnipotent avec un fantasme de toute puissance et une recherche de contrôle sur l’autre (emprise). Il a également un sens du grandiose, absorbé par des désirs de pouvoir et de grandeur, il a un besoin excessif d’être admiré et il est certain que tout lui est dû. Peu, voire pas d’empathie, il fait preuve d’un comportement hautain, arrogant, noyé dans son égocentrisme.

 

Jeffrey Epstein s’est donc a priori pendu avec des draps dans sa cellule, l’os hyoïde brisé, ce qui est rare dans le suicide par pendaison, moins pour l’étranglement.

Ses dizaine de victimes (connues) doivent survivre et se reconstruire en faisant le deuil d'un procès qui aurait été le premier pas vers la résilience.


Jeffrey epstein

Redouane Faïd condamné à 28 ans de réclusion : retour sur mon analyse

Le vendredi 13 mars dernier, le braqueur multirécidiviste Redouane Faïd a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Pas de Calais. L’occasion pour moi aujourd’hui de revenir sur l’analyse que j’avais faite en 07/2018, dans laquelle je pointais quelques marqueurs gestuels révélants son caractère manipulateur. 

Ce même mois de juillet, Redouane Faïd s’était évadé de façon spectaculaire de la prison de Réau (77) par hélicoptère. Il ne fut arrêté qu’en octobre suivant.

 

Rappel de mon analyse du 05/07/2018 :

Analyse Flash : Redouane Faïd, braqueur un jour, braqueur toujours !

 

3 images simples pour illustrer qui est Redouane Faid, l’enfant qu’il a été et le braqueur qu’il sera toujours.

« Je me suis toujours gardé de véhiculer une aura et une légende en disant que c’est bien de faire ça… »

Il le scande comme un mantra mais il énonce simplement le symbole qui le guide lui, et vers ce à quoi il veut tendre : être plus le plus reconnu de tous les braqueurs !

Les propos sont dits posément, sans agressivité qui elle, est lisible sur son corps. Sa langue sort de sa bouche pour y rentrer rapidement, une image presque imperceptible mais dont le sens est : je ravale mes propos.

Axe de tête latéral droit ajouté à un axe de tête rotatif droit, lesquels sont renforcés par un axe sagital supérieur. Il se croit et se place au-dessus des autres, guidé par l’ambition et la quête de reconnaissance : il se voit comme un rebelle et le dit avec le sourire.

La position du buste en arrière et vers sa droite montre qu’il est dans une posture analytique, réfléchie. Son sourcil gauche est relevé par rapport au droit, ce qui le met à distance des autres. Il se veut à part, différent.

« Quand vous grandissez dans une cité, on fait pas attention à vous… »

Le voilà son point de départ d’adaptation sociale, son T0 qui motive son ambition. C’est ce que je tente de clamer, de relayer haut et fort que l’enfant a besoin d’attention, de bienveillance et d’inclusion. Le cas échéant, nul ne peut prédire les voies créatives qu’il peut emprunter pour arriver à exister.

Son menton est froncé en une moue de regret, de dépit qui transmet au fond une tristesse ressentie et contrebalancé par un sourire ironique qui revient très souvent tout au long de ses interviews. Il nous rit au nez ! Sa tristesse est domestiquée et surmontée à grand renfort de clivage bien versus mal, vision pour le moins binaire et enfantine du monde vu par un petit gars de la cité (rien de péjoratif dans mes propos, je vous rassure). C’est malheureusement trop souvent la loi de la débrouillardise et du plus fort qui l’emporte dans cet environnement.

« Je me suis fait arrêter et ça m’a servi à stopper tout ça… »

Aller, pour un peu on pourrait y croire… Non ? Non, pas une once de vérité dans tout cela. Comment serait-ce possible lorsque la tête se désaxe tellement pour venir se placer à l’opposé de ce que les yeux regardent ?! Ses paroles vont dans un sens, ce qu’il pense réellement va dans l’autre sens.

Criminel un jour, criminel toujours !

 

Redouane faid

Liens :

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/13/le-braqueur-multirecidiviste-redoine-faid-condamne-en-appel-a-vingt-huit-ans-de-reclusion_6033004_3224.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9doine_Fa%C3%AFd

https://www.youtube.com/watch?v=_WJytJmlOqs

http://www.ds2c.fr/blog/analyse-flash-redouane-faid-braqueur-un-jour-braqueur-toujours.html

Crédit photo : Redoine Faïd - Brightcove

Comment identifier la couleur d'un échange ?

Comment identifier la couleur d’une conversation ?

 

L’appel à l’aide de Thierry Beccaro pour les enfants victimes de violences

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=PNiXy_uCDLM&t=18s

Le sujet de la communication est passionnant et il concerne chacun d’entre nous. Que ce soit dans la sphère professionnelle ou personnelle, nous sommes amenés à échanger avec des personnes avec lesquelles nous avons des intérêts communs, des sentiments, des liens.

Lorsque nous devons prendre une décision, nous pouvons nous montrés rationnels ou instinctifs. Une prise de décision rationnelle est un processus lent, cognitif, abstrait et déconnecté des émotions alors qu’une prise de décision instinctive est un processus rapide, non conscient et qui repose sur sa propre expérience, les feed back et ses émotions (https://www.cairn.info/revue-management-2009-2-page-118.htm).

En communication non verbale, il y a un item très intéressant et très rapide à s’approprier pour percevoir l’état émotionnel d’une personne. Cet item identifié sur l’instant est déterminant pour pouvoir adapter sa communication. Selon sa juste interprétation, le manager qui reçoit un collaborateur pourra questionner de façon plus précise, le thérapeute pourra utiliser plus volontier l’écoute active, le négociateur saura si l’autre s’inscrit dans la bonne dynamique, ou encore si nous plaisons à la femme que l’on aimerait séduire.

Cet item est l’axe de tête. Je devrais d’ailleurs dire LES axes de tête puisqu’il y en a 3 : 

  • l’axe sagittal représente symboliquement la hiérarchie selon que nous nous situons au dessus de l’autre ou en dessous de l’autre. Nous montrons ainsi un visage qui se dresse au dessus de l’autre, au même niveau ou en dessous du visage de notre vis à vis.

  • l’axe rotatif nous permet de comprendre avec quel oeil l’autre nous regarde. S’il nous regarde avec son oeil droit, alors notre interlocuteur fait entrer l’information pour l’intégrer, l’analyser, la classer. Il n’est pas dans le lien, il est dans le contrôle, il y a une distance. S’il nous regarde avec son oeil gauche, il établit un lien émotionnel avec nous.

  • l’axe latéral, est l’axe empathique et s’apprécie à la manière dont la tête penche à droite ou à gauche. Si c’est à droite, la personne est dans le contrôle alors qu’à gauche, elle est plutôt dans l’instinctif.

Vous avez bien compris que ces axes de tête permettent instantanément de percevoir de façon claire, la couleur de l’échange. Leur lecture nous donne l’occasion d’ajuster notre communication en fonction de notre objectif final. 

Un exemple simple, pratique et touchant est le témoignage de Thierry Beccaro en faveurs des enfants victimes de violences familiales. Nous savons aujourd’hui que l’animateur fut lui-même victime de son père. Durant la crise sanitaire, les violences familiales ont augmenté : 

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/confinement/confinement-et-delinquance-moins-de-vols-et-de-cambriolages-plus-de-violences-familiales-6821122

Le témoignage de Thierry Beccaro nous permet d’identifier les moments où il se place en contrôle, à distance et le moment où il crée du lien. 

Dès les 10 premières secondes nous pouvons constater sa tristesse et son dépit lorsqu’il nous montre sa photo de lui, enfant (sourcils relevés au centre et descendants à leur extrémité, coin extérieur gauche de la bouche descendant).

A la 18ème seconde, l’animateur a du mal à verbaliser des propos difficiles, il les retient avec une bouche dite “en huître”. Ses lèvres rentrent dans sa bouche. 

Lorsqu’il établit un pont entre lui et les enfants qu’il souhaite toucher par cette vidéo, son axe de tête penche sur sa gauche : “... je pouvais m’évader…”, “... c’est parce que je suis passé par là…”, “... je sais qu’il faut faire les devoirs, qu’il faut faire du télétravail…”.

Mais lorsque la maltraitance est verbalisée, lorsqu’il aborde le risque de violence, alors sa tête penche sur sa droite : “... je suis passé par cette phase de maltraitance…”, “... mais là, les enfants ne peuvent pas s’évader…”

Vous pouvez regarder à nouveau cette vidéo en prêtant une attention spécifique à son regard, notamment en vous demandant avec quel oeil l’animateur nous regarde/parle. Vous saurez ainsi si Thierry Beccaro renforce le lien émotionnel qu’il essaie de créer, ou s’il accentue la distance qu’il place inconsciemment entre lui et la violence faite aux enfants.

En cette période difficile psychologiquement, même si le déconfinement se fait, il est important de faire attention aux violences familiales, sur un adulte (une femme dans la majeure partie des cas) ou sur un enfant.

Voici le process mis en place par le gouvernement, au cas où… :

https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Police-de-securite-du-quotidien/Covid-19-La-PSQ-en-periode-de-crise-sanitaire/Mobilisation-contre-les-violences-conjugales-et-intrafamiliales

 

 

 

Photo : https://unmuseepourlemime.com/2019/04/23/corps-parle-compagnie-mouvement-yves-marc/

Axe de tete mouvement

La personnalité selon Robert J. Sternberg

Etude de la personnalité - Les styles de pensées (Robert J. Sternberg)


 

Robert J. Sternberg est psychologue et professeur de psychologie cognitive à l’université privée de Cornell (Etat de New York, USA).

Ses recherches portent sur les différentes formes d’intelligence humaine.

 

La théorie de la personnalité auto-gouvernée (ma traduction certainement impropre) soutient que les styles de pensée peuvent être compris en termes de constructions à partir de nos notions de gouvernement. 

 

Qu’est ce qu’un style pensée ?

Un style de pensée est une façon spécifique et propre de raisonner, d’apprendre et d'engranger des informations. Ce n’est pas une aptitude mais plutôt une façon dont nous utilisons nos aptitudes. Nous n’avons pas un seul style de pensée mais un profil spécifique.

 

  1. Les fonctions : législative, exécutive et judiciaire

 

Législatif : l’individu orienté vers la législation a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui nécessitent la création, la formulation, la planification d'idées, de stratégies, de produits, etc... 

Il aime décider quoi faire et comment le faire, plutôt que d'être informé.

 

Exécutif : l’individu orienté vers l'exécutif a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui fournissent une structure, des procédures ou des règles avec lesquelles travailler, et qui, bien que modifiables, peuvent servir de lignes directrices pour mesurer les progrès. 

Il préfère qu'on lui dise quoi faire.

 

Judiciaire : l'individu à orientation judiciaire a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui nécessitent une évaluation, une analyse, une comparaison-contraste et un jugement des idées, stratégies, projets et autres. 

Il a tendance à évaluer les autres, parfois sur la base d'informations minimales.

 

  1. Les formes : monarchique, hiérarchique, oligarchique et anarchique

 

Monarchique : l'individu monarchique a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui permettent de se concentrer complètement sur une chose ou un aspect à la fois jusqu'à ce qu'il soit terminé. 

Il est déterminé et souvent conduit, et aime terminer une chose avant de passer à la suivante.

 

Hiérarchique : l'individu hiérarchique a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui permettent la création d'une hiérarchie d'objectifs à remplir. Il  aime faire plusieurs choses dans un laps de temps donné. 

Il sait prioriser et s'adapter dans de nombreux contextes. 

 

Oligarchique : l'individu oligarchique a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui permettent de travailler avec des approches concurrentes, avec de multiples aspects ou objectifs qui sont tout aussi importants. Il aime faire plusieurs choses dans un laps de temps donné, mais a du mal à définir des priorités. 

Il s'adapte si les demandes concurrentes ont une priorité à peu près égale, mais il a plus de mal si les choses sont de priorités différentes.

 

Anarchique : l'individu anarchique a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui se prêtent à une grande flexibilité d'approches et à tout essayer quand, où et comment il le souhaite. Cet individu a tendance à être asystématique ou même antisystématique. 

Il a tendance à adopter une approche aléatoire des problèmes et il est parfois difficile à comprendre pour les autres.

 

  1. Les niveaux : local et mondial

 

Local : l'individu local a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui nécessitent un engagement avec des détails spécifiques et concrets. Il aime les détails mais il peut perdre de vue la forêt en ne se concentrant que sur les arbres. Les individus affichant ce style ont tendance à apprécier les tâches qui les obligent à garder une trace des détails et à se concentrer sur les spécificités concrètes d'une situation.

 

Global : l'individu global a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui nécessitent un engagement avec de grandes idées globales et abstraites. Cette personne aime faire face aux grandes idées, mais peut parfois perdre le contact avec les détails - elle peut voir la forêt mais perdre de vue les arbres. 

Les personnes employant ce style apprécient les tâches qui les encouragent à réfléchir aux idées principales et à ne pas avoir à se soucier des détails.

 

  1. Portée : interne et externe

 

Interne : l'individu interne a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui nécessitent des activités qui permettent de travailler indépendamment des autres. Il préfère travailler seul, il est généralement introverti et souvent mal à l'aise en groupe.

 

Externe : l'individu externe a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui permettent de travailler avec d'autres dans un groupe ou d'interagir avec d'autres à différents stades de progression. Il préfère travailler avec les autres, il est généralement extraverti et très à l'aise en groupe.

 

  1. Penchants : libérale et conservatrice

 

Libéral : l'individu libéral a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui impliquent une méconnaissance, allant au-delà des règles ou procédures existantes et maximisant le changement. Parfois, il peut préférer le changement simplement pour le plaisir, même s'il n'est pas idéal. 

Il aime les nouveaux défis et prospèrent dans l'ambiguïté.

 

Conservateur : l'individu conservateur a une prédilection pour les tâches, les projets et les situations qui nécessitent le respect des règles et procédures existantes. 

Il aime minimiser les changements et éviter toute ambiguïté.


 

Ce qui est très intéressant avec la théorie de Sternberg, c’est sa simplicité, sa logique et son pragmatisme. Sa mise en oeuvre s’avère simple pour appréhender une personnalité. 

Si je me pose en tant que manager, qualifier une personnalité me permettra d’assigner des tâches en rapport avec le type de fonctionnement de la personne, ce qui maximisera sa bonne réalisation. La personne s’en trouvera valorisée et elle pourra développer ses compétences, professionnelles et même personnelles.

 

Source : Thinking styles, Robert J. Sternberg - Cambridge University Press (1997)

 

Eléments gestuels d'une interview à charge : Juan Branco vs Apolline de Malherbe

Quels sont les éléments contextuels non verbaux qui accréditent la thèse selon laquelle l’interview d’Apolline de Malherbe était à charge contre l’avocat Juan Branco ?

Pour rappel, l’interview se déroule sur BFM le 17/02 février dernier. Apolline de Malherbe reçoit l’avocat Juan Branco, qui défend Piotr Pavlenski, l’activiste politique qui a diffusé les vidéos privées de Benjamin Griveaux.

Cette interview s’est déroulée durant une vingtaine de minutes dans un climat assez tendu, voire accusateur de la part de la présentatrice. Ce qui est intéressant, c’est la posture de chacun des protagonistes. S’ils sont tous les deux avec le buste bien en avant pour Juan Branco illustrant sa volonté d’échanger, Apolline de Malherbe est également avec le buste en avant mais surtout avec son épaule droite plus en avant que la gauche. C’est une posture qui induit une certaine agressivité dans la communication, la personne a totalement confiance en ses arguments et les défendra avec ardeur. 

Si l’on observe un peu plus en détail l’hémi visage avec lequel la journaliste regarde l’avocat, avec quel oeil elle le regarde, on s’aperçoit que c’est avec le droit. Elle est donc dans une écoute vigilante, elle analyse. Elle n’est pas dans le lien. 

Alors que Juan Branco reste maître de son discours, c’est sa main droite qui l’illustre et ses doigts qui ne montrent aucune tension. En revanche, la journaliste illustre son propos avec sa main gauche, des mains jointes (11 sec., 5 min. 34 sec.), a priori dirigées vers son invité, donc horizontales. Ce geste traduit en principe un désir de rassembler les parties en se plaçant au même niveau. Malheureusement, avec une observation plus fine, on s’aperçoit que les avant bras de la journaliste sont ascendants et non horizontaux, ce qui nous permet de nuancer cette volonté de faire consensus. Au contraire, ce geste vient accréditer la thèse de l’agressivité dans un désir de trancher (3 min. 15 sec.).

Si l’attitude d’Apolline de Malherbe se veut empreinte d’intention combative, la dimension affective vient adoucir son intention et illustrer un stress mal contenu qui, en général, se veut contre productif.

On peut le voir dans le clignement des paupières de la journaliste. Ils sont nombreux comparativement à ceux de l’avocat, qui lui est dans l’analyse, la gestion. L’émotion est donc palpable et mal maîtrisée. 

Également, Apolline de Malherbe se réfugie fréquemment dans une bulle qui fait figure de pare excitation. Son regard s’abaisse vers sa gauche (passé émotionnel) pour se donner de l’allant, mais aussi pour gagner du temps dans la réflexion qui se trouve perturbée par le niveau émotionnel. C’est un item de réassurance. 

Si l’on ne prête aucune attention au contenu verbal de cet échange, posez-vous la question de savoir si celui sort grandi de cette joute n’est pas celui qui maîtrise ses émotions ?

N’est-ce pas dans cet objectif que les formations d’intelligence émotionnelle connaissent (à raison pour autant qu’elles ne soient pas d’anciennes formations remises au goût du jour et simplement rebaptisées) un certain succès ?

 

Lien Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=dR5kBhNdj5I&t=1s

 

 

Juan branco apolline de malherbe

 

Instant Popcorn : le comportement agressif est-il précurseur de l'issue d'un combat ?

Dans un combat ritualisé, l’agressivité est-elle précurseuse de son issue ? Est-il possible de prédire le vainqueur d’un combat futur ?

C’est l’instant Popcorn qui peut vous faire gagner quelques paris en Martial Mixed Art, puisqu’il s’agit là d’analyser la séance de pesée qui se déroule 24h avant le combat.

Pratiquant de Self Defense et de boxe française depuis de nombreuses années, fan également de boxe anglaise et de MMA, je me suis demandé s’il était possible de deviner le vainqueur d’un combat sans le regarder. Pour cela, je me suis intéressé à ce moment particulier qu’est la pesée. Chaque combattant se retrouve en caleçon/shorty/slip sur la balance pour vérifier qu’il est bien au poids de sa catégorie.

C’est aussi un moment de tension où les combattants se retrouvent face à face pour la photo qui annonce leur affrontement. Un moment de tension donc, qui sert à faire le show pour les médias et autres sites de paris.

Sur cette adresse internet, j’ai analysé rapidement les boxeurs et leurs gesticulations :

https://www.youtube.com/watch?.v=K97F666aORU

 

Sur ces 10 pesées, vous pouvez remarquer immédiatement et sans équivoque, celui qui se montre plus agressif. Pour autant, a-t-il été celui qui est ressorti vainqueur du combat ?

Dans l’ordre de la vidéo, voici les résultats :

  • Duffy vs Madady, 2017 : Madady est le plus agressif mais perd aux points,
  • Bisping vs Leites, 2015 : Bisping est le plus agressif et remporte le combat aux points,
  • Allen vs Amirkhani, 2017 : Amirkhani est le plus agressif mais perd le combat aux points,
  • Diakese vs Pachalen, 2017 : Diakese est le plus agressif et remporte le combat par KO,
  • Lawler vs Macdonald, 2019 : Lawler est le plus agressif et remporte le combat par KO,
  • Lee vs Mustafaer, 2016 : Lee est le plus agressif et remporte le combat aux points,
  • Mendes vs McGreggor, 2019 : McGreggor est le plus agressif (pléonasme…) et remporte le combat par KO,
  • Jedrzejczyk vs Penne, 2015 : jedrzejczyk est la plus agressive et remporte le combat par arrêt de l’arbitre,
  • Madadi vs J. Silva, 2017 : Madadi est le plus agressif mais perd le combat aux points (ça fait 2 fois quand même…),
  • Bisping vs A. Silva, 2016 : Bisping est le plus agressif et remporte le combat aux points.

A la lumière de ces constatations, je peux dire que lors de la pesée, le combattant qui se montre plus agressif que l’autre a 7 chances sur 10 de remporter le combat ! Ce qui est tout de même significatif.

Quelles attitudes agressives ont-été observées ?

La gestuelle est ample, large, saccadée. Le combattant occupe un large espace et semble vouloir se donner plus de largeur physique, un peu comme le paon le fait avec sa roue (pour un autre but) ou le porc-épic pour se défendre. Le corps est mobile avec une amplification de la colère, elle est surjouée et s’autoalimente pour croître encore. Celui qui vocifère et gesticule est toujours dans le spectaculaire, alors que l’autre est plus dans une attitude spéculaire (« je suis présent dans la relation et plus authentique ») voire spéculatif (« je suis dans mon monde et je me concentre sur l’objectif de demain »). 

Pourquoi vouloir montrer autant d’agressivité ?

Agressif signifie « aller vers, s’approcher, aborder, entreprendre quelqu’un, attaquer ». L’agression et la recherche d’occuper un espace au dépend d’un autre (en l’occurrence l’octogone) est une recherche de reconnaissance (être déclaré vainqueur). Là où il y a violence verbale, il y a combat territorial, de l’espace.

En éthologie, l’agression a 3 fonctions : la répartition des êtres vivants semblables dans le territoire, la sélection entre rivaux et la défense de la progéniture (Lorenz). Si le taux de testostérone joue un rôle important dans le comportement agressif, le système nerveux central peut produire lui-même des stimulis et s’autoalimenter (Lorenz).

Je précise que la testostérone joue également un rôle pro-social, voire altruiste mais qui n’est pas dénué d’intérêt (de conquérant), le but étant d’atteindre ou de maintenir un statut social ou une position dominante.

Qu’en est-il de l’analyse comportementale selon mon schéma intégratif ? (cf. mes derniers articles)

  • Environnement : choisi, le MMA est un sport de combat multidisciplinaire qui demande un réel investissement physique et mental,
  • Facteurs de régulation : cognitif, il requiert une préparation physique et mentale poussée et stratégique ; affectif, il fait appel à ses instincts grégaires et ne requiert que peu d’intelligence émotionnelle ; biologique, il fait appel à des qualités physiques indéniables.
  • Intentionnalité : combat planifié, structuré avec la recherche d’une stratégie adaptable,
  • Pensée anticipatrice : but proximaux, gagner le combat en vue d’un meilleur classement dans la Fédération et accéder au Top 1 pour être déclaré meilleur que les autres,
  • Auto-réactivité : autorégulation en mode inhibiteur si défaillance de l’auto-observation et de la réaction corrective, en mode proactif si les actions correctives se montrent efficaces,
  • Auto-réflexion : la croyance d’efficacité personnelle est également un point important de la motivation, mais qui s’arrête au moment de monter sur le ring. Sans elle, le boxeur ne sort pas du vestiaire.

En conclusion de cet Instant Popcorn, léger a priori, il en ressort néanmoins une analyse précise sur les éléments de la motivation qui vont jouer un rôle concomitant quant à l’issue du combat. Par extension, quelque soit la personne que vous avez en face de vous et quelque soit la situation, si elle est plus agressive que vous ne l'êtes, alors il est plus sage de rompre le contact ou de le différer. Parce qu'elle aura toujours une intention délétère qui par son intensité vous dépassera, ce ne sera jamais du ressort cognitif et vous en ressortirez grandi !

 

Alors à vos paris en ligne ! Prêt ? Pariez !

Sources :

  • « mécanisme de l’agressivité liée à la testostérone », J Hanoune, G Pinna, E. Costa, A Guidotti (2005),
  • HAL – archives ouvertes, « de l’agression à la violence verbale, de l’éthologie à l’anthropologie de la communication », B Fracciola (2013).

 

Conor mcgregor

"Sors de ta zone de confort !"

« Tu dois sortir de ta zone de confort ! »

 

Qui n’a jamais été confronté à la nécessité de se remettre en cause, à vouloir changer, à vouloir se dépasser pour atteindre un objectif audacieux, changer d’environnement ou encore tenter de nouveaux défis ?

J’ai souvent entendu des coachs, thérapeutes, art-thérapeutes, formateurs ou entraineurs dirent qu’il était pour cela impératif de dépasser ses limites, de sortir de sa zone de confort. Mais une fois qu’ils ont dit ça, ils n’ont rien dit. Et qu’est-ce que ça veut dire « sortir de sa zone de confort » ou de « dépasser ses limites ? »

Je leur ai toujours rétorqué (et qu’ils n’ont jamais voulu entendre) que si la personne dépasse ses limites, alors elle ne peut plus s’adapter parce qu’elle aura dépassé son point de rupture. C’est le même résultat que faire « tout » ou « rien », c’est-à-dire l’échec, le renoncement, le sentiment de ne pas pouvoir y arriver parce que l’objectif est trop difficile à atteindre. Il me semble important d’aller taquiner ses limites mais sans jamais les dépasser. Petit à petit, la limite s’éloigne un peu plus loin…

Je peux faire le parallèle avec le stress dit normal et le stress dépassé.

Le stress est une réaction réflexe, neurobiologique, physiologique et psychologique d’alarme, de mobilisation et de défense de l’individu à une agression, une menace ou une situation inopinée. Le stress adapté/normal se limite aux manifestations neurovégétatives et ne dure que le temps d’exposition, alors que le stress dépassé provoque sidération, fuite panique et comportements automatiques et dure dans le temps.

Voyez qu’il est donc important de bien connaître ses limites afin de les repousser sans jamais les dépasser.

 

Mais voyons ce qui se joue dans ce changement qui nécessite une adaptation comportementale.

 

Le changement, c’est une nouvelle adaptation qui peut s’appeler aussi « équilibration ».  L’équilibration est le résultat d’une assimilation et d’une accommodation.

Assimiler, c’est incorporer des objets/éléments extérieurs (vus comme des résistances) compatibles avec sa nature, avec lesquels le sujet devra composer. L’équilibration doit être « majorante », c’est-à-dire que nous devrions toujours tendre vers un équilibre supérieur pour nous enrichir, devenir meilleur. Ça devrait être un progrès mais force est de constater que trop de personnes préfèrent l’immobilisme, c’est beaucoup plus simple et moins énergivore.

S’accommoder, c’est se modifier en fonction des particularités des éléments extérieurs en tenant compte des axes « plaisir-déplaisir » et « opérant-inopérant ».

Accepter un nouveau défi (problème), c’est accepter la perturbation (déséquilibre) qu’il va provoquer et dont l’intensité va dépendre des moyens mis en œuvre (compensation) pour relever ce défi et toute sa difficulté. « Les essais nécessaires et leurs ajustements (construction) conduisent progressivement à dépasser les formes antérieures des connaissances pour déboucher sur un nouvel équilibre comparativement meilleur (équilibration majorante). »

 

Comment s’adapter ?

 

Les moyens mis en œuvre pour s’adapter à une nouvelle situation, un nouvel exercice, etc… vont dépendre de 2 processus :

  • L’abstraction simple qui est le fait d’extraire des informations pertinentes de la situation pour mieux l’appréhender et convoquer ses propres ressources pour la dépasser,
  • L’abstraction réfléchissante qui est le fait d’élaborer des relations entre les éléments constitutifs de la situation.

L’adaptation peut se faire à l’intérieur du système, à l’intérieur de nous-même, c’est-à-dire en modifiant notre façon de faire, nos habitudes. Elle peut également se faire à l’extérieur du système, en agissant sur la situation et en dépassant son cadre strict.

 

La théorie des 21 jours

 

Il faut savoir que pour qu’un changement de comportement en remplace un autre, il est nécessaire de le maintenir (sans flancher) durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Certains coachs en développement personnel vantent la théorie des 21 jours pour tout et rien. A savoir qu’il faudrait 21 jours pour que le cerveau se « reconfigure ». Sauf que cette théorie est une vaste fumisterie qui nous vient d’un chirurgien esthétique américain, Maxwell Maltz, qui dans les années 1960 avait constaté qu’il fallait un minimum de 3 semaines à ses patients pour s’adapter à leurs changements physiques. Il en avait tiré un livre « best-seller » qui continue de faire son effet. A ce jour, aucune étude scientifique vient accréditer cette théorie.

 

Changer, c’est donc une remise en question de son propre fonctionnement mais également la nécessité d’adopter une vue extérieure en se plaçant à distance de la situation. Chaque objectif et sous-objectif pourra être atteint petit à petit, en toute sécurité. Ce qui nous permettra de consolider notre comportement adaptatif.

Source : S. Larivée 1982 – « D’une théorie de la connaissance à la modification du comportement ou quelques liens Piaget-Watzlawick »

 

 

Instant popcorn : analyse comportementale de Jean-François, prétendant dans l'Amour est dans le pré 2018

Pourquoi Jean-François vous semble bizarre ?

Je me suis étonné de façon candide que Jean-François, prétendant dans l’émission « l’amour est dans le pré » (2018), vous apparaisse bizarre voire limite psychopathe. A-t-il eu une attitude si déroutante et peu engageante au speed dating ? Pas pour tous puisque Aurélia a choisi de le revoir :

https://www.programme.tv/news/tele-realite/202893-lamour-est-dans-le-pre-2018-aurelia-en-pincait-deja-pour-jean-francois-avant-de-le-rencontrer/

Avant d’analyser rapidement ces quelques instants éprouvants pour le candidat, je pense important de repréciser les définitions du stress, de la peur et de l’angoisse.

 

Le stress

C’est une réaction d’adaptation de l’organisme qui sert à maintenir l’équilibre physiologique et psychologique d’un individu qui se trouve confronté à un élément/situation/évènement stresseur. Le stress devient un risque pour la santé lorsqu’il est éprouvé dans la durée.

 

La peur

C’est un sentiment éprouvé en présence ou à la pensée d’un danger, d’une menace réel ou supposé. Elle est immédiate et spontanée.

 

L’angoisse

C’est un sentiment de l’ordre du vécu mais sans objet face à laquelle il semble ne pas y avoir de solution. L’esprit se fige, l’individu a l’impression de ne pas pouvoir la maîtriser (vs l’anxiété).

 

Une fois ce rappel fait, penchons-nous sur la situation !

L’émission diffusée sur M6 connait un certain succès. Les candidats sont mis en situation dans le cadre de rencontres scénarisées. Sur le plateau ou en extérieur, ce sont des caméras omniprésentes, des sources de lumière pour mettre en valeur les candidats et un certain nombre de techniciens également présents. Nous pouvons donc dire qu’il s’agit d’une situation qui n’est pas habituelle pour chacun d’entre nous. Ainsi, face à une situation exceptionnelle et inconnue, le corps et l’esprit doivent s’y adapter pour faire redescendre le niveau de stress à un niveau acceptable.

Je précise que chaque personne possède un niveau d’acceptabilité qui lui est propre. Un individu peut très mal gérer son stress tandis qu’une autre saura le transformer en un stimulant.

 

Le prétendant

Jean-François, la 30aine, ébéniste vivant chez sa mère avec laquelle il a tissé des liens « indestructibles » depuis la mort de son père lorsqu’il était âgé de 14 ans.

Il n’a pas connu ses grands-parents.

 

Qu’observons-nous factuellement ?

Lors du visionnage de la scène, au cours du speed dating qui dure environs 1 minute 30, nous pouvons mettre en exergue plusieurs marqueurs gestuels qui ont tous un horizon de sens spécifique.

La position assise est dite neutre. Il est au milieu de son siège et semble indécis sur l’attitude, la position à tenir. Il y a donc une certaine ambiguïté qui est déjà observable. Nous pouvons déjà dire qu’il y a un « conflit » intra psychique qui tient de l’ordre de l’intentionnalité : « dois-je y aller et m’investir, ce qui revient à me découvrir dans cet environnement inconnu et donc potentiellement hostile ? »

Nous observons également que ses mains sont jointes, doigts repliés, entre ses jambes et sous la table. Elles sont en position basse, ce qui traduit d’emblée une émotion négative. Cette position des mains marque un retour sur soi, une certaine protection face à un danger potentiel et ainsi, une implication mesurée dans la scène.

Nous constatons que Jean-François frotte ses mains paumes contre paumes, comme s’il se les lavait. Ce geste traduit un mal être, un malaise. En psychologie, nous dirions qu’il s’agit d’un geste contra phobique, c’est-à-dire qu’il vient atténuer l’angoisse ressentie (en Synergologie, nous pouvons faire un parallèle avec la goutte de malaise).

JF souffle fort à plusieurs reprises pour se donner du temps, pour améliorer aussi physiologiquement l’apport en oxygène. En psychothérapie, pour gérer son stress, je vais vous inviter à inspirer sur 4 temps et à expirer sur 6 temps de façon à solliciter le système parasympathique qui vous aidera à vous relaxer : http://www.psychomedia.qc.ca/neurologie/2009-07-26/qu-est-ce-que-les-systemes-nerveux-sympathique-et-parasympathique

 

Il se mord également la lèvre inférieure, un geste qui ne se fait que dans des situations anxiogènes, pour ensuite se gratter de la main gauche le côté gauche de sa tête, puis enfin le côté gauche de sa nuque. Ces gestes illustrent la réflexion mais également que quelque chose énerve la personne qui fait tout pour tenter de maîtriser la situation mais sans trop savoir comment communiquer.

Nous pouvons observer ses jambes qui remuent, signe d’un désir de se mettre en marche/en action, signe que la personne subit la situation mais qu’il serait très mal interprété de partir sur le champ.

Enfin, avant dernier marqueur gestuel qui traduit l’authenticité, c’est la défocalisation passive du regard. C’est-à-dire que JF, à certains moments, laisse partir son regard dans le vague de façon inconsciente.

Mais quel est ce marqueur gestuel qui vous semble inquiétant ?

Finalement, c’est bien là la question. Pourquoi, après cette analyse froide et distanciée, optez-vous pour la crainte de lui ? Vous n’aimeriez pas le croiser dans la rue !

 

C’est le regard et les clignements des yeux !

 

Jean-François est victime de son anatomie. Il a des petits yeux noirs enfoncés dans ses orbites, ce qui donne une certaine étrangeté/importance à ses arcades sourcilières.

Il a de plus des lèvres fines, ce qui, dans l’inconscient collectif, est une caractéristique physique des gens nerveux, impulsifs.

En psychologie évolutionniste, nous dirions que ce sont des traits qui représentent un danger potentiel qu’il vaut mieux fuir.

Ensuite, il ne cligne des paupières que lorsque sa tête bouge. On dit qu’il a des clignements psychomoteurs, c’est-à-dire qui ne véhiculent pas d’émotion. Ce qui renforce cette perception de danger potentiel.

Dès lors que vous observez un trait que vous assimilez à un danger, même s’il est minime, c’est bien lui qui donnera la teinte du rapport interindividuel. Ce n’est que dans la discussion que vous vous apercevrez que finalement, le doute du danger potentiel peut être levé… ou pas !

Ainsi, Jean-François est angoissé par la situation, vite débordé par le trac, hypersensible et empathique, il ne sait pas comment gérer ses émotions.

PS : merci à Stéphanie pour la vidéo et à vous, faites attention au biais de confirmation et à votre première impression.

 

L amour est dans le pre 2018 jean francois

Affaire Maël Combier : application au schéma intégratif de la motivation

Pour faire suite à mon schéma intégratif de la motivation, voici un cas appliqué à un comportement criminel : l’affaire Maël Combier.

Petit rappel emprunté à TéléStar :

« Ce 25 février 2011, Samira Ben Saad et Maël Combier vivent une relation passionnée. Ils se sont rencontrés en boîte de nuit l'été précédent. Elle vit à Crest, une petite ville du département de la Drôme, elle a 20 ans, pose pour des photos et rêve de devenir mannequin. Il en a 22, travaille à Valence pour une entreprise de travaux d'étanchéité, il aime le football et plaît beaucoup aux filles. Leurs disputes sont fréquentes et, inlassablement, leurs retrouvailles sont enflammées. Mais le jour où Samira apprend que celui qu'elle aime à la folie est déjà marié et bientôt père de famille, elle rentre dans une colère noire, le menace et lui promet l'enfer pour s'être moqué d'elle. Aussi, lorsque Maël lui propose de l'emmener en week-end romantique en Italie, la jeune femme se méfie. Mais elle espère tellement voir leur histoire prendre une nouvelle dimension qu'elle accepte de le suivre. Or Maël a bien autre chose en tête qu'une promesse d'avenir. Dans son blouson, il dissimule un revolver et, au détour d'un chemin boisé, il sort son arme et tire. »

Je reprends individuellement chaque item de mon schéma en l’illustrant des éléments de cette affaire. Pour une meilleure compréhension, Maël Combier sera l’Agent 1 et Samira Ben Saad sera l’Agent 2.

L’objectif de cet exercice est de comprendre comment une passion amoureuse en est arrivée à devenir une tragédie. L'utilisation du schéma intégratif de la motivation permet une première analyse pratique/pragmatique pour bien comprendre la situation.

Environnement

C’est un environnement construit, A1 et A2 sont actifs professionnellement et dans leur sphère privée.

Agent 1

Cognitif : une intelligence que je qualifierais de moyenne, par défaut et parce que rien dans les articles que j’ai pu lire ne me fait penser qu’il est un débile profond ou d’une intelligence supérieure. Il occupe un poste professionnel qui demande certaines qualifications et aptitudes intellectuelles.

Affectif : immature, séducteur, menteur, gestion des émotions difficile.

Biologique : néant selon les articles lus, ni sur le plan psychopathologique.

Agent 2

Cognitif : une intelligence que je qualifierais de moyenne basse au vue des interviews que j’ai pu regarder et de sa capacité de réfléxivité, de prise de distance par rapport à la situation.

Affectif : immature également, séductrice elle aussi, gestion des émotions difficile encore et un brin utopiste négative.

Biologique : néant selon les articles lus, ni sur le plan psychopathologique.

Les deux amants sont plutôt orientés vers une stratégie de vie de type « r » (J. P. Rushton), c’est-à-dire avec une stratégie de vie à court terme, aucune anticipation, l’effort est porté sur la reproduction (en terme évolutionniste), impulsivité, hypersexualité.

Intentionnalité

Agent 1 : il use de séduction et multiplie les partenaires tout en essayant, en parallèle, de maintenir un semblant d’équilibre familial qui lui donne bonne conscience et seul gage de stabilité.

Agent 2 : séductrice, elle souhaite trouver à tout prix celui qui la sortira de sa condition sociale qu’elle juge non valorisante (utopie négative) et qui lui fera accéder à son idéal du Moi.

Pensée anticipatrice

Agent 1 : il doit gérer la tension psychologique générée par une situation antagoniste ; d’un côté le désir de stabilité, de l’autre ses pulsions sexuelles. Il suit des buts exclusivement proximaux, assez facile à atteindre.

Agent 2 : elle voit l’Agent 1 comme son sauveur, comme son avenir qu’elle fantasme prometteur. Elle suit des buts distaux, plus difficiles à rendre concrets et donc atteignables.

Auto-Réactivité

Pour les deux Agents, nous voyons très bien, au-travers de leur passion, que l’autorégulation n’est pas leur point fort. La réflexivité est un mot, une compétence dont ils ignorent tout. Ils ont tous deux un fonctionnement auto centré à ceci près que l’Agent 1 est dans un mode « proactif » pour préserver à tout prix son équilibre. Alors que l’Agent 2 est dans un mode « inhibiteur ». Elle rêve de vivre avec l’Agent 1 et elle a très mal réagi lorsqu’elle a appris que l’Agent 1 était marié et allait devenir père. Elle a donc des valeurs intrinsèques fortes et reconnues socialement.

Conclusion

En termes de coping et de mécanismes de défense adaptative, l’Agent 1 est un sujet au fonctionnement mental dysfonctionnel. Lorsqu’il perçoit une menace, ses défenses immatures en font une évaluation erronée et la représentation mentale s’en trouve déformée. Ainsi, la réalité est altérée, mal évaluée et le coping est inapproprié. Parce que la détresse est surévaluée, la contrôlabilité perçue quant à elle est sous-évaluée. Les évènements ne manqueront pas de se répéter. Malheureusement, si des éléments extérieurs viennent à renforcer la menace – comme des proches qui menacent physiquement la personne ou encore être harcelé avec 150 appels téléphoniques par jour – il est fort probable qu’il y ait passage à l’acte pour tenter d’annuler, de déplacer ou d’amoindrir la menace.

Maël Combier a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle, par la Cour d’Assises de la Drôme, reconnu coupable de tentative d’assassinat avec préméditation sur la personne de Samira Ben Saad.

 

Mael combier

Instant popcorn : analyse comportementale de Mathieu, invité à « c’est mon choix : je suis un monstre en amour »

Entrée en matière…

Ce cher Mathieu, puisqu’il s’agit de lui, arbore une chemise bleue ciel assez ouverte pour laisser entrevoir un torse… glabre, tatoué… mais pas musclé. Un ego… presque affirmé, pas totalement parce qu’atténué par le tatouage sur son avant-bras droit (il n’y en a pas sur son bras gauche, ce qui aurait véhiculé des valeurs d’identification aux tatouages, de personnification, de symbolisation et qui aurait rendu l’acte plus authentique). C’est un endroit sur le corps qui traduit un désir de protection face à une possible agression extérieure teintée d’un désir d’être un individu dans l’action (vs passivité).

Une ambivalence que nous retrouvons avec les 2 boucles d’oreilles portées, bien que cela soit un attribut plutôt féminin à la base (qu’on le veuille ou non) et les gesticulations pseudo machistes servant – peu ou prou – à l’illustration d’un discours spectaculaire. C’est un sketch… Les coudes sont placés largement loin du tronc (un « i » comme dirait l’autre) avec ce désir inconscient d’occuper le plus d’espace possible (expego : expansion de l’ego). Une attitude d’acteur singée qui surligne de façon outrancière ce qui devrait représenter la masculinité.

Constatons également que ce cher Mathieu est assis en arrière, sur sa droite. Attitude typique de l’esprit qui analyse de façon critique le discours de l’autre afin de pouvoir contre argumenter. Nous sommes bien loin d’une attitude d’Alpha qui serait planté sur ses jambes bien ancrées au sol, les coudes reposant sur ses genoux et le torse bien en avant pour affronter l’adversaire… l’autre.

 

Mais qu’en est-il ?

Au lieu de cela, le jeune-adulte-père-immature à sa jambe droite pliée à 90° et posée sur la gauche, formant ainsi un bouclier sensé le protéger des agressions verbales extérieures.

Attitude défensive donc, voire agressive aussi, lorsque le dos de sa main vient se placer contre sa mâchoire droite.

 

Que devrions-nous attendre d’un Alpha ?

Hormis l’attitude précédemment décrite, nous devrions observer un menton relevé, une personne qui vous parle en vous regardant de façon prédominante avec sa face droite, des sourcils mobiles, des gestes figuratifs et hauts, un discours spectaculaire ou encore un corps tonique et souple.

Nous avons finalement un corps tendu, sur la défensive avec une façon de regarder (son axe de tête donc…) qui traduit tantôt l’esprit critique, tantôt la soumission. Son attitude corporelle illustre un mal être vécu à l’encontre de la gente féminine.

 

Base du profil de Mathieu ?

C’est un orgueilleux immature  qui souffre d’un complexe d’infériorité. Il se place « en-dessous » de la relation avec la femme, si bien qu’il fuit et évite tout conflit en mettant un terme à la relation en premier (fuite et évitement en termes psy). Mathieu a peur de reconnaître ses propres besoins, il veut éviter la banalité et les conflits.

 

Quelle stratégie adopter face à lui ?

Dans une attitude de séduction, le plus simple est de le fuir, de l’éviter ou de ne pas lui accorder le moindre regard. Il faut l’ignorer et faire comme s’il n’existait pas. Ce qui va le pousser à s’interroger sur sa façon de faire et sur son pseudo pouvoir de séduction.

Mais si vous souhaitez néanmoins aller plus loin (chacun ses motivations après tout…), vous devez le faire parler, s’expliquer afin qu’il se dévoile. Ne pas la laisser parler uniquement de vous et de ce que vous espérez.

Bon après, il y a une question de valeurs personnelles qui sont transmises par l’éducation, il y a la maturité… 2 éléments qui lui font crassement défaut ! Quant au fait que ce genre de gars arrive à faire des collections, disons qu’il y a toujours quelque chose qui m’échappe !

 

Le prochain article traitera certainement de la modélisation du comportement, les motivations et ses facteurs…

Bonnes vacances et portez-vous bien !

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=7ipFJHTrup0

 

Mathieu c est mon choix

Etre visible pour exister !

Un changement de paradigme sociétal violent

Les nouvelles technologies ont imprégné les dernières générations qui ont elles-mêmes contaminées leurs parents toujours plus désireux de revivre leur enfance.

La thérapie « spectacle »  a pris le pas sur la thérapie par la parole parce que les résultats peuvent être appréciés quasi instantanément – le besoin d’être a supplanté celui de l’écoute. C’est plus économique psychologiquement. L’existence se théâtralise, elle se met en scène. Chaque individu peut s’octroyer le rôle qu’il souhaite, même si le costume est trop grand.

A bas l’anonymat !

Constatons que la société de l’instantanéité fait fi des repères spatiaux et temporels, alors qu’ils sont des éléments structurants la personnalité. Cette béance spatiale et temporelle induit une pression constante d’une nécessité d’accélération avec un besoin pathologique de résultats. Cette confrontation au stress devient alors récurrente alors que chacun n’y réagit pas de la même façon.

Etre visible, c’est s’imposer de se montrer, de se dévoiler, de livrer au monde son espace intime. La conséquence directe est le développement d’un faux self par lequel l’individu semble s’épanouir et qui devient sa référence comportementale – mais c’est un faux semblant. Un peu comme un comique sur scène s’efforce aussi d’être comique lors d’une interview, d’une émission, parce que c’est le rôle que les autres attendent de lui. Pourquoi ne pas être… lui-même au lieu de répondre à cette injonction paradoxale ? Ce qui n’enlèverait rien à sa prestation scénique bien sûr. Ça pourrait même lui donner plus de densité, de consistance et donc d’intérêt au regard des autres. Vivre sur son faux self, c’est s’enfoncer toujours un peu plus dans les sables mouvants de son angoisse.

L’éducation trop permissive contribue au règne de l’enfant roi qui deviendra un adulte omniscient dans une société immature. Un peu beaucoup comme dans la publicité « à ma guise » : https://www.youtube.com/watch?v=9BEHYi_3N9E

Etre visible, c’est être « tendance », « hypermoderne », c’est absolument devoir appartenir à un groupe et ça passe par des superlatifs, parce qu’être bon ne suffit pas. Il faut être le meilleur et le plus rapide. Un comportement individuel qui fait tâche d’encre et qui se meut en une norme collective (par définition). C’est ubuesque et abscons.

Se démarquer, chercher le buzz et les likes pour trouver une certaine singularité et être reconnu de tous comme tel. Tant pis si cela entraîne des dérives identitaires. Si l’individu est omniscient et se vautre dans l’extimité (versus intimité) qui n’existe que pour tenter de réparer une blessure narcissique. La frontière entre la sphère publique/professionnelle/privée en devient poreuse, voire inexistante.

Pour quels résultats ?

Lorsque ce système de fonctionnement de la personnalité, préconsciente voire consciente, cette adaptation à l’angoisse est créatrice, alors elle est vertueuse. Ca fait naître des émotions, ça cultive et présente un vrai intérêt pour s’enrichir intellectuellement.

Lorsque l’individu s’accommode mal de cette adaptation, qu’elle se trouve forcée, l’angoisse trouve là un terrain fertile. Prenons l’exemple de 2 adolescents dont l’un possède une capacité vocale au-dessus de la moyenne, et l’autre qui aimerait être doté d’une telle faculté. Si le 1er publie une vidéo sur youtube, il est certain qu’il emportera l’adhésion d’un grand nombre d’internaute. Si le 2nd publie une vidéo sur youtube, il est certain qu’il sera pris à partie dans les commentaires de ces mêmes internautes. Le résultat psychologique est facile à prédire et il peut être dévastateur. Vous pouvez faire une translation de cet exemple dans le monde de l’entreprise et du management en particulier. Comme vu plus haut, la gestion du stress est une affaire individuelle. Une personne stressée par la pression (du résultat ou un autre facteur) peut la transformer en stress positif si elle en a les capacités. Le cas échéant, elle fera un burn out ou elle se montrera autoritaire et peu dans le lien avec les autres. Que la personne soit en haut de la pyramide ou à la base, c’est le même processus.

Le burn out systémique ou l’avènement du syndrome post traumatique

Il ne faut pas se voiler la face. La vérité est que les entreprises n’ont pas pris toute la mesure du burn out. Si vous êtes en arrêt de travail, le médecin du travail a pour rôle de statuer sur votre capacité à reprendre l’activité ou non. Si vous pensez que votre employeur va organiser votre retour dans les meilleures conditions, c’est que vous n’avez pas encore fait votre deuil d’utopie positive professionnelle. La société vous le démontre tous les jours, il n’existe qu’un seul temps : celui de l’immédiateté.

Si le burn out est une adaptation face à un stress, il fonctionne de la même façon que le syndrome post traumatique : troubles du sommeil, troubles de l’appétit, reviviscences, pensées intrusives, perte de repères temporels, altération de la personnalité, troubles de l’humeur, culpabilité, honte, dissociation, évitement, repli social… je continue ?

Si la Green Revolution est en marche, alors il serait temps de repenser le système des valeurs actuel.

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"Leaving Neverland" : témoignages authentiques ?

Cet article porte sur « Leaving Neverland » que M6 diffusera le 21 mars prochain.

A l’origine, j’aurais dû livrer les résultats de mon analyse lors de l’émission sur C8 : « balance ton post », cependant pour des raisons de ligne éditoriale, il n’en a pas été ainsi. Je vous la partage, elle porte sur la structure du langage corporel des victimes présumées Wade Robson et James Safechuck.

Aujourd’hui, les 2 victimes présumées ont compris qu’elles avaient été abusées sexuellement et manipulées psychologiquement par celui qu’elles idolâtraient. C’est le même processus que nous retrouvons dans le syndrome post traumatique et qui explique pourquoi, au bout de plusieurs dizaines d’années, les victimes finissent par tout révéler.

Que ressentent Wade et James ? Leur témoignage peut-il être qualifié d’authentique alors que leurs détracteurs leur opposent l’appât du gain ?

Avant de répondre à cette question, je souhaite rappeler quels sont les marqueurs gestuels que nous retrouvons lorsqu’une victime témoigne.

Tout d’abord, il y a l’emploi du « je » qui confère une responsabilité à celui qui l’emploie, responsabilité dans le sens où le témoin s’associe pleinement au discours, ce qui n’est pas le cas lorsqu’un mensonge est dit. Wade et James l’emploient systématiquement.

Les clignements de paupières plus nombreux témoignent d’une émotion fortement ressentie et dans le cas présent, c’est de la tristesse. C’est le cas lorsque la « masturbation » est évoquée et le fait que cela doive rester un secret. Le clignement de paupières est même bien plus long qu’à la normale. C’est encore le cas lorsque Wade évoque les abus sexuels subis dès les premiers jours et c’est toujours le cas lorsque James témoigne avec la boîte à bijoux dans ses mains.

Les gestes projectifs sont également un élément important de la véracité d’un discours. Ce sont des gestes faits plutôt près du corps, plutôt arrondi, paumes des mains tournées vers soi et qui permettent  de s’associer à son discours. Ces gestes projectifs sont nombreux dans les 2 témoignages, notamment lorsque James parle d’un matin où il se réveille et que MJ n’est pas à ses côtés.

Ce qu’on appelle les gestes de cognition incarnée ou située,  sont des gestes qui reproduisent l’espace et l’emplacement d’objets, de personnes pour vous faire visualiser la scène. C’est exactement ce que fait Wade lorsqu’il évoque la scène avec MJ ou encore lorsque Wade parle des masturbations subies ou des caresses lors de leur routine sexuelle.

Et puis il y a les autres gestes… les nombreuses mises à distance lorsque Wade et James élèvent leur sourcil droit, les émotions composites comme la tristesse qui se lit dans les yeux de Wade à l’évocation des masturbations, alors que sa bouche trahit son mépris pour l’acte. Les genoux qui sont systématiquement mis en protection, une jambe sur l’autre pour les 2 victimes présumées. C’est aussi lorsque James évoque « a film park in someone tales» et qu’il nous en fait comprendre toute l’ironie par son index gauche qui vient faire un mouvement de rejet, en se déplaçant de la base du nez vers le haut. C’est aussi la vive colère qui se manifeste sur le visage de Wade lorsqu’il se rappelle la sensation de ses mains dans les cheveux de MJ ou encore quand Wade se mord l’intérieur de la lèvre gauche, signe d’une forte émotion négative ou enfin lorsque James refait ce geste de rejet avec son index sur son nez lorsqu’il termine par « I was 7 ».

Alors ceux qui ont l’habitude d’observer les gestes se disent que c’est quand même bizarre que, si souvent, Wade et James placent leur regard sur leur droite (les images ne sont pas inversées), en futur cognitif ou émotionnel ce qui voudrait dire qu’ils cherchent comment orienter leur discours, qu’ils cherchent leurs mots, voire qu’ils inventent en même temps qu’ils relatent.

Mais là, ils se trompent, leur regard fuit l’image qu’ils se représentaient de leur idole. Ils placent MJ à l’extérieur de leur bulle, ils le mettent à distance, ils le chassent.

Que ressentent Wade et James, les 2 victimes présumées de MJ ? Leur témoignage est-il authentique ?

Ils aiment et idolâtrent un artiste de génie mais qui par ses manipulations et ses abus leur a causé un traumatisme psychologique dont ils mesurent aujourd’hui les dégâts. Lorsqu’ils étaient enfants, ils n’avaient pas le discernement nécessaire pour s’opposer à leur Dieu, ils voulaient juste lui faire plaisir pour que Dieu les estime et les aime. Leur témoignage peut-il être qualifié d'authentique ? Il en contient tous les marqueurs gestuels. Et les familles ? A minima, elles sont coupables d’une naïveté criminelle… un adulte ne dort pas avec un enfant.

 

Doc leaving neverland

Retour sur "Ethologie, biologie du comportement"

Dans cet article, je reprends quelques idées marquantes largement développées dans « Ethologie, biologie du comportement » d’Irenäus Eibl-Eibesfeldt (éd. Naturalia et biologia, 3ème édition). J’ai regroupé ces idées en 3 parties, certaines phrases peuvent être reprises telles quelles, je l’assume pleinement. L’objectif de cet article est d’éclairer celles et ceux qui aimeraient lire le livre, mais également celles et ceux qui souhaitent disposer de l’information sans pour autant le lire. Ce qui est intéressant, c’est que le contenu trouve un large écho dans notre société contemporaine, également dans la discipline de la Synergologie quant à son approche.

L’auteur autrichien (1928-2018) a été le fondateur de l’éthologie humaine et fut le premier à appliquer la méthode d’observation et de raisonnement de l’éthologie au comportement humain (wikipédia). C’est évidemment ce qui m’a attiré dans cette bible éthologique extrêmement bien documentée, qui fait suite aux travaux de Konrad Lorenz, grâce à laquelle nous pouvons faire des extrapolations avec nos comportements humains.

L’observation des comportements dans leur milieu

Le comportementaliste, l’éthologue, observe un animal au cours d’une activité déterminée et se demande pourquoi il agit ainsi et pas autrement. Il observe l’animal aussi bien dans son milieu naturel qu’au cours d’expériences qui visent une activité spécifique. C’est d’ailleurs ce que nous faisons en Synergologie lorsque nous voulons trouver un sens à un ou plusieurs gestes. Nous codons ce geste, nous l’observons en milieu naturel et dans des conditions recréées puis nous en déduisons un horizon de sens. « L’apparition d’un signe, d’un geste, dans le champ de perception d’un sujet provoque toujours une réponse qui annule les effets du signe perçu, ce qui met fin à l’action. C’est par exemple le cas lorsque le message porteur de signes est du domaine alimentaire, il est annulé en étant dévoré, sinon il est anéanti car lorsque la satiété intervient, les récepteurs sensoriels cessent de le percevoir. » Dès que la réaction au signe s’est produite, le cycle (l’action) a été accompli et s’éteint. Le cas échéant, le cycle reste en quelque sorte en suspens, créant ainsi une frustration qui ne demandera qu’à se décharger et tant qu’elle ne le sera pas, elle enflera.

L’éthologue a créé l’éthogramme comme un inventaire des comportements dont chacun doit rendre compte de chaque détail de l’action. Pour qu’il soit le plus complet possible, l’analyse s’effectue sur vidéo visionnée au ralenti ou en accéléré donnant des renseignements que l’observation directe n’est pas capable de fournir (c’est exactement le même procédé que nous réalisons en Synergologie).

Les comportements pour communiquer ?

Entre membres d’une même espèce, il existe des forces qui peuvent agir aussi bien dans le sens de l’attraction que dans la répulsion. Les individus sont souvent porteurs de signaux évocateurs agressifs, opposant une barrière perceptible, inconsciemment ou consciemment, à toute approche. Cette barrière devra être levée à un moment donné pour la bonne gestion du groupe, la cohésion sociale, l’organisation des différentes tâches. Une abondance de types de comportements et de signaux joue le rôle de tampon, aussi bien lors des nouvelles prises de contact que dans le maintien de la continuité de ces relations. Ceux des signaux qui règlent les actions intra spécifiques, servant au maintien de l’isolement de l’espèce, sont en général tellement spécifiques qu’ils peuvent être compris que par les membres de l’espèce. Là, j’attire votre attention sur le parallèle évident à faire avec les humains en termes de communautarisme. Chaque groupe d’individus possède son langage verbal et non verbal, ses valeurs qu’il va défendre bec et ongles contre d’autres groupes perçus comme une menace et les exemples ne manquent malheureusement pas aujourd’hui (gilets jaunes, extrémisme, djihadisme, communautarisme, féminisme…).

Pour prendre l’exemple des corbeaux, les sons appris leur servent à la communication avec d’autres espèces. Cependant, lorsqu’une situation critique/vitale apparaît, les appels émis ne peuvent pas être remplacés par ceux qui ont été appris. Ce sont les comportements instinctifs propres à un système, à un groupe ou une espèce qui vont s’exprimer naturellement en premier. Par extrapolation, si une personne d’un naturel peureux se forme à un système d’autodéfense, en cas de situation vitale engagée il est probable que sa peur grégaire dicte sa réaction face à l’agresseur (fuite ou immobilité) nonobstant ce qu’elle a appris, sauf si elle s’est confrontée à cette situation de façon répétitive et dans des conditions proches de la réalité (et donc pas en dilettante).

Par ailleurs et parce que l’agressivité sous toutes ses formes régit la survie de l’espèce, le rire est une cérémonie d’accueil dérivée d’un mouvement de menace, ce qui est rendu possible par le fait de montrer les dents (Lorenz). N. Bolwig l’interprète comme une morsure ritualisée parce que l’extériorisation rythmique de la voix fait penser à celle des sons similaires produits par un groupe de primates quand ils menacent un ennemi à l’unisson. Le rire, par ce qu’il véhicule inconsciemment comme possibilité de défense et donc d’agression, permet de faire descendre la tension lors d’une confrontation (le rire voire le sourire et pas la moquerie qui elle génèrera une réaction agressive).

Agressivité et rire pour moduler les relations mais parfois, une situation stimulante est telle que différentes appétences sont activées simultanément, comme par exemple les désirs d’attaquer et de fuir. De tels types de comportements directement opposés entrent en conflit les uns les autres, et le résultat peut prendre différentes tournures. On peut parler d’ambivalence simultanée dans lesquels les deux systèmes activés l’emportent simultanément. On parle de masquage si un comportement en supprime un autre, sans pour autant les empêcher d’apparaître tous les deux ensembles. En psychologie, on parle de somatisation, en Synergologie ce hïatus de communication est connu comme étant une chimère.

Chez les animaux comme chez les humains, ce flux d’excitation antagoniste est déchargé sous forme de gestes comme la recherche d’appui, se frotter, s’essuyer, se gratter avec la main, les yeux, la bouche, de passer la main sur la barbe (présente ou pas). Ces mouvements de dérivation ne se produisent pas seulement quand les conduites antagonistes sont activées mais également quand le « but » d’un comportement est atteint trop vite. C’est le cas lorsque le rival, avec lequel l’animal est engagé dans un combat, s’enfuit trop rapidement ou quand un stimulus attendu ne se manifeste pas. Ce moment-là est particulièrement intéressant à décrypter, à analyser pour comprendre ce qui l’a provoqué.

Les comportements : éléments essentiels à la survie de l’espèce ?

Selon Lorenz, le comportement des individus dépend beaucoup plus des composantes innées qu’apprises. "L’exemple est flagrant de l’homme par la disproportion entre ses énormes succès dans la domination de son environnement et son incapacité à résoudre les problèmes inhérents à son espèce."

C’est également le cas pour ce qui est de l’agression dont le comportement est toujours le résultat de frustrations (Dollard et coll., 1939). De ce point de vue, l’agression est donc réactionnelle et non l’expression d’une pulsion spontanée. Cependant, ce concept s’oppose à l’instinct dynamique d’agression que défendent Freud et Lorenz qui pour eux, serait la production d’excitations endogènes et le comportement appétitif correspondant. Pour une bonne inclusion et nous l’avons précédemment évoqué, il existe des voies de décharges de cette agressivité, comme de proférer des insultes ou de regarder des films au contenu agressif. Toutefois, la diminution de l’intensité des pulsions agressives n’est que temporaire parce qu’à terme, la régularité de la possibilité de décharge occasionne une sorte d’entraînement à l’agression. Ainsi, cette pulsion tend à se normaliser si elle n’est pas maîtrisée et le passage à l’acte devient probable.

Il existe une différence entre l’agression interspécifique et l’agression intraspécifique. Un carnivore combat différemment ses semblables et ses proies. Il est rare que les animaux, avec la force ou les armes naturelles dont certains sont dotés, les utilisent contre un congénère sans qu’il y ait inhibition. « L’existence des combats ritualisés fait ressortir la force de pression sélective du comportement agressif. Faute de quoi, dans les espèces qui, par leur comportement agressif, sont capables d’endommager leurs congénères, il y aurait eu une contre-sélection ; en fait, les techniques de combat les plus compliquées se sont développées en vue de permettre que les combats tiennent lieu de mécanismes d’espacement. » Cette notion d’espace, de territoire, est primordiale. Notons que l’habitude d’attaques émerge graduellement au cours du développement infantile, quand les animaux font l’expérience de la douleur au travers de la compétition pour la nourriture, mais aussi dans les jeux.

La cause du comportement agressif est la désorganisation sociale, parce qu’à l’intérieur d’un groupe, l’agression est souvent neutralisée par le développement d’une hiérarchie. D’autre part, la conscience de groupe dans une société bien organisée augmente l’agressivité contre les étrangers (H D Schmidt, 1960). La hiérarchisation ne suppose pas seulement que quelques membres du groupe gagnent leur autorité, soit par des combats ou par des performances particulières, mais aussi que les subordonnés reconnaissent et acceptent cette hiérarchie. Seule cette faculté avec la disposition à la subordination rend possible la formation de sociétés stables.

Voilà ce que je pouvais rapporter comme informations sur ce livre, mais il y en a tant d’autres encore. Sans organisation sociale, pas de société stable, donc une évolution compromise. Les rapports sociaux sont gérés par l’agressivité à différents curseurs et leurs substituts. Reconnaître et comprendre les comportements permettent de donner de l’information et d’aider les personnes à y voir plus clair, à s’adapter, à vivre mieux si possible.

Le rapport aux autres est aujourd’hui violent, l’individualité et le communautarisme sont plébiscités. Ce sont des valeurs refuges parce qu’ils permettent de se rassurer, ce qui n’est pas la solution à moyen/long terme. Alors je me pose la question : le communautarisme est-il si gênant ? La réponse est « oui » tant que les membres d’une même communauté n’auront de cesse de vouloir s’étendre et diffuser LEUR bonne parole.

Que faut-il combattre hormis la sécularisation qui fonctionne de pair avec le prosélytisme ?

D’un point de vue purement psy, à la base est le traumatisme de la naissance (Otto Rank) mais ça, c’est une autre histoire…

 

Bonobo 2

Ancien combattant de l'EI : analyse comportementale !

Ils sont un nombre important de jeunes adultes et d’adultes à avoir souffert d’une non-reconnaissance de la société. Que ce soit pour des raisons de cellule familiale défectueuse ou d’une situation économique précaire, ils n’ont pas su investir leur déception/désillusion/rancune vers des voies socialement plus acceptables. Pourquoi ? Parce qu’ils tiennent les institutions pour responsables de leur situation et que, le cerveau étant un adepte de l’économie d’énergie psychique, la victimisation les renforce dans leur comportement.

Donc la voie la plus rapide à emprunter pour la reconnaissance de leurs pairs, et la plus rémunératrice dans un temps très court, c’est la délinquance. Et la voie la plus simple et aussi la plus rapide pour conforter leurs valeurs patriarcales, archaïques et machistes, c’est le salafisme.

Lorsque l’Etat Islamique entre en guerre, c’est alors la solution toute trouvée qui s’offre à eux. Mais aujourd’hui, ces guerriers opportunistes ont été faits prisonniers par les kurdes et ce n’est pas la même chanson, ce qui les poussent à vouloir demander, avec une espèce d’évidence, à retourner dans le pays (qu’ils ont combattu soit dit en passant).

 

Pour quelles raisons ? Ont-ils soudainement retrouvé le chemin des valeurs démocratiques et républicaines ? Envisagent-ils réellement que la femme est l’égale de l’homme ? Que la laïcité passe avant la religion ?

Dans ce témoignage, nous pouvons voir l’ancien combattant islamique assis naturellement sur sa chaise, bien appuyé contre le dossier. Nous n’observons aucune tension musculaire dans les épaules, il est donc apparemment détendu, sûr de lui et de son discours, de ses intentions. Ses mains sont confortablement posées sur ses cuisses, les doigts entrelacés toujours sans raideur. Notons que ses jambes sont largement écartées illustrant une posture archaïque du « dominant » et une estime de soi très affirmée. Comprenez « dominant » dans le sens animal du terme bien sûr !

A 28 sec., il parle de ses anciens amis mais les places à sa droite avec sa tête, donc en dehors de son cercle intime. Il parle de la religion qu’il place à sa gauche, c’est donc toujours un élément fondamental dans sa vie. L’injustice est également une valeur importante pour lui, ses pouces s’élèvent lorsqu’il l’évoque à 41 sec. avec un léger sourire ironique/sarcastique/cynique. Dans ces échanges, l’ancien combattant de Daech est dans le lien tout en gardant un certain sens critique, sa tête penche sur sa gauche mais il parle avec l’hémi visage droit, le menton bien relevé confirmant la haute estime qu’il se porte. C’est un homme fier.

 

Ça se gâte…

« Vous avez tué des gens pendant que vous étiez combattant ? » L’axe de tête de l’homme passe de gauche à droite, ce qui traduit un changement émotionnel… là, il y a matière à creuser la question ! Toujours avec sa tête, il confirme le « non » mais en débutant le mouvement par sa droite, c’est un « non » pour faire plaisir, empathique.

A nouveau, lorsque le journaliste lui demande : « comment on fait pour être combattant et ne jamais tirer sur des gens ? » Le regard se baisse sur sa gauche, se remémorant certains événements, puis « pourquoi tu veux tirer sur des gens ? (…) J’ai tué personne » avec un « non » empathique et sa main gauche qui recouvre sa main droite, signifiant que si le sujet l’implique bien personnellement, il ne doit pas céder à la spontanéité. C’est aussi une question à approfondir : quelle a été sa réelle implication en tant que combattant dans les rangs de Daech ?

 

Un peu de sincérité

Parce qu’il y en a à la question : « aujourd’hui, regrettez-vous d’avoir rejoint les rangs de Daech ? » le « oui » effectué avec le mouvement de tête est sincère, cependant les raisons de ce regret ne sont pas celles que l’on pourrait croire, c’est-à-dire la recherche d’un Etat où la religion est au-dessus de tout. D’autant qu’à 2 min. 44, sur comment va se sentir sa femme sans lui, c’est bien avec l’avant-bras gauche élevé qu’il assène : « elles sont faibles les femmes ! »

Par ce nouveau témoignage et de ce que j’en ai encore observé, lorsque certaines valeurs, certains comportements sont si profondément ancrés   dans la personnalité, il est vain de vouloir changer les choses. Malgré la communication qui est faite, le corps ne ment jamais, il est alors temps que la justice passe.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=8dwxl7kiVlM

 

Ancien daech

 

Le Comportementalisme pour les Nuls !

Le comportementalisme (ou encore le behaviorisme) est né à la fin du 19ème siècle, début du 20ème.

Son paradigme originel est que le comportement d’un individu est conditionné par une réponse réflexe à un stimulus, puis il a évolué avec l’introduction de l’interaction avec l’environnement.

L’objectif du comportementalisme est la prédiction et le contrôle du comportement, en faisant abstraction de l’économie psychique de l’individu. C’est donc se doter d’un pouvoir prédictif et d’une possibilité de modifier le comportement, de  l’induire.

Aujourd’hui, dans sa forme évoluée, ce sont les Thérapies Comportementales et Cognitives. A titre personnel, j’ajouterais que l’apport de l’outil de la Synergologie est une option forte pour affiner l’analyse du comportement.

Pour ma part, je situe les débuts du comportementalisme dans l’établissement de Jacques Belhomme, fin 18ème. Un lieu où sont regroupés les aliénés et les criminels, sans distinction et sans objectif thérapeutique. Ils vivent dans des conditions insalubres, ils sont maltraités et enchaînés et surtout, il faut qu’ils restent à la marge de la société. Ce type d’établissements se posait comme régulateurs sociaux.

C’est dans ces lieux que Philippe PINEL, s’appuyant sur l’expérience d’un surveillant – Jean-Baptiste PUSSIN, va intervenir pour développer ce qui sera le précurseur de la psychothérapie. PINEL considère que les aliénés peuvent être compris et soignés, et ça doit commencer par leur ôter leurs chaînes.

Le comportementalisme passe par les travaux d’Edward THORNDIKE (théorie connexionniste), d’Ivan PAVLOV (conditionnement répondant), de John Broadus WATSON (behaviorisme radical) et de Burrhus Frédéric SKINNER (conditionnement opérant).

SKINNER apporte les bases d’un conditionnement opérant, plus complexe que le conditionnement répondant Pavlovien. Il montre que les conditions qui entourent une action ont des conséquences sur celle-ci, et inversement. Les actions du conditionnement répondant sont en fait des réflexes, alors que celles du conditionnement opérant sont des conduites complexes qui interagissent avec leur milieu.

L’occurrence d’une réponse à un stimulus et à ses effets sur l’environnement accroît la probabilité qu’elle se renouvelle. C’est donc un ensemble de conditions et de conséquences qui déterminent le renouvellement du comportement et le renforce en tant que réponse adaptative.

Par exemple, l’agressivité, l’angoisse, la peur, le besoin compulsif d’ «avoir» se développent parce que l’environnement direct les a renforcés en y répondant favorablement. Il les a donc encouragés à se reproduire.

Ce qui est intéressant lorsqu’on ajoute à l’analyse comportementale le facteur « économie psychique », c’est que les mécanismes de défense que sont le refoulement et la sublimation revêtent la fonction de régulation et de transformation des pulsions en des voies plus acceptables socialement.

Ainsi, en agissant sur le comportement d’un individu, son système (en tant qu’environnement direct) et ses mécanismes de défense, le comportementaliste a la possibilité de ramener une personne dans un équilibre psychologique plus efficient.

J’observe aujourd’hui que les neurosciences travaillent à vouloir localiser dans le cerveau sa partie incriminée dans un comportement adapté et  inadapté. Les applications sont nombreuses, comme dans le domaine de la psychiatrie, de l’éducation… Cependant, le public profane pourrait croire que les neurosciences font l’impasse sur tout ce que nous avons vu plus haut et de surcroît, à cause d’une surmédiatisation des travaux réalisés et de leur vulgarisation, cela peut contribuer à diffuser des informations qui peuvent être mal interprétées par le public profane. Les projets développés sont passionnants, néanmoins je pense que l’individu peut en profiter pour se dédouaner de toute responsabilité quant à ses actes… mais ça, c’est un autre débat !

 

Comportementalisme

Liens :

http://cogimage.dsi.cnrs.fr/projets/dyco/index.htm

http://cogimage.dsi.cnrs.fr/projets/nemesis/index.htm

https://www.youtube.com/watch?v=QMJzZB2oQSA

https://www.youtube.com/watch?v=sFiPTGQnE08

https://www.revmed.ch/RMS/2006/RMS-82/31342

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/autisme

http://www.blog-lecerveau.org/blog/2014/05/19/deux-perles-de-vulgarisation-scientifique/

http://www.slate.fr/story/108511/mefiez-vous-neurosciences-education

 

http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Comportementalisme

http://www.synergologie.org/

http://psy-enfant.fr/comportementalisme-behaviorisme-tcc/

 

 

 

 

Analyse Flash : Redouane Faïd, braqueur un jour, braqueur toujours !

3 images simples pour illustrer qui est Redouane Faid, l’enfant qu’il a été et le braqueur qu’il sera toujours.

 

Redouane faid 1

« Je me suis toujours gardé de véhiculer une aura et une légende en disant que c’est bien de faire ça… »

Il le scande comme un mantra mais il énonce simplement le symbole qui le guide lui, et vers ce à quoi il veut tendre : être plus le plus reconnu de tous les braqueurs !

Les propos sont dits posément, sans agressivité qui elle, est lisible sur son corps. Sa langue sort de sa bouche pour y rentrer rapidement, une image presque imperceptible mais dont le sens est : je ravale mes propos.

Axe de tête latéral droit ajouté à un axe de tête rotatif droit, lesquels sont renforcés par un axe sagital supérieur. Il se croit et se place au-dessus des autres, guidé par l’ambition et la quête de reconnaissance : il se voit comme un rebelle et le dit avec le sourire.

La position du buste en arrière et vers sa droite montre qu’il est dans une posture analytique, réfléchie. Son sourcil gauche est relevé par rapport au droit, ce qui le met à distance des autres. Il se veut à part, différent.

 

Redouane faid 2

« Quand vous grandissez dans une cité, on fait pas attention à vous… »

Le voilà son point de départ d’adaptation sociale, son T0 qui motive son ambition. C’est ce que je tente de clamer, de relayer haut et fort que l’enfant a besoin d’attention, de bienveillance et d’inclusion. Le cas échéant, nul ne peut prédire les voies créatives qu’il peut emprunter pour arriver à exister.

Son menton est froncé en une moue de regret, de dépit qui transmet au fond une tristesse ressentie et contre balancé par un sourire ironique qui revient très souvent tout au long de ses interviews. Il nous rit au nez ! Sa tristesse est domestiquée et surmontée à grand renfort de clivage bien versus mal, vision pour le moins binaire et enfantine du monde vu par un petit gars de la cité (rien de péjoratif dans mes propos, je vous rassure). C’est malheureusement trop souvent la loi de la débrouillardise et du plus fort qui l’emporte dans cet environnement.

 

Redouane faid 3

« Je me suis fait arrêter et ça m’a servi à stopper tout ça… »

Aller, pour un peu on pourrait y croire… Non ? Non, pas une once de vérité dans tout cela. Comment serait-ce possible lorsque la tête se désaxe tellement pour venir se placer à l’opposé de ce que les yeux regardent ?! Ses paroles vont dans un sens, ce qu’il pense réellement va dans l’autre sens.

 

Criminel un jour, criminel toujours !

 

Lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_WJytJmlOqs

 

Affaire Alexia DAVAL : Enquête Criminelle W9

 

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Tout est la faute de la Femme !

« Le 23 mai 2014, Elliot Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement. Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations.

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième. Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme. Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route.

Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboarders et cyclistes.

Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné.

Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête. »

Lien vidéo Elliot Rodger : https://www.youtube.com/watch?v=G-gQ3aAdhIo

 

Mais quel est le lien entre les « incels » et Elliot Rodger et plus récemment Alek Minassian, l’auteur de l’attaque à la voiture bélier le 23 avril dernier ?

C’est le rapport conflictuel aux femmes et à la sexualité plus particulièrement. Je devrais même dire l’absence de sexualité parce que c’est bien son absence qui mène à la violence contre les femmes. Le ressentiment, la frustration, des mécanismes assez simples mais insidieux et ravageurs et toujours les mêmes victimes :

 

les femmes !

 

« Les incels sont la contraction de involuntary celibate, des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu’à leur vouer une haine féroce. (…) Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana, une canadienne. (…) En 1993, la jeune femme n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami. (…) A la fin des années 1990, elle crée un site, « Alana’s Involuntary Celibacy Project », qu’elle voulait comme une plate-forme d’entraide ouverte à ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelle. Les années passent et plus à l’aise socialement, elle finit par céder son site à un inconnu… » (Emilie Brouze – 26 avril – L’Obs)

Lien vers l’interview d’Alana : https://www.theguardian.com/world/2018/apr/25/woman-who-invented-incel-movement-interview-toronto-attack

 

Ce qui n’était au départ qu’un blog qui rassemblait des témoignages de jeunes n’ayant que peu de connaissances des codes sociaux, qui n’ont pas la chance d’avoir un physique « agréable » ou en tous les cas « dans la norme », s’est mû en un groupe d’hommes plus radicaux. Chaque membre participant à la dynamique malsaine de désigner ceux qui « réussissent » comme leurs ennemis.

Flashback... L’adolescence est marquée par ce désir de faire partie d’un groupe dans lequel l’individu s’identifie et y voit comme une reconnaissance, une appartenance. Il s’identifie à ses membres. L’inclusion est la vie ; le rejet est la mort. L’adolescence est aussi la période des premiers amours. Si chacun arrive dans l’adolescence avec son vécu familial, cette période particulière nécessite de reconnaître puis de s’approprier les codes sociaux. A défaut de schémas précoces adaptés, ce n’est ni plus ni moins que le rejet qui guette l’individu et ce rejet pourra être vécu comme violent/traumatisant.

Amour propre, estime de soi, valorisation sont les enjeux de l’inclusion et cela peut vite dégénérer en frustration, auto-dévalorisation, ressentiment ou encore conduite addictive et appétence traumatophilique. Ainsi, l’absence de relation affective, sentimentale, amoureuse, sexuelle créée une vive tension psychologique qui ne fera que s’exacerber à moyen et long terme, si l’individu ne réinvesti pas sa libido dans une voie socialement acceptable, et s’il ne se remet pas en question, alors la tension deviendra mortifère.

A ce stade-là, il existe différentes solutions proposées par notre belle et (si juste) société de consommation ! Là où tout se vit dans l’instantanéité, dans la possession et dans l’individualité, les sites pornos connaissent un essor fulgurant, les applications de rencontre se portent très bien alors même que hommes et femmes ne recherchent évidemment pas la même chose en s’y inscrivant. Même au niveau du simple plan Q, la femme va vouloir une certaine « bienséance » faisant office de préliminaires alors que l’homme peut aborder le date beaucoup plus « simplement » et zapper cette phase de « reconnaissance ».

Dans le traitement/l’assimilation d’une simple déception amoureuse ou même face à l’absence d’un quelconque intérêt affectif/amical envers un(e) individu(e), la différence entre genre est flagrante. Si la jeune femme peut se replier sur elle-même, consulter sa mère ou ses amies, le jeune homme va être envahi par une certaine violence créée par la frustration.

Pour des personnes influençables et "pauvres intellectuellement", le passage à l’acte violent est une option malheureusement de plus en plus choisie. Il s’agira alors de trouver un bouc-émissaire, de se victimiser, de partir à la recherche d’autres qui vivent le même malaise ou encore de s’endoctriner (religion), tout cela pour trouver une justification à son mal-être, pour décharger cette tension psychologique devenue invivable et pour être reconnu !

Pourtant, s’ouvrir aux autres, s’intéresser à l’art, à la littérature, faire du sport, du théâtre ou toute autre activité provoquera nécessairement une remise en question et permettra d’être plus ouvert, plus curieux, plus empathique.

 

En conclusion les gars, soyez moins cons !

 

 

Tintin

 

 

 

Le gendre idéal : Jonathann Daval !

Comment le gendre idéal a-t-il pu berner tout le monde ?

 

La question aurait pu se poser autrement : comment Jonathann Daval a-t-il pu mentir à tout le monde ? Mais d’ailleurs, a-t-il vraiment menti ? A-t-il caché une partie de la vérité ? A-t-il joué une sombre et cynique comédie ?

 

Se pose alors la question de l’authenticité et des signes qui permettent de la reconnaître. Lorsqu’une personne montre une émotion qu’elle ressent réellement, on s’attend à voir des épaules hypotoniques ou hypertoniques comme dans la tristesse ou la colère. On s’attend à une augmentation des clignements des paupières, des mouvements de bouche mais également à des gestes effectués avec les mains plus ou moins proches du corps.

 

Dans le cas de JD, seul le visage (d’après les vidéos que j’ai visionnées) nous apporte des éléments de réponse. Et au final, et évidemment renforcé par ses aveux, il s’agit d’un « mensonge vigilant », c’est-à-dire que JD doit en dire le moins possible afin que le peu d’informations verbales et non verbales extériorisées ne puissent lui être retournées. Il est donc confronté à une double contrainte : laisser s’extérioriser sa tristesse mais en en montrant le moins possible.

 

Avant d’analyser la vidéo et de vérifier s’il y a une émotion sous-jacente, il est important de rappeler les éléments connus.

 

Quels sont les éléments contextuels ?

 

D’abord JD affiche un physique petit, fluet, quelques rides sur le front, des sourcils peu mobiles, une coiffure branchée. JD apparaît comme une personne timide voire introvertie, il est informaticien, il est supporté par le père de sa femme lors des différentes sorties filmées. Il est à mille lieux d’un physique à la Charlton Heston et apparaît même efféminé…

 

JD a rencontré sa femme au lycée et il dit qu’ « elle a changé sa vie (…), qu’elle est une complice délicieuse » (Ouest-France). Elle avait 29 ans, était employée de banque, joggeuse donc active et énergique.

 

L’enquête a révélé une relation conflictuelle depuis quelques temps, avec des disputes que les voisins qualifient de crises hystériques, puis des échanges de SMS qui révèlent des propos violents de la part d’Alexia et enfin, une difficulté à concevoir un enfant (ce qui ne manque pas de créer des tensions, voire de les exacerber si elles étaient déjà existantes).

 

Meurtrier et triste à la fois ?

 

A l’analyse de la vidéo, il n’est vraiment pas aisé de se rendre compte que JD est l’auteur de ce crime sordide, cependant, quelques items peuvent être sujets à caution.

 

JD est authentique parce qu’il ne feint pas la tristesse. Elle est lisible sur toutes les images quand son hémi visage gauche est plus crispé que le droit (4 min. 05), avec les bords extérieurs de la bouche tombants, le menton qui se « froisse », ce ne sont pas des mimiques que l’on peut feindre facilement. Ses larmes sont bien là aussi. Les épaules sont hypotoniques, aucune des deux épaules n’est plus haute que l’autre donc il n’y a pas d’enjeu personnel, pas d’envie de performer. Les clignements d’yeux sont biens présents et même très (trop ?) appuyés, le chagrin éprouvé nécessite même l’ouverture de la bouche pour une meilleure oxygénation, on voit JD souffler souvent pour évacuer cette profonde tristesse. Son regard défocalise souvent mais de manière passive (4 min. 17 ; 4 min. 40 ; 5 min. 32), ce qui va dans le sens d’une authenticité. Par contre, nous ne voyons jamais de mouvement ni des bras, ni des mains, aucune micro démangeaison… mais JD est une personnalité timide et introvertie, voyez sa bouche souvent fermée (4 min. 17), son regard se baisse pour rentrer dans sa bulle (4 min. 44) ce qui est cohérent avec sa gestuelle économe.

 

Cependant, quelques items viennent parasiter le message…

 

A 4 min. 41, la bouche de JD se ferme en « huître » signifiant que des propos sont retenus, ce qui semble anachronique, d’autant que la langue sort pour rentrer immédiatement (ROBL10) confirmant cette envie de ne pas dire.

 

A 5 min. 47, JD a une déglutition marquée alors que je n’en ai pas vu précédemment et à nouveau sa langue qui sort pour rentrer immédiatement (ROBL10).

 

Enfin, et c’est pour moi le moment « clé » de ces items, à 5 min. 48, JD a une moue d’agacement, de circonspection avec une mise à distance des autres (ROBDGEA + ROSDA pour nous synergologues) sur la phrase prononcée par sa belle-mère : « cette marche que nous souhaitons silencieuse… ».

 

Comment expliquer ce hiatus ?

 

Je me permets une ou deux remarques qui pourront jouer un rôle dans l’explication. Le couple formé par JD et AD ressemble fortement à celui des parents d’AD. La mère est sur le devant de la scène, c’est elle qui parle, elle occupe une fonction de conseillère municipale, c’est donc une femme de pouvoir, alors que le père ne parle pas, il est effacé et soutient physiquement son gendre.

 

Le couple JD / AD habite dans la maison des grands-parents d’AD, ce n’est pas un bien acquis en commun (et alors me direz-vous ? J’y viens…).

 

JD a connu sa femme très jeune, au lycée, il dit qu’elle a changé sa vie, il est ainsi entré dans un processus d’idéalisation de sa femme, objet de son surinvestissement émotionnel. Le but étant de réparer évidemment un ego en berne, non valorisé et une faible estime de soi.

Cette idéalisation permet d’éviter la dépression mais qu’en est-il lorsque l’objet idéalisé souhaite vous quitter ? Si cela se réalisait, JD se serait retrouvé sans maison, sans femme, sans enfant promis et surtout, seul face à son narcissisme blessé et donc anéanti dans le sens le plus complet.

Malheureusement statistiquement, les hommes ont une fâcheuse tendance à passer à l’acte contre celle qui les menace de partir.

 

L’idéalisation fixe le couple dans un système non viable à terme, qui ne peut qu’imploser dès lors qu’un élément perturbateur vient mettre son grain de sable dans la machine d’un équilibre précaire. En particulier ici, le désir d’avoir un enfant est une difficulté dont, on peut facilement l’imaginer, chacun peut reprocher le tort à l’autre (je vous rappelle que AD est plutôt affirmée alors que JD est efféminé) et là, à chacun sa méthode… c’est ce qu’attestent les crises d’hystérie relatées par les voisins.

 

A mon humble avis, et là où JD ne pourra pas faire croire à la thèse de l’accident (un étranglement ne prend rarement que quelques secondes…), c’est qu’il avait conscience de ses actes et que le déni affiché lors de la conférence de presse et lors de la marche blanche n’a pas tenu face à la cruelle et sordide réalité.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vw4Ep_YvIos

 

J daval