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Affaire Alexia DAVAL : Enquête Criminelle W9

 

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Tout est la faute de la Femme !

« Le 23 mai 2014, Elliot Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement. Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations.

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième. Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme. Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route.

Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboarders et cyclistes.

Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné.

Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête. »

Lien vidéo Elliot Rodger : https://www.youtube.com/watch?v=G-gQ3aAdhIo

 

Mais quel est le lien entre les « incels » et Elliot Rodger et plus récemment Alek Minassian, l’auteur de l’attaque à la voiture bélier le 23 avril dernier ?

C’est le rapport conflictuel aux femmes et à la sexualité plus particulièrement. Je devrais même dire l’absence de sexualité parce que c’est bien son absence qui mène à la violence contre les femmes. Le ressentiment, la frustration, des mécanismes assez simples mais insidieux et ravageurs et toujours les mêmes victimes :

 

les femmes !

 

« Les incels sont la contraction de involuntary celibate, des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu’à leur vouer une haine féroce. (…) Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana, une canadienne. (…) En 1993, la jeune femme n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami. (…) A la fin des années 1990, elle crée un site, « Alana’s Involuntary Celibacy Project », qu’elle voulait comme une plate-forme d’entraide ouverte à ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelle. Les années passent et plus à l’aise socialement, elle finit par céder son site à un inconnu… » (Emilie Brouze – 26 avril – L’Obs)

Lien vers l’interview d’Alana : https://www.theguardian.com/world/2018/apr/25/woman-who-invented-incel-movement-interview-toronto-attack

 

Ce qui n’était au départ qu’un blog qui rassemblait des témoignages de jeunes n’ayant que peu de connaissances des codes sociaux, qui n’ont pas la chance d’avoir un physique « agréable » ou en tous les cas « dans la norme », s’est mû en un groupe d’hommes plus radicaux. Chaque membre participant à la dynamique malsaine de désigner ceux qui « réussissent » comme leurs ennemis.

Flashback... L’adolescence est marquée par ce désir de faire partie d’un groupe dans lequel l’individu s’identifie et y voit comme une reconnaissance, une appartenance. Il s’identifie à ses membres. L’inclusion est la vie ; le rejet est la mort. L’adolescence est aussi la période des premiers amours. Si chacun arrive dans l’adolescence avec son vécu familial, cette période particulière nécessite de reconnaître puis de s’approprier les codes sociaux. A défaut de schémas précoces adaptés, ce n’est ni plus ni moins que le rejet qui guette l’individu et ce rejet pourra être vécu comme violent/traumatisant.

Amour propre, estime de soi, valorisation sont les enjeux de l’inclusion et cela peut vite dégénérer en frustration, auto-dévalorisation, ressentiment ou encore conduite addictive et appétence traumatophilique. Ainsi, l’absence de relation affective, sentimentale, amoureuse, sexuelle créée une vive tension psychologique qui ne fera que s’exacerber à moyen et long terme, si l’individu ne réinvesti pas sa libido dans une voie socialement acceptable, et s’il ne se remet pas en question, alors la tension deviendra mortifère.

A ce stade-là, il existe différentes solutions proposées par notre belle et (si juste) société de consommation ! Là où tout se vit dans l’instantanéité, dans la possession et dans l’individualité, les sites pornos connaissent un essor fulgurant, les applications de rencontre se portent très bien alors même que hommes et femmes ne recherchent évidemment pas la même chose en s’y inscrivant. Même au niveau du simple plan Q, la femme va vouloir une certaine « bienséance » faisant office de préliminaires alors que l’homme peut aborder le date beaucoup plus « simplement » et zapper cette phase de « reconnaissance ».

Dans le traitement/l’assimilation d’une simple déception amoureuse ou même face à l’absence d’un quelconque intérêt affectif/amical envers un(e) individu(e), la différence entre genre est flagrante. Si la jeune femme peut se replier sur elle-même, consulter sa mère ou ses amies, le jeune homme va être envahi par une certaine violence créée par la frustration.

Pour des personnes influençables et "pauvres intellectuellement", le passage à l’acte violent est une option malheureusement de plus en plus choisie. Il s’agira alors de trouver un bouc-émissaire, de se victimiser, de partir à la recherche d’autres qui vivent le même malaise ou encore de s’endoctriner (religion), tout cela pour trouver une justification à son mal-être, pour décharger cette tension psychologique devenue invivable et pour être reconnu !

Pourtant, s’ouvrir aux autres, s’intéresser à l’art, à la littérature, faire du sport, du théâtre ou toute autre activité provoquera nécessairement une remise en question et permettra d’être plus ouvert, plus curieux, plus empathique.

 

En conclusion les gars, soyez moins cons !

 

 

Tintin

 

 

 

Le gendre idéal : Jonathann Daval !

Comment le gendre idéal a-t-il pu berner tout le monde ?

 

La question aurait pu se poser autrement : comment Jonathann Daval a-t-il pu mentir à tout le monde ? Mais d’ailleurs, a-t-il vraiment menti ? A-t-il caché une partie de la vérité ? A-t-il joué une sombre et cynique comédie ?

 

Se pose alors la question de l’authenticité et des signes qui permettent de la reconnaître. Lorsqu’une personne montre une émotion qu’elle ressent réellement, on s’attend à voir des épaules hypotoniques ou hypertoniques comme dans la tristesse ou la colère. On s’attend à une augmentation des clignements des paupières, des mouvements de bouche mais également à des gestes effectués avec les mains plus ou moins proches du corps.

 

Dans le cas de JD, seul le visage (d’après les vidéos que j’ai visionnées) nous apporte des éléments de réponse. Et au final, et évidemment renforcé par ses aveux, il s’agit d’un « mensonge vigilant », c’est-à-dire que JD doit en dire le moins possible afin que le peu d’informations verbales et non verbales extériorisées ne puissent lui être retournées. Il est donc confronté à une double contrainte : laisser s’extérioriser sa tristesse mais en en montrant le moins possible.

 

Avant d’analyser la vidéo et de vérifier s’il y a une émotion sous-jacente, il est important de rappeler les éléments connus.

 

Quels sont les éléments contextuels ?

 

D’abord JD affiche un physique petit, fluet, quelques rides sur le front, des sourcils peu mobiles, une coiffure branchée. JD apparaît comme une personne timide voire introvertie, il est informaticien, il est supporté par le père de sa femme lors des différentes sorties filmées. Il est à mille lieux d’un physique à la Charlton Heston et apparaît même efféminé…

 

JD a rencontré sa femme au lycée et il dit qu’ « elle a changé sa vie (…), qu’elle est une complice délicieuse » (Ouest-France). Elle avait 29 ans, était employée de banque, joggeuse donc active et énergique.

 

L’enquête a révélé une relation conflictuelle depuis quelques temps, avec des disputes que les voisins qualifient de crises hystériques, puis des échanges de SMS qui révèlent des propos violents de la part d’Alexia et enfin, une difficulté à concevoir un enfant (ce qui ne manque pas de créer des tensions, voire de les exacerber si elles étaient déjà existantes).

 

Meurtrier et triste à la fois ?

 

A l’analyse de la vidéo, il n’est vraiment pas aisé de se rendre compte que JD est l’auteur de ce crime sordide, cependant, quelques items peuvent être sujets à caution.

 

JD est authentique parce qu’il ne feint pas la tristesse. Elle est lisible sur toutes les images quand son hémi visage gauche est plus crispé que le droit (4 min. 05), avec les bords extérieurs de la bouche tombants, le menton qui se « froisse », ce ne sont pas des mimiques que l’on peut feindre facilement. Ses larmes sont bien là aussi. Les épaules sont hypotoniques, aucune des deux épaules n’est plus haute que l’autre donc il n’y a pas d’enjeu personnel, pas d’envie de performer. Les clignements d’yeux sont biens présents et même très (trop ?) appuyés, le chagrin éprouvé nécessite même l’ouverture de la bouche pour une meilleure oxygénation, on voit JD souffler souvent pour évacuer cette profonde tristesse. Son regard défocalise souvent mais de manière passive (4 min. 17 ; 4 min. 40 ; 5 min. 32), ce qui va dans le sens d’une authenticité. Par contre, nous ne voyons jamais de mouvement ni des bras, ni des mains, aucune micro démangeaison… mais JD est une personnalité timide et introvertie, voyez sa bouche souvent fermée (4 min. 17), son regard se baisse pour rentrer dans sa bulle (4 min. 44) ce qui est cohérent avec sa gestuelle économe.

 

Cependant, quelques items viennent parasiter le message…

 

A 4 min. 41, la bouche de JD se ferme en « huître » signifiant que des propos sont retenus, ce qui semble anachronique, d’autant que la langue sort pour rentrer immédiatement (ROBL10) confirmant cette envie de ne pas dire.

 

A 5 min. 47, JD a une déglutition marquée alors que je n’en ai pas vu précédemment et à nouveau sa langue qui sort pour rentrer immédiatement (ROBL10).

 

Enfin, et c’est pour moi le moment « clé » de ces items, à 5 min. 48, JD a une moue d’agacement, de circonspection avec une mise à distance des autres (ROBDGEA + ROSDA pour nous synergologues) sur la phrase prononcée par sa belle-mère : « cette marche que nous souhaitons silencieuse… ».

 

Comment expliquer ce hiatus ?

 

Je me permets une ou deux remarques qui pourront jouer un rôle dans l’explication. Le couple formé par JD et AD ressemble fortement à celui des parents d’AD. La mère est sur le devant de la scène, c’est elle qui parle, elle occupe une fonction de conseillère municipale, c’est donc une femme de pouvoir, alors que le père ne parle pas, il est effacé et soutient physiquement son gendre.

 

Le couple JD / AD habite dans la maison des grands-parents d’AD, ce n’est pas un bien acquis en commun (et alors me direz-vous ? J’y viens…).

 

JD a connu sa femme très jeune, au lycée, il dit qu’elle a changé sa vie, il est ainsi entré dans un processus d’idéalisation de sa femme, objet de son surinvestissement émotionnel. Le but étant de réparer évidemment un ego en berne, non valorisé et une faible estime de soi.

Cette idéalisation permet d’éviter la dépression mais qu’en est-il lorsque l’objet idéalisé souhaite vous quitter ? Si cela se réalisait, JD se serait retrouvé sans maison, sans femme, sans enfant promis et surtout, seul face à son narcissisme blessé et donc anéanti dans le sens le plus complet.

Malheureusement statistiquement, les hommes ont une fâcheuse tendance à passer à l’acte contre celle qui les menace de partir.

 

L’idéalisation fixe le couple dans un système non viable à terme, qui ne peut qu’imploser dès lors qu’un élément perturbateur vient mettre son grain de sable dans la machine d’un équilibre précaire. En particulier ici, le désir d’avoir un enfant est une difficulté dont, on peut facilement l’imaginer, chacun peut reprocher le tort à l’autre (je vous rappelle que AD est plutôt affirmée alors que JD est efféminé) et là, à chacun sa méthode… c’est ce qu’attestent les crises d’hystérie relatées par les voisins.

 

A mon humble avis, et là où JD ne pourra pas faire croire à la thèse de l’accident (un étranglement ne prend rarement que quelques secondes…), c’est qu’il avait conscience de ses actes et que le déni affiché lors de la conférence de presse et lors de la marche blanche n’a pas tenu face à la cruelle et sordide réalité.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vw4Ep_YvIos

 

J daval

Emilie Konig "je resterai ferme sur ma foi jusqu'à mon dernier souffle"

Paris Match a publié un portrait d’Emilie König le 02/01 dernier, très bien fait, que je vous invite à lire histoire que vous ayez une idée assez précise de qui est la française partie faire le djihad :

http://www.parismatch.com/Actu/International/Emilie-Koenig-portrait-d-une-djihadiste-francaise-arretee-en-Syrie-1430687#

Emilie König a été arrêtée en décembre dernier par la milice kurde YPG qui a diffusé une vidéo lundi :

https://www.youtube.com/watch?v=bCh5LyFIO5k

Mon analyse de sa gestuelle porte, non pas sur la véracité des tortures à l’encontre de la française convertie, mais sur la question de savoir s’il subsiste ce fanatisme religieux en elle. Lors de cette interview, Emilie König doit mettre sur le devant de la scène, en première ligne, le fait qu’elle n’est pas victime de torture, que tout va bien, une vie normale en somme comme toute jeune femme occidentale (qu’elle n’est plus).

Avec cet objectif en tête, EK doit poser un voile (très) épais sur ses convictions religieuses et là, il est (très) intéressant de voir comment le corps va gérer cette dichotomie.

Tout d’abord, il faut bien avoir en tête que le mensonge nécessite une forte concentration, une forte énergie cognitive pour garder le contrôle sur le message verbal relayé par le non verbal, afin que le tout forme un ensemble cohérent (d’autant qu’EK souhaite être jugée en France. Quels sont les atouts d’un système judiciaire tel que le système judiciaire français, face au système judiciaire turque, voire islamique ? C’est une vraie fausse question !).

Outre la concentration gourmande en énergie psychique que nécessite le mensonge, ce dernier est verbalisé avec une voix monocorde avec peu de variation de ton, d’intensité. Le regard est actif, peu dans l’émotionnel (donc dirigé sur les côtés ou vers le haut plutôt que vers le bas) hormis pour tous les souvenirs qui doivent représenter une part de vrai, pour venir enrichir le mensonge. Ce mélange aide à consommer un peu moins d’énergie et à une fonction de déresponsabilisation, « je ne mens pas tout à fait puisqu’il y a une partie de vrai dans ce que je vous raconte. »

 

A contrario, pour constater si la personne dit la vérité, il faut se poser la question de la fluidité du débit vocal, de la focalisation du regard qui doit à certains moments (inconscient) « être absent », un peu comme si la personne perdait contact avec son interlocuteur.

Enfin, il faut être attentif aux gestes visuo spaciaux qui ont la fonction de mimer et de faire revivre des scènes à la personne. Dans l’authenticité, le regard est actif, il est soutenu et conscient, la personne cligne plus des paupières que la norme (la moyenne est de 15 clignements par minute environs), les sourcils sont mobiles pour appuyer le discours.

 

Dans cette interview, ce qui est visible immédiatement, c’est que l’image n’est pas inversée, les inscriptions sur son pull sont bien lisibles. C’est aussi le contrôle qu’EK semble vouloir exercer sur son corps. Il est rigide, fixé dans une attitude qui se veut représenter la « détente et l’apaisement », en cela sa gestuelle est déjà un hiatus.

Sur les quelques minutes que représente la séquence, EK alterne le contrôle, la contradiction, le mépris et le désir de convaincre.

 

Au 1er visionnage, on peut se dire qu’EK semble détendue, autant qu’elle puisse l’être dans sa situation et elle tente de transmettre un message d’apaisement, de détachement voire de nonchalance. Je dirais qu’elle « fait comme si la situation était ordinaire ». Alors qu’elle est extraordinaire ! Son corps agit et réagit à la fois au message corporel de l’interviewer, miroir et réceptacle de son discours, mais aussi à ses propres pensées et valeurs morales bien ancrées dans son corps.

Ainsi, sa main droite est active alors que la gauche semble inerte, la position de son buste est rigide. Ces 2 éléments contribuent à illustrer le contrôle qu’elle souhaite exercer sur ses vrais desseins.

 

La contradiction entre ses valeurs morales, qu’elle a érigées en protection face à l’absence de son père, et les valeurs occidentales nécessaires à afficher se matérialise par le pouce droit levé lorsque sa main droite est tournée vers elle (à 2 sec.). « Il n’y a pas de différence entre nous et les filles du YPG », le geste de la main avec le poignet cassé et la paume dirigée vers elle signifie son intention de lier les 2 parties différentes entre elles.

C’est aussi le cas par la moue qu’elle fait très souvent avec la lèvre supérieure gauche levée - à 22 sec. sur « j’ai vu que les femmes du YPG ramenaient des bonbons… », à 50 sec. sur « mon arrestation », à 1 min. 18 lorsqu’elle évoque la communication avec sa mère, « je lui ai expliquée tout ça… » ; la langue qui sort au centre de la bouche pour rentrer sur le côté droit à 1 min. 16 sur « j’ai pris peur, j’ai téléphoné à ma mère, je lui ai expliquée tout ça… » ; et l’hémivisage qui, à 42 sec. sur « elles (les filles du YPG) nous apportent tout ce qu’on a besoin… », montre 2 émotions contraires. La partie supérieure du visage exprime la tristesse alors que la partie inférieure exprime la joie par un sourire social.

 

Ses tentatives de nous prendre à témoins, dans son désir de convaincre du fait qu’elle est bien traitée, sont mises en scène par un regard focalisé (consciemment) droit devant elle, en regardant l’objectif de la caméra à 35 sec. sur « on nous apporte du café… », à 1 min. 09 sur « j’ai entendu les femmes de Daech dirent qu’il y avait beaucoup d’injustice… qu’elles tapaient (les filles du YPG)… » et à 2 min. 08 lorsqu’elle énumère toutes les commodités apportées par les filles du YPG.

 

Toute cette stratégie s’avère vaine quand on voit/observe le mépris qui pointe insidieusement par les coins extérieurs de la bouche qui s’élèvent à 1 min. 03 juste avant qu’elle n’évoque les femmes de Daech, le menton qui s’élève à 2 min. 03 puis à 2 min. 29 lorsqu’elle évoque les commodités apportées par les filles du YPG et les médecins qui sont là pour les aider, et la moue de la lèvre supérieure gauche sur les mots « la croix rouge est présente… ». Lever le menton lorsqu’on évoque quelque chose c’est se positionner au-dessus et afficher son mépris sans le dire. Ayez en tête ce que représente l’image de la croix pour un musulman qui prône le djihad !

 

Alors non, EK ne semble pas si paisible que ça, non seulement à cause de sa situation de prisonnière mais encore moins par le fait qu’elle doive faire une croix (jeu de mot facile) sur les valeurs morales qu’elle idéalise, en particulier si elle veut être jugée en France pour pouvoir s’en sortir a minima. EK ment-elle quant à ses conditions de détention ? Pour avoir une idée franche, il aurait fallu procéder à un questionnement spécifique. En revanche ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas renoncé à ses valeurs morales prônant un Islam radical.

 

 

Emilie koenig

 

Décryptage de la prise de parole du djihadiste Hocine, arrêté à Raqqa

Décryptage comportemental, réalisé en binôme, de l’interview du djihadiste arrêté à Raqqa. Vous trouverez dans un premier temps l’analyse globale, puis l’analyse détaillée par séquence. L’interviewer écrit dans son article (LCI, le 30/10/17) que Hocine reconnaît avoir «commis une faute, celle d’être allé en Syrie. »

 

Conclusions globales de la séquence

 

Frantz BAGOË : Dans cette interview et face à une journaliste, le djihadiste français affiche une attitude de dominant qui regrette effectivement d’être venu à Raqqa, mais pas pour les raisons que l’on peut croire. Uniquement parce qu’il n’y a pas trouvé la charia telle qu’il l’avait fantasmée et qu’il adore encore.


Elodie MIELCZARECK : Personne dont la gestuelle de domination s’exprime tout au long de l’interview. Le fait que l’interviewer soit une femme biaise un peu la situation à analyser. Les items de dominance viennent parasiter l’échange : parties génitales exposées, gestes en hauteurs, intensité forte de la voix. Son rôle reste difficile à cerner. Cependant, on peut affirmer qu’il n’a sans doute pas été très actif (items plutôt authentique quand il évoque les « 4 vieux mis de côté »). Pour autant, son histoire du « bureau des mariages » est noyée dans un vocabulaire jargonnant et avec de multiples détours. De plus, quand il évoque son action principale, « noter, c’est tout », on observe une gesticulation / agitation des membres et de la voix + un corps qui part vers l’arrière et se désolidarise du propos. On peut en déduire que sans avoir participé aux combats, cette personne a eu un rôle plus important et beaucoup plus engageant que celui qu’elle dépeint. Contrairement à ce qu’elle affirme, l’idéologie islamiste est partagée. Il incarne un certain dégoût / mépris mêlé d’agressivité envers ceux qui ne respectent pas la charia. Il s’agit donc d’un individu « radicalisé ». La fin de l’interview converge vers des items d’authenticité et de sincérité : expressions de peur et d’angoisse (voire de désarroi) quand il évoque sa volonté de rentrer en France. Hypothèse : moins que l’idéologie peu satisfaisante (puisqu’il est pour la charia – contrairement à ce qu’il dira à la journaliste), ce sont sans doute les conditions de réalisation sur place qui l’ont déçues (rencontres, conditions de vie, etc.).

 

Résultats détaillés séquence par séquence

 

L’entrée dans la pièce : 1ère séquence

Elodie MIELCZAREK : gestuelle de domination sur la journaliste à 51 sec, avec une micro-traction quand il découvre la scène >>> volonté de performer, de se positionner au-dessus. Exposition des parties génitales tout du long de l’interview.


Frantz BAGOË : entièrement d’accord, il manifeste une volonté d’affirmation de soi, de rétablir son autorité qui est en jeu, notamment face à une journaliste femme. La double micro traction du t-shirt, alors qu’il n’y a aucune raison qu’il le fasse, en est une manifestation tout comme la position assise qu’il adopte, les jambes étant bien écartées et toujours face à la journaliste. C’est un moyen corporel de montrer qui est le mâle et que nous retrouvons fréquemment chez les singes. En Synergologie, nous avons inventé le terme d’EXPEGO pour cette expansion de l’ego.
Il est dans une logique dite « froide », ses propos sont appuyés par sa main droite et son axe de tête penche latéralement à droite, signe d’une volonté de contrôle de son discours (à 53 sec).

 

Le rôle et les responsabilités décrites : 2ème séquence

Elodie MIELCZARECK : sur son rôle, mi-vérité, pas beaucoup de clignements de paupières quand il évoque le « bureau de mariage » masque de rides sur le front, «là on leur propose des mariages », il noie son rôle en parlant du mot spécifique arabe (jargon) + endroit spécifique, pas de cognition incarnée, les deux mains s’agitent ensemble >>> gros doute.
« C’est de noter c’est tout » : corps qui part vers l’arrière, agitation du corps, accélération du débit vocal >>> il n’est pas à l’aise.
Interprétation : il n’était sans doute pas très actif, n’a pas forcément eu entraînement au combat mais son histoire de bureau des mariages ne tient pas la route. Il ne s’est pas contenté de noter…


Frantz BAGOË : oui, c’est un moment important dans l’interview lorsqu’il dit : « les sœurs qui ont perdu leur mari, on les met dans un endroit spécifique… », il aurait été judicieux de l’interroger dans le détail parce qu’il hoche sensiblement la tête sur le mot « spécifique ». A-t-il participé activement ? A-t-il vécu ça de loin ? Cependant, il semble qu’effectivement il n’ait pas été entraîné au combat, il est sincère.


Elodie MIELCZARECK : « 4 vieux mis de côté » logique chaude, main gauche active, plutôt vrai ?


Frantz BAGOË : je partage ton analyse, d’autant qu’il ne considère pas les jeunes djihadistes qu’il place à sa droite (1 min 14 sec). A ce stade, j’observe que le sourcil droit est continuellement relevé, traduisant une mise à distance des évènements. C’est-à-dire qu’il met toujours de la distance entre le monde extérieur et lui.

 

Sur l’idéologie islamiste et la charia : 3ème séquence

Elodie MIELCZARECK : sur sa radicalisation, gros items d’agressivité envers les « gens qui ont commis certains délits ». D’ailleurs les items d’agressivité pourraient être contre la charia. Mais le fait qu’ils disent « des gens qui » en épelant « commis certains délit » … « délit qui est contraire à la charia » montre que, contrairement à ce que dit la journaliste en off, il approuve cette loi islamique…

Frantz BAGOË : d’ailleurs lorsque les décapitations sont évoquées, il fait un geste d’arrêt de sa main droite, paume dirigée vers la journaliste, afin de préciser une inexactitude. Comme si ces actes barbares devaient trouver une justification quant à la qualité de leurs victimes.
Son regard semble ahurit voire même béat, comme les victimes de manipulateurs pervers (les gourous). Il n’a pas trouvé à Raqqa l’incarnation qu’il se faisait de la charia : « je suis venu de mon propre gré, sauf que j’ai rencontré des gens contraires » et c’est juste avant de dire cette dernière partie de phrase que son sourcil droit s’abaisse pour se positionner naturellement au même niveau que le gauche (1 min 55 sec). Il est là encore dans la sincérité, il voulait rejoindre un Etat qui appliquait la charia mais il a été déçu de ce qu’il a trouvé.


Elodie MIELCZARECK : « des gens contraires », « des émirs de l’Etat islamiques » : il est réellement déçu de qu’il a trouvé là-bas. Mais il approuve/approuvait l’idéologie islamiste. C’est plutôt les circonstances concrètes qui semblent l’avoir désappointé…
Items d’angoisse et de peur sincère : expressions de peur (rides sur le front) + yeux écarquillés + oui oui oui oui (on peut même parler de désarroi) >>> il veut vraiment rentrer en France !

 

Djihadiste

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=jnP0wZN8saU

Lien vers le site d’Elodie MIELCZAREK : http://www.analysedulangage.com

Suite au rapport sur le processus de radicalisation

Je relaye le « rapport de recherche pour la mission de recherche Droit et Justice » qui s’intitule « Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents », avril 2017, sous la direction scientifique de Xavier Crettiez et Romain Sèze.

 

Il aborde de manière exhaustive le processus de radicalisation dont les facteurs qui mènent au passage à l’acte terroriste.

Publié cette année, il m’incite à faire un parallèle avec deux articles que j’avais écrit en 2015 :

L’un à propos de « L’hébergeur de Saint-Denis » et l’autre à propos du besoin de solitude, qui expliquent les manques éducatifs et attentionnels.

 

Voici le lien vers le rapport :

 

https://www.inhesj.fr/fr/content/rapport-saisir-les-m%C3%A9canismes-de-la-radicalisation-violente

 

Voici les liens vers mes articles :

 

http://www.ds2c.fr/blog/pour-en-finir-avec-l-hebergeur-de-saint-denis.html

http://www.ds2c.fr/blog/nous-avons-tous-besoin-de-moments-de-solitude.html

 

Voici ce que j’écrivais sur l’hébergeur de Saint-Denis suite à mon analyse du langage non verbal.

« Son torse est bombé, le menton est haut pour toiser, regarder de haut et en biais. Drôle d’attitude pour celui dont l’appartement est actuellement pris d’assaut par la police. Ne devrait-il pas être inquiet ? Voire apeuré ?

Votre œil, même néophyte, a capté immédiatement cette attitude désinvolte qui ne cadre pas avec l’horreur des évènements. C’est une attitude arrogante que vous retrouvez systématiquement chez tous les délinquants de cités. (…) Il répond au journaliste mais son regard n’est pas dirigé vers son interlocuteur. Il conserve son ton nonchalant, distancié, (…) très enfantin. C’est ce qui trahit sa pensée. Voyez vos enfants qui ont fait une bêtise et que vous surprenez… ils adopteront la même attitude.

(…) Vigilance teintée d’un sentiment de supériorité affirmé. Ce sont bien les Institutions qu’il défie du regard (…), ce qui traduit une désinvolture méprisante.

Voici donc en 39 secondes, une stratégie comportementale puérile, construite sur la défiance à l’encontre des Institutions, de ce qui représente l’ordre, et qui malheureusement est le creuset des terroristes.

Ces personnes sont du pain béni en mal de valeurs et de reconnaissance.

Mais ne croyez surtout pas que l’hébergeur n’a pas conscience ni de ses actes, ni de la portée des évènements, il n’en a tout simplement pas cure… l’hébergeur est authentique dans son témoignage, il est certainement étonné de se retrouver au premier plan mais il est certain qu’il savait que ces squatteurs étaient des criminels. »

 

Au travers de ces 2 articles, j’avais rappelé l’importance de la socialisation et de ses effets, l’influence qu’exerce le groupe/le clan/la famille et comment peut naître le déficit d’estime de soi et le manque de reconnaissance de la part des parents en premier lieu, de la démocratie/de l’Etat ensuite.

 

Comme l’indique le rapport, « dans bien des cas, une situation de non-reconnaissance est renforcée par une combinaison entre, d’une part, une socialisation virile valorisant la force physique (le parallèle avec l’environnement des halls de cités est évident, c’est moi qui le note) et le mépris de la mort et, d’autre part, une dévalorisation volontaire du statut de donateur au sein d’une société, c’est-à-dire la méconnaissance du rôle des acteurs comme contributeur à une sphère d’interaction sociale. » L’hébergeur de Saint-Denis en est le symbole.

 

Cependant, j’insiste sur le fait que ce sentiment de non-reconnaissance est un sentiment qui, malheureusement, se partage trop facilement versus une émotion positive. Il existe aussi la possibilité qu’a tout individu à se remettre en question et à faire un véritable effort cognitif pour s’inscrire dans une démarche plus valorisante et reconnue par la société. Cet effort cognitif revient à adopter un autre angle de vue et de se dire que finalement, elle (la société) n’a pas vocation à stigmatiser…

 

Si l’individu ne le fait pas, le Système menant au passage à l’acte va se mettre en marche. Comme le précise le rapport, « le plaisir intense que peuvent retirer les militants politiques à s’engager dans des actions radicales totalement éloignées d’une forme de quotidienneté et assurant à ceux qui s’en prévalent une image de soi grandiose et mythifiée. Un des ressorts de l’engagement armé, surtout lorsque l’on est issu d’un univers social désenchanté, est la possible mutation de soi en un surêtre tout puissant, qui valorise le statut moral de l’acteur et l’introduit dans les délices narcissiques d’un combat glorieux. » C’est exactement ce que je pointais du doigt en 2015 et ce que recherche ces terroristes européens : de la reconnaissance. Cette même reconnaissance que leur offrent les imams salafistes et daech.

 

Dans un contexte familial perturbé (parents non attentionnés, non sécurisants, père ou mère absent, violent ou addict) peu sécurisant et encore moins valorisant, se construit un faux-self qui va se développer et niant sa part de faiblesse et en mettant en avant la puissance physique qui représente une partie valorisante et noble. Le lien d’attachement avec la mère et le lien extérieur avec le père ont été déficients. Cette déficience a été le terreau du faux-self et a généré frustration et impuissance qui à leur tour ont été alimentés par la société civile dans laquelle ces individus ne se reconnaissaient pas. D’autant plus qu’ils avaient l’exemple de la première génération qu’ils jugent soumise à l’Etat et au peuple judéo-chrétien. Ainsi, révolte et absence d’identification au père sont des éléments communs à ces âmes perdues.

Le rapport illustre cet état de fait par l’exemple d’un djihadiste interrogé en prison, qui fut victime d’un pédophile et qui est dans le déni par rapport au traumatisme subit. A cela s’ajoute des rapports conflictuels avec la mère, l’absence du père, la violence subit de sa mère par ses différents concubins et le placement dans un foyer.

 

Dans sa partie psychosociale, le rapport évoque « des failles psychiques (…) qui exprimeraient dans le trouble face au contrôle de ses pulsions en particulier dans le rapport aux femmes. Ces dernières, en évoquant une image de désir très fort, renvoient l’islamiste à une forme d’impureté que seule la violence doit permettre de tenir à distance. » Alors disons qu’il s’agit d’une des voies empruntées mais ce n’est certainement pas la seule.

 

D’un point de vue psychologique, le destin d’une pulsion est soit le renversement en son contraire, soit le renversement contre soi, soit la sublimation, soit le refoulement. Ce dernier, très prisé, est une voie d’allègement de l’inconscient et même refoulée, la pulsion reste à la recherche de se décharger, l’inconscient ne tolérant qu’un certain niveau de tension. Le refoulement ne fait que transférer la pulsion dans l’inconscient qui est lui-même protégé par un système d’évitement de la frustration. La libido (pulsion de vie, de plaisir) est déviée vers un nouveau but, c’est le processus de sublimation. Ces individus auraient pu choisir une voie artistique, spirituelle, intellectuelle ou sportive (les exemples des joueurs de foot ne manquent pas, hein Neymar ?)… que sais-je encore.

 

Ce qui est dommage, c’est que les autorités semblent investiguer l’analyse sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi ». C’est une question de priorité bien sûr, d’urgence aussi mais il me semble important d’investir massivement la sphère éducative. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis toujours dans la recherche du « pourquoi ».

 

Quels sont les 3 éléments, selon le rapport, qui mènent aux engagements radicaux ?

- la prise en compte des réactions violentes nées d’un phénomène d’indignation et d’injustice,

- l’influence exercée par la doctrine et l’idéologie professée,

- le lien analytique établi entre idéologie et émotion.

 

On ne naît pas criminel, même s’il existe des prédispositions à mon avis (cf. psychogénéalogie), on le devient. Intervenir dès la plus tendre enfance est certainement une des clés pour minimiser les risques de déviance. Vaste programme.

 

Radicalisation

 

Observations complémentaires au débat #MLP vs #EM

Beaucoup d’analyses ont été faites (presse écrite, télé, vlog) sur les gestes effectués par #MLP et #EM lors du débat d’entre 2 tours. Cependant, je ne vous propose pas une énième analyse qui donnerait mon interprétation sur leur stratégie respective, ni les gestes les plus flagrants qu’ils ont pu faire.

 

Je vous livre simplement mes observations qui viennent en complément de ces analyses. Mes observations portent sur les attitudes récurrentes durant toute la durée du débat, et sur le type d’émotion transmis par chacun des candidats. Pour moi, il n’y a pas de vainqueur mais deux stratégies biens différentes qui ont malgré tout eu un impact sur les indécis.

 

#MarineLePen

Son émotion véhiculée est l’agressivité afin de pousser #EM dans ses retranchements. Son écoute est attentive et sur la défensive, illustrée par un visage en axe rotatif gauche et un axe latéral droit – elle regarde #EM avec son hémi visage gauche.

Son buste est très mobile du début à la fin, ce qui donne une image peu rassurante et une personnalité peu stable. Comme mes confrères, je constate de nombreux faux sourires qui ne sont faits que pour atténuer/ironiser la pique lancée, mais j’observe aussi une asymétrie de son visage. Si le côté droit du visage de #MLP est ouvert, c’est bien le contraire pour le côté gauche qui lui s’affaisse. Le côté droit du visage représente le lien avec l’extérieur alors que le côté gauche est plus personnel. Cette asymétrie traduit un malaise de situation, ce que provoque également ce sentiment de colère qu’elle arbore.

Mlp 2

Durant la 1ère heure de débat, les mains sont très proches de la table et de son corps. Les mouvements ne sont pas amples et les coudes sont dissimulés. #MLP est dans la retenue malgré ses vociférations. D’ailleurs, elle semble comme étriquée assise sur son siège, les épaules basses, les coudes serrés contre elle. Une attitude très enfantine finalement, un peu tétanisée par l’enjeu du débat. Disons qu’elle fait montre de prudence face à #EM dont elle craint la répartie.

Passée cette heure, les gestes sont plus élevés et les coudes viennent s’ancrer sur la table.

Serait-elle en pleine confiance ? Pas tout à fait… il n’y a qu’à voir les très très nombreux gestes effectués main droite, lorsqu’elle replace une mèche de cheveux derrière l’oreille. #MLP se recadre, se reconcentre, se réassure, se remotive ! Son stress trouve une voie de décompensation par la préhension de son stylo qu’elle manipule.

 

Hormis cette mèche de cheveux replacée derrière l’oreille, #MLP fait souvent un geste plus symbolique et qui traduit bien malgré elle son agressivité :

Mlp 1

 

Cependant, je trouve un geste que les deux prétendants effectuent souvent et en miroir : les mains jointes qui tranchent (mouvement de haut en bas) ou qui réunissent (mouvement de l’extérieur vers l’intérieur).

Mlp em

 

#EM

Contrairement à sa vis-à-vis, le futur Président affiche un grand contrôle et une certaine neutralité qu’il va essayer de garder de bout en bout. Il se veut pédagogue et plein de sang-froid, mais certains gestes (que nous verrons un peu plus loin) vont trahir son arrogance, voire sa désinvolture en passant par de l’agacement. #EM ne se laisse pas déstabiliser, il fait même preuve d’assurance. Son buste très en avant dès le début, les coudes bien posés sur la table avec les mains biens hautes. C’est une attitude de dominant.

 

Les deux mains sont tout de suite très mobiles, elles concluent, énumèrent, ponctuent et illustrent les propos.

Contrairement à #MLP, le visage de #EM est en axe rotatif neutre – c’est-à-dire qu’il la regarde bien en face – et quelques fois en axe latéral droit trahissant une écoute rigide. Cependant, il arbore sur la partie économique un sourire moqueur voire ironique. Il balaie les piques avec sa main droite pleine de désinvolture, et se permet même de reposer son menton sur sa main lorsque le thème de la sécurité intérieure est abordé.   

 

 

Voilà ce qu’il fallait ajouter à ces différentes analyses et qui, je l’espère, vous éclairera sur les attitudes récurrentes que vous avez pu vous-mêmes observer, sans pouvoir les interpréter.

 

 

 

Merveilleux Traumatisme !

Régulièrement, je lis le témoignage de personnes ayant vécu un évènement traumatisant survenu dans leur petite enfance, leur adolescence ou encore à l’âge adulte. Cette démarche de libération de la parole est nécessaire, je la respecte avec force.

Je ne peux m’empêcher de penser à celles qui n’arrivent pas à exprimer ce choc qu’elles ont vécu. Parler à la première personne n’est pas chose aisée, ni forcément souhaitée. C’est un passage à l’acte dont les conséquences sur l’entourage sont à prendre en considération.

Il est cependant possible d’utiliser d’autres moyens qui peuvent être créatifs, comme écrire, sculpter, dessiner, faire du sport, jouer au théâtre… tous moyens de sublimation qui, en apparence impersonnels, auront cette force d’extérioriser le trauma sans que quiconque ne puisse pointer du doigt cette personne comme étant une victime, sans la juger. La victime n’a pas forcément envie de passer comme telle parce qu’elle a pu développer des stratégies comportementales qui lui ont permis de s’en sortir jusqu’aujourd’hui, parce que son entourage ne comprendrait peut être pas, ni bien le vivre non plus, le plaçant face à leurs manques (ne pas s’être aperçu de…, avoir préféré le déni…).

Cependant, comme évoqué dans un précédent article, la verbalisation est salvatrice même si elle est dépersonnalisée et réalisée indirectement… « Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Mais dès qu’on en fait un récit, on donne sens à nos souffrances. »

Un traumatisme est une effraction du psychisme suite à un évènement soudain qui porte atteinte à l’intégrité de la personne (guerre, maltraitance, violence…).

« Il semble exister un équilibre neurologique dans un système physiologique distinct qui permet à l’information d’être traitée en vue d’une résolution adaptative. (…) Quand quelqu’un fait l’expérience d’un trauma psychologique grave, un déséquilibre se produit dans le système nerveux. (…) Le système est incapable de fonctionner de façon optimale et l’information acquise au moment de l’évènement est maintenu dans son état perturbant. »

Le traumatisme sera plus difficile à surmonter si la victime s’est vue passive ou si l’action de l’agresseur était volontaire.

Il sera « moins impactant » si la victime a le sentiment de pouvoir, à l’avenir, éviter toutes situations similaires grâce à l’adoption d’un comportement différent comme une attitude corporelle plus affirmée.

Par exemple, nous savons que les criminels violents ciblent les femmes, les personnes âgées et sont à la recherche d’indicateurs de faiblesse ou de peur. En Synergologie, nous avons observé qu’un des signes précurseurs d’une agression physique est le « recentrage » de l’agresseur. Il replace ses vêtements sur lui juste avant de passer à l’acte et avant d’investir la distance « personnelle » puis « intime » de sa victime. Il ne montre aucune micro démangeaison avant l’attaque et ne cligne pas non plus des paupières !

Le traitement que la personne fait consciemment ou inconsciemment de l’évènement traumatique peut ainsi avoir des effets plus bénéfiques que d’autres.

« Nos souffrances ne sont pas vaines, une victoire est toujours possible. »

La résilience est un moyen qui permet de s’en sortir avec le moins de dommage, dans la mesure où la victime se sert de l’évènement pour ajuster sa façon de faire, de voir la vie, d’être. La résilience permet de rebondir pour être plus fort. Cette restructuration cognitive permet une certaine immunisation comportementale face aux évènements stresseurs, mais elle se fait au détriment de l’émotionnel puisqu’il y a surinvestissement dans le cognitif. « Presque tous ceux qui s’en sont sortis ont élaboré, très tôt, une « théorie de vie » qui associait le rêve et l’intellectualisation. (…) L’intellectualisation permet d’éviter l’affrontement qui nous impliquerait personnellement. » De mon point de vue, cette capacité cognitive est déjà ancrée dans l’individu dès son plus jeune âge et ne fait que se renforcer par la suite, au gré des évènements de la vie.

En revanche, une personne plus « émotionnelle » ou avec un sentiment d’efficacité personnelle moins affirmé, aura plus de difficultés parce qu’elle devra faire face à un flux extrêmement fort d’émotions qui ne pourra être dompté, noyant la victime dans un brouhaha émotionnel. Le traumatisme va faire voler en éclats les idéaux de la victime, ses croyances en un monde juste et prévisible et il peut conduire à un syndrome post traumatique.

Comment le thérapeute peut-il aider en identifiant la logique cérébrale ?

Ce n’est pas chose facile que de verbaliser un évènement traumatique, récent ou ancien. C’est se découvrir, se mettre à nu et dévoiler sa faille la plus béante. La crainte d’être jugé est prégnante. La relation thérapeute/patient est fondée sur la confiance, la bienveillance, l’assertivité et l’empathie. Quel est intérêt pour le thérapeute de savoir si son patient est plus cognitif qu’émotionnel ? Eh bien il saura si son patient s’exprime avec spontanéité ou avec des filtres. Il pourra ainsi orienter et affiner son questionnement de façon plus efficiente, plus pertinente.

Une personne qui a une préférence hémisphérique Gauche va présenter préférentiellement son hémi visage Droit ! Elle s’exprimera en contrôlant ses mots, en expliquant son discours et aura les mains plutôt en pronation alors qu’une personne ayant une préférence hémisphérique Droit, présentera plus naturellement son hémi visage Gauche avec toute sa spontanéité et aura les poignets plus ouverts en supination. La première privilégiera l’appui de son discours avec sa main droite, tandis que la seconde utilisera sa main gauche.

 

Alors, comment s’en sortir réellement ?

Il est nécessaire de multiplier les différentes approches thérapeutiques, c’est-à-dire la Thérapie Cognitive et Comportementale, l’EMDR mais également la psychothérapie.

  1. être informé sur la normalité des symptômes, sur leur évolution et les possibilités de traitement,
  2. être incité à visualiser à nouveau l’évènement mais bien sûr dans un environnement (cabinet de psy) sécure,
  3. utiliser ce pouvoir qu’offre la catharsis,
  4. réguler l’activité neurovégétative grâce aux méthodes de respiration, de training autogène de Schultz, de yoga, de méditation de pleine conscience…
  5. utiliser la restructuration cognitive grâce à une grille de traitement des ruminations,
  6. développer une qualité d’acceptation parce qu’on ne peut pas « effacer » ce qu’il s’est passé et améliorer l’affordance (« faculté qu’a l’organisme de se comporter en percevant ce que l’environnement lui offre en termes de possibilités d’actions »),
  7. devenir acteur de sa vie en s’impliquant avec créativité dans des relations sociales (associations, formations, loisirs, politique…).

Mais bien sûr, cela ne peut se faire qu’avec un accompagnement psychologique qui est nécessaire et primordial, je le réaffirme.

Aujourd’hui encore plus qu’hier, il est primordial de protéger la petite enfance, l’adolescence mais également les Droits des Femmes en luttant activement contre la violence scolaire, sociale, professionnelle... Oserais-je aller jusqu’à dire qu’il serait nécessaire de dispenser des cours d’éducation parentale concomitamment aux cours d’accouchement ? C’est une évidence…

 

Resilience 1

Réf. : Boris Cyrulnik (« un merveilleux malheur », Odile Jacob), Psychoweb, Jacques Van Rillaer (SPS n°294), Francine Shapiro (« manuel d’EMDR », InterEditions), Jacques Fradin, Inserm, Roger Sperry, Edward T. Hall (« la dimension cachée », Points), Nelly Boulassy (« anticiper une agression physique, étude des signes précurseurs »), slate.fr/life/79723/victime-agression-demarche, acrh.revues.org/7338

 

 

 

 

 

 

Verbaliser, c'est guérir

 

Verbaliser, c’est guérir

La définition de « verbaliser » est : dresser un procès-verbal. C’est aussi s’exprimer, se faire comprendre par le langage, formuler ses pensées par la parole, faire connaître ses sentiments et ses opinions (réf. Larousse).

 

Verbaliser, c’est donc exprimer une idée, un sentiment, une émotion. Au contraire, intérioriser équivaut à garder pour soi, sans partage, au risque de ne pas se faire comprendre.

La conséquence néfaste est le refoulement de cette émotion et la naissance d’un sentiment négatif qui, s’il n’est pas extériorisé, enflera comme une tumeur et générera une stratégie d’adaptation envers l’objet/la personne/la situation qui en est à l’origine.

Ce sentiment négatif ne disparaît jamais, il ne demande qu’à s’exprimer de n’importe quelle façon (sublimation, déplacement…).

 

L’émotion comme système d’échange

Faisons un focus rapide sur la perception et la régulation des émotions. Elles passent par 3 systèmes (réf. Neurofit.ch) :

- le système neurophysiologique (hormonal et neurovégétatif),

- le système moteur (corps, visage, voix),

- le système cognitif expérientiel (c’est la capacité à prendre conscience et à verbaliser le ressenti).

 

L’émotion est le liant entre les individus dont un des buts est l’inclusion (appartenir à un groupe).

L’individu dispose de 2 processus distincts pour appréhender la réalité (réf. Les motivations.net) :

- le système expérientiel qui est instinctif, associatif, orienté vers l’action immédiate mais avec un mode de pensée stéréotypé et émotionnel,

- le système rationnel, plus analytique et logique, dirigé par la raison. L’individu évalue, encode, décode, prévoie et ensuite agit.

 

Dans la communication interpersonnelle, ces 2 systèmes sont aisément identifiables lorsque la personne s’exprime davantage avec l’une ou l’autre de ses mains.

Par exemple, un homme politique comme François Bayrou va s’exprimer en majeur partie avec sa main droite. Un discours qui est donc analytique, ce qui est normal pour un bègue.

Alors que le témoignage d’une personne sur un évènement personnel verra une main gauche plus active que la droite (hémisphéréité).

 

Pourquoi devoir verbaliser ses émotions ?

Mais ne soyons pas clivant. Nous ne sommes ni tout l’un, ni tout l’autre, mais un savant mélange dont notre tempérament et notre caractère sont le reflet. Un cerveau droit (instinctif) qui communique avec un cerveau gauche (analytique) grâce à un corps calleux, véritable autoroute du partage de l’information.

 

Il faut bien avoir en tête que l’Etre Humain recherche la satisfaction de son plaisir personnel (pulsions) et l’évitement du déplaisir face au principe de réalité.

L’Etre Humain doit préserver son équilibre psychique et physiologique (homéostasie) grâce à différentes stratégies d’adaptation. S’il n’y a pas de passage à l’acte pour satisfaire son plaisir, une frustration va naître et se diffuser insidieusement dans le psychisme. Elle va investir chaque recoin de nos pensées, tapie, pour ne demander qu’à être satisfaite d’une manière ou d’une autre.

 

Le déséquilibre psychique (visible sur le corps par des micros démangeaisons au visage et sur les membres) intervient dès lors qu’un trop grand nombre d’envies ne sont pas réalisées, lorsque la coupe des frustrations déborde ou lorsqu’une situation est vécue comme un traumatisme.

 

Les occasions de refouler une idée, un sentiment ou une émotion sont nombreuses, que ce soit au travail, en société ou dans la sphère privée. Mais cela se fait toujours au détriment de soi.

 

Une des stratégies la plus efficace  

Cela va permettre de se concentrer sur l’émotion ressentie, de la décrire, de lui donner corps grâce à la richesse du vocable employé (granularité).  Mettre des mots sur ce qui est ressenti  permet de se respecter et de gagner en estime de soi. Vous occuperez l’espace de communication (professionnel, familial, privé) avec plus d’efficience, vous enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

s enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

 

 

Verbaliser

 

La larme à l'oeil

Si vous observez une conversation, vous verrez immanquablement qu’à un moment, une des personnes se grattera une zone du visage à l’évocation d’un fait, d’un souvenir, d’un sentiment ou encore d’une émotion. La psychologie et les neurosciences nous ont appris que le corps ne fait pas les choses sans raison. Ce phénomène, appelé « homéostasie », répond à la nécessité de rétablir l’équilibre psychique.

Un geste qui vient gratter la peau, la caresser ou encore un geste de préhension est là pour décharger une pulsion de façon indirecte car elle est confrontée au principe de réalité des contingences sociales. Mais comme cette pulsion se doit d’être exprimée, le psychisme le fait par des chemins détournés.

Dans un contexte de tristesse ou de joie et lorsque la personne verse des larmes – qui sont l’expression de la sincérité - plusieurs points sont particulièrement intéressants à observer.

  • Quel est le côté du visage qui est touché en premier, lorsque la 1ère larme est essuyée ?
  • Quelle est la main qui intervient pour réaliser ce geste ?
  • Quel est le doigt choisi inconsciemment ?

Nous pouvons logiquement nous demander ce qu’évoquent ces larmes pour la personne ?

Se sent-elle responsable ? Cette situation la touche-t-elle personnellement ?

A l’analyse de plusieurs vidéos, nous avons observé que si la main essuie d’abord le côté gauche du visage, « c’est que la personne se sent pleinement responsable de ce qui lui arrive. Que les larmes soient de tristesse ou de joie. » C’est le cas pour Cécile Bourgeon dont le procès s’instruit actuellement, sa fille Fiona morte suite à des coups portés (https://www.youtube.com/watch?v=XSWBM5unnms).

Par ailleurs, si la main essuie d’abord le côté droit du visage alors « la personne n’est pas responsable de ce qui se passe, elle n’aurait pas pu éviter la situation (positive ou négative) ? » C’est le cas de Christophe Dechavanne lorsque sa fille Ninon parle de lui (https://www.youtube.com/watch?v=aKo5EuemlVo).

Lorsque le geste s’effectue, il est rare que ce soit la main du côté opposé qui le réalise. Généralement, c’est la main du côté identique à la larme essuyée qui intervient.

Cependant, lorsque la personne croise pour essuyer la larme - main droite/œil gauche, main gauche/œil droit - elle fait intervenir une stratégie de défense pour se protéger (de quoi ? Peut-être est-ce à trouver…).

Enfin, lorsque les 2 mains effectuent le geste de façon simultané, nous pouvons émettre l’hypothèse que l’émotion ressentie touche trop profondément la personne qui n’a d’autre stratégie de défense que la régression. La régression, en psychologie, est un retour à des modes de pensée et de conduite qui ne correspondent ni à l’âge, ni à la maturité psychique de la personne (http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Regression). Cette régression fait référence à un évènement qui a marqué l’évolution du développement psychique de l’enfant : perte d’un parent, carence affective précoce, sevrage trop tôt, allaitement exagérément prolongé. C’est le cas pour Mamadou Sakho qui évoque la disparition de son père sur un plateau de télé (https://www.youtube.com/watch?v=mBK9npC8yWI).

Maintenant, nous connaissons également la signification des doigts de la main

Petit rappel sur le choix du doigt qui va nous orienter sur le ressenti de la personne.

- Le pouce est la représentation de notre Ça, de notre identité intrinsèque et instinctive. Je le brandis pour dire « je vais bien » ou encore lors d’une altercation « c’est à moi que tu parles ? »

- L’index est une affirmation du Moi dans l’environnement, c’est dire que notre être instinctif s’exprime en tenant compte des règles sociétales. Je le lève pour prendre la parole.

- Le majeur est intéressant parce qu’il est le doigt le plus long de la main mais surtout parce qu’il SEMBLE sortir de la main pour aller vers l’autre. Je le brandis fièrement dans un contexte de dualité pour dire que « peu importe qui tu es, JE fais ce que je veux ET JE me fiche de ce que TU en penses ! »

- L’annulaire représente le clan, la famille mais aussi la douceur du cocon. Il évoque la relation de couple, de famille.

- L’auriculaire est ainsi le doigt le plus à l’extérieur de notre main et il représente l’harmonie, l’équilibre dans l’environnement.

 

Vous voyez dès à présent que si le pouce est le doigt le plus proche de nous, qu’il représente notre individualité, l’index introduit la notion d’environnement et le majeur la confrontation AVEC cet extérieur.

Quelle que soit la situation évoquée avec l’autre, il est primordial de faire preuve de grande empathie, de le questionner sur ce qu’il ressent et pourquoi il le ressent.

Enfin, gardons bien présent à l’esprit qu’il est juste nécessaire de valoriser l’autre et ce, sans arrière-pensée.

 

Cecile bourgeonChristophe dechavanneMamadou sakho

 

Koh Lantagonisme !

Koh Lanta 2016 nous offre une bonne occasion d’observer les différentes stratégies comportementales individuelles, mises en place au sein d’un groupe, pour servir un objectif personnel.

Gardons à l’esprit 2 notions très importantes :

- Will Schutz et l’élément humain (inclusion, contrôle et ouverture). L’inclusion désigne les liens entre les personnes, le désir de recevoir de l’attention, d’interagir, d’appartenir et d’être unique. Le contrôle désigne les relations de pouvoir, d’influence et d’autorité entre les gens. Enfin, l’ouverture est le degré auquel je souhaite être ouvert envers une autre personne.

- le dilemme du prisonnier. Imaginez que 2 prisonniers soient interrogés par les policiers. Ces derniers leurs proposent un choix : dénoncer son complice ou non. Si vous dénoncez votre complice et que lui aussi vous dénonce, vous avez une remise de peine d’1 an tous les deux. Si vous dénoncez votre complice et que lui vous couvre, vous avez une remise de peine de 5 ans et lui a la peine maximale. Enfin, si vous vous couvrez tous les deux, alors vous bénéficiez d’une remise de peine de 2 ans, tous les deux. Vous voyez bien qu’il est nécessaire de coopérer pour vous en sortir à moindre mal…

 

Allez, direction KOH LANTA, l’île au trésor, épisode 7.

L’heure de l’unification a sonné pour les Rouges et les Jaunes. Chaque équipe doit désigner un ambassadeur. Les 2 ambassadeurs s’isolent pour tenter de s’entendre sur un aventurier à éliminer.

Chez les Jaunes, c’est Jérôme qui est désigné après s’être imposé face à Jérémy. En faisant de ce rôle un objectif personnel, il se pose en Sauveur et c’est ce qui le perdra.

Du côté des Rouges, c’est la courte paille qui désigne arbitrairement Julie. Le hasard fait bien les choses, tant elle est « lunaire » mais avec une motivation d’acier.

 

Quel objectif pour chaque ambassadeur ?

Pour Jérôme, c’est de faire plier le Rouge afin qu’un aventurier de cette équipe soit éliminé. Il sera ainsi le Sauveur de son équipe et reviendra auréolé de ce « statut » face à ses coéquipiers.

Pour Julie, c’est de garder sa ligne de conduite : moralité et bienveillance, quitte à sortir du jeu.

 

Que s’est-il passé ?

Stratégiquement, c’est un naufrage. Jérôme se trouve devant l’impossibilité de convaincre Julie d’éliminer une personne de son équipe. Certain et confiant, il n’avait cependant pas tout prévu. Se retrouver face à Julie fut déjà un manque cruel de clairvoyance, mais devoir la laisser tirer en 1er la boule est un oubli qui va précipiter son départ (lui qui était convaincu de sa chance). C’est donc Julie qui tire la boule blanche et pousse l’ambassadeur Rouge vers un retour prématuré en France… oust !

 

Qu’ont-ils oubliés ?

Qu’ils participaient à un jeu et que leur objectif personnel était de le GAGNER.

 

Quelle aurait été la meilleure stratégie à adopter ?

Comme l’a montré le dilemme du prisonnier, la voie à suivre était la COOPERATION et non pas la négociation.

Chaque ambassadeur aurait désigné un aventurier de leur équipe qui représente un obstacle à l’atteinte de leur objectif personnel. Jérémy pour Jérôme car il est mal intégré au groupe ; Stéphane pour Julie car lui la considère comme faible.

Les ambassadeurs auraient eu recours au hasard (tirage à la courte paille pour épargner leur morale) pour sceller le sort d’un des deux protagonistes.

Un petit arrangement entre amis en somme…

 

Que leur a-t-il manqué ?

Ils ont simplement oublié leur objectif personnel en priorisant le groupe et pour ne pas égratigner leur morale (cf. l’élément humain).

Mais en optant pour cette stratégie vouée à l’échec, Jérôme prend un aller simple pour Paris avec pour seul bagage son statut de Sauveur. Son image est sauve face à sa famille, quant au jeu… un rêve s’envole !

 

« La sentence est irrévocable… »

 

Koh lanta

 

 

 

 

 

Ces gestes parlent pour vous !

Certaines situations vous paraissent d’emblée difficiles, conflictuelles :

un entretien professionnel, une émission de télé, de radio, un RDV avec le prof. principal de votre enfant, que sais-je encore…

Ces moments sont  très stressants. Pour les affronter, nous nous préparons psychologiquement  par des représentations mentales, grâce auxquelles nous visualisons la scène telle qu’elle pourrait se dérouler.

Nous pouvons aussi faire baisser le niveau de stress si nous nous isolons une dizaine de minutes au cours desquelles, nous nous emploierons à imaginer les pires scénarios possibles.

 

Au niveau du corps, nous gérons ces situations par la respiration ventrale, qui a un effet quasi immédiat sur le rythme cardiaque (il va baisser) puisqu’elle sollicite le système parasympathique au détriment du système sympathique.

Nous pouvons également nous concentrer sur chaque partie de notre corps pour en ressentir toutes ses manifestations (chaleur, tremblements, irrigation sanguine, contraction/déconctraction musculaire…). Le focus sur nos sensations va dérouter le cerveau de l’élément stressant.

 

Gérer son stress est une bonne (une excellente) chose, cependant nous restons toujours à la merci d’un imprévu, d’une remarque, d’un geste et ou d’une attitude qui va non seulement nous surprendre, mais nous déconcerter et potentiellement nous faire perdre nos moyens (ressources). Ainsi, tout le travail préparatoire sera réduit à néant.

Savoir reconnaître certains gestes annonciateurs d’un verbiage négatif contribuera à gagner en confiance en soi et nous donnera l’élan nécessaire pour prendre quelques secondes de réflexion, puis s’affirmer.

 

Prenons 2 exemples de gestes typiques :

 

- Votre interlocuteur affiche son plus beau faux-sourire (sans participation du front, ni des yeux bien sûr) et pose ses coudes sur la table. Ses mains sont jointes vers le haut, paume contre paume.

Par ce geste, votre vis-à-vis vous fait comprendre qu’il est celui qui sait et qu’il n’est pas d’accord avec vous. Si une tension musculaire se voit dans son geste, dans ses mains, alors ne soyez pas surpris de voir celles-ci tomber comme un couperet face à vous, bien décidées à trancher (et pas forcément en votre faveur).

 

- Votre interlocuteur affiche toujours son sourire de circonstance, les coudes posés sur la table et les mains ascendantes. Cependant, les doigts s’entrecroisent et les index sont érigés vers le haut à la manière d’un double pistolet.

C’est un geste qui signifie que votre vis-à-vis se sent dominant (ce qui n’est bien sûr pas forcément le cas), qu’il n’est pas d’accord avec vous et qu’il va vous le signifier de façon agressive.

 

Face à ce genre de comportement qui n’a qu’un seul but : vous affaiblir pour mieux vous « détruire » (je vous assure que le terme n’est pas trop fort au regard des quelques exemples vécus que j’ai en tête), votre stratégie dépendra de l’enjeu de la situation et elle est fonction de votre « tempérament ».

 

- Vous pourrez adopter un comportement inhibé, c’est-à-dire que vous aurez du mal à oser, à refuser et à exprimer votre opinion. Cependant, ce sera au détriment du respect de votre propre position.

- Vous pourrez adopter un comportement agressif, dans ce cas-là vous riposterez (avec différentes positions du curseur) parce que vous vous sentirez agressé. Vous respecterez ainsi votre position, vos valeurs mais pas celle de votre vis-à-vis.

- Enfin, vous pourrez adopter un comportement affirmé où vous saurez demander, verbaliser vos avis, vos opinions en cohérence avec vos valeurs, votre interlocuteur et l’environnement (cf. les différentes méthodes d’affirmation de soi).

 

Voici 3 exemples illustrant ces stratégies face au même comportement agressif :

 

Comportement inhibé (à nuancer) : https://www.youtube.com/watch?v=2eSppTMvn54

Comportement agressif (mais amène) : https://www.youtube.com/watch?v=wMWHDdmnao8

Comportement affirmé (voire affable) : https://www.youtube.com/watch?v=q2r68jKbFdw

 

Vous noterez la position du buste pour chaque invité, dirigé vers l’avant lorsqu’il a envie d’échanger, vers l’arrière lorsqu’il « laisse la main ». Lorsqu’il analyse les propos et élabore une contre argumentation (voire une pique), son buste sera tout d’abord vers sa droite en arrière, puis s’avancera vers l’autre pour exposer son propos.

 

Voici pour ces gestes annonciateurs qui ne pourront plus vous surprendre, ni annihiler votre travail préparatoire. Leur reconnaissance ne demande pas beaucoup d’effort cognitif et les reconnaître in situ vous fera certainement sourire en coin.

 

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A la recherche de l'authenticité, plutôt que du mensonge

L’action personnelle l’emportera toujours sur une action poussée par autrui, que le contexte soit celui de la réinsertion, la sortie d’une relation toxique, l’abandon d’une addiction ou d’une idéologie ou encore dans le cadre d’une thérapie comportementale et cognitive.

 

L’homme est heureux quand il décide de faire, d’autant plus qu’il a besoin de communiquer sur ce qu’il fait. Pour cela il recherche des personnes qui partagent certaines de ses valeurs et qui sont susceptibles de lui faire un retour positif, source de valorisation. C’est le processus d’inclusion de Will Schutz  dans « L’élément humain », ce désir de faire partie d’un groupe pour y être reconnu en tant qu’individu.

 

Il est donc nécessaire de faire prendre conscience à la personne son intérêt à changer et à se mettre en action. Gustave Le Bon, dans « psychologie des foules », avançait que la foule est toujours intellectuellement inférieure à l’homme isolé. L’individu a besoin d’être valorisé et respecté mais il est important de recadrer cette valorisation dans un autre contexte plus positif, ouvert et constructif que celui qu’il a connu jusqu’à maintenant (cf. Paul Watzlawick).

 

Mais comment faire comprendre à une personne qu’elle a tout intérêt à changer de perspective ?

 

Selon le domaine d’activité, il sera nécessaire soit de réunir des personnes qui ont des connaissances spécifiques, comme des scientifiques, des sociologues, des psychologues et autres synergologues… soit de collecter préalablement des informations qui seront utile pour offrir d’autres champs de vision à la personne.  

 

Ensuite, la recherche des signes non verbaux de l’authenticité est une posture primordiale et respectueuse versus la recherche du mensonge. C’est une posture parce qu’à trop vouloir rechercher les signes du mensonge, on en voit partout (!) et notre langage non verbal va trahir nos intentions, qui seront interprétées inconsciemment par le vis-à-vis comme une menace. La suggestion ne prendra pas.

 

Lorsqu’un signe non verbal laissera à penser qu’il y a un hiatus de communication, l’interrogatoire devra être suffisamment souple pour aller tirer le fil de la pelote et mettre à jour les non-dits.

 

Mais comment reconnaître l’authenticité ?

 

Gardons bien à l’esprit que lorsqu’une personne bouge (en situation de communication bien sûr), elle change d’état d’esprit. C’est à ce moment qu’elle est la plus lisible.

Une personne qui n’est pas authentique surjoue en termes de gestes, voire de paroles (Fabrice Luchini en est un bon exemple). Elle veut contrôler son corps et son discours. Son attention sera focalisée sur cet objectif de ne rien laisser paraître quoique ce soit de pensée personnelle.

Son regard sera ainsi quelques fois concentré sur un point inexistant, donnant à la personne l’impression qu’elle s’est réfugiée dans son monde. Or, c’est à la meilleure façon de tisser son histoire qu’elle réfléchit. Posez-lui des questions précises et vous observerez que son buste va passer de l’avant vers l’arrière, afin de prendre un temps de réflexion, puis revenir vers l’avant pour vous « servir la soupe ». Prenez de la hauteur à cet échange et vous remarquerez que la personne agit en rythme (cf. « corps de bois » d’Elodie Mielczarek) et que c’est ce rythme qui trahit son désir contrôle.

 

Des yeux pas très ouverts et peu de clignements de paupières sont également de très bons indices. La personne n’enregistre pas ce que vous lui dites, ça entre par une oreille et ressort par l’autre. Trouver un autre angle d’approche pour que son cerveau soit étonné, soit diverti, voire déboussolé. Faites preuve de créativité et n’hésitez pas à être paradoxal dans votre argumentation.

 

L’amplitude de la gestualité est aussi un bon paramètre et raccord avec l’exemple de Fabrice Luchini. Les gestes seront faits avec grande amplitude lorsque la personne se déconnecte de son discours, sans affect. En revanche, ils sont réalisés proche du corps lorsque la personne se projette et s’associe à son discours.

 

Ces clés devraient vous aider à discerner les différentes phases du changement d’état d’esprit de la personne et ainsi, vous pourrez orienter votre questionnement de façon à renforcer la suggestion et faire que la personne y adhère.

 

« Le point de départ de la suggestion est toujours l’illusion produite chez un individu au moyen de réminiscences, puis la contagion par voie d’affirmation de cette illusion primitive ». G. Le Bon

 

 

Prisonnier

 

S'asseoir sur les épaules des géants... et faire le point

 

« Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointains qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux ».

Jean de Salisbury, Metalogion, 1159

 

 

La rentrée reprend ses droits avec son implacable marche en avant, après avoir passé des vacances revigorantes, vivifiantes mais également reposantes.

 

Aussi, pour reprendre le rythme et vous fixer des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis) pour cette année, je vous propose un exercice très simple de Systémie. Avant de faire le premier pas en avant, il est primordial de prendre de la hauteur pour voir où nous nous situons, de prendre la photographie de notre situation à cet instant de notre vie.

 

C’est un exercice de réflexion où le sentimental et l’émotionnel n’ont pas leur place, par manque d’objectivité. Il va falloir faire preuve d’abnégation pour analyser froidement votre environnement, en mettant de côté vos peurs, vos colères, vos joies, vos emportements passionnels et vos regrets. Que du factuel ! Cette étape est cruciale alors prenez le temps nécessaire.

 

Vous devez tout d’abord identifier les différentes composantes de votre vie d’hier et d’aujourd’hui : amis, collègues, couple, enfant, activités sportives, activités artistiques, faits de vie, etc…

 

Pour les personnes, elles peuvent être des amis proches comme des personnages publics qui ont eu une influence sur votre développement, vos motivations. Pour procéder, vous pouvez vous baser sur les distances chères à Edward T. Hall (proxémie, lien https://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=141&Itemid=44), ce qui peut vous aider à visualiser et donc vous souvenir.

Commencer par la sphère publique, puis la sphère sociale, la sphère personnelle et la sphère intime. Une sphère = une ou plusieurs personnes pour lesquelles vous qualifiez la relation.

Vous ont elles aidées à grandir ou au contraire, vous ont elles freinées dans votre développement ? Quelles sont celles qui ont comptées pour vous en termes de retour d’image, de valorisation ?

 

Pour les activités, elles peuvent être sportives, artistiques, ludiques… Posez-vous la question de savoir si cela vous a coûté de les pratiquer, si elles vous ont apporté de nouvelles ressources/qualités/sensations. Les avez-vous pratiquées pour faire plaisir ou étiez-vous motivé ? Etiez-vous physiquement à ce que vous faisiez et y prêtiez-vous toute votre attention ?

 

Ceci fait, il est temps d’organiser vos données. Placez-vous au centre d’une feuille (dessinez-vous, collez une photo ou un avatar) et organisez tout autour les différentes composantes de votre vie en vous reliant à elles par des lignes, ces composantes sont susceptibles d’être elles aussi détaillées. Vous pouvez, par exemple, préciser si vous avez plusieurs amis sur lesquels vous pouvez compter, ou pas.

 

Ces lignes seront continues pour les composantes positives et d’une couleur qui représente le positif pour vous (genre… bleu), elles seront en pointillées pour les composantes négatives et d’une couleur qui représente le négatif pour vous (genre… rouge).

 

A ce stade, vous savez quelles composantes vous ont aidé à évoluer, celles sur lesquelles vous devez désormais vous appuyer et que vous avez à développer.

Toutes celles qui représentent le négatif, vous pouvez tirer un trait dessus, ne vous y attardez plus parce que c’est une perte de temps et d’énergie.

 

Vous voilà fin prêt pour faire le 1er pas du reste de votre vie et atteindre vos objectifs !

 

 

Monenvironnement

 

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Emma Cosse et l'affaire Baupin : entre pudeur et intransigeance

Emmanuelle Cosse a 41 ans, journaliste, conseillère régionale d’Ile de France depuis 2010, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts entre 2013 et 2016,  Ministre du logement et de l’habitat durable depuis 02/2016.

Titulaire d’un DEA de droit public économique, elle a enseigné à la faculté de droit.

Emmanuelle Cosse est aussi la mère de jumeaux depuis 2013 dont le père est Denis Baupin (son aîné de 12 ans), vice-président de l’Assemblée Nationale (il a démissionné depuis) auquel elle est mariée depuis 2015.

 

La politique, le pouvoir et la vie de couple ne font pas bon ménage.

Rappel des faits : Denis Baupin aurait adressé des SMS à caractère sexuel et pornographique à au moins 13 femmes. Ces faits remontent jusqu’en 1990. Une enquête est en cours afin de confirmer/infirmer les accusations d’agression et de harcèlement sexuel.

 

C’est sur France Inter, le 10 mai dernier, qu’Emmanuelle Cosse a dû aborder cette affaire. L’émission était programmée depuis longtemps, la Ministre ne s’est pas défaussée. Il lui a fallu néanmoins adapter (consciemment et inconsciemment) sa communication.

Sa ligne de défense est double : se montrer factuelle et renvoyer toute question projective vers la justice en cours, et en montrer le moins possible sur ses émotions.

 

L’objectif de cet exercice, dont elle se serait bien passée, était de préserver sa pudeur, sa dignité et l’équilibre vie privée/vie publique. Pour cela, Emmanuelle Cosse peut s’appuyer sur sa capacité d’analyse et son aisance discursive.

 

Cependant, son corps nous donne une autre lecture…

 

Ce qui saute aux yeux, c’est la position de son buste. Il est penché sur sa gauche, presque avachi et c’est son coude gauche qui le supporte. Cela ne démontre pas vraiment une envie franche d’échanger sur le sujet. Elle nage en eaux troubles et nous indique dès à présent, que son avis sur l’affaire n’est pas tranché. Ce n’est pas son habitude d’adopter cette position dans l’espace. Elle est plutôt droite et dirigée vers l’avant avec l’envie de débattre.

 

Ensuite, c’est son regard qui interpelle. Il est très fréquemment dirigé vers le bas, le centre ou sur sa gauche, ce qui lui permet de se protéger du monde extérieur. Elle peut ainsi réciter un discours : « (…) cela doit se régler devant la justice, que cela soit avéré ou non. »

Les moments où son regard revient dans celui de l’autre, c’est lorsqu’elle prononce des mots comme « violences faites aux femmes », « combat politique », « transiger », « harcèlement », « faits d’une extrême gravité »…

 

La main active est la droite, elle caractérise une volonté de contrôler son discours. C’est facile à comprendre et à mettre en application lorsqu’on sait que les griefs ne la concernent pas elle directement. Cependant, la main gauche s’active quand justement elle est mise personnellement en cause. A 3 min. 06, lorsque le journaliste évoque « en mai 2015, la mise en place d’une adresse de signalement et que vous auriez demandé à être la seule destinataire (…), » c’est bien sa main gauche qui prend le relais.

 

Un autre item important est l’axe de tête : rotatif droit + latéral gauche + sagittal inférieur.

Rotatif droit, EC regarde avec son hémi visage droit, c’est donc son hémisphère gauche qui est privilégié. Ce qui confirme cette volonté de rester pragmatique, dans le contrôle. Son sourcil droit qui est souvent relevé confirme cette volonté.

Latéral gauche, EC a sa tête penchée sur sa gauche, elle est donc dans le lien relationnel et invite à une certaine empathie (voire sympathie) mais son axe précédent l’empêche d’être dans « l’abandon », l’émotionnel.

Sagittal inférieur, son menton est bas, dans la continuité de son regard et illustre une certaine pudeur, de la gêne, voire de la culpabilité.

 

Si Emmanuelle Cosse a su faire preuve de dignité face à cette affaire, nous observons que son corps illustre parfaitement son ressenti à un niveau plus personnel. Cette phrase illustre parfaitement cette interview et notre analyse : « je suis une femme qui peut être touchée par ce qu’il se passe, mais je suis aussi Ministre du logement. (…) Que tout le monde comprenne bien que je fais la part des choses, en ce qui peut concerner mon conjoint et ce qui me concerne moi. »

 

http://www.franceinfo.fr/emission/l-interview-politique/2015-2016/accusations-de-harcelement-contre-baupin-ce-debat-doit-avoir-lieu-devant-la-justice

 

Emma cosse

 

 

 

 

 

Me Berton où la stratégie du consensus

Me Berton était sur le plateau de D. Pujadas avec comme objectif, la justification de la tenue d'un procès.

Précédemment, nous avions vu que Me Mary n'était pas très à l'aise pour assumer son rôle d'avocat d'Abdeslam, et ce malgré une faculté d'adaptation indéniable.

Voyons maintenant qu'en est-il de M Berton.

 

Avez-vous hésité avant d’accepter d’être l’avocat de Salah Abdeslam ?

Le corps de Me Berton est tonique, son buste dirigé vers l’avant avec les mains jointes et les index en pistolets suggèrent une volonté de se protéger mais aussi de répliquer, de se justifier. Ce qu’il va faire en prenant le temps de chercher les mots justes, pour ne pas heurter les français mais plutôt pour leur expliquer. Malgré tout, une fois sa justification terminée, la bouche va rester fermée pour ne pas trop en dire non plus (la protection).

 

Dans ces cas-là, l’homme, vous, s’efface complètement devant l’avocat ?

Petit rictus sur « on assimile l’avocat au client » pour gérer la tension. Puis la plaidoirie se poursuit en renforçant le rôle de la Justice, grâce à la main droite qui s’active. De même que sur le mot « procès », la paume de la main est dirigée vers le haut en signe d’ouverture, de consensus indiscutable. Me Berton poursuit même avec les mains s’avançant vers le peuple, paumes face à face, arguant que Salah Abdeslam pourra apporter les réponses aux questions légitimes que tout le monde se pose.

 

Vous l’avez rencontré pendant 2h vendredi, vous l’avez accompagné aujourd’hui devant le juge est-ce un homme qui a conscience de la gravité des faits ? Est-ce un homme qui a des remords ?

Me Berton n’en sait finalement absolument rien : « je pense que s’il a des remords… ». Par rapport à la justification des actes, l’avocat en reporte l’entière responsabilité sur son client.

 

Vous avez déclaré qu’il était effondré, abattu, quelle est votre réaction face à Mme Correia ?

Me Berton est dans l’empathie, sa main gauche vient humaniser sa plaidoirie et la nécessité de tenir un procès. Me Berton est là pour faire de la pédagogie en dépit l’émotion que suscitent ces actes terroristes.

 

Quand vous l’avez rencontré, vous a-t-il dit qu’il était décidé à coopérer, à donner des informations sur les recruteurs ?

Même question que précédemment à laquelle la réponse est identique. Me Berton espère que son client s’expliquera - « cette participation, il l’expliquera » est placé à l’extérieur par sa main droite (futur). « Il dira avec qui, comment, pourquoi… » est placé à gauche (passé) mais avec les deux mains qui souhaitent faire le lien entre le terroriste et les espoirs des victimes.

 

Toute la stratégie de cette intervention de Me Berton est de montrer à quel point les extrémités ne sont pas audibles dans un Etat de Droit. On ne guillotine plus en France. Le procès du terroriste se pose alors en consensus évident. Et contrairement à son homologue belge, Me Berton assume totalement son rôle d’avocat de la défense dans ce dossier.

 

Franck berton 1

Lien : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/enquete-sur-les-attentats-de-paris/video-frank-berton-avocat-francais-de-salah-abdeslam-la-justice-elle-se-rend-quand-on-comprend-les-choses_1425337.html

 

Le Don de soins est Vital !

Quel que soit le groupe d’individus ou le contexte (professionnel ou personnel), il suffit d’une seule personne qui n’est pas en accord avec elle-même pour provoquer une situation conflictuelle.

 

Est-ce si compliqué de vouloir agir avec bienveillance, sans intérêts égoïstes ?

Quand je regarde avec plus que de l’envie « burning man », je me dis que je me dois d’être optimiste. Cependant, je ne peux m’empêcher de me poser cette question : qu’est-ce qui pousse cette personne à agir de cette façon, quitte à créer un conflit voire à se montrer violent ?

 

Nous avons tous des besoins affectifs fondamentaux, universels, qui, s’ils sont globalement comblés  font de nous des êtres équilibrés et sains. Grosso modo, ces besoins sont au nombre de 3 :

- le besoin d’appartenance,

- le besoin d’autonomie,

- le besoin de compétence.

 

Pour y répondre, il y a les personnages d’attachement. Ce sont les parents ou encore les personnes qui représentent un rôle majeur pour l’enfant au niveau affectif.

Des études ont montré que les bébés sont capables de s’attacher à des gens même s’ils ne les nourrissent pas. Ça peut sembler étonnant, voire être contre nature, mais il faut savoir que c’est l’instinct de survie qui guide les nourrissons, le besoin de protection (qui se confond à celui d’appartenance) d’un groupe qui leur permettra de survivre et de se développer. Les bébés adoptent pour ce faire des stratégies comportementales inconscientes qui leur permettent de signifier ce besoin d’apaisement. Charge à l’adulte d’y répondre (ou pas !).

 

Comment ces stratégies se manifestent-elles ?

L’enfant exprime la colère, la tristesse ou la peur par des pleurs. Ces émotions sont des régulateurs qui vont stimuler l’adulte à venir rassurer l’enfant. Une fois calmé et sécurisé, les parents pourront à nouveau s’éloigner puis l’enfant se retrouvera à nouveau en insécurité et le processus se répétera.

 

Comment ce processus peut-il être décrit ?

L’apaisement est provoqué par la tendresse, par l’affection et la valorisation mais aussi par le timbre de la voix (plus grave), par le toucher (la caresse), par les odeurs. C’est ce qu’on appelle le « don de soins ». Il influe directement sur le cerveau, notamment sur la sécrétion de bêta-endorphines (opioïdes endogènes, c’est-à-dire fabriqués directement par le cerveau) qui vont générer un état de bien-être.

A l’âge adulte, cette recherche d’apaisement passe par différents moyens plus ou moins acceptables, licites et sains (alcool, drogue, sexe, sport, travail, nourriture, argent…).

 

« Ce système fonctionne du berceau à la tombe » disait Bowlby.

 

Ce lien d’attachement envers les parents (généralement) évolue ainsi avec le temps vers des amis intimes, des partenaires.

 

Quelles conséquences pour le développement de l’enfant ?

Elles sont extraordinaires et il ne faut surtout pas les sous-estimer mais bien les mettre en valeur et les diffuser à tous. Le don de soins augmente les capacités cognitives, émotionnelles, de résistance au stress, d’adaptabilité et d’empathie par un réseau plus performants de neurones miroirs.

 

A contrario, certaines circonstances font que tout le monde n’a pas la chance de bénéficier de cette bienveillance parentale. L’enfant doit alors se construire avec ce déficit d’apaisement et se retrouve à gérer comme il le peut certaines peurs subsistantes, qui peuvent rester à un niveau peu handicapant mais aussi basculer dans la pathologie (TOC, phobies, anorexies, etc…). Les stratégies adaptatives que va mettre en place la personne, pour être socialement acceptée, vont se retrouver dans la gestuelle et dans le langage non verbal.

Gardons à l’esprit qu’au niveau de l’inné, le tempérament va jouer un rôle prépondérant dans cette façon de s’adapter. Certaines personnes sont plus réactives que d’autres, plus impulsives, plus émotives…

 

Pour l’exemple du stress/peur/colère, les gestes associés peuvent être :

- l’objet que l’on frappe sur la table,

- la forte pression exercée sur un stylo que l’on tient,

- dissimuler une main ou un objet,

- lancer ses cheveux vers l’extérieur,

- essuyer une frange de cheveux,

- certains mouvements de bouche comme la lèvre inférieure descendante qui découvre les dents du bas (peur), ou encore la lèvre supérieure ascendante (agressivité).

 

Apprendre à identifier et à interpréter ces gestes va permettre de (faire) conscientiser et de (faire) verbaliser l’émotion ressentie.

« Ce qui est à l’extérieur n’est plus à l’intérieur », le niveau de stress/peur/colère pourra ainsi s’abaisser sensiblement.

 

Le gain en Assertivité sera perceptible tout comme l’affirmation de Soi, la confiance en Soi et l’estime de Soi !

Est-ce si compliqué de se dire que quoiqu’il puisse arriver, il est VITAL de faire « don de soins » à ses enfants et lutter ainsi contre l’individualisme un peu trop répandu aujourd’hui ?

 

Biblio. :

B. PASCAL, « la théorie des schémas », ed. Elsevier Masson

AINSWORH, « infancy in Uganda, infant care and growth of love », NY : the Johns Hopkins Press (1967)

 

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Quel est le profil gestuel de François Hollande ?

Globalement, François Hollande est apparu ce jeudi plutôt « en jambes », comme on dit dans le sport. Attitude dynamique, manifestant une volonté d’offrir l’image d’un Président dans l’action, sachant précisément là où il veut mener la France.

Cependant il a dû composer avec 4 invités de profils différents - et donc s’y adapter - mais également avec un style d’interview qui rappelle le jeu du méchant flic et du gentil flic (on appréciera… ou pas), ce qui contribue à susciter un certain manque de respect afférant à sa fonction (note personnelle).

Il m’est apparu intéressant de dresser son profil gestuel et voir les gestes qui font de lui une personne normale, ou encore ceux qui génèrent de l’incompréhension et parasitent son discours.

Commençons par les gestes qui le rendent si normal :

Juste avant d’évoquer les « aléas du chômage », vous pouvez voir une expression de peur avec les yeux écarquillés, les sourcils très haut, le blanc des yeux visibles sur la partie haute et les dents du bas bien visibles.

Ensuite, et comme nous l’enseignons en Synergologie, les valeurs qu’il rejette sont placées sur sa droite, voir à droite de sa droite. C’est le cas lorsqu’il assène un « je ne vais pas céder à la rue ! » Il n’apprécie pas ce mouvement de contestations qui vient se greffer à ce climat social et sécuritaire délétère, d’autant que ça le fragilise politiquement.

De même avec les « critères boursiers » qu’il place à droite ou encore avec le « prosélytisme ».

A l’évocation du SMIC, sujet qu’il semble maîtriser, son torse (son ego) vient bien en avant.

Ensuite, nous pouvons voir que lorsque la colère le ronge mais qu’il se doit de rester impavide, cette émotion ressort par son sourcil gauche qui se contracte subrepticement.

Lorsqu’il s’impatiente face à la longueur des arguments des invités, ce sont les doigts de sa main gauche qui tapotent la table. Ou encore il a des gestes de préhension (manipulation du stylo) pour gérer le stress qu’il sent monter.

Nous pouvons aussi remarquer que son regard est expressif. Par exemple, envers Léa Salamé qu’il regarde essentiellement pour prévenir tout débordement de sa part, ainsi que sa tête qui s'écarte pour fuir celle qu’il semble ne pas apprécier.

De même que son regard se durcit à l’évocation d’Emmanuel Macron et de ses sorties.

A la lumière de ces items, nous voyons bien que François Hollande sait être naturel et montrer qu’il est un homme normal.

 

Maintenant, voyons quels sont les gestes qui polluent son discours aujourd’hui :

Restons avec ce regard si évocateur, si expressif. Il peut être un allié mais jouer également les traître, surtout lorsqu’il s’agrandit pour rechercher l’approbation des journalistes. Se faisant, ce n’est pas l’invité qu’il a en face de lui qu’il veut convaincre, ce sont ces 2 flics dont il ne sait s’ils jouent pour ou contre lui. Ce sont eux qui ont le pouvoir de relayer son message…

Les gestes qui le desservent sont essentiellement basés sur ses mains. Ils contribuent à son image de « mou ». Ses mains sont inexpressives, ce qui n’excluent pas qu’elles soient participatives mais ses paumes sont très souvent tournées vers lui, vers son torse, son ego. Se faisant, il est un être ego centré qui met une distance vis-à-vis des autres.

Ainsi, ses gestes ne sont pas naturels, surtout lorsqu’ils accompagnent le « je » ou le « vous ». François Hollande désigne l’autre non pas avec son index, mais avec la face externe de sa main (en bouclier), ce qui est assez étrange et cette étrangeté est effectivement perçue par l’autre.

 

Ainsi, François Hollande se distancie des autres avec les paumes de ses mains tournées vers lui, en une bulle protectrice. Cependant, ce geste est devenu tellement stéréotypé et placé à « toutes les sauces », qu’il parasite le discours et en fait une personne peu encline à la franchise.

 

Hollande

 

 

Questionner ? Pour faire quoi ?

Questionner, est-ce essentiel ?

 

Tout au long de notre vie, nous apprenons des conséquences de nos comportements. Nous sélectionnons le comportement approprié en fonction des résultats précédemment observés. Ce sont des stratégies adaptatives.

Elles génèrent des pensées automatiques (ou ruminations) qui ont un impact soit positif, soit négatif sur notre propre évaluation et donc sur notre confiance en soi, notre estime de soi.

Nous nous forgeons/construisons des représentations/images inconscientes de notre valeur personnelle, notre capacité d’autonomie, notre régulation émotionnelle. Ces représentations inconscientes ont des répercussions sur notre langage corporel. Nous serons plus démonstratifs ou plus introvertis, plus éloquents ou plus timorés, nos gestes seront plus « ronds » ou plus « saccadés », réalisés avec amplitude ou plus proche de notre corps.

Le geste est donc pré-verbal, le décoder c’est pouvoir lire la phrase avant qu’elle ne soit écrite. Faire un geste semble anodin, mais c’est déjà le début du processus cognitif, avant que la pensée ne passe à la phase consciente pour être ensuite verbalisée.

Concomitamment à ce décodage du langage corporel, et pour affiner notre interprétation, la part du questionnement est primordiale. En plus d’une écoute active et empathique, nous utiliserons la reformulation, la « flèche ascendante » et le questionnement Socratique.

La reformulation, c’est de la reformulation… (sic) pas grand-chose à expliquer.

Le questionnement en « flèche ascendante » permet de repérer les pensées automatiques qui surgissent lors de l’évènement stressant, puis de les discuter, de les modifier en leur trouvant d’autres angles de réflexion plus valorisants.

Le questionnement Socratique permet de détourner la pensée génératrice de l’émotion négative, après avoir repéré les prémices erronées et les conclusions qui résultent des ruminations. C’est un type de questionnement didactique.

Enfin, suivant les différents champs de la relation – émotionnel, relationnel, cognitif – la sémantique devra être adaptée en conséquence. Par exemple, si la personne est d’un tempérament plutôt émotionnel, il faudra faire en sorte qu’elle puisse exprimer son ressenti. Chaque verbe employé devra appartenir au registre de l’émotion pour que cela résonne en elle.

Le Meta objectif de cette démarche – vous l’aurez compris - est la création d’une relation Assertive.  

 

Question everything

Annihiler le Stress !!!

Les chiffres sur le burn out sont alarmants et nous connaissons presque tous une personne dans notre environnement proche qui en souffre. Même si ce que recouvre ce terme n’est pas identique pour tout le monde, la certitude est que cette souffrance a son point d’origine dans le stress négatif accumulé dans le milieu professionnel.

 

C’est une conséquence délétère dans le rapport à nous-même et avec notre environnement. Celui-ci se fait de plus en plus exigeant, pressant et intrusif. Les limites entre la sphère professionnelle et privée sont plus floues. Les réseaux sociaux nous offrent constamment cette possibilité de nous comparer aux autres, de quelques pays que ce soit, ce qui peut alimenter voire renforcer une image négative de nous-même.

 

Cette situation poussée aux limites du Système et sans stratégie défensive appropriée et c’est l’épuisement professionnel qui nous guette. Rassurons-nous, ce n’est pas inéluctable et il est tout à fait possible de l’éviter pour autant que nous ayons un bon niveau d’information sur la façon d’y remédier.

Il est préférable de combattre ce stress négatif au moment même où la situation se produit, le cas échéant, notre inconscient va conserver en mémoire cette mauvaise stratégie comportementale de défense et nous la resservira (malheureusement) dès lors que la situation se représentera. C’est le cercle vicieux. Sortons-en !

 

Le stress est un ressenti qui a des répercussions sur notre santé, mentale et physique. Notre attitude pour y faire face est spécifique à nous-même.

 

Les ressources, que nous déployons, sont liées à notre histoire, notre éducation, la façon dont nous avons déjà appréhendé une telle situation, notre estime de soi, notre confiance en soi. C’est une interaction entre l’environnement et nous.

 

Lazarus et Folkman ont montré que l’individu réalise deux tâches face à une situation stressante.

 

La 1ère tâche consiste en une double évaluation cognitive : primaire et secondaire. Elle a pour rôle la stabilité émotionnelle et protectrice.

 

L’évaluation primaire répond à la question de l’enjeu de la situation, du niveau de stress perçu.

Quelle est la perte possible, le préjudice ? Quelle est la menace ? Un rebond est-il possible ?

L’évaluation secondaire porte sur le contrôle perçu et sur les ressources disponibles.

 

La 2nde tâche consiste à établir une stratégie d’adaptation qui portera soit sur le problème, soit sur les émotions.

L’efficacité des stratégies centrées sur le problème dépend du caractère contrôlable de la situation. L’objectif est d’augmenter ses propres ressources pour mieux faire face. Ça veut dire savoir négocier un délai, se donner du temps pour répondre à une sollicitation, rompre avec une relation insatisfaisante, consulter un médecin, développer ses connaissances dans un domaine…

Quant aux stratégies centrées sur les émotions, elles sont efficaces dans les situations où peu d’information sont disponibles. Elles protègent l’estime de soi car ce sont des stratégies d’évitement qui permettent de ne pas affronter le problème mais qui induisent un état dépressif à long terme. C’est par exemple, consommer de l’alcool, des drogues, développer un TOC, faire de l’exercice physique plus que nécessaire, exprimer de façon exacerbée ses émotions, minimiser la situation, nier la réalité  ou encore se dissocier de l’évènement.

 

« Brandstädter et Renner relèvent une meilleure santé mentale chez les personnes capables d’intégrer ces deux stratégies simultanément. Agir pour transformer la réalité (assimilation) puis réviser nos aspirations, leur priorité, leurs valeurs (accommodation). »

 

Les émotions ne sont pas à concevoir indépendamment du processus cognitif, elles sont imbriquées et interdépendantes. Les émotions déterminent ce que nous percevons, ce que nous mémorisons. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire  que l’effet Koulechov agit à nos dépends. Lorsque nous voyons quelqu’un, en réalité nous interprétons en fonction de notre vécu, nos croyances. La perception est en fait une construction. Nous sommes le peintre qui déposons nos couleurs sur la toile. Le stress que nous ressentons est une déformation probable de la réalité.

 

Ajouter à cela, et pour renforcer cet effet d’amorçage, un biais de confirmation vient mettre son grain de sel dans le Système. C’est-à-dire qu’inconsciemment, nous allons aller chercher des informations chez l’autre qui vont confirmer notre ressenti (faussé, nous l’avons vu, par nos croyances).

 

C’est un cercle vicieux qu’il faut stopper et nous en avons tous le pouvoir, les ressources, de le faire en adoptant un autre angle de vue. Parce que nous sommes compétents pour le faire, parce que ça fait du bien à notre estime de soi.

 

Réf. :

« Améliorer ses stratégies de coping pour affronter le stress au travail » - D. Lucie COTE – Université du Québec en Ouataouais (2013)

http://www.lefigaro.fr/social/2015/01/07/09010-20150107ARTFIG00158-pres-de-deux-salaries-sur-dix-sont-au-bord-du-burn-out.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Koulechov

« Comment développer vos ressources personnelles » – Francis Delvalle (2001)

 

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