Instant popcorn : analyse comportementale de Jean-François, prétendant dans l'Amour est dans le pré 2018

Pourquoi Jean-François vous semble bizarre ?

Je me suis étonné de façon candide que Jean-François, prétendant dans l’émission « l’amour est dans le pré » (2018), vous apparaisse bizarre voire limite psychopathe. A-t-il eu une attitude si déroutante et peu engageante au speed dating ? Pas pour tous puisque Aurélia a choisi de le revoir :

https://www.programme.tv/news/tele-realite/202893-lamour-est-dans-le-pre-2018-aurelia-en-pincait-deja-pour-jean-francois-avant-de-le-rencontrer/

Avant d’analyser rapidement ces quelques instants éprouvants pour le candidat, je pense important de repréciser les définitions du stress, de la peur et de l’angoisse.

 

Le stress

C’est une réaction d’adaptation de l’organisme qui sert à maintenir l’équilibre physiologique et psychologique d’un individu qui se trouve confronté à un élément/situation/évènement stresseur. Le stress devient un risque pour la santé lorsqu’il est éprouvé dans la durée.

 

La peur

C’est un sentiment éprouvé en présence ou à la pensée d’un danger, d’une menace réel ou supposé. Elle est immédiate et spontanée.

 

L’angoisse

C’est un sentiment de l’ordre du vécu mais sans objet face à laquelle il semble ne pas y avoir de solution. L’esprit se fige, l’individu a l’impression de ne pas pouvoir la maîtriser (vs l’anxiété).

 

Une fois ce rappel fait, penchons-nous sur la situation !

L’émission diffusée sur M6 connait un certain succès. Les candidats sont mis en situation dans le cadre de rencontres scénarisées. Sur le plateau ou en extérieur, ce sont des caméras omniprésentes, des sources de lumière pour mettre en valeur les candidats et un certain nombre de techniciens également présents. Nous pouvons donc dire qu’il s’agit d’une situation qui n’est pas habituelle pour chacun d’entre nous. Ainsi, face à une situation exceptionnelle et inconnue, le corps et l’esprit doivent s’y adapter pour faire redescendre le niveau de stress à un niveau acceptable.

Je précise que chaque personne possède un niveau d’acceptabilité qui lui est propre. Un individu peut très mal gérer son stress tandis qu’une autre saura le transformer en un stimulant.

 

Le prétendant

Jean-François, la 30aine, ébéniste vivant chez sa mère avec laquelle il a tissé des liens « indestructibles » depuis la mort de son père lorsqu’il était âgé de 14 ans.

Il n’a pas connu ses grands-parents.

 

Qu’observons-nous factuellement ?

Lors du visionnage de la scène, au cours du speed dating qui dure environs 1 minute 30, nous pouvons mettre en exergue plusieurs marqueurs gestuels qui ont tous un horizon de sens spécifique.

La position assise est dite neutre. Il est au milieu de son siège et semble indécis sur l’attitude, la position à tenir. Il y a donc une certaine ambiguïté qui est déjà observable. Nous pouvons déjà dire qu’il y a un « conflit » intra psychique qui tient de l’ordre de l’intentionnalité : « dois-je y aller et m’investir, ce qui revient à me découvrir dans cet environnement inconnu et donc potentiellement hostile ? »

Nous observons également que ses mains sont jointes, doigts repliés, entre ses jambes et sous la table. Elles sont en position basse, ce qui traduit d’emblée une émotion négative. Cette position des mains marque un retour sur soi, une certaine protection face à un danger potentiel et ainsi, une implication mesurée dans la scène.

Nous constatons que Jean-François frotte ses mains paumes contre paumes, comme s’il se les lavait. Ce geste traduit un mal être, un malaise. En psychologie, nous dirions qu’il s’agit d’un geste contra phobique, c’est-à-dire qu’il vient atténuer l’angoisse ressentie (en Synergologie, nous pouvons faire un parallèle avec la goutte de malaise).

JF souffle fort à plusieurs reprises pour se donner du temps, pour améliorer aussi physiologiquement l’apport en oxygène. En psychothérapie, pour gérer son stress, je vais vous inviter à inspirer sur 4 temps et à expirer sur 6 temps de façon à solliciter le système parasympathique qui vous aidera à vous relaxer : http://www.psychomedia.qc.ca/neurologie/2009-07-26/qu-est-ce-que-les-systemes-nerveux-sympathique-et-parasympathique

 

Il se mord également la lèvre inférieure, un geste qui ne se fait que dans des situations anxiogènes, pour ensuite se gratter de la main gauche le côté gauche de sa tête, puis enfin le côté gauche de sa nuque. Ces gestes illustrent la réflexion mais également que quelque chose énerve la personne qui fait tout pour tenter de maîtriser la situation mais sans trop savoir comment communiquer.

Nous pouvons observer ses jambes qui remuent, signe d’un désir de se mettre en marche/en action, signe que la personne subit la situation mais qu’il serait très mal interprété de partir sur le champ.

Enfin, avant dernier marqueur gestuel qui traduit l’authenticité, c’est la défocalisation passive du regard. C’est-à-dire que JF, à certains moments, laisse partir son regard dans le vague de façon inconsciente.

Mais quel est ce marqueur gestuel qui vous semble inquiétant ?

Finalement, c’est bien là la question. Pourquoi, après cette analyse froide et distanciée, optez-vous pour la crainte de lui ? Vous n’aimeriez pas le croiser dans la rue !

 

C’est le regard et les clignements des yeux !

 

Jean-François est victime de son anatomie. Il a des petits yeux noirs enfoncés dans ses orbites, ce qui donne une certaine étrangeté/importance à ses arcades sourcilières.

Il a de plus des lèvres fines, ce qui, dans l’inconscient collectif, est une caractéristique physique des gens nerveux, impulsifs.

En psychologie évolutionniste, nous dirions que ce sont des traits qui représentent un danger potentiel qu’il vaut mieux fuir.

Ensuite, il ne cligne des paupières que lorsque sa tête bouge. On dit qu’il a des clignements psychomoteurs, c’est-à-dire qui ne véhiculent pas d’émotion. Ce qui renforce cette perception de danger potentiel.

Dès lors que vous observez un trait que vous assimilez à un danger, même s’il est minime, c’est bien lui qui donnera la teinte du rapport interindividuel. Ce n’est que dans la discussion que vous vous apercevrez que finalement, le doute du danger potentiel peut être levé… ou pas !

Ainsi, Jean-François est angoissé par la situation, vite débordé par le trac, hypersensible et empathique, il ne sait pas comment gérer ses émotions.

PS : merci à Stéphanie pour la vidéo et à vous, faites attention au biais de confirmation et à votre première impression.

 

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Commentaires (1)

Stéphanie
  • 1. Stéphanie | 06/10/2019
Merci à toi pour cette analyse :)

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