Bourdin

Bourdin Direct, invitée Cécile Duflot - 1er/sept 2014

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/replay/bourdin-direct/

Cécile Duflot, députée EEL de Paris, bénéficie seulement de 7,7% d’opinions positives (source : Linternaute.com).

Voici l’analyse de son langage corporel lors de son interview face à Bourdin, avec le time code puis l’explication qui lui est associée.

16 sec. A peine le temps de dire « bonjour » que je remarque l’air circonspect de l’ancienne ministre (axe de tête sagittal neutre, penché sur la droite qui regarde Bourdin avec l’œil gauche). Remarquez également son hémi visage gauche plus contracté que le droit.

28 sec. Le buste de Duflot est penché vers l’avant et traduit son envie d’échanger, de communiquer. Mais cet élan est tempéré par son épaule gauche qui devance son corps et refreine ses ardeurs. Elle veut échanger mais elle est plutôt hésitante face à cet interlocuteur à la réputation frustre.

Ses mains sont l’une contre l’autre, les doigts entrelacés avec une certaine pression qui montre son inconfort.

35 sec. « Souhaitez-vous la réussite du gouvernement ? » demande Bourdin tandis que Duflot opère un retrait immédiat du buste pour prendre de la distance face à cette attaque frontale. La députée ne souhaite pas de confrontation directe parce qu’elle ne la maîtrise pas.

44 sec. « Je ne crois pas en la politique qui est menée » avoue-t-elle la main droite sur son buste qui confirme et rend son propos cohérent. Elle dit la vérité, elle est sincère tout en étant dans le contrôle (main droite active).

1’20 min. Duflot déroule tranquillement son discours mais c’est sans compter sur Bourdin qui va revenir à la charge. Il veut plus de tranchant comme le disent ses mains dont les paumes se font face et décrivent un mouvement de haut en bas.

1’46 min. « Les solutions que nous apportons », propos que Duflot place à sa gauche pour nous montrer qu’elle y croit. Ensuite, vient un thème qu’elle affectionne : la transition énergétique. Elle l’aborde avec sa main gauche active qui est la main de la spontanéité.

Je note étrangement que depuis que l’interview a commencé, Duflot a une voix chevrotante…

2’10 min. « Les usines se délocalisent vers la Roumanie » dit-elle en plaçant ces propos à droite, elle ne s’inscrit pas dans cette politique.

2’27 min. « Septembre, octobre, vote de confiance, vous voterez contre ? » demande Bourdin, Duflot se replace buste en avant mais toujours épaule gauche devant. Elle a du mal à s’imposer lorsqu’une question semble l’interpeller personnellement. Sa réponse est donc évasive et Bourdin s’infiltre dans l’ouverture. C’eut été différent si la réponse de la députée eut été plus claire et franche, moins hésitante donc…

3’10 min. Moment clé pour moi, c’est la 3ème fois que Bourdin reformule la question dont il voudrait une réponse positive ou négative. Si Duflot avait répondu avec le buste bien en avant ou penché sur sa droite, sa réponse aurait été plus claire et elle se serait épargnée ce moment stressant. Elle ne sait plus comment se faire entendre durant ce face à face.

3’20 min. jusqu’à 4’10 min. Ca y est, l’ancienne ministre déroule et se remet dans l’axe droit et l’explication est plus posée. L’effet est direct sur Bourdin qui se replace même sur sa chaise.

6 min. Je me fais cette même réflexion à propos de cette voix chevrotante qui pollue son message, son discours. Ca traduit un stress négatif, un inconfort qui est une variation de la tristesse. J’aurais bien voulu creuser la question…

6’15 min. « Dissolution » placée à sa droite, ce n’est pas l’option qu’elle choisirait mais plutôt « tous les parlementaires derrières le président » qu’elle place à sa gauche (ça tombe bien).

7’05 min. « J’ai entendu le ministre de l’intérieur dire quelque chose comme : on la ferme et on redresse la France », voilà un beau bâton pour se faire battre qu’elle tend à Bourdin qui ne s’y trompe pas.

7’15 min. Réaction de Bourdin et Duflot ne sait pas comment s’en sortir.

7’19 min. Son index vient même sortir de son oreille droite la question qu’elle ne souhaitait pas que Bourdin lui pose. Puis elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille pour se recadrer.

8’37 min. Duflot s’accroche à la table des 2 mains, le navire tangue à cause des vagues Bourdin.

13’13 min. A propos de l’affaire Cahuzac, le buste bien en avant avec la main droite levée, index et pouce joints : enfin de la rebellion : «laissez-moi terminer ! » lui assène-t-elle.

15’29-20’08 min. Le bateau tangue à nouveau, Duflot se cramponne à la table en se donnant de la hauteur pour sortir la tête de l’eau. Elle se reprend et déroule avec véhémence lorsqu’un sujet comme la politique sur l’immobilier est abordé.

Duflot a manqué de percussion dans sa posture, de combativité et cela transmet un message peu clair au téléspectateur. Elle renonce au combat avant même de le commencer. Bourdin en a profité pour muscler davantage son interview. Il s'est inconsciemment adapté. Sa position dominante est renforcée par une gestuelle franche, directe, une voix grave qui en impose toujours. Pour pousser un peu plus son invité dans le rouge, Bourdin aime couper la parole.

Alors comment l’a jouer face à lui ?

Une voix posée, calme et ferme.

Un rythme de phrasé soutenu mais contrôlé.

Un buste penché en avant voire penché sur la droite (agressivité).

Ne pas renoncer à la fin de ses phrases parce que ce n’est pas à Bourdin que l’invité s’adresse finalement, mais au téléspectateur. Lui ne fait « que » son job.

Enfin, le piège Bourdin ne vise qu’à obtenir des réponses manichéennes : « oui/non », à l’invité de ne pas tomber dedans…

Voilà pour cette interview, si à votre tour vous souhaitez un debrief sur une de vos interventions et vous appuyer sur votre langage corporel pour renforcer votre discours, contactez-moi.

 

F. Bayrou vs J-J. Bourdin

https://www.youtube.com/watch?v=aZUvqDNkqmw

Voici un homme politique bien préparé, qui connaît très bien les sujets sensibles, sociaux et économiques et qui n'est pas là pour faire de la figuration mais bien pour défendre ses positions de centriste, ancien candidat à la présidentielle. C'est donc un homme agressif qui répond aux questions du non moins agressif JJB, observer la posture des deux hommes : le torse bien en avant et décalé sur la droite pour F. Bayrou. Une volonté d'être percutant et incisif qu'une main droite vient soutenir dans l'argumentation, traduisant par la même le contrôle du discours verbal. Bayrou veut se montrer également précis, en témoignent les nombreux gestes d'engramme qui aident le cerveau à trouver les mot justes (1mn 30).

En revanche, il est étonnant de constater comme F. Bayrou perd de son punch lorsqu'il s'agit de se mettre en avant... A 6mn 05, son torse passe en avant à gauche (hésitation) lorsqu'il évoque sa campagne présidentielle puis repasse en avant à droite pour défendre les intérêts industriels de la France. Il semble être donc moins à l'aise lorsqu'il s'agit de se mettre en avant. Autre illustration à 8mn au sujet du plan d'économie de 5 milliards, sa langue roule plusieurs fois dans sa bouche pour retenir des propos ; ou encore à la question "si vous étiez député, vous voteriez le plan ?", avant de donner sa réponse, observer comme la main gauche de Bayrou - qui était jusque là posée sans vie sur la table - vient se cacher sous la table tandis que son torse se montre encore hésitant en se postant en avant à gauche. 

La force de F. Bayrou réside dans la conviction qu'il met à défendre les arguments qui servent son parti (Modem), mais cette conviction perd de son intensité lorsqu'il s'agit de SE mettre en avant... égoïstement. A méditer donc...   

Marion Maréchal-Lepen vs JJ Bourdin

https://www.youtube.com/watch?v=Z4KQ2bexplw

Voici un exemple typique du hïatus de com' avec une MMLP en mode séduction mais sa com' non verbale nous montre un stress et une agressivité presque palpables.

La séduction se joue avec un sourire de circonstance, la tête qui penche côté gauche, des cheveux replacés fréquemment vers la gauche. MMLP est également présente dans les échanges avec le buste penché vers l'avant mais là encore, l'agressivité latente apparaît... les arguments chocs sont verbalisés avec le buste vers l'avant mais à droite, un discours donc structuré, préparé, à tel point que je supposais que son regard était souvent en passé émotionnel (retour sur soi) ou encore que MMLP défocalisait pour se concentrer, mais il me semble plutôt qu'elle lit ses notes... à confirmer ! Côté agressivité latente, elle se traduit par un rictus de mépris (à 39 sec), par un sourcil gauche remontant qui la place en retrait, une langue qui sort mais qui rentre immédiatement afin de ravaler les mots qu'elle ne veut pas prononcer (42sec sur les "législatives partielles", 1mn 23 évoquant "l'UMP et JF Copé"). La jolie blonde utilise également son nez qu'elle va micro démanger à plusieurs reprises, traduisant un sentiment négatif sur ce qui est dit - qu'elle ne sent visiblement pas - notamment à 1mn 23 encore avec JF Copé et avec plus d'insistance à 17mn 06 sur la question des rythmes scolaires.Donc voilà MMLP qui comme Marine LP souhaite démocratiser son discours politique et le rendre plus séduisant, mais la tension affleure...