synergologie

Affaire Alexia DAVAL : Enquête Criminelle W9

 

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Le gendre idéal : Jonathann Daval !

Comment le gendre idéal a-t-il pu berner tout le monde ?

 

La question aurait pu se poser autrement : comment Jonathann Daval a-t-il pu mentir à tout le monde ? Mais d’ailleurs, a-t-il vraiment menti ? A-t-il caché une partie de la vérité ? A-t-il joué une sombre et cynique comédie ?

 

Se pose alors la question de l’authenticité et des signes qui permettent de la reconnaître. Lorsqu’une personne montre une émotion qu’elle ressent réellement, on s’attend à voir des épaules hypotoniques ou hypertoniques comme dans la tristesse ou la colère. On s’attend à une augmentation des clignements des paupières, des mouvements de bouche mais également à des gestes effectués avec les mains plus ou moins proches du corps.

 

Dans le cas de JD, seul le visage (d’après les vidéos que j’ai visionnées) nous apporte des éléments de réponse. Et au final, et évidemment renforcé par ses aveux, il s’agit d’un « mensonge vigilant », c’est-à-dire que JD doit en dire le moins possible afin que le peu d’informations verbales et non verbales extériorisées ne puissent lui être retournées. Il est donc confronté à une double contrainte : laisser s’extérioriser sa tristesse mais en en montrant le moins possible.

 

Avant d’analyser la vidéo et de vérifier s’il y a une émotion sous-jacente, il est important de rappeler les éléments connus.

 

Quels sont les éléments contextuels ?

 

D’abord JD affiche un physique petit, fluet, quelques rides sur le front, des sourcils peu mobiles, une coiffure branchée. JD apparaît comme une personne timide voire introvertie, il est informaticien, il est supporté par le père de sa femme lors des différentes sorties filmées. Il est à mille lieux d’un physique à la Charlton Heston et apparaît même efféminé…

 

JD a rencontré sa femme au lycée et il dit qu’ « elle a changé sa vie (…), qu’elle est une complice délicieuse » (Ouest-France). Elle avait 29 ans, était employée de banque, joggeuse donc active et énergique.

 

L’enquête a révélé une relation conflictuelle depuis quelques temps, avec des disputes que les voisins qualifient de crises hystériques, puis des échanges de SMS qui révèlent des propos violents de la part d’Alexia et enfin, une difficulté à concevoir un enfant (ce qui ne manque pas de créer des tensions, voire de les exacerber si elles étaient déjà existantes).

 

Meurtrier et triste à la fois ?

 

A l’analyse de la vidéo, il n’est vraiment pas aisé de se rendre compte que JD est l’auteur de ce crime sordide, cependant, quelques items peuvent être sujets à caution.

 

JD est authentique parce qu’il ne feint pas la tristesse. Elle est lisible sur toutes les images quand son hémi visage gauche est plus crispé que le droit (4 min. 05), avec les bords extérieurs de la bouche tombants, le menton qui se « froisse », ce ne sont pas des mimiques que l’on peut feindre facilement. Ses larmes sont bien là aussi. Les épaules sont hypotoniques, aucune des deux épaules n’est plus haute que l’autre donc il n’y a pas d’enjeu personnel, pas d’envie de performer. Les clignements d’yeux sont biens présents et même très (trop ?) appuyés, le chagrin éprouvé nécessite même l’ouverture de la bouche pour une meilleure oxygénation, on voit JD souffler souvent pour évacuer cette profonde tristesse. Son regard défocalise souvent mais de manière passive (4 min. 17 ; 4 min. 40 ; 5 min. 32), ce qui va dans le sens d’une authenticité. Par contre, nous ne voyons jamais de mouvement ni des bras, ni des mains, aucune micro démangeaison… mais JD est une personnalité timide et introvertie, voyez sa bouche souvent fermée (4 min. 17), son regard se baisse pour rentrer dans sa bulle (4 min. 44) ce qui est cohérent avec sa gestuelle économe.

 

Cependant, quelques items viennent parasiter le message…

 

A 4 min. 41, la bouche de JD se ferme en « huître » signifiant que des propos sont retenus, ce qui semble anachronique, d’autant que la langue sort pour rentrer immédiatement (ROBL10) confirmant cette envie de ne pas dire.

 

A 5 min. 47, JD a une déglutition marquée alors que je n’en ai pas vu précédemment et à nouveau sa langue qui sort pour rentrer immédiatement (ROBL10).

 

Enfin, et c’est pour moi le moment « clé » de ces items, à 5 min. 48, JD a une moue d’agacement, de circonspection avec une mise à distance des autres (ROBDGEA + ROSDA pour nous synergologues) sur la phrase prononcée par sa belle-mère : « cette marche que nous souhaitons silencieuse… ».

 

Comment expliquer ce hiatus ?

 

Je me permets une ou deux remarques qui pourront jouer un rôle dans l’explication. Le couple formé par JD et AD ressemble fortement à celui des parents d’AD. La mère est sur le devant de la scène, c’est elle qui parle, elle occupe une fonction de conseillère municipale, c’est donc une femme de pouvoir, alors que le père ne parle pas, il est effacé et soutient physiquement son gendre.

 

Le couple JD / AD habite dans la maison des grands-parents d’AD, ce n’est pas un bien acquis en commun (et alors me direz-vous ? J’y viens…).

 

JD a connu sa femme très jeune, au lycée, il dit qu’elle a changé sa vie, il est ainsi entré dans un processus d’idéalisation de sa femme, objet de son surinvestissement émotionnel. Le but étant de réparer évidemment un ego en berne, non valorisé et une faible estime de soi.

Cette idéalisation permet d’éviter la dépression mais qu’en est-il lorsque l’objet idéalisé souhaite vous quitter ? Si cela se réalisait, JD se serait retrouvé sans maison, sans femme, sans enfant promis et surtout, seul face à son narcissisme blessé et donc anéanti dans le sens le plus complet.

Malheureusement statistiquement, les hommes ont une fâcheuse tendance à passer à l’acte contre celle qui les menace de partir.

 

L’idéalisation fixe le couple dans un système non viable à terme, qui ne peut qu’imploser dès lors qu’un élément perturbateur vient mettre son grain de sable dans la machine d’un équilibre précaire. En particulier ici, le désir d’avoir un enfant est une difficulté dont, on peut facilement l’imaginer, chacun peut reprocher le tort à l’autre (je vous rappelle que AD est plutôt affirmée alors que JD est efféminé) et là, à chacun sa méthode… c’est ce qu’attestent les crises d’hystérie relatées par les voisins.

 

A mon humble avis, et là où JD ne pourra pas faire croire à la thèse de l’accident (un étranglement ne prend rarement que quelques secondes…), c’est qu’il avait conscience de ses actes et que le déni affiché lors de la conférence de presse et lors de la marche blanche n’a pas tenu face à la cruelle et sordide réalité.

 

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Vw4Ep_YvIos

 

J daval

Emilie Konig "je resterai ferme sur ma foi jusqu'à mon dernier souffle"

Paris Match a publié un portrait d’Emilie König le 02/01 dernier, très bien fait, que je vous invite à lire histoire que vous ayez une idée assez précise de qui est la française partie faire le djihad :

http://www.parismatch.com/Actu/International/Emilie-Koenig-portrait-d-une-djihadiste-francaise-arretee-en-Syrie-1430687#

Emilie König a été arrêtée en décembre dernier par la milice kurde YPG qui a diffusé une vidéo lundi :

https://www.youtube.com/watch?v=bCh5LyFIO5k

Mon analyse de sa gestuelle porte, non pas sur la véracité des tortures à l’encontre de la française convertie, mais sur la question de savoir s’il subsiste ce fanatisme religieux en elle. Lors de cette interview, Emilie König doit mettre sur le devant de la scène, en première ligne, le fait qu’elle n’est pas victime de torture, que tout va bien, une vie normale en somme comme toute jeune femme occidentale (qu’elle n’est plus).

Avec cet objectif en tête, EK doit poser un voile (très) épais sur ses convictions religieuses et là, il est (très) intéressant de voir comment le corps va gérer cette dichotomie.

Tout d’abord, il faut bien avoir en tête que le mensonge nécessite une forte concentration, une forte énergie cognitive pour garder le contrôle sur le message verbal relayé par le non verbal, afin que le tout forme un ensemble cohérent (d’autant qu’EK souhaite être jugée en France. Quels sont les atouts d’un système judiciaire tel que le système judiciaire français, face au système judiciaire turque, voire islamique ? C’est une vraie fausse question !).

Outre la concentration gourmande en énergie psychique que nécessite le mensonge, ce dernier est verbalisé avec une voix monocorde avec peu de variation de ton, d’intensité. Le regard est actif, peu dans l’émotionnel (donc dirigé sur les côtés ou vers le haut plutôt que vers le bas) hormis pour tous les souvenirs qui doivent représenter une part de vrai, pour venir enrichir le mensonge. Ce mélange aide à consommer un peu moins d’énergie et à une fonction de déresponsabilisation, « je ne mens pas tout à fait puisqu’il y a une partie de vrai dans ce que je vous raconte. »

 

A contrario, pour constater si la personne dit la vérité, il faut se poser la question de la fluidité du débit vocal, de la focalisation du regard qui doit à certains moments (inconscient) « être absent », un peu comme si la personne perdait contact avec son interlocuteur.

Enfin, il faut être attentif aux gestes visuo spaciaux qui ont la fonction de mimer et de faire revivre des scènes à la personne. Dans l’authenticité, le regard est actif, il est soutenu et conscient, la personne cligne plus des paupières que la norme (la moyenne est de 15 clignements par minute environs), les sourcils sont mobiles pour appuyer le discours.

 

Dans cette interview, ce qui est visible immédiatement, c’est que l’image n’est pas inversée, les inscriptions sur son pull sont bien lisibles. C’est aussi le contrôle qu’EK semble vouloir exercer sur son corps. Il est rigide, fixé dans une attitude qui se veut représenter la « détente et l’apaisement », en cela sa gestuelle est déjà un hiatus.

Sur les quelques minutes que représente la séquence, EK alterne le contrôle, la contradiction, le mépris et le désir de convaincre.

 

Au 1er visionnage, on peut se dire qu’EK semble détendue, autant qu’elle puisse l’être dans sa situation et elle tente de transmettre un message d’apaisement, de détachement voire de nonchalance. Je dirais qu’elle « fait comme si la situation était ordinaire ». Alors qu’elle est extraordinaire ! Son corps agit et réagit à la fois au message corporel de l’interviewer, miroir et réceptacle de son discours, mais aussi à ses propres pensées et valeurs morales bien ancrées dans son corps.

Ainsi, sa main droite est active alors que la gauche semble inerte, la position de son buste est rigide. Ces 2 éléments contribuent à illustrer le contrôle qu’elle souhaite exercer sur ses vrais desseins.

 

La contradiction entre ses valeurs morales, qu’elle a érigées en protection face à l’absence de son père, et les valeurs occidentales nécessaires à afficher se matérialise par le pouce droit levé lorsque sa main droite est tournée vers elle (à 2 sec.). « Il n’y a pas de différence entre nous et les filles du YPG », le geste de la main avec le poignet cassé et la paume dirigée vers elle signifie son intention de lier les 2 parties différentes entre elles.

C’est aussi le cas par la moue qu’elle fait très souvent avec la lèvre supérieure gauche levée - à 22 sec. sur « j’ai vu que les femmes du YPG ramenaient des bonbons… », à 50 sec. sur « mon arrestation », à 1 min. 18 lorsqu’elle évoque la communication avec sa mère, « je lui ai expliquée tout ça… » ; la langue qui sort au centre de la bouche pour rentrer sur le côté droit à 1 min. 16 sur « j’ai pris peur, j’ai téléphoné à ma mère, je lui ai expliquée tout ça… » ; et l’hémivisage qui, à 42 sec. sur « elles (les filles du YPG) nous apportent tout ce qu’on a besoin… », montre 2 émotions contraires. La partie supérieure du visage exprime la tristesse alors que la partie inférieure exprime la joie par un sourire social.

 

Ses tentatives de nous prendre à témoins, dans son désir de convaincre du fait qu’elle est bien traitée, sont mises en scène par un regard focalisé (consciemment) droit devant elle, en regardant l’objectif de la caméra à 35 sec. sur « on nous apporte du café… », à 1 min. 09 sur « j’ai entendu les femmes de Daech dirent qu’il y avait beaucoup d’injustice… qu’elles tapaient (les filles du YPG)… » et à 2 min. 08 lorsqu’elle énumère toutes les commodités apportées par les filles du YPG.

 

Toute cette stratégie s’avère vaine quand on voit/observe le mépris qui pointe insidieusement par les coins extérieurs de la bouche qui s’élèvent à 1 min. 03 juste avant qu’elle n’évoque les femmes de Daech, le menton qui s’élève à 2 min. 03 puis à 2 min. 29 lorsqu’elle évoque les commodités apportées par les filles du YPG et les médecins qui sont là pour les aider, et la moue de la lèvre supérieure gauche sur les mots « la croix rouge est présente… ». Lever le menton lorsqu’on évoque quelque chose c’est se positionner au-dessus et afficher son mépris sans le dire. Ayez en tête ce que représente l’image de la croix pour un musulman qui prône le djihad !

 

Alors non, EK ne semble pas si paisible que ça, non seulement à cause de sa situation de prisonnière mais encore moins par le fait qu’elle doive faire une croix (jeu de mot facile) sur les valeurs morales qu’elle idéalise, en particulier si elle veut être jugée en France pour pouvoir s’en sortir a minima. EK ment-elle quant à ses conditions de détention ? Pour avoir une idée franche, il aurait fallu procéder à un questionnement spécifique. En revanche ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas renoncé à ses valeurs morales prônant un Islam radical.

 

 

Emilie koenig

 

Suite au rapport sur le processus de radicalisation

Je relaye le « rapport de recherche pour la mission de recherche Droit et Justice » qui s’intitule « Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents », avril 2017, sous la direction scientifique de Xavier Crettiez et Romain Sèze.

 

Il aborde de manière exhaustive le processus de radicalisation dont les facteurs qui mènent au passage à l’acte terroriste.

Publié cette année, il m’incite à faire un parallèle avec deux articles que j’avais écrit en 2015 :

L’un à propos de « L’hébergeur de Saint-Denis » et l’autre à propos du besoin de solitude, qui expliquent les manques éducatifs et attentionnels.

 

Voici le lien vers le rapport :

 

https://www.inhesj.fr/fr/content/rapport-saisir-les-m%C3%A9canismes-de-la-radicalisation-violente

 

Voici les liens vers mes articles :

 

http://www.ds2c.fr/blog/pour-en-finir-avec-l-hebergeur-de-saint-denis.html

http://www.ds2c.fr/blog/nous-avons-tous-besoin-de-moments-de-solitude.html

 

Voici ce que j’écrivais sur l’hébergeur de Saint-Denis suite à mon analyse du langage non verbal.

« Son torse est bombé, le menton est haut pour toiser, regarder de haut et en biais. Drôle d’attitude pour celui dont l’appartement est actuellement pris d’assaut par la police. Ne devrait-il pas être inquiet ? Voire apeuré ?

Votre œil, même néophyte, a capté immédiatement cette attitude désinvolte qui ne cadre pas avec l’horreur des évènements. C’est une attitude arrogante que vous retrouvez systématiquement chez tous les délinquants de cités. (…) Il répond au journaliste mais son regard n’est pas dirigé vers son interlocuteur. Il conserve son ton nonchalant, distancié, (…) très enfantin. C’est ce qui trahit sa pensée. Voyez vos enfants qui ont fait une bêtise et que vous surprenez… ils adopteront la même attitude.

(…) Vigilance teintée d’un sentiment de supériorité affirmé. Ce sont bien les Institutions qu’il défie du regard (…), ce qui traduit une désinvolture méprisante.

Voici donc en 39 secondes, une stratégie comportementale puérile, construite sur la défiance à l’encontre des Institutions, de ce qui représente l’ordre, et qui malheureusement est le creuset des terroristes.

Ces personnes sont du pain béni en mal de valeurs et de reconnaissance.

Mais ne croyez surtout pas que l’hébergeur n’a pas conscience ni de ses actes, ni de la portée des évènements, il n’en a tout simplement pas cure… l’hébergeur est authentique dans son témoignage, il est certainement étonné de se retrouver au premier plan mais il est certain qu’il savait que ces squatteurs étaient des criminels. »

 

Au travers de ces 2 articles, j’avais rappelé l’importance de la socialisation et de ses effets, l’influence qu’exerce le groupe/le clan/la famille et comment peut naître le déficit d’estime de soi et le manque de reconnaissance de la part des parents en premier lieu, de la démocratie/de l’Etat ensuite.

 

Comme l’indique le rapport, « dans bien des cas, une situation de non-reconnaissance est renforcée par une combinaison entre, d’une part, une socialisation virile valorisant la force physique (le parallèle avec l’environnement des halls de cités est évident, c’est moi qui le note) et le mépris de la mort et, d’autre part, une dévalorisation volontaire du statut de donateur au sein d’une société, c’est-à-dire la méconnaissance du rôle des acteurs comme contributeur à une sphère d’interaction sociale. » L’hébergeur de Saint-Denis en est le symbole.

 

Cependant, j’insiste sur le fait que ce sentiment de non-reconnaissance est un sentiment qui, malheureusement, se partage trop facilement versus une émotion positive. Il existe aussi la possibilité qu’a tout individu à se remettre en question et à faire un véritable effort cognitif pour s’inscrire dans une démarche plus valorisante et reconnue par la société. Cet effort cognitif revient à adopter un autre angle de vue et de se dire que finalement, elle (la société) n’a pas vocation à stigmatiser…

 

Si l’individu ne le fait pas, le Système menant au passage à l’acte va se mettre en marche. Comme le précise le rapport, « le plaisir intense que peuvent retirer les militants politiques à s’engager dans des actions radicales totalement éloignées d’une forme de quotidienneté et assurant à ceux qui s’en prévalent une image de soi grandiose et mythifiée. Un des ressorts de l’engagement armé, surtout lorsque l’on est issu d’un univers social désenchanté, est la possible mutation de soi en un surêtre tout puissant, qui valorise le statut moral de l’acteur et l’introduit dans les délices narcissiques d’un combat glorieux. » C’est exactement ce que je pointais du doigt en 2015 et ce que recherche ces terroristes européens : de la reconnaissance. Cette même reconnaissance que leur offrent les imams salafistes et daech.

 

Dans un contexte familial perturbé (parents non attentionnés, non sécurisants, père ou mère absent, violent ou addict) peu sécurisant et encore moins valorisant, se construit un faux-self qui va se développer et niant sa part de faiblesse et en mettant en avant la puissance physique qui représente une partie valorisante et noble. Le lien d’attachement avec la mère et le lien extérieur avec le père ont été déficients. Cette déficience a été le terreau du faux-self et a généré frustration et impuissance qui à leur tour ont été alimentés par la société civile dans laquelle ces individus ne se reconnaissaient pas. D’autant plus qu’ils avaient l’exemple de la première génération qu’ils jugent soumise à l’Etat et au peuple judéo-chrétien. Ainsi, révolte et absence d’identification au père sont des éléments communs à ces âmes perdues.

Le rapport illustre cet état de fait par l’exemple d’un djihadiste interrogé en prison, qui fut victime d’un pédophile et qui est dans le déni par rapport au traumatisme subit. A cela s’ajoute des rapports conflictuels avec la mère, l’absence du père, la violence subit de sa mère par ses différents concubins et le placement dans un foyer.

 

Dans sa partie psychosociale, le rapport évoque « des failles psychiques (…) qui exprimeraient dans le trouble face au contrôle de ses pulsions en particulier dans le rapport aux femmes. Ces dernières, en évoquant une image de désir très fort, renvoient l’islamiste à une forme d’impureté que seule la violence doit permettre de tenir à distance. » Alors disons qu’il s’agit d’une des voies empruntées mais ce n’est certainement pas la seule.

 

D’un point de vue psychologique, le destin d’une pulsion est soit le renversement en son contraire, soit le renversement contre soi, soit la sublimation, soit le refoulement. Ce dernier, très prisé, est une voie d’allègement de l’inconscient et même refoulée, la pulsion reste à la recherche de se décharger, l’inconscient ne tolérant qu’un certain niveau de tension. Le refoulement ne fait que transférer la pulsion dans l’inconscient qui est lui-même protégé par un système d’évitement de la frustration. La libido (pulsion de vie, de plaisir) est déviée vers un nouveau but, c’est le processus de sublimation. Ces individus auraient pu choisir une voie artistique, spirituelle, intellectuelle ou sportive (les exemples des joueurs de foot ne manquent pas, hein Neymar ?)… que sais-je encore.

 

Ce qui est dommage, c’est que les autorités semblent investiguer l’analyse sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi ». C’est une question de priorité bien sûr, d’urgence aussi mais il me semble important d’investir massivement la sphère éducative. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis toujours dans la recherche du « pourquoi ».

 

Quels sont les 3 éléments, selon le rapport, qui mènent aux engagements radicaux ?

- la prise en compte des réactions violentes nées d’un phénomène d’indignation et d’injustice,

- l’influence exercée par la doctrine et l’idéologie professée,

- le lien analytique établi entre idéologie et émotion.

 

On ne naît pas criminel, même s’il existe des prédispositions à mon avis (cf. psychogénéalogie), on le devient. Intervenir dès la plus tendre enfance est certainement une des clés pour minimiser les risques de déviance. Vaste programme.

 

Radicalisation

 

Poutine vs Sarkozy : sommet du G8 en 2007

Le sommet du G8 2007 réunissait les dirigeants des 7 pays démocratiques les plus industrialisés et la Russie, du 6 au 8 juin 2007, en Allemagne. Au cours de ce G8, Nicolas Sarkozy a vivement critiqué la politique menée par Vladimir Poutine. Mais lors d’un tête à tête, le Président russe va réajuster à sa façon l’équilibre des pouvoirs…

Lors de la conférence de presse qui suivit, l’ensemble des journalistes présents a attribué l’attitude de Nicolas Sarkozy à une ivresse, mais la réalité est toute autre.

Au-delà des éléments verbaux repris par Nicolas Hénin, voyons comment cela s’est traduit par le langage non verbal.

 

[2.06] : NS arrive d’une démarche plutôt assurée pour quelqu’un que les journalistes disent être ivre. Je ne vois pas d’hésitation, le poids du corps s’ancre avec détermination dans chaque pas.

 

[2.11] : « Vous préférez que je réponde aux questions ? » NS affiche du dépit sur son visage, illustré par la commissure gauche de sa bouche qui est ascendante. Ce dépit se mêle de surprise avec ses rides du front et les sourcils en « accent circonflexe ». Je peux distinguer aussi son hémi visage droit commandé par le cerveau analytique (hémisphère gauche) plus crispé que le gauche.

 

[2.44] : « Du fait de l’humiliation que venait de lui infliger Vladimir Poutine ». Sur cette image que vous pouvez arrêter, vous pouvez observer une différence évidente de hauteur au niveau des épaules. La gauche est beaucoup plus haute (hypertonique) et contractée afin de se protéger. C’est instinctivement le bras gauche qui s’élève en premier en bouclier vers le danger, pour se protéger. En revanche, la droite est plus basse, en cohérence avec cet hémi visage droit moins expressif.

La mâchoire est pendante, exprimant ainsi le renoncement, l’hébétude.

Enfin, sur cette même image, NS marque un retour sur soi avec son regard et son menton bas, marquant ainsi une infériorité.

 

[2.45] : Ce sentiment, qui est aussi la peur, est encore plus lisible à ce moment avec des rides en forme de vagues sur le front, avec le blanc des yeux très apparent sur le bas de l’iris.

 

[2.48] : « Nous avons évoqué tous les sujets… » dit NS avec la bouche en huître (propos retenus) et une crispation des sourcils désireux de marquer/d’insister sur ce point en particulier.

 

[2.52] : « La Tchétchénie… » avec le sourcil droit levé qui veut mettre le monde extérieur à distance. Le regard est défocalisé et la lèvre est mordue, ce qui ne s’observe que dans un contexte négatif s’il n’est pas associé à un vrai sourire.

 

[2.58] : « Les Droits de l’Homme… » avec la commissure gauche de la bouche qui remonte (ascendante) avec un mordillement de la lèvre inférieure (encore).

 

[3.00] : « Le Droit des homosexuels… » avec du dégoût teinté de peur dans l’expression du visage, les dents inférieures sont très visibles et les narines sont retroussées, prêtes à inspirer davantage d’air (qui semble lui manquer).

 

Comme souvent, nous voyons que la réalité n’est pas forcément celle qu’ON nous présente.

La réalité est que le corps parle à notre insu, qu’il produit des signes observables et que nous avons aujourd’hui les moyens de les décrypter.

 

 

Merci à Emmanuelle Fitoussi pour la suggestion.

 

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=HEpcPdcJqR8

Biblio. : Nicolas Hénin, « La France russe », 2016

 

Poutine vs sarkozy

Pénélope Fillon savait-elle qu'elle était rémunérée ?

Le regard de Pénélope Fillon me fait fortement penser à celui de Lady Diana. Un regard triste, dirigé vers le bas dans une certaine réserve, très fréquent dans cette séquence. Il va également souvent se perdre à l’extérieur gauche ou droit, une façon d’échapper momentanément à la réalité.

 

« Que faites-vous de vos journées, quand votre fils est à l’école ? »

 

A cette question, l’embarras voire même le désarroi se lit sur le visage de Mme Fillon, la bouche reste un instant entrouverte, la commissure des lèvres est ascendante et le corps s’affaisse… jusqu’au moment où il faut bien répondre ! Alors le corps se redresse, la bouche se ferme avec une certaine tension dans les lèvres (dubitative Mme Fillon) puis les sourcils se font plus hauts : il est temps de répondre.

Le corps part alors sur sa gauche dans une argumentation hésitante, timide. L’axe de tête est à gauche, l’œil directeur est le droit, traduisant de la soumission à son rôle de « femme de… » peu valorisant pour elle. A ce moment de sa vie, Pénélope Fillon n’est certainement pas une femme épanouie.

 

« J’ai toujours vécu comme n’importe qui d’autre. »

 

Du dépit aussi avec cette réponse qui la renvoie à la banalité du quotidien d’une mère (célibataire ?) qui ne travaille pas. Ses yeux sont grands ouverts, les sourcils très hauts et le regard perdu dans le vague.

Il faut attendre qu’elle évoque son inscription en Littérature Anglaise pour voir enfin un sourire vrai, spontané. Retour sur soi, regard vers le bas, l’évocation de cette activité « loisirs » semble la ravir.

 

François Fillon laisse-t-il sa femme libre de travailler ?

 

« Je me suis rendu compte que mes enfants ne me voient que comme leur mère », sa main droite va positionner cette fonction « mère » à sa droite, s’en désolidarisant. Pénélope Fillon aspire à occuper différemment ses journées qu’à materner.

 

Elle oppose à cette fonction sa formation scolaire : diplôme de français, de droit, concours d’avocat ! C’est dit avec de la tension dans la mâchoire et les dents serrées (agressivité contenue), mais les sourcils et le front sont plissés et montrent toujours cette tristesse.

 

Enfin, à 4min. 21 je passe l’interview à 25% de la vitesse normale, au moment où Pénélope Fillon dit clairement qu’elle n’a pas été l’assistante de son mari. Elle initie un « non » de la tête par la gauche, en toute sincérité donc !

 

Cette tristesse prégnante, que j’ai observé tout au long de cette interview, est illustrée par cette image arrêtée à 3min 05 et nous fait, aujourd’hui, nous poser cette question : Pénélope Fillon était-elle au courant de ces indemnités qui lui étaient versées ? La réponse semble évidente maintenant que vous venez de lire mon analyse de sa gestuelle, elle le sera encore plus lorsque vous lirez l’article d’Elodie Mielczareck : http://www.analysedulangage.com/index.php/2017/02/03/penelope-ne-savait-zones-dombre-discours-de-fillon-mots-trahissent-pensee/

 

Penelopefillon

Lien vers l'interview : https://www.youtube.com/watch?v=YS1a8n_cBNs

 

"Mal-aise" chez Michelle Obama

L’accueil du couple Trump par les Obama a été vivement commenté à travers le monde et dans tous les médias. Beaucoup comme l’AFP restent objectifs pour décrire l’arrivée du nouveau couple présidentiel, pendant que d’autres médias commentent avec la teinte d’hostilité que provoque Donald Trump.

 

Resituons la scène

 

Les Obama sont sur le perron de la Maison Blanche pour accueillir, de la façon la plus respectueuse possible, ce couple de milliardaire propulsé à la tête des USA grâce à une campagne très patriotique.

Il s’agit donc du protocole bien établi de la cérémonie d’investiture. Exit donc les employés de la Maison Blanche qui se chargent généralement des « à côté », tout au moins sur le perron… seuls restent les 2 soldats au garde à vous.

 

Aussi, Mme Trump, qui ne jouit pas de la meilleure image certainement à cause de son passé de modèle photo sur papier glacé, à la gentillesse d’offrir un présent à Michelle Obama.

Je fais remarquer qu’il s’agit d’un présent que vous et moi ne pourrions nous offrir, s’agissant d’une bijouterie de luxe des plus célèbres (Tiffany).

 

Le couple Trump ignore-t-il le protocole ?

 

Les Trump ne sont pas au fait des conventions politiques, ils sont certainement de parfaits novices dans ce domaine. Le cadeau de Melania se voulait être de la bienséance, toujours est-il que Michelle Obama s’en trouve étonnée, surprise, ne sachant où déposer le cadeau reçu, le temps de la photo protocolaire et fait donc une grimace évocatrice. Son mari prend les choses en mains, et après quelques secondes, le protocole peut reprendre.

 

Mais évocatrice de quoi ?

 

Le mot qui revient le plus souvent est : embarras, ce qui est vrai. Cependant nous pouvons pousser un peu plus loin l’analyse. J’observe que le visage de l’ancienne 1ère dame des USA peut être séparé en 2 hémi visages. Celui de droite, est plus fermé que l’autre mais affichant néanmoins un sourire social. L’hémi visage droit est le lien avec le monde extérieur. L’œil droit est plus petit que le gauche, concentré sur le rôle que Michelle Obama doit tenir à cet instant.

L’hémi visage gauche est plus ouvert mais il y a un rictus visible avec le coin gauche de la bouche qui s’étire vers l’extérieur, en un sourire crispé (celui-ci) lié à soi.

Dans le même temps, le sourcil gauche s’élève plus haut que celui de droite signifiant ainsi une mise à distance de soi vis-à-vis de l’autre.

Les sourcils traduisent notre envie de communiquer. Lorsqu’il se lève (celui de gauche), Michelle Obama se place (en tant qu’individu) à l’extérieur de la relation qu’elle vit avec les Trump.

 

Résultat ?

 

Eh bien Michelle Obama connaît le protocole et entend bien le respecter, par opposition à Melania Trump qui est novice en bien des points. Recevoir un cadeau est un élément extérieur que Mme Obama n’avait pas prévu et qui la met dans l’embarras car il n’y a pas de « petites mains » pour l’en débarrasser. Alors son visage va illustrer, va traduire cette dichotomie entre afficher un sourire de circonstance et une envie de montrer son « mal-aise » créant ainsi cette photo tant partagée !

 

Enfin, ce n’est que mon interprétation…Michelle obama

La larme à l'oeil

Si vous observez une conversation, vous verrez immanquablement qu’à un moment, une des personnes se grattera une zone du visage à l’évocation d’un fait, d’un souvenir, d’un sentiment ou encore d’une émotion. La psychologie et les neurosciences nous ont appris que le corps ne fait pas les choses sans raison. Ce phénomène, appelé « homéostasie », répond à la nécessité de rétablir l’équilibre psychique.

Un geste qui vient gratter la peau, la caresser ou encore un geste de préhension est là pour décharger une pulsion de façon indirecte car elle est confrontée au principe de réalité des contingences sociales. Mais comme cette pulsion se doit d’être exprimée, le psychisme le fait par des chemins détournés.

Dans un contexte de tristesse ou de joie et lorsque la personne verse des larmes – qui sont l’expression de la sincérité - plusieurs points sont particulièrement intéressants à observer.

  • Quel est le côté du visage qui est touché en premier, lorsque la 1ère larme est essuyée ?
  • Quelle est la main qui intervient pour réaliser ce geste ?
  • Quel est le doigt choisi inconsciemment ?

Nous pouvons logiquement nous demander ce qu’évoquent ces larmes pour la personne ?

Se sent-elle responsable ? Cette situation la touche-t-elle personnellement ?

A l’analyse de plusieurs vidéos, nous avons observé que si la main essuie d’abord le côté gauche du visage, « c’est que la personne se sent pleinement responsable de ce qui lui arrive. Que les larmes soient de tristesse ou de joie. » C’est le cas pour Cécile Bourgeon dont le procès s’instruit actuellement, sa fille Fiona morte suite à des coups portés (https://www.youtube.com/watch?v=XSWBM5unnms).

Par ailleurs, si la main essuie d’abord le côté droit du visage alors « la personne n’est pas responsable de ce qui se passe, elle n’aurait pas pu éviter la situation (positive ou négative) ? » C’est le cas de Christophe Dechavanne lorsque sa fille Ninon parle de lui (https://www.youtube.com/watch?v=aKo5EuemlVo).

Lorsque le geste s’effectue, il est rare que ce soit la main du côté opposé qui le réalise. Généralement, c’est la main du côté identique à la larme essuyée qui intervient.

Cependant, lorsque la personne croise pour essuyer la larme - main droite/œil gauche, main gauche/œil droit - elle fait intervenir une stratégie de défense pour se protéger (de quoi ? Peut-être est-ce à trouver…).

Enfin, lorsque les 2 mains effectuent le geste de façon simultané, nous pouvons émettre l’hypothèse que l’émotion ressentie touche trop profondément la personne qui n’a d’autre stratégie de défense que la régression. La régression, en psychologie, est un retour à des modes de pensée et de conduite qui ne correspondent ni à l’âge, ni à la maturité psychique de la personne (http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Regression). Cette régression fait référence à un évènement qui a marqué l’évolution du développement psychique de l’enfant : perte d’un parent, carence affective précoce, sevrage trop tôt, allaitement exagérément prolongé. C’est le cas pour Mamadou Sakho qui évoque la disparition de son père sur un plateau de télé (https://www.youtube.com/watch?v=mBK9npC8yWI).

Maintenant, nous connaissons également la signification des doigts de la main

Petit rappel sur le choix du doigt qui va nous orienter sur le ressenti de la personne.

- Le pouce est la représentation de notre Ça, de notre identité intrinsèque et instinctive. Je le brandis pour dire « je vais bien » ou encore lors d’une altercation « c’est à moi que tu parles ? »

- L’index est une affirmation du Moi dans l’environnement, c’est dire que notre être instinctif s’exprime en tenant compte des règles sociétales. Je le lève pour prendre la parole.

- Le majeur est intéressant parce qu’il est le doigt le plus long de la main mais surtout parce qu’il SEMBLE sortir de la main pour aller vers l’autre. Je le brandis fièrement dans un contexte de dualité pour dire que « peu importe qui tu es, JE fais ce que je veux ET JE me fiche de ce que TU en penses ! »

- L’annulaire représente le clan, la famille mais aussi la douceur du cocon. Il évoque la relation de couple, de famille.

- L’auriculaire est ainsi le doigt le plus à l’extérieur de notre main et il représente l’harmonie, l’équilibre dans l’environnement.

 

Vous voyez dès à présent que si le pouce est le doigt le plus proche de nous, qu’il représente notre individualité, l’index introduit la notion d’environnement et le majeur la confrontation AVEC cet extérieur.

Quelle que soit la situation évoquée avec l’autre, il est primordial de faire preuve de grande empathie, de le questionner sur ce qu’il ressent et pourquoi il le ressent.

Enfin, gardons bien présent à l’esprit qu’il est juste nécessaire de valoriser l’autre et ce, sans arrière-pensée.

 

Cecile bourgeonChristophe dechavanneMamadou sakho

 

A la recherche de l'authenticité, plutôt que du mensonge

L’action personnelle l’emportera toujours sur une action poussée par autrui, que le contexte soit celui de la réinsertion, la sortie d’une relation toxique, l’abandon d’une addiction ou d’une idéologie ou encore dans le cadre d’une thérapie comportementale et cognitive.

 

L’homme est heureux quand il décide de faire, d’autant plus qu’il a besoin de communiquer sur ce qu’il fait. Pour cela il recherche des personnes qui partagent certaines de ses valeurs et qui sont susceptibles de lui faire un retour positif, source de valorisation. C’est le processus d’inclusion de Will Schutz  dans « L’élément humain », ce désir de faire partie d’un groupe pour y être reconnu en tant qu’individu.

 

Il est donc nécessaire de faire prendre conscience à la personne son intérêt à changer et à se mettre en action. Gustave Le Bon, dans « psychologie des foules », avançait que la foule est toujours intellectuellement inférieure à l’homme isolé. L’individu a besoin d’être valorisé et respecté mais il est important de recadrer cette valorisation dans un autre contexte plus positif, ouvert et constructif que celui qu’il a connu jusqu’à maintenant (cf. Paul Watzlawick).

 

Mais comment faire comprendre à une personne qu’elle a tout intérêt à changer de perspective ?

 

Selon le domaine d’activité, il sera nécessaire soit de réunir des personnes qui ont des connaissances spécifiques, comme des scientifiques, des sociologues, des psychologues et autres synergologues… soit de collecter préalablement des informations qui seront utile pour offrir d’autres champs de vision à la personne.  

 

Ensuite, la recherche des signes non verbaux de l’authenticité est une posture primordiale et respectueuse versus la recherche du mensonge. C’est une posture parce qu’à trop vouloir rechercher les signes du mensonge, on en voit partout (!) et notre langage non verbal va trahir nos intentions, qui seront interprétées inconsciemment par le vis-à-vis comme une menace. La suggestion ne prendra pas.

 

Lorsqu’un signe non verbal laissera à penser qu’il y a un hiatus de communication, l’interrogatoire devra être suffisamment souple pour aller tirer le fil de la pelote et mettre à jour les non-dits.

 

Mais comment reconnaître l’authenticité ?

 

Gardons bien à l’esprit que lorsqu’une personne bouge (en situation de communication bien sûr), elle change d’état d’esprit. C’est à ce moment qu’elle est la plus lisible.

Une personne qui n’est pas authentique surjoue en termes de gestes, voire de paroles (Fabrice Luchini en est un bon exemple). Elle veut contrôler son corps et son discours. Son attention sera focalisée sur cet objectif de ne rien laisser paraître quoique ce soit de pensée personnelle.

Son regard sera ainsi quelques fois concentré sur un point inexistant, donnant à la personne l’impression qu’elle s’est réfugiée dans son monde. Or, c’est à la meilleure façon de tisser son histoire qu’elle réfléchit. Posez-lui des questions précises et vous observerez que son buste va passer de l’avant vers l’arrière, afin de prendre un temps de réflexion, puis revenir vers l’avant pour vous « servir la soupe ». Prenez de la hauteur à cet échange et vous remarquerez que la personne agit en rythme (cf. « corps de bois » d’Elodie Mielczarek) et que c’est ce rythme qui trahit son désir contrôle.

 

Des yeux pas très ouverts et peu de clignements de paupières sont également de très bons indices. La personne n’enregistre pas ce que vous lui dites, ça entre par une oreille et ressort par l’autre. Trouver un autre angle d’approche pour que son cerveau soit étonné, soit diverti, voire déboussolé. Faites preuve de créativité et n’hésitez pas à être paradoxal dans votre argumentation.

 

L’amplitude de la gestualité est aussi un bon paramètre et raccord avec l’exemple de Fabrice Luchini. Les gestes seront faits avec grande amplitude lorsque la personne se déconnecte de son discours, sans affect. En revanche, ils sont réalisés proche du corps lorsque la personne se projette et s’associe à son discours.

 

Ces clés devraient vous aider à discerner les différentes phases du changement d’état d’esprit de la personne et ainsi, vous pourrez orienter votre questionnement de façon à renforcer la suggestion et faire que la personne y adhère.

 

« Le point de départ de la suggestion est toujours l’illusion produite chez un individu au moyen de réminiscences, puis la contagion par voie d’affirmation de cette illusion primitive ». G. Le Bon

 

 

Prisonnier

 

Attentat de Nice : quel témoin croire ?

Témoignages de l’attentat de Nice : qui croire ? Quel est le vrai héro ?

 

Après l’attentat de Nice du 14 juillet dernier, les différentes rédactions de presse écrites et télévisées se sont lancées dans une course féroce pour interviewer des témoins. Certains sont authentiques alors que d’autres sont sujets à caution.

 

Certains gestes sont propres à un échange authentique, alors que d’autres correspondent à une stratégie consciente de vouloir travestir la vérité, de l’enjoliver pour se donner plus d’importance et dont le seul but est d’être reconnu (l’inclusion).

 

Voici 2 vidéos de témoins de cet attentat, qui illustrent parfaitement ce schéma. 2 liens YouTube avec mon analyse non-exhaustive qui vous permet de vous faire une idée.

 

Témoignage n°1 : https://www.youtube.com/watch?v=Sl9MQ-Pl6Hg

 

L’émotion qui transpire de cette interview est la peur (1 min. 42, 2 min. 23, 2 min. 27, 3 min. 35).

Elle est toujours présente sur le visage du témoin et elle peut prendre plusieurs formes.

Voyez les yeux dans lesquels nous distinguons le blanc entre l’iris et la paupière inférieure en fin d’interview (sanpaku à 4 min. 12, 4 min. 17, 4 min. 38).

Les dents du bas sont très souvent visibles, également de nombreux clignements de paupières : ce sont des items de peur.

Voyez à 1 min. 24, lorsque le témoin dit : « il devait rouler à 90 km/h », les paupières se ferment de façon appuyée et plus longtemps qu’à la normale.

C’est un retour sur soi dans un contexte difficile.

Les sourcils participent activement à l’échange et viennent appuyer les propos (24 sec., 30 sec., 39 sec., etc…).

Le plus marquant, de mon point de vue, c’est ce fréquent petit mordillement de l’intérieur de la joue droite. Ce type de mordillement est fait lorsqu’est évoqué un évènement négatif (25 sec., 40 sec., 57 sec., 1 min. 15, 1 min. 32, 2 min. 33, 2 min. 54, 3 min. 13, 3 min. 30, 4 min, 4 min. 27).

 

Le corps est souple, il n’y a pas de tension dans les épaules et la tête est mobile. Vous devez vous dire que vu ce qu’il a vécu, ce stress devrait se lire sur son corps, les muscles devraient être rigides. Sauf que ce stress était palpable sur le moment, lors de l'attentat. La réaction à la peur fut l’attaque et son corps fut « paramétré » pour frapper. L’action terminée, le corps a en quelque sorte décompensé et il n’a plus à être en mode « guerrier », il est rassuré. De plus, le témoin n’a pas à inventer, ni à édulcorer la vérité, ainsi il n’a pas d’effort cognitif à faire pour livrer son témoignage.

 

Enfin, l’interviewé lève souvent le regard vers le haut (par exemple à 1 min. 28 et à 2 min. 27), ce qui est propre à l’évocation de la vérité.

 

Témoignage n°2 : https://www.youtube.com/watch?v=sVvkjPETTvU

 

La peur est beaucoup moins prégnante, moins évidente, moins dévoilée, dans cette interview parce qu’elle « flirte » avec de la colère retenue.

Sur certaines images arrêtées, nous pouvons distinguer cette colère (2 min. 04) avec les dents du haut apparentes dans un rictus typique.

L’hémi visage gauche est également plus expressif que le droit, plus ouvert traduisant une envie de se mettre en avant.

L’interviewé cligne peu des paupières, il n’est pas dans la relation mais dans son monde.

 

Sa langue sort plusieurs fois. Droit devant lorsque des propos négatifs ou ironiques sont verbalisés (à 11 sec. « j’ai vu une personne se faire écraser… » et à 1 min. 05, lorsqu’il dit en regardant de face la caméra « si cette personne est toujours en vie, j’aimerais bien la rencontrer »).

Elle sort aussi du coin gauche de la bouche pour rentrer au centre (2 min.27), pour traduire ici l’envie de nous faire compatir au fait qu’il n’a pas dormie depuis 36h.

 

Nous pouvons également observer des défocalisations actives du regard. C’est-à-dire que ses yeux vont s’arrêter sur différents points inexistants dans l’espace (défocalisation car son regard n’est plus dans celui de l’autre) mais de façon consciente, donc « calculée ». Ce n’est pas de la concentration qui permet de rappeler des souvenirs mais plutôt une construction consciente d’images où se mêlent réalité et fiction.

 

L’interviewé va aussi focaliser son regard dans celui du journaliste, par exemple à 1 min. 22, lorsqu’il dit avoir entendu le conducteur du scooter taper le camion. Il regarde le journaliste dans les yeux alors que la logique voudrait qu’il ait le regard tourné vers la gauche, plutôt dirigé vers le bas. Là, il cherche l’effet produit de son histoire dans le regard du journaliste pour pouvoir s’y adapter ensuite.

 

Enfin, en augmentant significativement la vitesse de lecture de la vidéo, vous vous apercevez que ses mouvements de tête sont stéréotypés, répondant à un rythme régulier qui est propre au « corps de bois » (cf Elodie Mielczarek, www.leblogdelasemio.com).

 

Pour conclure, le 1er témoignage est évident en termes d’authenticité parce qu’il ne soulève aucune question, même pour un néophyte.

 

Le 2nd en revanche est sujet à caution, tant la réalité vécue et évoquée se mélange dans des souvenirs qui semblent construits. La communication est moins fluide. Cette 2nde interview aurait mérité des questions plus précises de la part du journaliste.

 

Nice 14 juillet 2016

 

"Non", ça veut dire non

« Non, je préfère décaler le RDV à une autre date… »,

« Non, je souhaite plutôt cette table là-bas… »,

« Non, je n’ai pas envie de venir, je préfère rester seul… »,

« Non, je n’aime pas ce plat, je le trouve trop … ».

 

Il existe une foultitude de moments au quotidien où nous devrions dire « non », que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle.

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne savent pas comment refuser.

 

Pourquoi est-ce si difficile de dire « non » ?

 

Parce que nous n’osons pas nous mettre en avant, nous avons peur de nous affirmer.

Parce que nous avons peur du conflit, de décevoir, de blesser. Le « non » est empreint de négativité (si, si…) et il implique un manque de considération, voire une volonté de nuire et comme nous sommes très regardant sur l’image de nous-même que nous renvoie l’autre, nous préférons un « oui » pour faire plaisir mais qui nie nos valeurs/envies/besoins.

Justement, notre besoin d’inclusion, d’appartenir à un groupe fait que si nous refusons, nous pourrions en être exclu, ce qui serait blessant, peu valorisant. Nous nous retrouverions seuls, ce qui serait contre-nature et être seul, c’est être mort.

 

Existe-t-il une façon de dire « non » ?

 

Du côté du langage verbal, il existe une foultitude de manières de dire « non ».

En premier lieu, il est nécessaire de bien comprendre la situation dans son ensemble, avant d’exprimer le refus. Est-ce que la situation est engageante ? Est-ce qu’elle peut être nous être bénéfique ou est-elle contraire à nos valeurs/envies/besoins ?

 

Ensuite, la justification du refus comme de s’excuser de dire « non » induisent le doute et ne sont pas à conseiller. L’autre peut vous voir comme une personne peu sûre d’elle, peu déterminée et ainsi sur laquelle il ne peut pas compter.

Lorsque vous êtes en accord avec vous-même et que vous exprimez votre refus, préférez verbaliser l’émotion qui vous amène à dire « non ». L’autre sera ainsi à même de comprendre votre position. De votre côté, ce qui est à l’extérieur n’est plus à l’intérieur, c’est du stress et des ruminations en moins.

La communication non violente est un moyen efficace pour positiver votre « non ». Elle vous fera gagner en estime de soi. Ainsi, reformuler les faits, verbaliser votre émotion, exprimer votre besoin simplement et faire une demande concrète et positive vous fera sortir la tête haute de l’échange.

 

Par exemple : la mère d’un enfant lui dit « lorsque tu laisses tes jouets dans le salon au lieu de les ranger dans ta chambre, je suis de mauvaise humeur car j’ai besoin de plus d’ordre dans les pièces que nous partageons. Je te remercie de bien vouloir ranger tes jouets dans ta chambre ».

 

Du côté du langage non verbal, rappelons-nous que les gestes sont préverbaux, voire coverbaux. Les gestes que vous faites pour signifier le refus sont miconscients, vous en prenez conscience si vous faites un léger retour sur vous, soit au moment même où vous les faites, soit juste après.

 

Quels sont-ils ? Au niveau des membres, les gestes les plus clairs sont ceux effectués avec la ou les mains. Ainsi, la (les) paume(s) seront placés devant et face à l’autre. Un peu comme un panneau « stop ». Toujours avec la (les) main(s), si vous exécutez un geste de balayage de l’intérieur vers l’extérieur, cela signifiera le « rejet ». Celui-ci peut également être signifié par votre index (droit ou gauche, au niveau latéral) qui va réaliser une espèce de pichenette en partant de la base du nez vers l’extérieur (devant vous notamment) dans un mouvement vif.

 

Au niveau du visage, le « non » que nous appelons authentique (c’est-à-dire celui qui est pensé en respectant ses valeurs et sans vouloir faire plaisir à Pierre, Paul ou Jacques) se fera de la gauche vers la droite.

 

Mais allons un peu plus loin…

 

Dans nos relations au quotidien, nous recherchons à satisfaire 2 besoins indispensables à notre estime de soi :

- nous sentir aimés (appréciés, sympathiques, populaires, désirés, etc…),

- nous sentir compétents (performants, doués, habiles, etc…).

Ces 2 besoins doivent être satisfaits pour être efficaces.

 

Lorsque nous avons une estime de soi plutôt basse, nous sommes moins orientés vers l’action, donc nous « réussissons » moins que ceux qui entreprennent. Alors nous doutons et notre estime de soi reste inchangée.

Malgré tout, lorsque nous réalisons une action, un projet et que nous sommes confrontés à un échec (ça arrive…), nous nous dévalorisons et notre estime de soi en prend un coup.

 

Lorsque nous avons une estime de soi plutôt haute, nous sommes plus orientés vers l’action, donc nous « réussissons » plus que ceux qui entreprennent moins (forcément). Alors nous nous félicitons et nous alimentons notre estime de soi.

Malgré tout, lorsque nous sommes confrontés à un échec, nous relativisons et notre estime de soi se maintient.

 

Mais au fait, c’est quoi l’estime de soi ?

 

L’estime de soi se compose de 4 critères qu’il est nécessaire d’alimenter grâce à des expériences à positiver :

 

- ce que je vaux intrinsèquement (mes ressources, mes qualités),

- le respect que je m’accorde,

- l’acceptation du regard des autres,

- l’acceptation de ses erreurs.

 

Positiver des expériences c’est accumuler des petites actions qui nous mettent en avant et grâce auxquelles nous devons nous auto-congratuler-féliciter !

Parce que ça fait du bien et que nous le valons bien !

 

Alimenter correctement et régulièrement l’estime de soi (et par extension notre confiance en soi), nous sommes ainsi parés pour un « non » déterminé, serein.

 

Gardons à l’esprit qu’un échange authentique se fait sur 4 attitudes fondamentales : B. A. R. E.

 

- Bienveillance, parce que c’est l’ego mal placé qui est source de conflit,

- Assertivité, parce que je pense ce que je dis,

- Réflexivité, parce que j’écoute l’autre et que je n’exclue pas qu’il ait raison,

- Empathie, parce que je n’ai pas à juger l’autre.

 

Message important à tous ceux qui fonctionnent sur un mode machiste (déf. L’internaute.com : « se dit d’un homme qui se croit supérieur aux femmes et qui le fait ressentir dans son comportement ») :

 

pour TOUTES les femmes, NON ça veut dire NON !

 

 

Savoir dire non

 

Réf. : Will Schutz « L’élément humain » - InterEditions ; C. André et F. Lelord « L’Estime de soi » - Odile Jacob ; Marshall B. Rosenberg « La communication Non Violente au quotidien » - Jouvence

 

 

Les clignements de paupières, vecteurs d'EMOTIONS !

 

« Un regard est dans tout pays un langage » - G. Herbert

                                                                  

Par notre regard, dès les 1ères secondes, l’autre se fait déjà une idée de notre personnalité.

Mais ce n’est pas l’œil en tant que tel qui véhicule les émotions que nous souhaitons partager avec l’autre, c’est le clignement des paupières.

Mais qu’est-ce qu’une émotion ? C’est un état affectif intense, caractérisé par une brusque perturbation sur le plan physique et mental. Elle est toujours visible et précède une réponse comportementale. Une des réponses physique est donc le clignement des paupières ou nictation, qui s’établit à 15-20 battements par minute en moyenne. Il peut être spontané, réflexe ou volontaire (University College of London – Current Biology – 26/07/2005).

 

Spontané : selon A. Faucher (Directrice Universitaire de Sherbrooke, ophtalmologie, département de chirurgie), la fonction anatomique des paupières est double. Elles assurent la redistribution du film lacrymal et débarrasse l’oeil des toxiques.

 

Réflexe : toujours bilatéral, il s’agit de protéger l’œil.

 

Volontaire : plus long que le clignement réflexe, les causes sont variées selon les personnes.

 

Dans une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Osaka (Tamami Nakano – 2009), il a été démontré que cligner des yeux était un signal pour le cerveau de couper momentanément le flot d’infos lui arrivant afin de lui permettre de mieux gérer ce flux et de lui laisser le temps de s’adapter.

 

M. Roy et JP Mailhot (Université de Montréal) ont démontré que les clignements des paupières sont plus intenses, plus rapides et plus fréquents lorsque nous écoutons une musique désagréable, qu’avec une musique agréable (brams.org – « la musique suscite bel et bien des émotions » - 2009).

 

Fort de ces découvertes scientifiques et après avoir observé, analysé et visualisé une centaine de vidéos de personnes (connues et inconnues), qui manifestent une émotion positive ou négative, ancienne ou récente, il en ressort que le clignement des paupières est un élément prépondérant pour être certain qu’une personne ressent une émotion. La fréquence des clignements sera multipliée par 2, voire 2.5 !

 

Lorsqu’une personne ment, elle doit faire un effort cognitif énorme pour imaginer une histoire plausible. Au besoin, elle l’agrémente de parties véridiques pour l’étoffer et se donner une marge de sécurité au cas où elle serait questionnée.

Elle doit donc se concentrer pour voir dans votre regard si vous gobez son mensonge. Se faisant, elle se coupe de la relation et ne cligne plus des paupières jusqu’à la fin de son histoire. Une fois celle-ci terminée, le relâchement peut se faire et les clignements de paupières reprendre de plus belle.

Ainsi, la personne qui mime la sincérité ne nous écoute pas, elle cesse de cligner des paupières.

 

Ce qui est également très intéressant, c’est le temps de contact entre les regards de 2 deux personnes.

Un regard fuyant nous donnera l’impression que la personne est introvertie, mal à l’aise, peu sûre d’elle et véhicule une certaine fragilité.

Un regard insistant peut être perçu comme inquisiteur, intrusif et génère un malaise.

 

Mais pas seulement…

 

La performance (2010)  de Marina Abramovic, The artist is present, illustre parfaitement les EMOTIONS que peuvent provoquer cet échange de regards sur plusieurs minutes.

Sur scène, l’artiste et une personne inconnue sont assises l’une en face de l’autre, immobiles et se regardent. Le flot d’émotions généré par ce face à face semble envahir non seulement les 2 protagonistes, mais également la salle entière. « Ces regards étaient d’une force captivante, les orbites semblaient abriter des montagnes russes de calme, d’émerveillement, de surprise, de compassion, d’attirance, de générosité, et mille autres émotions ».

 

http://www.slate.fr/story/106013/regard-yeux-lsd

 

En résumé, des clignements des paupières répétés nous indiquent que notre interlocuteur est bien dans l’échange. Si ces clignements se font plus nombreux, alors l’émotion est réelle.

 

Lorsqu’on me dit que « la Synergologie fait l’amalgame de croyance et de non verbal », j’ai un peu de mal à comprendre l’argument qui ne repose que sur un sentiment et une méconnaissance de la discipline.

J’espère très humblement que cet article, qui croise des références universitaires et une minuscule partie du travail fait sur le clignement des paupières, puisse pousser les sceptiques à chercher d’autres arguments.

 

Clignement mr bean

 

Emma Cosse et l'affaire Baupin : entre pudeur et intransigeance

Emmanuelle Cosse a 41 ans, journaliste, conseillère régionale d’Ile de France depuis 2010, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts entre 2013 et 2016,  Ministre du logement et de l’habitat durable depuis 02/2016.

Titulaire d’un DEA de droit public économique, elle a enseigné à la faculté de droit.

Emmanuelle Cosse est aussi la mère de jumeaux depuis 2013 dont le père est Denis Baupin (son aîné de 12 ans), vice-président de l’Assemblée Nationale (il a démissionné depuis) auquel elle est mariée depuis 2015.

 

La politique, le pouvoir et la vie de couple ne font pas bon ménage.

Rappel des faits : Denis Baupin aurait adressé des SMS à caractère sexuel et pornographique à au moins 13 femmes. Ces faits remontent jusqu’en 1990. Une enquête est en cours afin de confirmer/infirmer les accusations d’agression et de harcèlement sexuel.

 

C’est sur France Inter, le 10 mai dernier, qu’Emmanuelle Cosse a dû aborder cette affaire. L’émission était programmée depuis longtemps, la Ministre ne s’est pas défaussée. Il lui a fallu néanmoins adapter (consciemment et inconsciemment) sa communication.

Sa ligne de défense est double : se montrer factuelle et renvoyer toute question projective vers la justice en cours, et en montrer le moins possible sur ses émotions.

 

L’objectif de cet exercice, dont elle se serait bien passée, était de préserver sa pudeur, sa dignité et l’équilibre vie privée/vie publique. Pour cela, Emmanuelle Cosse peut s’appuyer sur sa capacité d’analyse et son aisance discursive.

 

Cependant, son corps nous donne une autre lecture…

 

Ce qui saute aux yeux, c’est la position de son buste. Il est penché sur sa gauche, presque avachi et c’est son coude gauche qui le supporte. Cela ne démontre pas vraiment une envie franche d’échanger sur le sujet. Elle nage en eaux troubles et nous indique dès à présent, que son avis sur l’affaire n’est pas tranché. Ce n’est pas son habitude d’adopter cette position dans l’espace. Elle est plutôt droite et dirigée vers l’avant avec l’envie de débattre.

 

Ensuite, c’est son regard qui interpelle. Il est très fréquemment dirigé vers le bas, le centre ou sur sa gauche, ce qui lui permet de se protéger du monde extérieur. Elle peut ainsi réciter un discours : « (…) cela doit se régler devant la justice, que cela soit avéré ou non. »

Les moments où son regard revient dans celui de l’autre, c’est lorsqu’elle prononce des mots comme « violences faites aux femmes », « combat politique », « transiger », « harcèlement », « faits d’une extrême gravité »…

 

La main active est la droite, elle caractérise une volonté de contrôler son discours. C’est facile à comprendre et à mettre en application lorsqu’on sait que les griefs ne la concernent pas elle directement. Cependant, la main gauche s’active quand justement elle est mise personnellement en cause. A 3 min. 06, lorsque le journaliste évoque « en mai 2015, la mise en place d’une adresse de signalement et que vous auriez demandé à être la seule destinataire (…), » c’est bien sa main gauche qui prend le relais.

 

Un autre item important est l’axe de tête : rotatif droit + latéral gauche + sagittal inférieur.

Rotatif droit, EC regarde avec son hémi visage droit, c’est donc son hémisphère gauche qui est privilégié. Ce qui confirme cette volonté de rester pragmatique, dans le contrôle. Son sourcil droit qui est souvent relevé confirme cette volonté.

Latéral gauche, EC a sa tête penchée sur sa gauche, elle est donc dans le lien relationnel et invite à une certaine empathie (voire sympathie) mais son axe précédent l’empêche d’être dans « l’abandon », l’émotionnel.

Sagittal inférieur, son menton est bas, dans la continuité de son regard et illustre une certaine pudeur, de la gêne, voire de la culpabilité.

 

Si Emmanuelle Cosse a su faire preuve de dignité face à cette affaire, nous observons que son corps illustre parfaitement son ressenti à un niveau plus personnel. Cette phrase illustre parfaitement cette interview et notre analyse : « je suis une femme qui peut être touchée par ce qu’il se passe, mais je suis aussi Ministre du logement. (…) Que tout le monde comprenne bien que je fais la part des choses, en ce qui peut concerner mon conjoint et ce qui me concerne moi. »

 

http://www.franceinfo.fr/emission/l-interview-politique/2015-2016/accusations-de-harcelement-contre-baupin-ce-debat-doit-avoir-lieu-devant-la-justice

 

Emma cosse

 

 

 

 

 

Quand l'avocat de Salah Abdeslam marche sur des oeufs !

Salah Abdeslam a été remis ce matin aux autorités françaises. Il sera défendu par Franck Berton, avocat pénaliste qui a choisi de représenter le terroriste présumé.

En Belgique, ce fut Me Sven Mary, l’une des stars pénalistes Bruxelloise.

Quelle sera la méthode de Me Berton ? L’avenir nous le dira. Quelle a été celle de Me Mary ?

Faisons un focus sur « la méthode Mary » et analysons sa légendaire rigueur au travers d’une récente interview.

 

Comment Salah Abdeslam a-t-il réagi lorsque vous l’avez informé des évènements de Bruxelles ?

L’avocat de Salah Abdeslam vient gratouiller l’aile gauche de son nez avec son pouce droit, son image publique d’avocat d’un terroriste le dérange. Nous pouvons également poser comme hypothèse  qu’il aurait aimé en apprendre plus dans un contexte où l’autre se tait désormais.

Dans le même temps, nous observons son sourcil gauche levé, il se met à titre personnel à distance de l’événement pour mieux s’en préserver et cherche à construire une réponse acceptable.

Une moue d’agacement, d’impatience côté gauche sur « cette situation (parlant des tragiques événements de Bruxelles) n’allait pas avantager sa situation… » Ni sans doute celle de son avocat…

 

Est-ce que comme nous, vous êtes persuadé qu’il avait connaissance du projet de ces attentats ?

La tension monte, laissant apparaître une langue de vipère. Les choses sont dites dans un contexte très difficile.

Beaucoup de haussements d’épaule droite, ce qui traduit une gêne ressentie quant au sujet évoqué. L’avocat fait un effort pour répondre avec les mots les plus justes et forcer un peu l’adhésion du journaliste (et téléspectateurs), alors que sa moue dubitative indique spontanément qu’il n’a pas les éléments pour penser que son client était au courant de Bruxelles, la contradiction est à jour.

 

Il connaissait ces personnes, donc on ne peut imaginer qu’il ne pouvait ignorer ce projet.

L’avocat place sa main devant lui, paume dirigée vers l’extérieur pour rejeter ces propos.

On note également un axe de tête penché sur sa gauche, empathique mais qui semble également s’adapter aux situations.

 

Est-ce que Salah Abdeslam entend toujours collaborer avec les enquêteurs ?

C’est un « oui » hésitant avec la bouche qui se tord vers la gauche, cherchant les mots pour dire les choses correctement. L’avocat marche sur des œufs dans tous ses propos placés sous le signe de la vigilance ; puis sa langue sort à droite, manifestant une volonté d’attaquant,  et comme par hasard, la phrase commence par « mais »…

L’avocat n’apprécie pas que les déclarations de son client aient été divulguées par le procureur Molins, la langue de vipère ressort.

 

Ce n’est pas les attentats de mardi qui ont changé son état d’esprit ?

L’avocat cache son nez donc son image, on peut penser qu’il en a désormais un peu assez de cette interview.

 

Qu’est-ce que Salah Abdeslam est prêt à dire aux enquêteurs, qu’ils soient français ou belge ?

Belle moue dubitative, l’avocat ne sait pas ce que son client est prêt à dire. Faire un arrêt sur image pour y voir un sourire d’agacement, il a déjà eu la question.

 

Quelqu’un qui collabore, on peut imaginer qu’il aurait dit « attention, il y en a encore d’autres à venir » ?

A nouveau le sourcil gauche qui le met à distance des propos. Les lèvres s’avancent avec une certaine tension et mettent en doute les arguments : « l’évolution dans sa collaboration à quelque peu changé (…). Rien ne laisse supposer aujourd’hui qu’il était au courant. » L’avocat ne se croit qu’à demi moitié…

 

Avant que vous soyez son avocat, vous m’aviez dit que la seule ligne de défense possible c’est qu’il soit repenti. Est-ce que c’est encore tenable aujourd’hui ?

A nouveau cette langue de vipère et la petite pique ne tarde pas : « je regrette même de penser que ce n’est qu’un début (les attentats). (…) Ca, c’était la ligne de défense que je pensais être la meilleure »… source d’un désaccord avec son client ? « Mon rôle se limite à ce qu’il s’est passé en Belgique… ».

 

Est-ce que les attentats de Bruxelles vous font regretter d’avoir accepté d’être son avocat ?

Il a beau savoir s’adapter aux situations, cette question touche personnellement l’avocat. Observer sa bouche qui reste ouverte devant la nécessaire justification, les dents du bas apparentes (peur) et de nombreux clignements de paupières qui attestent de la charge émotionnelle.

La langue balaie l’intérieur gauche de la bouche, les mots voudraient sortir, ça lui pèse.

 

Nous voyons ainsi que la rigueur et la faculté d’adaptation sont des pièces maîtresses de Me Mary. Cependant, défendre un terroriste crée une dichotomie observable entre l’image professionnelle qu’il souhaite véhiculer et ses propres valeurs.

 

Article co-rédigé par Stephen BUNARD et Frantz BAGOE

 

Lien : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/enquete-sur-les-attentats-de-paris/video-salah-abdeslam-est-un-tresor-en-informations-confie-son-avocat-a-france-2_1374177.html

 

Sven maryFranck berton

 

Quel est le profil gestuel de François Hollande ?

Globalement, François Hollande est apparu ce jeudi plutôt « en jambes », comme on dit dans le sport. Attitude dynamique, manifestant une volonté d’offrir l’image d’un Président dans l’action, sachant précisément là où il veut mener la France.

Cependant il a dû composer avec 4 invités de profils différents - et donc s’y adapter - mais également avec un style d’interview qui rappelle le jeu du méchant flic et du gentil flic (on appréciera… ou pas), ce qui contribue à susciter un certain manque de respect afférant à sa fonction (note personnelle).

Il m’est apparu intéressant de dresser son profil gestuel et voir les gestes qui font de lui une personne normale, ou encore ceux qui génèrent de l’incompréhension et parasitent son discours.

Commençons par les gestes qui le rendent si normal :

Juste avant d’évoquer les « aléas du chômage », vous pouvez voir une expression de peur avec les yeux écarquillés, les sourcils très haut, le blanc des yeux visibles sur la partie haute et les dents du bas bien visibles.

Ensuite, et comme nous l’enseignons en Synergologie, les valeurs qu’il rejette sont placées sur sa droite, voir à droite de sa droite. C’est le cas lorsqu’il assène un « je ne vais pas céder à la rue ! » Il n’apprécie pas ce mouvement de contestations qui vient se greffer à ce climat social et sécuritaire délétère, d’autant que ça le fragilise politiquement.

De même avec les « critères boursiers » qu’il place à droite ou encore avec le « prosélytisme ».

A l’évocation du SMIC, sujet qu’il semble maîtriser, son torse (son ego) vient bien en avant.

Ensuite, nous pouvons voir que lorsque la colère le ronge mais qu’il se doit de rester impavide, cette émotion ressort par son sourcil gauche qui se contracte subrepticement.

Lorsqu’il s’impatiente face à la longueur des arguments des invités, ce sont les doigts de sa main gauche qui tapotent la table. Ou encore il a des gestes de préhension (manipulation du stylo) pour gérer le stress qu’il sent monter.

Nous pouvons aussi remarquer que son regard est expressif. Par exemple, envers Léa Salamé qu’il regarde essentiellement pour prévenir tout débordement de sa part, ainsi que sa tête qui s'écarte pour fuir celle qu’il semble ne pas apprécier.

De même que son regard se durcit à l’évocation d’Emmanuel Macron et de ses sorties.

A la lumière de ces items, nous voyons bien que François Hollande sait être naturel et montrer qu’il est un homme normal.

 

Maintenant, voyons quels sont les gestes qui polluent son discours aujourd’hui :

Restons avec ce regard si évocateur, si expressif. Il peut être un allié mais jouer également les traître, surtout lorsqu’il s’agrandit pour rechercher l’approbation des journalistes. Se faisant, ce n’est pas l’invité qu’il a en face de lui qu’il veut convaincre, ce sont ces 2 flics dont il ne sait s’ils jouent pour ou contre lui. Ce sont eux qui ont le pouvoir de relayer son message…

Les gestes qui le desservent sont essentiellement basés sur ses mains. Ils contribuent à son image de « mou ». Ses mains sont inexpressives, ce qui n’excluent pas qu’elles soient participatives mais ses paumes sont très souvent tournées vers lui, vers son torse, son ego. Se faisant, il est un être ego centré qui met une distance vis-à-vis des autres.

Ainsi, ses gestes ne sont pas naturels, surtout lorsqu’ils accompagnent le « je » ou le « vous ». François Hollande désigne l’autre non pas avec son index, mais avec la face externe de sa main (en bouclier), ce qui est assez étrange et cette étrangeté est effectivement perçue par l’autre.

 

Ainsi, François Hollande se distancie des autres avec les paumes de ses mains tournées vers lui, en une bulle protectrice. Cependant, ce geste est devenu tellement stéréotypé et placé à « toutes les sauces », qu’il parasite le discours et en fait une personne peu encline à la franchise.

 

Hollande

 

 

Oser être Soi !

Dans une démarche d’accompagnement dans le changement, l’objectif annoncé peut être effectivement un désir de changement de vie (personnelle ou professionnelle). Cependant, la demande peut sous-tendre un objectif n°2 (META) qui sera également très intéressant à travailler : l’affirmation de Soi.

 

Un des comportements qui vous différencie des autres, c’est votre capacité à mettre en avant ce que vous pensez, ce que vous souhaitez, ce que vous préférez. Ce choix qui vous appartient de ne pas être d’accord, de ne pas vouloir participer à une activité et de le dire avec respect envers le ou les interlocuteurs.

 

L’affirmation de Soi vous permet de ne plus subir les événements mais d’en être pleinement acteur, qu’ils soient négatifs mais également positifs. Les autres vous verront ainsi comme une personne assurée, qui a confiance en elle et votre comportement non verbal, vos attitudes, vos gestes s’en trouveront naturellement modifiés et conforteront cette nouvelle image forte.

 

L’affirmation de Soi vous permet de faire le tri dans vos connaissances, vos amis, vos collègues. Resteront fidèles ceux qui vous trouveront resplendissant(e) dans ce costume que vous ne portiez que trop rarement, fin prêt(e) à vous assumer.

 

Nous éprouvons tous la nécessité de créer des rituels, des événements qui sont récurrents et qui nous donnent l’impression (à tort ou à raison) que nous partageons les mêmes valeurs, que nous appartenons au même groupe (social, familial, professionnel…). Ces rituels nous stabilisent, nous rassurent lors de phases de changement parce qu’ils fabriquent de nouveaux repères. Mais ces repères peuvent ne pas être si bénéfiques que cela et se montrer contre productifs…

 

Prenons un exemple : vous venez de changer de poste et vous avez pris connaissance avec votre nouvelle équipe depuis quelques jours. Invariablement tous les jours à 10h, certains collègues vous invitent pour les rejoindre à la machine à café. Cette pause devient quotidienne, avec les mêmes personnes, à la même heure à évoquer les mêmes sujets de conversation.

Posez-vous la question de savoir si cela vous apporte réellement quelque chose ? Si tel n’est pas le cas et si vous ne rompez pas avec ce rituel « imposé », alors vous allez finir par vous fondre dans la masse, dans cet ensemble atone et oublier votre personnalité.

 

Prenons un autre exemple assez parlant, celui d’une personne qui vous salue par un diminutif ou par un surnom : « salut maman ! (c’est un collègue...) », « salut la boule ! », « salut papy ! » etc…

Un diminutif est « un procédé de dérivation lexicale qui ajoute à un mot l’idée de petitesse ou de fragilité » (source : Wikipédia). Sous couvert de familiarité amicale, ce rituel peut s’avérer à la longue handicapant et entamer votre propre estime, comme un travail de sape et ouvrir les portes à des relations toxiques…

 

Il est temps de rompre avec ces habitudes et de gagner en assertivité.

Vous n’avez pas à vous sentir obligé(e) de quoi que ce soit dont vous n’avez pas envie.

Le principe est assez simple et il est nécessaire de procéder « à petits pas » : si le rituel vous est bénéfique, alors conservez-le mais pas de façon systématique.

En revanche, si le rituel ne vous apporte rien ou une émotion/ressenti négatif, mettez-y un terme parce que vous valez bien mieux que de perdre votre temps et vous deviendrez un moteur pour les autres (ne soyez pas dupe, vous n’êtes pas la seule personne à ne pas vouloir mais vous serez une des rare à le dire).

 

Pour aller plus loin : http://www.redpsy.com/infopsy/affirmation1.html

 

Confiance en soi

 

Les 3 regards...

Après les 3 fiches sur les Figures d’Autorité, qui rappelaient les bases des 3 types de comportements adaptatifs, il est important de revenir au moment où nous faisons la connaissance d’une personne.

Inconsciemment, dès 1/10ème seconde, vous vous êtes déjà fait une opinion de la personne « selon des critères d’attractivité, d’amabilité, de fiabilité, de compétence et d’agressivité. Après 5/10ème seconde, l’impression ne sera plus augmentée (réf. Willis & Todorov, 2006) ». Passé ce délai et la prise de conscience qui en résulte, il est temps d’affiner notre perception en posant 3 types de regards différents :

- la Statue,

- l’Attitude Intérieure,

- les Micro mouvements.

 

En premier lieu, observer la Statue c’est porter son regard sur l’être (la personne) en pieds. La statue exprime les sentiments parce qu’elle est le témoin de notre histoire.

Une personne qui a été élevée dans un environnement favorable, qui a été valorisée par ses parents, par son entourage, n’aura aucun problème avec son ego (a priori). Sa posture sera donc plutôt droite et sans tension musculaire.

En revanche, une autre qui a été brimée, violentée et dévalorisée aura une posture avachie, les épaules plutôt vers l’avant et des traits crispés visibles sur son visage.

 

Ce phénomène s’explique par la différence entre les muscles lisses et les muscles striés. Ces derniers réagissent très rapidement et les muscles lisses beaucoup plus lentement, quelques 400 fois plus lentement (réf. L’excitabilité en fonction du temps, Louis LAPICQUE). Si une pensée se déroule de manière répétitive et que l’acte qui devait en résulter est inhibé, le tonus musculaire (stress) se maintient (contraction) et peut persister dans le temps (réf. Initiation à la Synergologie – 09/2006).

 

Cela s’explique aussi par la mémoire cellulaire : http://www.axe-sens.org/quest-ce-que-la-memoire-cellulaire.html et encore http://myriam-brousse.fr

 

Le 2ème regard est celui de l’Attitude Intérieure qui traduit les émotions lisibles sur les différents segments du corps. Cela inclut également les articulations qui peuvent être souples ou rigides, traduisant l’existence/l’absence d’un stress. Nous pouvons observer une jambe qui tressaute, une jambe passée sur l’autre, des chevilles qui s’entre mêlent… le corps participe-t-il à la relation ? Se projette-t-il vers l’avant ou se retire-t-il ? Est-il actif en faisant des gestes ?

 

Juste un aparté pour bien faire la différence entre le sentiment et l’émotion : selon le site Redpsy.com, « l'émotion réfère à une réaction intérieure vive caractérisée par l'intensité. Elle est ponctuelle alors que le sentiment est plus durable. Elle s'accompagne de réactions physiques plus ou moins nombreuses et fortes comme dans le cas de la peine, de la colère, de la rage. L'émotion surgit et parfois envahit, contrairement au sentiment qui s'installe plus discrètement, même s'il est important ».

 

Enfin, nous serons particulièrement attentifs aux Micro Mouvements qui traduisent nos pulsions. Nous sommes dans la finesse. Ce sont les doigts qui caressent/gratouillent une partie du visage (quelle partie ? A droite ou à gauche ?). C’est une épaule qui s’élève rapidement à la manière de notre ancien Président, des mains qui se joignent ou encore les sourcils qui s’élèvent pour mettre à distance ou pour appuyer un propos, des lèvres pincées, etc…

 

Ainsi, chaque fois que je fais la connaissance d’une nouvelle personne, je la passe à mon scanner des 3 regards synergologiques. Ainsi, je peux adapter ma communication en conséquence et faire qu’elle soit la plus authentique possible.

 

Le regard

Qu'est ce que le Syntonique ?

Les bases du profil Syntonique :

 

Voici la 3ème et dernière figure d’autorité : le Syntonique.

 

"Béni-oui-oui", il est un vil flatteur, un opportuniste qui n’aime pas se dévoiler afin d’éviter tout conflit. 

Valorisez le en sollicitant son avis qui devra être construit et argumenté, parce que même s’il ne le met pas en avant, le syntonique est (normalement) pourvu d’un sens critique.

 

J’en profite pour remercier vivement Marie-Noëlle et Martine dont les travaux m’ont été précieux pour enrichir ces 3 fiches.

 

Je suis également à la recherche d’un rapport qui aurait été réalisé sur la dimension socio affective… s’il existe, je suis preneur.

 

Enfin, je vous souhaite une très bonne année 2016, que vos projets aboutissent et soyez Assertifs, Réflexifs et Empathiques !

 

Le syntonique

Comment reconnaître un VIGILANT ?

Après le Conquérant, voici l’infographie qui trace les bases de la 2nde figure d’autorité : le Vigilant.

 

Vous y trouverez ses peurs possibles, comment le repérer dans un groupe de personnes grâce à son attitude corporelle ainsi que les stratégies à adopter pour le faire sortir de son antre psychologique.

 

J’apporte une précision supplémentaire… dans un cadre professionnel ou privé, dès lors que le groupe est constitué de plus de (disons) 8 personnes, toute tentative de faire s’exprimer un Vigilant peut s’avérer complexe. Non pas qu’il soit timide ou spécialement réservé, mais autant de personnes présentes peut être une source de stress, notamment si elles n’appartiennent pas à la même catégorie socio professionnelle, n’ont pas les mêmes valeurs et exigences (en termes d’éducation, de santé, de curiosité…).

 

Si vous avez un « ours » dans votre entourage, observez-le et essayez de le brancher en aparté sur un sujet qu’il aime, ça devrait aller.

 

Le Vigilant

Comment identifier nos stratégies comportementales ?

Les figures d’autorité sont le reflet des différentes stratégies comportementales que nous adoptons lorsque nous sommes en situation d’échange. Ce sont des stratégies de défense qui ont une ou plusieurs peurs comme point de départ. Elles font échos à nos peurs « primales » qui vont de pairs avec nos besoins non nourris (cf mon article précédent).

Par exemple : une personne est reconnue pour la qualité de son travail, sa hiérarchie le récompense par l’octroi d’une promotion, d’une prime…

En l’absence de reconnaissance, de besoin nourri, le manque va déclencher une peur qui sera décompensée par un comportement adaptatif : une figure d’autorité.

Il y a 9 peurs « primales » (www.enneagramme.com) et 3 figures d’autorités qui sont : le Conquérant, le Syntonique et le Vigilant.

Apprendre à les reconnaître, à les identifier, permet de rassurer l’autre et de le ramener dans un espace plus authentique, propice à une relation où chacun trouve son compte. Cela est vrai dans le cercle privé comme professionnel en gestion de conflit par exemple.

Cette faculté à reconnaître ces attitudes comportementales, vous les touchez déjà du doigt de façon inconsciente. Gardez à l’esprit cette information : « il suffit de 100ms (1/10ème de seconde) pour se faire une opinion assez valide de quelqu’un, à partir d’une photo de son visage, et cela sur les critères d’attractivité, d’amabilité, de fiabilité, de compétence et d’agressivité, et la validité de l’impression ne sera plus augmentée après 500ms (Willis & Todorov, 2006 – Philippe Gouillou, lettre 66 Neuromonaco). »

Voici une fiche qui reprend les items de base du Conquérant. Pour vous entraîner, amusez-vous à trouver dans votre environnement une personne qui aime se mettre en avant, qui n’écoute pas beaucoup ce que vous lui racontez et qui « se la péte » et décryptez le !

Le temps de vous approprier tout ça et vous aurez la 2nde fiche.

Comme je vous l’avais annoncé, je vous remercie de prendre le temps de lire mes articles sur ce site. La fréquentation est en augmentation très significative (+324%), de même que le nombre de pages vues (+265%). En 2014, vous consultiez 1 page en moyenne lors de votre session, en 2015 vous avez consulté 2 pages en moyenne.

Mais qui sont mes visiteurs ? Français pour 41%, USA pour 16% (NY, Californie, Texas, Illinois…), mes amis Quebecois pour 11%, puis la Chine, le Japon, la Russie, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse !

Je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d’année !

 

Leconquerant