stress

L’influence sociale dans le suicide de l’adolescent…

Il n’est pas admissible qu’un(e) adolescent(e) se suicide après avoir été victime de harcèlement de la part d’un groupe d’élèves ou d’une seule personne ! Le harcèlement débute à l’école, pourchasse jusque dans la sphère publique pour acculer et triompher dans la sphère privée.

Les harceleurs utilisent aussi bien les réseaux sociaux que l’intimidation physique et verbale.

S’il est important de comprendre le cheminement psychologique de la victime, il est aussi vraiment nécessaire que les parents en général, ceux des harceleurs en particulier, se posent les bonnes questions. Mais comment savoir si mon enfant est victime ou bourreau ? Clairement, tout parent est à même de distinguer le caractère de son enfant, intro/extraverti, aime montrer qu’il domine, réservé… Il est impératif de se poser quelques questions factuelles : comment mon enfant utilise son portable ? Quelle est la qualité de ses relations sociales ? Quelle est son attitude, son comportement en groupe ? Ce n’est pas l’affaire de l’école, c’est bien au sein de la famille que tout commence, qu’elle soit reconstituée, monoparentale ou avec les parents d’origine. Ce qui est sûr, c’est qu’aussi bien du côté du harceleur que du côté du harcelé, les parents doivent s’interroger.

Les statistiques sont certes en baisse depuis 2003 mais en 2014, ce sont 8 885 suicides en France alors que les décès liés aux accidents de la route sont de 3 384… c’est la 2ème cause de mortalité chez les 15-24 ans. La pendaison est la méthode la plus utilisée, 6 cas sur 10 ! Lorsqu’on y réfléchit un instant, le harcèlement confine, étouffe de la même manière qu’un nœud coulant vient comprimer la trachée et provoque la suffocation, la mort. Les tentatives de suicide sont 20 fois plus nombreuses que le nombre de suicides. Les causes évoquées ? La solitude, la dépression, la maladie physique, les problèmes de couple ou de famille.

Le suicide est un fait social déterminé par ce qui relève de l’intime et du relationnel, la religion et la famille protègent du suicide parce qu’elles l’interdisent et fédèrent les personnes autour d’un enjeu collectif qui suscite un profond sentiment d’appartenance. Le sentiment d’appartenance/d’inclusion est ainsi un élément déterminant dans le passage à l’acte.

Selon Durkheim, et même si cela a été sujet à controverse, il existe 4 catégories de suicides :

- le suicide égoïste qui fait suite à un défaut d’intégration, comme une personne célibataire qui s’est complètement isolée et se sent exclue de la société,

- le suicide altruiste qui fait suite à un excès d’intégration, comme les fanatiques,

- le suicide anomique qui fait suite à un défaut de régulation, de normes, de règles,

- le suicide fataliste qui fait suite à un excès de règles qui viennent empêcher toute expression individuelle.

Pragmatiquement, si on garde à l’esprit la relation étroite entretenue par l’individu et son environnement, cette catégorisation fait sens.

La personne qui se suicide est guidée par des raisons, des causes qui ne sont pas les bonnes d’un point de vue extérieur. Elle est donc dans un état psychologique confus, poussée par des justifications collectives qu’elle a intériorisé dans un désir de reconnaissance absolu, « à tout prix ».

Que l’on retienne cette classification ou non, on peut faire une seule distinction, le suicide impulsif et le réfléchi. Ce qui pousse au suicide ce sont des faits, des circonstances, des sentiments ou des pensées qui isolent la personne des autres.

La mélancolie ! Selon Freud, le suicide est une dépression profonde et douloureuse, une suspension de l’intérêt pour le monde extérieur, la perte de la capacité d’aimer, l’inhibition de toute activité et la diminution du sentiment d’estime de soi (1958).

La mélancolie est l’acmé de l’état dépressif, la situation sociale est déterminante pour le passage à l’acte. C’est le cas lors d’un deuil ou d’un évènement traumatique où la personne va ressentir un profond désespoir et ne va pas en parler à son entourage.

Le suicide résulte d’un deuil inabouti. Deuil de la reconnaissance dont le point de départ est le groupe auquel la victime s’était identifiée. Il servait à étayer son Moi et son narcissisme. La perte c’est l’exclusion,  le rejet ou encore l’humiliation. Elle est vécue comme un effondrement psychologique.

Bien entendu, toute mélancolie ne mène pas au suicide ni à une tentative de suicide, cependant la personne connait des phases où l’idée suicidaire est prégnante. L’idée est là !

La mélancolie, ce profond sentiment de solitude, de ne pas être écouté, ni entendu. On observe que nos proches ne sont pas attentifs à notre comportement alors que nous sommes intimement/viscéralement convaincus qu’ils devraient l’être. C’est ça qui plonge la personne dans un gouffre de désespoir sans fond. Et si elle en parle, le risque est que le proche minimise le fait, « c’est pas si grave »… « tu te fais des idées »… « sois moins nombriliste »… alors le gamin se replie sur lui-même, se renferme. Il a la boule au ventre le matin en partant à l’école avec la peur qui devient son fidèle ami. Le gamin anticipe les conséquences sur ses parents, sur sa famille… alors il fait mine le soir que tout va bien.

Alors comment identifier cette tristesse, cet abattement, ce comportement à la limite du passage à l’acte ? En observant les réactions de l’enfant lorsqu’on discute avec lui. Il est important de garder à l’esprit que 2 comportements sont possibles : un repli sur soi avec une attitude hypotonique (c’est-à-dire sans tension musculaire), le menton relevé ou baissé ; ou un comportement faussement extraverti avec une attitude tonique et un regard qui soutient le vôtre. Il est également important d’observer si la personne cligne des paupières ou très peu. Si ce n’est pas le cas, cela traduit une « absence », la personne semble être présente alors que seul son corps est là, son esprit est perdu ailleurs et elle n’intègre pas les informations qui lui parviennent de l’extérieur.

Dans le cas où le parent a pu observer ces signes précurseurs mais qu’il les a niés, c’est qu’il a subi l’influence sociale pour vérifier et valider son ressenti. Si les autres personnes de la fratrie, de la famille ou même du cercle social proche, n’ont eux-mêmes pas observé ces signes, alors le parent se range de leur côté et infirme ses observations. « S’agissant d’une réalité sociale aussi bien que physique (Festinger, 1950), le principe fondamental guidant cette épistémologie de sens commun (…) serait donc celui du consensus. Si l’heuristique du grand nombre (Chaiken, 1987) semble dominer le processus de validation subjective, il faut cependant envisager que celle-ci puisse aussi reposer sur un autre principe épistémologique, celui de la coordination des points de vue (Mugny, Huguet, Perez – Influence sociale et processus de décentration – bulletin de psychologie, 1992, vol. 45, n°405, p. 155 à 163). »

Mais le parent a aussi pu passer à côté de ces signes précurseurs en préférant, inconsciemment, les éluder, les éviter. L’évitement et le déni sont une fuite émotionnelle. C’est comme vouloir revenir au moment précédent les évènements pour ne pas s’y confronter, c’est nier la réalité qui ne manquerait pas de nous placer en déséquilibre psychique. Se confronter à la réalité provoquerait un nécessaire changement si couteux émotionnellement. Il s’agit là d’un renforcement négatif, en termes comportementaliste : « j’ai peur, j’évite/je fuis, je n’ai plus peur… » pour autant, le problème reste entier. Se confronter à la réalité, c’est devoir faire un choix qui entrainera inévitablement un renoncement et renoncer, c’est perdre quelque chose et en faire le deuil.

Il n’est pas admissible de laisser la violence physique et morale s’étendre, se développer au sein des écoles et des familles. Il n’est pas admissible de laisser les enfants se débrouiller seuls trop tôt dans une société où l’avoir prime sur l’être. Il appartient à chacun de se questionner, de se positionner en tant que parent responsable, garant des limites qui sont là pour la cohésion sociale autant que pour rassurer. Comprendre le processus suicidaire permet d’en appréhender sa complexité. C’est aussi se donner la possibilité d’agir et de lutter contre ce sentiment d’impuissance qui transpire de cet acte.

« Je qualifie la violence dont je parle de fondamentale car je pense qu’elle touche aux fondations de toute structure de la personnalité, quelle que puisse être cette structure. La violence dont il est question ici correspond étymologiquement à une force vitale présente dès l’origine de la vie (Bergeret). »

Sources :

Cairn.info / logique des homicides dits altruistes

DE LARA – Le mélancolique et le risque suicidaire

Georges GENIL-PERRIN

Charles VALLON

Le Monde.fr – Alexandre POUCHARD – 09/02/2016

Le Monde.fr – François BEGUIN – 05/05/2018

Mucchielli, Renneville – Les causes du suicide : pathologie individuelle ou sociale ? Durkheim, Halbwachs et les psychiatres de leur temps (1830-1930).

cps-le-faubourg.org/wp-content/uploads/Les-phases-du-processus-suicidaire.pdf

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-maritime/suicide-au-lycee-saintes-notre-fille-etait-harcelee-c-est-cela-qu-elle-s-est-pendue-1485247.html

 

Noeud de pendu

 

 

Tout est la faute de la Femme !

« Le 23 mai 2014, Elliot Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement. Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations.

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième. Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme. Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route.

Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboarders et cyclistes.

Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné.

Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête. »

Lien vidéo Elliot Rodger : https://www.youtube.com/watch?v=G-gQ3aAdhIo

 

Mais quel est le lien entre les « incels » et Elliot Rodger et plus récemment Alek Minassian, l’auteur de l’attaque à la voiture bélier le 23 avril dernier ?

C’est le rapport conflictuel aux femmes et à la sexualité plus particulièrement. Je devrais même dire l’absence de sexualité parce que c’est bien son absence qui mène à la violence contre les femmes. Le ressentiment, la frustration, des mécanismes assez simples mais insidieux et ravageurs et toujours les mêmes victimes :

 

les femmes !

 

« Les incels sont la contraction de involuntary celibate, des hommes reprochant violemment aux femmes leur célibat de longue durée, jusqu’à leur vouer une haine féroce. (…) Curieusement, le terme qui les rassemble a été inventé dans les années 1990 par une femme, Alana, une canadienne. (…) En 1993, la jeune femme n’a jamais eu de relation sexuelle, ni de petit ami. (…) A la fin des années 1990, elle crée un site, « Alana’s Involuntary Celibacy Project », qu’elle voulait comme une plate-forme d’entraide ouverte à ceux dont la vie sexuelle a été marginalisée à cause de normes de genre trop rigides ou de difficultés relationnelle. Les années passent et plus à l’aise socialement, elle finit par céder son site à un inconnu… » (Emilie Brouze – 26 avril – L’Obs)

Lien vers l’interview d’Alana : https://www.theguardian.com/world/2018/apr/25/woman-who-invented-incel-movement-interview-toronto-attack

 

Ce qui n’était au départ qu’un blog qui rassemblait des témoignages de jeunes n’ayant que peu de connaissances des codes sociaux, qui n’ont pas la chance d’avoir un physique « agréable » ou en tous les cas « dans la norme », s’est mû en un groupe d’hommes plus radicaux. Chaque membre participant à la dynamique malsaine de désigner ceux qui « réussissent » comme leurs ennemis.

Flashback... L’adolescence est marquée par ce désir de faire partie d’un groupe dans lequel l’individu s’identifie et y voit comme une reconnaissance, une appartenance. Il s’identifie à ses membres. L’inclusion est la vie ; le rejet est la mort. L’adolescence est aussi la période des premiers amours. Si chacun arrive dans l’adolescence avec son vécu familial, cette période particulière nécessite de reconnaître puis de s’approprier les codes sociaux. A défaut de schémas précoces adaptés, ce n’est ni plus ni moins que le rejet qui guette l’individu et ce rejet pourra être vécu comme violent/traumatisant.

Amour propre, estime de soi, valorisation sont les enjeux de l’inclusion et cela peut vite dégénérer en frustration, auto-dévalorisation, ressentiment ou encore conduite addictive et appétence traumatophilique. Ainsi, l’absence de relation affective, sentimentale, amoureuse, sexuelle créée une vive tension psychologique qui ne fera que s’exacerber à moyen et long terme, si l’individu ne réinvesti pas sa libido dans une voie socialement acceptable, et s’il ne se remet pas en question, alors la tension deviendra mortifère.

A ce stade-là, il existe différentes solutions proposées par notre belle et (si juste) société de consommation ! Là où tout se vit dans l’instantanéité, dans la possession et dans l’individualité, les sites pornos connaissent un essor fulgurant, les applications de rencontre se portent très bien alors même que hommes et femmes ne recherchent évidemment pas la même chose en s’y inscrivant. Même au niveau du simple plan Q, la femme va vouloir une certaine « bienséance » faisant office de préliminaires alors que l’homme peut aborder le date beaucoup plus « simplement » et zapper cette phase de « reconnaissance ».

Dans le traitement/l’assimilation d’une simple déception amoureuse ou même face à l’absence d’un quelconque intérêt affectif/amical envers un(e) individu(e), la différence entre genre est flagrante. Si la jeune femme peut se replier sur elle-même, consulter sa mère ou ses amies, le jeune homme va être envahi par une certaine violence créée par la frustration.

Pour des personnes influençables et "pauvres intellectuellement", le passage à l’acte violent est une option malheureusement de plus en plus choisie. Il s’agira alors de trouver un bouc-émissaire, de se victimiser, de partir à la recherche d’autres qui vivent le même malaise ou encore de s’endoctriner (religion), tout cela pour trouver une justification à son mal-être, pour décharger cette tension psychologique devenue invivable et pour être reconnu !

Pourtant, s’ouvrir aux autres, s’intéresser à l’art, à la littérature, faire du sport, du théâtre ou toute autre activité provoquera nécessairement une remise en question et permettra d’être plus ouvert, plus curieux, plus empathique.

 

En conclusion les gars, soyez moins cons !

 

 

Tintin

 

 

 

"Mal-aise" chez Michelle Obama

L’accueil du couple Trump par les Obama a été vivement commenté à travers le monde et dans tous les médias. Beaucoup comme l’AFP restent objectifs pour décrire l’arrivée du nouveau couple présidentiel, pendant que d’autres médias commentent avec la teinte d’hostilité que provoque Donald Trump.

 

Resituons la scène

 

Les Obama sont sur le perron de la Maison Blanche pour accueillir, de la façon la plus respectueuse possible, ce couple de milliardaire propulsé à la tête des USA grâce à une campagne très patriotique.

Il s’agit donc du protocole bien établi de la cérémonie d’investiture. Exit donc les employés de la Maison Blanche qui se chargent généralement des « à côté », tout au moins sur le perron… seuls restent les 2 soldats au garde à vous.

 

Aussi, Mme Trump, qui ne jouit pas de la meilleure image certainement à cause de son passé de modèle photo sur papier glacé, à la gentillesse d’offrir un présent à Michelle Obama.

Je fais remarquer qu’il s’agit d’un présent que vous et moi ne pourrions nous offrir, s’agissant d’une bijouterie de luxe des plus célèbres (Tiffany).

 

Le couple Trump ignore-t-il le protocole ?

 

Les Trump ne sont pas au fait des conventions politiques, ils sont certainement de parfaits novices dans ce domaine. Le cadeau de Melania se voulait être de la bienséance, toujours est-il que Michelle Obama s’en trouve étonnée, surprise, ne sachant où déposer le cadeau reçu, le temps de la photo protocolaire et fait donc une grimace évocatrice. Son mari prend les choses en mains, et après quelques secondes, le protocole peut reprendre.

 

Mais évocatrice de quoi ?

 

Le mot qui revient le plus souvent est : embarras, ce qui est vrai. Cependant nous pouvons pousser un peu plus loin l’analyse. J’observe que le visage de l’ancienne 1ère dame des USA peut être séparé en 2 hémi visages. Celui de droite, est plus fermé que l’autre mais affichant néanmoins un sourire social. L’hémi visage droit est le lien avec le monde extérieur. L’œil droit est plus petit que le gauche, concentré sur le rôle que Michelle Obama doit tenir à cet instant.

L’hémi visage gauche est plus ouvert mais il y a un rictus visible avec le coin gauche de la bouche qui s’étire vers l’extérieur, en un sourire crispé (celui-ci) lié à soi.

Dans le même temps, le sourcil gauche s’élève plus haut que celui de droite signifiant ainsi une mise à distance de soi vis-à-vis de l’autre.

Les sourcils traduisent notre envie de communiquer. Lorsqu’il se lève (celui de gauche), Michelle Obama se place (en tant qu’individu) à l’extérieur de la relation qu’elle vit avec les Trump.

 

Résultat ?

 

Eh bien Michelle Obama connaît le protocole et entend bien le respecter, par opposition à Melania Trump qui est novice en bien des points. Recevoir un cadeau est un élément extérieur que Mme Obama n’avait pas prévu et qui la met dans l’embarras car il n’y a pas de « petites mains » pour l’en débarrasser. Alors son visage va illustrer, va traduire cette dichotomie entre afficher un sourire de circonstance et une envie de montrer son « mal-aise » créant ainsi cette photo tant partagée !

 

Enfin, ce n’est que mon interprétation…Michelle obama

Verbaliser, c'est guérir

 

Verbaliser, c’est guérir

La définition de « verbaliser » est : dresser un procès-verbal. C’est aussi s’exprimer, se faire comprendre par le langage, formuler ses pensées par la parole, faire connaître ses sentiments et ses opinions (réf. Larousse).

 

Verbaliser, c’est donc exprimer une idée, un sentiment, une émotion. Au contraire, intérioriser équivaut à garder pour soi, sans partage, au risque de ne pas se faire comprendre.

La conséquence néfaste est le refoulement de cette émotion et la naissance d’un sentiment négatif qui, s’il n’est pas extériorisé, enflera comme une tumeur et générera une stratégie d’adaptation envers l’objet/la personne/la situation qui en est à l’origine.

Ce sentiment négatif ne disparaît jamais, il ne demande qu’à s’exprimer de n’importe quelle façon (sublimation, déplacement…).

 

L’émotion comme système d’échange

Faisons un focus rapide sur la perception et la régulation des émotions. Elles passent par 3 systèmes (réf. Neurofit.ch) :

- le système neurophysiologique (hormonal et neurovégétatif),

- le système moteur (corps, visage, voix),

- le système cognitif expérientiel (c’est la capacité à prendre conscience et à verbaliser le ressenti).

 

L’émotion est le liant entre les individus dont un des buts est l’inclusion (appartenir à un groupe).

L’individu dispose de 2 processus distincts pour appréhender la réalité (réf. Les motivations.net) :

- le système expérientiel qui est instinctif, associatif, orienté vers l’action immédiate mais avec un mode de pensée stéréotypé et émotionnel,

- le système rationnel, plus analytique et logique, dirigé par la raison. L’individu évalue, encode, décode, prévoie et ensuite agit.

 

Dans la communication interpersonnelle, ces 2 systèmes sont aisément identifiables lorsque la personne s’exprime davantage avec l’une ou l’autre de ses mains.

Par exemple, un homme politique comme François Bayrou va s’exprimer en majeur partie avec sa main droite. Un discours qui est donc analytique, ce qui est normal pour un bègue.

Alors que le témoignage d’une personne sur un évènement personnel verra une main gauche plus active que la droite (hémisphéréité).

 

Pourquoi devoir verbaliser ses émotions ?

Mais ne soyons pas clivant. Nous ne sommes ni tout l’un, ni tout l’autre, mais un savant mélange dont notre tempérament et notre caractère sont le reflet. Un cerveau droit (instinctif) qui communique avec un cerveau gauche (analytique) grâce à un corps calleux, véritable autoroute du partage de l’information.

 

Il faut bien avoir en tête que l’Etre Humain recherche la satisfaction de son plaisir personnel (pulsions) et l’évitement du déplaisir face au principe de réalité.

L’Etre Humain doit préserver son équilibre psychique et physiologique (homéostasie) grâce à différentes stratégies d’adaptation. S’il n’y a pas de passage à l’acte pour satisfaire son plaisir, une frustration va naître et se diffuser insidieusement dans le psychisme. Elle va investir chaque recoin de nos pensées, tapie, pour ne demander qu’à être satisfaite d’une manière ou d’une autre.

 

Le déséquilibre psychique (visible sur le corps par des micros démangeaisons au visage et sur les membres) intervient dès lors qu’un trop grand nombre d’envies ne sont pas réalisées, lorsque la coupe des frustrations déborde ou lorsqu’une situation est vécue comme un traumatisme.

 

Les occasions de refouler une idée, un sentiment ou une émotion sont nombreuses, que ce soit au travail, en société ou dans la sphère privée. Mais cela se fait toujours au détriment de soi.

 

Une des stratégies la plus efficace  

Cela va permettre de se concentrer sur l’émotion ressentie, de la décrire, de lui donner corps grâce à la richesse du vocable employé (granularité).  Mettre des mots sur ce qui est ressenti  permet de se respecter et de gagner en estime de soi. Vous occuperez l’espace de communication (professionnel, familial, privé) avec plus d’efficience, vous enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

s enrichirez votre point de vue grâce aux différents angles d’analyse qui s’imposeront à vous et enfin, vous responsabiliserez l’autre en lui faisant prendre conscience de l’impact que la situation/parole a eu sur vous.

 

Objectif : être soi

S’exprimer, verbaliser, c’est être plus cohérent avec soi-même et envers les autres. C’est rendre la communication plus fluide, plus honnête mais surtout, c’est une contre-stratégie au  refoulement qui est la porte d’entrée prépondérante de la dépression.

 

 

Verbaliser

 

Ces gestes parlent pour vous !

Certaines situations vous paraissent d’emblée difficiles, conflictuelles :

un entretien professionnel, une émission de télé, de radio, un RDV avec le prof. principal de votre enfant, que sais-je encore…

Ces moments sont  très stressants. Pour les affronter, nous nous préparons psychologiquement  par des représentations mentales, grâce auxquelles nous visualisons la scène telle qu’elle pourrait se dérouler.

Nous pouvons aussi faire baisser le niveau de stress si nous nous isolons une dizaine de minutes au cours desquelles, nous nous emploierons à imaginer les pires scénarios possibles.

 

Au niveau du corps, nous gérons ces situations par la respiration ventrale, qui a un effet quasi immédiat sur le rythme cardiaque (il va baisser) puisqu’elle sollicite le système parasympathique au détriment du système sympathique.

Nous pouvons également nous concentrer sur chaque partie de notre corps pour en ressentir toutes ses manifestations (chaleur, tremblements, irrigation sanguine, contraction/déconctraction musculaire…). Le focus sur nos sensations va dérouter le cerveau de l’élément stressant.

 

Gérer son stress est une bonne (une excellente) chose, cependant nous restons toujours à la merci d’un imprévu, d’une remarque, d’un geste et ou d’une attitude qui va non seulement nous surprendre, mais nous déconcerter et potentiellement nous faire perdre nos moyens (ressources). Ainsi, tout le travail préparatoire sera réduit à néant.

Savoir reconnaître certains gestes annonciateurs d’un verbiage négatif contribuera à gagner en confiance en soi et nous donnera l’élan nécessaire pour prendre quelques secondes de réflexion, puis s’affirmer.

 

Prenons 2 exemples de gestes typiques :

 

- Votre interlocuteur affiche son plus beau faux-sourire (sans participation du front, ni des yeux bien sûr) et pose ses coudes sur la table. Ses mains sont jointes vers le haut, paume contre paume.

Par ce geste, votre vis-à-vis vous fait comprendre qu’il est celui qui sait et qu’il n’est pas d’accord avec vous. Si une tension musculaire se voit dans son geste, dans ses mains, alors ne soyez pas surpris de voir celles-ci tomber comme un couperet face à vous, bien décidées à trancher (et pas forcément en votre faveur).

 

- Votre interlocuteur affiche toujours son sourire de circonstance, les coudes posés sur la table et les mains ascendantes. Cependant, les doigts s’entrecroisent et les index sont érigés vers le haut à la manière d’un double pistolet.

C’est un geste qui signifie que votre vis-à-vis se sent dominant (ce qui n’est bien sûr pas forcément le cas), qu’il n’est pas d’accord avec vous et qu’il va vous le signifier de façon agressive.

 

Face à ce genre de comportement qui n’a qu’un seul but : vous affaiblir pour mieux vous « détruire » (je vous assure que le terme n’est pas trop fort au regard des quelques exemples vécus que j’ai en tête), votre stratégie dépendra de l’enjeu de la situation et elle est fonction de votre « tempérament ».

 

- Vous pourrez adopter un comportement inhibé, c’est-à-dire que vous aurez du mal à oser, à refuser et à exprimer votre opinion. Cependant, ce sera au détriment du respect de votre propre position.

- Vous pourrez adopter un comportement agressif, dans ce cas-là vous riposterez (avec différentes positions du curseur) parce que vous vous sentirez agressé. Vous respecterez ainsi votre position, vos valeurs mais pas celle de votre vis-à-vis.

- Enfin, vous pourrez adopter un comportement affirmé où vous saurez demander, verbaliser vos avis, vos opinions en cohérence avec vos valeurs, votre interlocuteur et l’environnement (cf. les différentes méthodes d’affirmation de soi).

 

Voici 3 exemples illustrant ces stratégies face au même comportement agressif :

 

Comportement inhibé (à nuancer) : https://www.youtube.com/watch?v=2eSppTMvn54

Comportement agressif (mais amène) : https://www.youtube.com/watch?v=wMWHDdmnao8

Comportement affirmé (voire affable) : https://www.youtube.com/watch?v=q2r68jKbFdw

 

Vous noterez la position du buste pour chaque invité, dirigé vers l’avant lorsqu’il a envie d’échanger, vers l’arrière lorsqu’il « laisse la main ». Lorsqu’il analyse les propos et élabore une contre argumentation (voire une pique), son buste sera tout d’abord vers sa droite en arrière, puis s’avancera vers l’autre pour exposer son propos.

 

Voici pour ces gestes annonciateurs qui ne pourront plus vous surprendre, ni annihiler votre travail préparatoire. Leur reconnaissance ne demande pas beaucoup d’effort cognitif et les reconnaître in situ vous fera certainement sourire en coin.

 

Yann moix 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yann moix 2

A la recherche de l'authenticité, plutôt que du mensonge

L’action personnelle l’emportera toujours sur une action poussée par autrui, que le contexte soit celui de la réinsertion, la sortie d’une relation toxique, l’abandon d’une addiction ou d’une idéologie ou encore dans le cadre d’une thérapie comportementale et cognitive.

 

L’homme est heureux quand il décide de faire, d’autant plus qu’il a besoin de communiquer sur ce qu’il fait. Pour cela il recherche des personnes qui partagent certaines de ses valeurs et qui sont susceptibles de lui faire un retour positif, source de valorisation. C’est le processus d’inclusion de Will Schutz  dans « L’élément humain », ce désir de faire partie d’un groupe pour y être reconnu en tant qu’individu.

 

Il est donc nécessaire de faire prendre conscience à la personne son intérêt à changer et à se mettre en action. Gustave Le Bon, dans « psychologie des foules », avançait que la foule est toujours intellectuellement inférieure à l’homme isolé. L’individu a besoin d’être valorisé et respecté mais il est important de recadrer cette valorisation dans un autre contexte plus positif, ouvert et constructif que celui qu’il a connu jusqu’à maintenant (cf. Paul Watzlawick).

 

Mais comment faire comprendre à une personne qu’elle a tout intérêt à changer de perspective ?

 

Selon le domaine d’activité, il sera nécessaire soit de réunir des personnes qui ont des connaissances spécifiques, comme des scientifiques, des sociologues, des psychologues et autres synergologues… soit de collecter préalablement des informations qui seront utile pour offrir d’autres champs de vision à la personne.  

 

Ensuite, la recherche des signes non verbaux de l’authenticité est une posture primordiale et respectueuse versus la recherche du mensonge. C’est une posture parce qu’à trop vouloir rechercher les signes du mensonge, on en voit partout (!) et notre langage non verbal va trahir nos intentions, qui seront interprétées inconsciemment par le vis-à-vis comme une menace. La suggestion ne prendra pas.

 

Lorsqu’un signe non verbal laissera à penser qu’il y a un hiatus de communication, l’interrogatoire devra être suffisamment souple pour aller tirer le fil de la pelote et mettre à jour les non-dits.

 

Mais comment reconnaître l’authenticité ?

 

Gardons bien à l’esprit que lorsqu’une personne bouge (en situation de communication bien sûr), elle change d’état d’esprit. C’est à ce moment qu’elle est la plus lisible.

Une personne qui n’est pas authentique surjoue en termes de gestes, voire de paroles (Fabrice Luchini en est un bon exemple). Elle veut contrôler son corps et son discours. Son attention sera focalisée sur cet objectif de ne rien laisser paraître quoique ce soit de pensée personnelle.

Son regard sera ainsi quelques fois concentré sur un point inexistant, donnant à la personne l’impression qu’elle s’est réfugiée dans son monde. Or, c’est à la meilleure façon de tisser son histoire qu’elle réfléchit. Posez-lui des questions précises et vous observerez que son buste va passer de l’avant vers l’arrière, afin de prendre un temps de réflexion, puis revenir vers l’avant pour vous « servir la soupe ». Prenez de la hauteur à cet échange et vous remarquerez que la personne agit en rythme (cf. « corps de bois » d’Elodie Mielczarek) et que c’est ce rythme qui trahit son désir contrôle.

 

Des yeux pas très ouverts et peu de clignements de paupières sont également de très bons indices. La personne n’enregistre pas ce que vous lui dites, ça entre par une oreille et ressort par l’autre. Trouver un autre angle d’approche pour que son cerveau soit étonné, soit diverti, voire déboussolé. Faites preuve de créativité et n’hésitez pas à être paradoxal dans votre argumentation.

 

L’amplitude de la gestualité est aussi un bon paramètre et raccord avec l’exemple de Fabrice Luchini. Les gestes seront faits avec grande amplitude lorsque la personne se déconnecte de son discours, sans affect. En revanche, ils sont réalisés proche du corps lorsque la personne se projette et s’associe à son discours.

 

Ces clés devraient vous aider à discerner les différentes phases du changement d’état d’esprit de la personne et ainsi, vous pourrez orienter votre questionnement de façon à renforcer la suggestion et faire que la personne y adhère.

 

« Le point de départ de la suggestion est toujours l’illusion produite chez un individu au moyen de réminiscences, puis la contagion par voie d’affirmation de cette illusion primitive ». G. Le Bon

 

 

Prisonnier

 

Le Don de soins est Vital !

Quel que soit le groupe d’individus ou le contexte (professionnel ou personnel), il suffit d’une seule personne qui n’est pas en accord avec elle-même pour provoquer une situation conflictuelle.

 

Est-ce si compliqué de vouloir agir avec bienveillance, sans intérêts égoïstes ?

Quand je regarde avec plus que de l’envie « burning man », je me dis que je me dois d’être optimiste. Cependant, je ne peux m’empêcher de me poser cette question : qu’est-ce qui pousse cette personne à agir de cette façon, quitte à créer un conflit voire à se montrer violent ?

 

Nous avons tous des besoins affectifs fondamentaux, universels, qui, s’ils sont globalement comblés  font de nous des êtres équilibrés et sains. Grosso modo, ces besoins sont au nombre de 3 :

- le besoin d’appartenance,

- le besoin d’autonomie,

- le besoin de compétence.

 

Pour y répondre, il y a les personnages d’attachement. Ce sont les parents ou encore les personnes qui représentent un rôle majeur pour l’enfant au niveau affectif.

Des études ont montré que les bébés sont capables de s’attacher à des gens même s’ils ne les nourrissent pas. Ça peut sembler étonnant, voire être contre nature, mais il faut savoir que c’est l’instinct de survie qui guide les nourrissons, le besoin de protection (qui se confond à celui d’appartenance) d’un groupe qui leur permettra de survivre et de se développer. Les bébés adoptent pour ce faire des stratégies comportementales inconscientes qui leur permettent de signifier ce besoin d’apaisement. Charge à l’adulte d’y répondre (ou pas !).

 

Comment ces stratégies se manifestent-elles ?

L’enfant exprime la colère, la tristesse ou la peur par des pleurs. Ces émotions sont des régulateurs qui vont stimuler l’adulte à venir rassurer l’enfant. Une fois calmé et sécurisé, les parents pourront à nouveau s’éloigner puis l’enfant se retrouvera à nouveau en insécurité et le processus se répétera.

 

Comment ce processus peut-il être décrit ?

L’apaisement est provoqué par la tendresse, par l’affection et la valorisation mais aussi par le timbre de la voix (plus grave), par le toucher (la caresse), par les odeurs. C’est ce qu’on appelle le « don de soins ». Il influe directement sur le cerveau, notamment sur la sécrétion de bêta-endorphines (opioïdes endogènes, c’est-à-dire fabriqués directement par le cerveau) qui vont générer un état de bien-être.

A l’âge adulte, cette recherche d’apaisement passe par différents moyens plus ou moins acceptables, licites et sains (alcool, drogue, sexe, sport, travail, nourriture, argent…).

 

« Ce système fonctionne du berceau à la tombe » disait Bowlby.

 

Ce lien d’attachement envers les parents (généralement) évolue ainsi avec le temps vers des amis intimes, des partenaires.

 

Quelles conséquences pour le développement de l’enfant ?

Elles sont extraordinaires et il ne faut surtout pas les sous-estimer mais bien les mettre en valeur et les diffuser à tous. Le don de soins augmente les capacités cognitives, émotionnelles, de résistance au stress, d’adaptabilité et d’empathie par un réseau plus performants de neurones miroirs.

 

A contrario, certaines circonstances font que tout le monde n’a pas la chance de bénéficier de cette bienveillance parentale. L’enfant doit alors se construire avec ce déficit d’apaisement et se retrouve à gérer comme il le peut certaines peurs subsistantes, qui peuvent rester à un niveau peu handicapant mais aussi basculer dans la pathologie (TOC, phobies, anorexies, etc…). Les stratégies adaptatives que va mettre en place la personne, pour être socialement acceptée, vont se retrouver dans la gestuelle et dans le langage non verbal.

Gardons à l’esprit qu’au niveau de l’inné, le tempérament va jouer un rôle prépondérant dans cette façon de s’adapter. Certaines personnes sont plus réactives que d’autres, plus impulsives, plus émotives…

 

Pour l’exemple du stress/peur/colère, les gestes associés peuvent être :

- l’objet que l’on frappe sur la table,

- la forte pression exercée sur un stylo que l’on tient,

- dissimuler une main ou un objet,

- lancer ses cheveux vers l’extérieur,

- essuyer une frange de cheveux,

- certains mouvements de bouche comme la lèvre inférieure descendante qui découvre les dents du bas (peur), ou encore la lèvre supérieure ascendante (agressivité).

 

Apprendre à identifier et à interpréter ces gestes va permettre de (faire) conscientiser et de (faire) verbaliser l’émotion ressentie.

« Ce qui est à l’extérieur n’est plus à l’intérieur », le niveau de stress/peur/colère pourra ainsi s’abaisser sensiblement.

 

Le gain en Assertivité sera perceptible tout comme l’affirmation de Soi, la confiance en Soi et l’estime de Soi !

Est-ce si compliqué de se dire que quoiqu’il puisse arriver, il est VITAL de faire « don de soins » à ses enfants et lutter ainsi contre l’individualisme un peu trop répandu aujourd’hui ?

 

Biblio. :

B. PASCAL, « la théorie des schémas », ed. Elsevier Masson

AINSWORH, « infancy in Uganda, infant care and growth of love », NY : the Johns Hopkins Press (1967)

 

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Les MAINS, prolongement de notre pensée

Dans les épisodes précédents, nous avons vu que l’individu réalise deux tâches face à une situation stressante.

La 1ère tâche consiste en une double évaluation cognitive : primaire et secondaire. Elle a pour rôle la stabilité émotionnelle et protectrice.

L’évaluation primaire répond à la question de l’enjeu de la situation, du niveau de stress perçu.

Quelle est la perte possible, le préjudice ? Quelle est la menace ? Un rebond est-il possible ?

L’évaluation secondaire porte sur le contrôle perçu et sur les ressources disponibles.

 

La 2nde tâche consiste à établir une stratégie d’adaptation qui portera soit sur le problème, soit sur les émotions.

L’efficacité des stratégies centrées sur le problème dépend du caractère contrôlable de la situation. L’objectif est d’augmenter ses propres ressources pour mieux faire face.

Quant aux stratégies centrées sur les émotions, elles sont efficaces dans les situations où peu d’information sont disponibles. Elles protègent l’estime de soi car ce sont des stratégies d’évitement qui permettent de ne pas affronter le problème mais qui induisent un état dépressif à long terme.

 

Nous avons également vu que nous apprenons des conséquences de nos comportements. Que nous sélectionnons le comportement approprié en fonction des résultats précédemment observés. Ces stratégies adaptatives ont l’inconvénient de générer des pensées automatiques (ou ruminations) qui ont généralement un impact négatif sur notre propre évaluation et donc sur notre confiance en soi, notre estime de soi.

 

Ces situations stressantes ont des répercussions sur notre langage corporel et vous pouvez apprendre à reconnaître leurs manifestations. Nous serons plus démonstratifs ou plus introvertis, plus éloquents ou plus timorés, nos gestes seront plus « ronds » ou plus « saccadés », réalisés avec amplitude ou plus proche de notre corps.

 

Mais il est essentiel de prêter une attention toute particulière aux mains. Elles sont le prolongement de notre pensée !

« Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains. En effet, l’être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d’outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. » (Aristote)

 

La configuration des mains permet de déterminer si la personne s’associe à son discours ou s’en dissocie. Elles vont revenir l’une sur l’autre à chaque fois qu’il y a une réserve par rapport l’autre. Si elles sont dirigées vers le haut, la personne se perçoit supérieure à l’autre, dirigées vers le bas, la personne se perçoit inférieure à l’autre, si les mains sont à l’horizontal, la personne se perçoit égale à l’autre.

Il est important d’observer s’il y a une tension dans les doigts, elle trahirait un stress ressenti. C’est le cas lorsque les mains sont jointes, doigts tendus, paume contre paume ou encore les doigts entre croisés et tendus.

Est-ce que la personne dirige ses paumes vers elle, de sorte de créer une espèce de bulle de protection entre elle et l’extérieur ?

Au cours d’une poignée de mains, la paume peut être moite, la main molle, peu engageante.

Sont-elles d’ailleurs visibles ou bien cachées sous le bureau, dans les poches d’un pantalon ou d’un manteau ?

Les préhensions sont également révélatrices du stress ressenti. Elles sont une solution momentanée pour retrouver l’équilibre. Un stylo trituré, un pupitre sur lequel la personne s’accroche…

 

Si vous décelez ce type de configurations des mains chez votre interlocuteur, alors mettez-le à l’aise par le truchement du questionnement.

Mains

Questionner ? Pour faire quoi ?

Questionner, est-ce essentiel ?

 

Tout au long de notre vie, nous apprenons des conséquences de nos comportements. Nous sélectionnons le comportement approprié en fonction des résultats précédemment observés. Ce sont des stratégies adaptatives.

Elles génèrent des pensées automatiques (ou ruminations) qui ont un impact soit positif, soit négatif sur notre propre évaluation et donc sur notre confiance en soi, notre estime de soi.

Nous nous forgeons/construisons des représentations/images inconscientes de notre valeur personnelle, notre capacité d’autonomie, notre régulation émotionnelle. Ces représentations inconscientes ont des répercussions sur notre langage corporel. Nous serons plus démonstratifs ou plus introvertis, plus éloquents ou plus timorés, nos gestes seront plus « ronds » ou plus « saccadés », réalisés avec amplitude ou plus proche de notre corps.

Le geste est donc pré-verbal, le décoder c’est pouvoir lire la phrase avant qu’elle ne soit écrite. Faire un geste semble anodin, mais c’est déjà le début du processus cognitif, avant que la pensée ne passe à la phase consciente pour être ensuite verbalisée.

Concomitamment à ce décodage du langage corporel, et pour affiner notre interprétation, la part du questionnement est primordiale. En plus d’une écoute active et empathique, nous utiliserons la reformulation, la « flèche ascendante » et le questionnement Socratique.

La reformulation, c’est de la reformulation… (sic) pas grand-chose à expliquer.

Le questionnement en « flèche ascendante » permet de repérer les pensées automatiques qui surgissent lors de l’évènement stressant, puis de les discuter, de les modifier en leur trouvant d’autres angles de réflexion plus valorisants.

Le questionnement Socratique permet de détourner la pensée génératrice de l’émotion négative, après avoir repéré les prémices erronées et les conclusions qui résultent des ruminations. C’est un type de questionnement didactique.

Enfin, suivant les différents champs de la relation – émotionnel, relationnel, cognitif – la sémantique devra être adaptée en conséquence. Par exemple, si la personne est d’un tempérament plutôt émotionnel, il faudra faire en sorte qu’elle puisse exprimer son ressenti. Chaque verbe employé devra appartenir au registre de l’émotion pour que cela résonne en elle.

Le Meta objectif de cette démarche – vous l’aurez compris - est la création d’une relation Assertive.  

 

Question everything

Annihiler le Stress !!!

Les chiffres sur le burn out sont alarmants et nous connaissons presque tous une personne dans notre environnement proche qui en souffre. Même si ce que recouvre ce terme n’est pas identique pour tout le monde, la certitude est que cette souffrance a son point d’origine dans le stress négatif accumulé dans le milieu professionnel.

 

C’est une conséquence délétère dans le rapport à nous-même et avec notre environnement. Celui-ci se fait de plus en plus exigeant, pressant et intrusif. Les limites entre la sphère professionnelle et privée sont plus floues. Les réseaux sociaux nous offrent constamment cette possibilité de nous comparer aux autres, de quelques pays que ce soit, ce qui peut alimenter voire renforcer une image négative de nous-même.

 

Cette situation poussée aux limites du Système et sans stratégie défensive appropriée et c’est l’épuisement professionnel qui nous guette. Rassurons-nous, ce n’est pas inéluctable et il est tout à fait possible de l’éviter pour autant que nous ayons un bon niveau d’information sur la façon d’y remédier.

Il est préférable de combattre ce stress négatif au moment même où la situation se produit, le cas échéant, notre inconscient va conserver en mémoire cette mauvaise stratégie comportementale de défense et nous la resservira (malheureusement) dès lors que la situation se représentera. C’est le cercle vicieux. Sortons-en !

 

Le stress est un ressenti qui a des répercussions sur notre santé, mentale et physique. Notre attitude pour y faire face est spécifique à nous-même.

 

Les ressources, que nous déployons, sont liées à notre histoire, notre éducation, la façon dont nous avons déjà appréhendé une telle situation, notre estime de soi, notre confiance en soi. C’est une interaction entre l’environnement et nous.

 

Lazarus et Folkman ont montré que l’individu réalise deux tâches face à une situation stressante.

 

La 1ère tâche consiste en une double évaluation cognitive : primaire et secondaire. Elle a pour rôle la stabilité émotionnelle et protectrice.

 

L’évaluation primaire répond à la question de l’enjeu de la situation, du niveau de stress perçu.

Quelle est la perte possible, le préjudice ? Quelle est la menace ? Un rebond est-il possible ?

L’évaluation secondaire porte sur le contrôle perçu et sur les ressources disponibles.

 

La 2nde tâche consiste à établir une stratégie d’adaptation qui portera soit sur le problème, soit sur les émotions.

L’efficacité des stratégies centrées sur le problème dépend du caractère contrôlable de la situation. L’objectif est d’augmenter ses propres ressources pour mieux faire face. Ça veut dire savoir négocier un délai, se donner du temps pour répondre à une sollicitation, rompre avec une relation insatisfaisante, consulter un médecin, développer ses connaissances dans un domaine…

Quant aux stratégies centrées sur les émotions, elles sont efficaces dans les situations où peu d’information sont disponibles. Elles protègent l’estime de soi car ce sont des stratégies d’évitement qui permettent de ne pas affronter le problème mais qui induisent un état dépressif à long terme. C’est par exemple, consommer de l’alcool, des drogues, développer un TOC, faire de l’exercice physique plus que nécessaire, exprimer de façon exacerbée ses émotions, minimiser la situation, nier la réalité  ou encore se dissocier de l’évènement.

 

« Brandstädter et Renner relèvent une meilleure santé mentale chez les personnes capables d’intégrer ces deux stratégies simultanément. Agir pour transformer la réalité (assimilation) puis réviser nos aspirations, leur priorité, leurs valeurs (accommodation). »

 

Les émotions ne sont pas à concevoir indépendamment du processus cognitif, elles sont imbriquées et interdépendantes. Les émotions déterminent ce que nous percevons, ce que nous mémorisons. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire  que l’effet Koulechov agit à nos dépends. Lorsque nous voyons quelqu’un, en réalité nous interprétons en fonction de notre vécu, nos croyances. La perception est en fait une construction. Nous sommes le peintre qui déposons nos couleurs sur la toile. Le stress que nous ressentons est une déformation probable de la réalité.

 

Ajouter à cela, et pour renforcer cet effet d’amorçage, un biais de confirmation vient mettre son grain de sel dans le Système. C’est-à-dire qu’inconsciemment, nous allons aller chercher des informations chez l’autre qui vont confirmer notre ressenti (faussé, nous l’avons vu, par nos croyances).

 

C’est un cercle vicieux qu’il faut stopper et nous en avons tous le pouvoir, les ressources, de le faire en adoptant un autre angle de vue. Parce que nous sommes compétents pour le faire, parce que ça fait du bien à notre estime de soi.

 

Réf. :

« Améliorer ses stratégies de coping pour affronter le stress au travail » - D. Lucie COTE – Université du Québec en Ouataouais (2013)

http://www.lefigaro.fr/social/2015/01/07/09010-20150107ARTFIG00158-pres-de-deux-salaries-sur-dix-sont-au-bord-du-burn-out.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Koulechov

« Comment développer vos ressources personnelles » – Francis Delvalle (2001)

 

Flou

 

 

Attentats à Paris : 13-14 novembre 2015

Obama attentats paris

Interview d’Obama : https://www.youtube.com/watch?v=cT3Ms1t6HNU

 

Tout d’abord, mes plus chaleureuses pensées vont vers les familles des victimes de ces attentats que je ne qualifierai pas.

L’objet de cette rapide infographie est de montrer que Barack Obama, malgré les évènements qui le touche, qui l’affecte, doit garder une posture digne d’un Chef d’Etat.

Son message verbal et non verbal sera repris par la planète entière, il se doit de montrer de la fermeté.

Ainsi, son visage se fait le vecteur de ce double message : « je suis affecté (mais je ne le montre pas), je me montre ferme (et je le dis) ».

 

Les signes du trouble de Barack Obama sont décelables par le nombre de clignements de paupières : 42 en une minute (126 clignements en 2 minutes 58 sec.), c’est près de 3 fois plus que la normale (15 par minute). L’émotion est donc bien présente.

Vous pouvez également observer l’œil droit plus petit que le gauche, ce qui traduit un stress négatif lié à la situation.

Le sillon nasogénien gauche est plus marqué que le droit, ce qui traduit l’émotion que lui inspire la situation.

Enfin, le coin extérieur gauche de sa bouche est descendant, traduisant ainsi sa tristesse qu’il doit « masquer ».

Cependant, son épaule droite est contractée et plus haute que la gauche, Barack Obama doit assumer son rôle de Chef d’Etat et afficher un contrôle qui se veut rassurant.

Mais pourquoi est-il si MECHANT ???

Freud a démontré que le manque d’amour, de contacts sociaux prédisposent à l’agression et la facilitent. A contrario, une éducation permissive engendre des névropathes à l’âge adulte suite à une intégration sociale rendue compliquée. Comment l’enfant qui n’a jamais eu de limite imposée par ses parents, peut-il trouver sa place face à d’autres enfants moins indulgents ? (Konrad Lorenz « l’agression »)

Nous ne sommes pas EGAUX et nous n’avons pas la même chance de devenir des citoyens IDEAUX.

L’ « agression » (avec ses différents curseurs) est un moyen naturel qui permet de rétablir les équilibres dans un groupe (de même espèce ou non). Physiologiquement, lorsqu’un comportement instinctif n’est pas assouvi/comblé/contenté/rassasié pendant une période significative, le seuil de stimuli qui le déclenche s’abaisse. Ce qui veut dire que le corps se trouve à l’affût d’un moindre signe pouvant donner l’espoir que cet instinct puisse être ENFIN assouvi (un peu comme le principe d’homéostasie). L’organisme est donc prédisposé à réagir et le fait de ne pouvoir « décompenser » face à cette frustration provoque de l’agitation et, comme un drogué en état de manque, le pousse à vouloir rechercher ce stimuli qui déclenchera la réaction libératrice (« conduite d’appétence » selon W. Craig).

L’agression intra espèce en fait partie, tout comme les abus sexuels, la drogue, la cigarette, l’alcool mais aussi la mélancolie, le manque affectif, la solitude, la violence familiale, la violence verbale… Tous ces comportements instinctifs ont un unique point commun : la FRUSTRATION.

En temps normal, il est d’usage de se libérer de ces pulsions par une quelconque activité : sportive, physique, intellectuelle, religieuse. Mais tout le monde ne dispose ni des moyens, ni des personnes, ni des situations qui permettent cette décompensation. C’est là, dans ce puit sombre et fantasmatique que s’entassent les strates nauséabondes de la frustration.

Konrad Lorenz précise que cet abaissement du seuil de perception de stimulus (du comportement instinctif non assouvi) est au plus bas lorsque la personne se trouve confiné dans un endroit avec d’autres personnes, en particulier des personnes qu’elle connaît. A fortiori, c’est aussi le cas avec son conjoint. Ces fameuses petites manies que l’on trouve « so cute » au départ d’une relation et tellement détestables après quelques années de vie commune. Cette façon particulière de rigoler, de se moucher, de se gratter la narine, les tics de langage (« petits », « j’ai envie de te dire »…).

Les prémices sont facilement et rapidement identifiables sur le corps grâce au langage non verbal, parce que le corps exprime nos pensées avant que notre cerveau en ait conscience. Cela passe par des micro démangeaisons, des micro expressions, des micro tractions (veste, manche), une façon de marcher, de serrer les mains, de regarder, de cligner ou non des yeux ou encore de se mordiller les lèvres ou les joues.

Apprendre quelques clés du langage non verbal permet de s’accorder un temps précieux d’anticipation qui fait la différence dans toutes les situations. Ainsi, c’est pouvoir répondre avec justesse à cette pré agression et éviter ainsi ce que Tinbergen appelle : « redirected activity », c’est-à-dire casser une table, se battre, casser une vitre, hurler, invectiver, se droguer, boire… Konrad Lorenz dit qu’une personne non raisonnable tuera plutôt son ami. Avant d’en arriver à une telle extrémité, bien trop fréquente (mass murder aux US, jeune fille de 17 ans poignardée à mort par son ex petit ami en France et j’en passe), il est vivement conseiller de communiquer, de META communiquer afin d’identifier les points de tension et y trouver une solution acceptable pour chacune des parties.

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Nous avons tous besoin de moments de solitude

Les expériences de l'éthologue John Calhoun sur le comportement social et la surpopulation chez les rats (1958) sont phénoménales. Comment le stress provoqué par la surpopulation influence les comportements entre individus et groupe d'individus constitués, mais également la chimie organique des individus stressés.

Toutes les phases de la vie sont touchées : séduction et activité sexuelle, la nidation, les soins aux petits, la territorialité et l'organisation sociale, les conséquences physiologiques...

Les résultats sont transposables aux habitants qui vivent dans des barres HLM ou dans des ghettos et font froid dans le dos dans le contexte actuel... si les urbanistes consultaient les éthologues, les villes seraient plus humaines c est certain !

Les expériences de Calhoun montrent que même le rat a besoin de moments de solitude. Les femelles au nid sont particulièrement vulnérables tout comme les petits....

La surpopulation détruit des fonctions sociales importantes, provoquant la désorganisation et l'effondrement démographique ou la crise de mortalité.

Certains rats stressés (crise cloacale) subirent de profondes altérations se traduisant par un sadisme endémique (moeurs sexuelles entre autres...), l'éducation des petits se fit dans le complet désordre. Le comportement social des males se dérégla au point d'aboutir à l'agression permanente, les hiérarchies sociales étaient devenues instables...

Tout l'équilibre repose sur la bonne gestion des distances chez l'homme, qui elles-mêmes sont très différentes d'une culture à l'autre.

Je perçois là, un lien tellement évident avec la Synergologie !

Sommes-nous faits pour vivre ensemble (cultures différentes) si aucun n'accepte de compromis ?

(ref : Edward T. Hall "La dimension cachee")

Fourest : 1, Caron : 0

L’étude de la communication humaine se subdivise en 3 domaines : la syntaxe, la sémantique, le pragmatisme.

-          La syntaxe recouvre la transmission de l’information grâce à des symboles,

-          La sémantique est le problème du sens. Chaque interlocuteur doit avoir les mêmes codes pour comprendre la signification des symboles,

-          Le pragmatisme de la communication est le comportement généré par les 2 premiers.

Ces 3 aspects, nous le voyons bien, sont interdépendants mais mon champ d’analyse reste la communication non verbale et les stratégies comportementales.

J’ai trouvé très intéressant d’analyser le clash entre Aymeric Caron et Caroline Fourest. Celle-ci a été  largement invitée dans diverses émissions pour vendre son livre, mais surtout pour expliquer ce clash.

 Que s’est-il passé de si extraordinaire? Mon intuition me dit de me méfier lorsqu’une personne qui, sous ses dehors bien sage, tout en retenu, occupe beaucoup de place dans le paysage médiatique.

Une fois n’est pas coutume, voici ma conclusion avant ma démonstration qui elle, ne sera pas exhaustive tant il y a d’items l’enrichissant.

Aymeric Caron a péché par orgueil et par manque de rigueur dans la préparation de son affrontement. Caroline Fourest a plus d’une fois débattue avec des invités nettement plus coriaces que lui. Sa stratégie de communication comportementale a réussi à rallier à elle le public, Laurent Ruquier et les téléspectateurs. Le match est donc largement remporté par C. Fourest sur la forme sans que le fond ne soit abordé.

Voici donc les items qui illustrent très largement mon propos…

5 sec. – les 2 protagonistes ont le buste penché vers l’avant, à gauche, dans l’hésitation donc ou plutôt dans l’envie d’argumenter mais de façon plutôt « molle ». Caroline Fourest cligne peut des paupières, elle n’intègre pas ce que dit Caron qui, d’ailleurs, se met à distance avec son sourcil gauche levé et ce durant toute l’entrevue. C. Fourest est critique, marquée par un axe de tête latéral gauche et rotatif droit.

18 sec. et 24 sec. – Si A. Caron est dans la spontanéité (mauvaise stratégie avec C. Fourest) avec sa main gauche active, F. Fourest est dans le contrôle avec sa main droite active. Elle gère bien ce type de situations pour y être habituée.

42 sec. – C. Fourest joint les 2 mains et tranche, elle se sent « au-dessus » de l’autre et le signifie inconsciemment par ce geste.

47 sec. – A. Caron a la lèvre supérieure gauche ascendante, les « lèvres de chien », ce qui traduit de la colère et il ressent inconsciemment le déséquilibre des forces, son buste part alors en arrière. Ce désir de « fuir » se traduit par la « goutte de malaise » à 59 sec. lorsqu’il boit une gorgée d’eau.

1 min. 07 – C. Fourest se recadre, se reconcentre, en replaçant une mèche derrière son oreille gauche. Elle reste néanmoins dans le contrôle et se dissocie du discours avec des gestes figuratifs.

1 min. 19 – A. Caron fixe beaucoup en bas à droite du regard pour construire son discours, il faut au moins ça face à une bête de ce type d’échanges qu’est C. Fourest, surtout lorsqu’elle se délecte des pics qu’elle lui adresse (langue de délectation à 1 min. 24. C’est encore de la colère, de l’agressivité que le visage d’A. Caron laisse transparaître à 1 min. 31 avec ses dents apparentes.

C’est aussi de l’hésitation qui fait sa faiblesse lorsqu’il se pince le nez à la recherche d’une citation du livre qu’il ne trouve pas, à 1 min. 40 et à 1 min. 49 il se fait stopper par les mains en avant de C. Fourest, paume face à lui.

2 min. 04 – à nouveau les « lèvres de chien » d’A. Caron… à certains moments, il faudrait savoir capituler… d’autant qu’à 2 min. 05, sachant que la mayonnaise tourne et que son sang chauffe, C. Fourest cherche (cela dure moins d’1 sec.) Laurent Ruquier du regard afin qu’il intervienne, en vain.

2 min. 07 – C. Fourest signifie de ses paumes à A. Caron qu’il faut arrêter et passer à autre chose. Ses doigts sont tendus, ce qui trahit un stress qui est renforcé par la lèvre supérieure qui découvre les dents du haut… colère et agressivité !

2 min. 22 – A. Caron aimerait quand même que ses propos tranchent lorsqu’il évoque « je défends une méthode de travail » en joignant les mains à l’horizontale. Ce à quoi C. Fourest riposte en rejetant ces propos, en les balayant des mains du centre vers l’extérieur, « je n’ai pas de leçon à recevoir de vous sur mes méthodes de travail ».

2 min. 42 – A. Caron gère son stress depuis le début comme il peut grâce à son stylo qu’il garde bien en mains. Mais C. Fourest est définitivement dépitée, coin extérieur droit et gauche de la bouche ascendant. Mâchoire crispée et muscles de la bouche très tendus à 3 min. 03.

Voici pour moi le moment clé de cet échange, le moment où A. Caron aurait pu prendre la main clairement et définitivement si tant est qu’il eut mieux préparé la joute.

3 min. 08 – « Est-ce que oui ou non vous avez été condamnée pour une chronique sur France Culture ? » fit-il avec le stylo en bouche et le buste en avant. A la réponse négative pleine de certitude de C. Fourest, le buste de A. Caron part en arrière.

3 min. 14 – L’axe de tête d’A. Caron trahit la circonspection (rotatif gauche et latéral droit) sur « non je n’ai jamais été condamnée pour diffamation, j’ai même gagné mon procès ». Yeux exorbités d’A. Caron, sourcils levés trahissant son étonnement.

C’est faux, C. Fourest a bien été condamnée en octobre 2014 pour diffamation et son appel n’a pas encore été jugé ! http://www.lexpress.fr/culture/tele/onpc-aymeric-caron-denonce-les-mensonges-de-caroline-fourest_1676656.html

S’ensuivent des items de peur et de colère sur le front d’A. Caron, C. Fourest reste calme, affichant même du dépit à 3 min. 35. Son vis-à-vis ne peut rivaliser, son buste part en arrière et à nouveau la « goutte de malaise » à 3 min. 37.

3 min. 54 – A. Caron cherche l’approbation de Laurent Ruquier, en vain. Il est même injurié à 4 min. 07 et doit temporiser face aux applaudissements du public. Il cherche à nouveau l’aide de Ruquier, en vain.

4 min. 19 – Fière d’elle, C. Fourest sort 2 langues de délectation (ralenti à vitesse de 0,32).

J’arrête le décompte des points ici, il reste 3 min. d’invectives qui viennent conforter la décision finale : Caroline Fourest : 1, Aymeric Caron : 0

Dans cet échange, C. Fouret a si bien adapté sa stratégie de communication comportementale, qu’à aucun moment elle n’a eu à apporter de réponse à la critique qu’A. Caron lui faisait, à savoir qu’elle utilisait des méthodes (je cite) « malhonnêtes ».

Encore une fois, le fond et la forme…

Voici le lien vers la vidéo sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=LWgNOIHWGYU

Savoir décrypter les stratégies de communication comportementales est essentiel pour conserver son objectivité, mais également pour pouvoir anticiper les propos et s’y adapter.  C’est une force indéniable dans le processus de recrutement en groupe, dans le cadre d’interrogatoire ou encore dans la  formation… mais également en développement personnel pour regagner une confiance en soi durable.

N’hésitez pas à me contacter pour une présentation des diverses solutions que peut vous apporter la discipline, pour les entreprises, les TPE mais également pour les particuliers.

 

Bachar El-Hassad interviewé par D. Pujadas : Décryptage

Bien loin de la polémique que suscite cette interview, son analyse relève pour moi d’un double objectif :

  1. Constater si Bachar El-Hassad est bien aussi inébranlable qu’on le dit,
  2. Constater si sa communication non verbale est cohérente avec sa langue de bois (corps de bois).

Bien loin de moi l’envie de mener cette analyse à charge ou à décharge, je procède à une analyse factuelle.

Au cours de cette interview, Bachar El-Hassad soutient que la France a armé la frange de syriens qui s’est levée contre lui. Ces membres de l’opposition modérée seraient aujourd’hui des terroristes du Groupe Etat Islamique. Ainsi, la France soutiendrait les terroristes contre lesquels le régime Syrien se bat. Cependant, le président syrien se dit ouvert à renouer le dialogue avec la France, entre autre.

2 sec – Le président syrien est assis en position neutre, droit, pieds à plats avec l’épaule gauche légèrement plus haute que la droite, ce qui traduit un stress de performance. Ce stress se confirme par les mains jointes, doigts tendus.

41 sec – « les terroristes se sont infiltrés en Syrie avec l’appui d’Etats Occidentaux (…) », et voici un mouvement de tête que Bachard El-Hassad fait très souvent au cours de l’interview : un déplacement de la tête vers l’extérieur droit, c’est-à-dire à l’opposé de son interlocuteur. C’est une mise à distance dans le but de « fuir ». C’est exactement le même mouvement que vous faites lorsque vous sentez une odeur qui vous répugne.

56 sec – là il faut que vous soyez très attentifs parce que le mouvement de lèvres à observer est fugace. Nous appelons ça la « lèvre de chien ». C’est la lèvre supérieure droite ou gauche qui se lève et qui traduit une agressivité renvoyant à soi (lèvre supérieure gauche), ou lié à l’autre (lèvre supérieure droite). En l’occurrence, ici il s’agit de la gauche et c’est cohérent dans la mesure où David Pujadas attaque bille en tête Bachar El-Hassad en lui assénant que pour les français, il est LE responsable de la situation en Syrie.

1 min. 13 – « (…) tuer ses concitoyens » est placé à gauche avec ses mains alors que « affronter les forces politiques les plus puissantes » est placé à droite. Ainsi, Bachar El-Hassad aime ses concitoyens, contrairement aux forces politiques étrangères.

Vous pouvez également remarquer les nombreux haussements du sourcil gauche, pour se mettre à distance des autres.

1 min. 41 – les talons se soulèvent très régulièrement, en rythme, et cela tout au long de l’interview. Au-delà d’une manifestation de stress, il s’agit également d’un désir de se situer au-dessus de l’autre. Vous pouvez également constater que les mains de Bachar El-Hassad vont de pairs… elles se déplacent en même temps, en rythme, dans le même sens.

Toute cette première partie confirme le corps de bois ainsi qu’une situation stressante pour le président syrien.

2 min. 21 – l’hémi visage gauche est bien plus expressif que le droit qui lui, est très figé. La partie gauche du visage est le reflet du « moi », par opposition à « l’extérieur », « les autres ».

3 min. 13 – à nouveau le visage qui part vers l’extérieur droit lorsque Bachar El-Hassad dit ne pas avoir favorisé l’émergence du Groupe Etat Islamique. Vous y ajoutez les mains qui se déplacent en rythme, le buste qui part en arrière sur la gauche trahissant une envie de fuir ainsi que des gestes figuratifs (aucune projection personnelle). Dans cette situation, comment moi je me comporterais ? Si David Pujadas me pointait du doigt publiquement et me disait que j’aidais les terroristes, je pense que mon buste se pencherait vers l’avant et mes gestes seraient plus saccadés… Force est de constater que Bachar n’est pas du tout à l’aise, déstabilisé peut être ? Pris la main dans le sac ? Sinon, pourquoi voudrait-il fuir ?

4 min. 11 – Lorsque Bachar dit que le gouvernement français favorise l’émergence des terroristes, son buste est à nouveau en position de fuite sur son siège.

6 min. 24 – pris au dépourvu par les 2 photos de Pujadas, le président syrien réagit spontanément avec sa main gauche. Cependant, il pose une question au journaliste qui lui permet de se reprendre (main droite active) puis d’interpeller vivement Pujadas en pointant 2 doigts « pistolets » vers lui.

7 min. 26 – toujours déstabilisé, Bachar El-Hassad est en position de fuite sur son siège, l’épaule gauche bien plus basse et en arrière par rapport à l’épaule droite.

11 min. 34 – « les terroristes » sont placés à droite, ce qui amène à penser qu’il ne les apprécie pas…

(Là il y aurait plein de question à lui poser à M El-Hassad !)

12 min. 07 – à propos des contacts entre les services de renseignements français et les syriens, le regard est dirigé vers le bas à droite à la recherche d’un vocable précis, mesuré dans un désir de traduire exactement sa pensée, avec l’objectif de séduire (le mot recherché est « coopération »).

14 min. 35 – « nous sommes prêts à tout dialogue » assène-t-il avec la main droite tendue vers Pujadas.

Cette envie de renouer avec le dialogue est confirmée lorsque David Pujadas lui dit : « vous n’êtes pas intéressé par un dialogue », et Bachar El-Hassad l’arrête de sa main gauche, paume dirigée vers lui.

Globalement, Bachar El-Hassad a fait preuve d’une écoute attentive sans se laisser toutefois aller. S’il peut donner le change en paraissant contrôler la situation, son corps trahit un sentiment de stress, de malaise. Cependant, le président syrien manifeste une envie de renouer le dialogue avec la France, mais en défendant fermement sa position.  

 

Voici le lien vers la vidéo : www.youtube.com/watch?v=eCpaiBTcpnE

Pour de plus amples informations sur le corps de bois, vous pouvez vous rendre sur le site très intéressant d’Elodie Milczarek, sémiologue et synergologue : www.corpsdebois.com

Mais pourquoi se gratte-t-il la gorge ?

Rappel de l'épisode précédent : "voici maintenant un rapide exercice de réflexion qui vous est destiné : vous êtes au travail, vous avez en face de vous une personne assise dans son fauteuil, le dos très en arrière et la main gauche qui vient sur sa gorge pour gratouiller sa glotte. Comment l’interprétez-vous ?"

Le choix de la main est important. C’est l’expression de la manière dont nous nous situons par rapport à l’information que nous recevons. Rappelons rapidement que la main gauche exprime la spontanéité, la droite le contrôle.

Quel que soit le contexte, cette situation est vécue comme stressante pour votre interlocuteur. Son sang irrigue mal sa gorge pour se concentrer sur ses membres inférieurs, en cas de nécessité de fuite. Votre vis-à-vis se sent agressé (au figuré) sans pouvoir réagir. La main sur la gorge va avoir un effet déstressant, apaisant et va rétablir son équilibre physiologique (principe d’homéostasie).

De plus, étant en interaction avec vous, c’est bien ce que vous lui renvoyez qui le stresse : image de vous, image de lui, message que vous véhiculez, lui par rapport à vous ou à votre demande…

Enfin, face à cette situation stressante, son corps va vouloir fuir. Son ego, son torse recule sur le dossier du siège, plutôt vers sa gauche, et signifie qu’il se met en retrait de la communication. Pour retrouver une communication fluide et apaisée, vous devez tempérer vos propos et rassurer la personne grâce à un vocabulaire positif (normalement, il devrait se détendre).

La ou les questions à se poser par la suite sont : quelle était la cause de cet état ? Moi ? Ma demande ? Pensait-il à autre chose qui le préoccupait ? L’objet de ma demande nécessitait-il des compétences qu’il ne maîtrise pas ? Est-ce que la personne a pris toute la mesure de son poste pour réagir ainsi ? Devrais-je solliciter une personne différente la prochaine fois ? Comment puis-je l’aider à mon niveau ?

Je ne suis pas certain que vous puissiez ni poser toutes ces questions, ni y trouver des réponses, mais soyez attentif et gardez-les en tête si la situation devait se répéter.