Interrogatoire de Thomas Cogdell, 12 ans

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7/08/2006 à Camden – Arkansas – USA 

Le corps de Keily 11 ans est retrouvé sans vie chez elle, un sac plastique sur la tête alors qu’étaient présents sa mère et son frère. Pour les détectives, personne n’a pu entrer pour tuer la fillette. Le meurtrier est donc son frère Thomas, 12 ans, car quand la police arrive sur les lieux, il est calme alors que sa mère, Melody, est hystérique. Sous la pression policière, Thomas avoue et est incarcéré. 2 ans plus tard, la Cour Suprême casse le jugement au vu dont l’interrogatoire s’est déroulé.

Comment les policiers ont pu être aussi aveugles face à la communication non verbale de Thomas ?

Vidéo #1 issue du reportage de O. Pighetti, F. Kaufinger et A. Tenowich pour ©Piments Pourpres Production

On devine aisément les sourcils de la tristesse en forme de vagues, pas de tension dans son corps, ni sur la bouche. A 11 sec. lorsque le policier entre et lui sert la main, la tête du garçon fait un léger mouvement de recul. Ce mouvement confirme la peur que lui inspire la police, l’autorité en tant qu’institution. Thomas saisi un à un chaque doigts de sa main droite, puis de sa main gauche. Le corps traduit alors le fort stress de la situation. Et qui ne le serait pas à sa place ? Sa tête est penchée sur sa gauche, le garçon est donc dans le lien avec le policier, il n’est pas en contrôle de lui-même comme nous pourrions le penser s’il eut été le meurtrier.

Vidéo #2 

Sa spontanéité est confirmée par le fait que sa main gauche se pose sur sa main droite, toujours sans tension. A 27 sec. lorsque le policier lui demande « qui peut être le meurtrier à part lui, si ce n’est pas sa mère », le garçon lui répond que ce n’est pas lui, tout en faisant le signe « non » de la tête (il commence le mouvement par sa gauche). C’est un « non » sincère. A 34 sec. lorsque le policier lui repose la question, Thomas lui répond de la même manière et son mouvement de tête est plus appuyé encore. A 49 sec. le policier lui demande d’avouer pour qu’il se sente mieux. Le garçon porte alors sa main gauche à son front, toujours la tête penchée sur sa gauche, ne sachant pas comment traduire plus fermement et avec des mots son innocence. Sa main droite va en direction du détective, paume perpendiculaire au sol, recherchant le lien avec son vis-à-vis. Bis repetita placent à 53 sec et 56 sec. mais le détective n’a toujours pas ouvert les yeux.

Au vu de cette vidéo, il est donc primordial de rechercher la vérité et non le mensonge. Un bon questionnement, simple et factuel, aurait permis à ce détective d’éviter 2 ans de prison à ce garçon…

meurtrier interrogatoire

Commentaires (3)

Laurence
  • 1. Laurence | 16/11/2014
Merci beaucoup pour cette réponse détaillée et enrichissante.
Je comprends ce que vous dites lorsque vous abordez le stress ressenti par cet enfant. C'est très logique.
Mais en regardant de nouveau ces vidéos j'ai l'impression ( ça n'engage que moi ) que Thomas sait quelque chose. Pour les items j'ai du mal à expliquer ce ressenti mais c'est peut-être la torsion des doigts et principalement de l'annulaire qui m'amène à penser ça.
Difficile à dire pour quelqu'un qui n'est pas professionnel, surtout sur un enfant si jeune. Ce qui est sûr c'est que l'interrogatoire est horrible et en dehors de toute légalité. Il aurait été intéressant de voir l audition de la mère de Thomas dans le reportage d'envoyé spécial malheureusement c'est introuvable :-(

Merci encore de votre réponse et bon week-end à vous.
frantz-bagoe
  • 2. frantz-bagoe (site web) | 15/11/2014
Bonsoir Laurence,
vous avez entièrement raison, Thomas Cogdell dit "non" en faisant "oui" de la tête. Comment l'expliquer ? Il s'agit d'un hiatus de communication où le corps et l'esprit ne sont pas en accord. Thomas Cogdell réalise un "faux-oui", je m'explique : dans le contexte, Thomas est extrêmement stressé, apeuré et très sensible à la figure d'autorité que représente le policier. Viscéralement, son corps "sait" qu'il n'a rien fait, mais contextuellement Thomas doit "obéir" à l'autorité, ce qui se traduit dans ce lapsus de communication. Si vous regardez la séquence au ralenti, vous observerez que le mouvement s'initie vers le haut puis vers le bas alors que si Thomas avait pensé "oui" et VOULU dire "oui", son mouvement aurait été initié vers le bas PUIS vers le haut. Je vous invite à faire le test avec un proche ou un enfant, posez-lui une question fermée dont vous connaissez la réponse du type : "Est-ce que tu fumes ?" Un vrai "oui" commence donc par le bas puis vers le haut, un vrai "non" commence vers la gauche puis vers la droite. Posez-lui la même question 3 fois, vous verrez que l'amplitude augmente et que l'observation se fait plus facilement.
J'espère avoir répondu à votre question, pour information, je prépare un article sur les doigts de la main (et je remercie chaleureusement Yann pour son mémoire).
Laurence
  • 3. Laurence | 15/11/2014
Bonjour,

Merci pour cet article très instructif sur cette sombre histoire dont finalement aucun meurtrier n' été arrêté.

Toutefois je m'interroge sur un point: dans la seconde vidéo à la 31ème seconde le policier dit "si c'est toi qui l'a tuée" et là il me semble voir un lapsus non verbal?? Thomas répond "Non" en faisant oui de la tête... comment peut on expliquer ça?

Merci à vous pour vos articles et à bientôt.
Laurence

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