Articles de frantz-bagoe

Le port du masque et la lecture des émotions

Par Le 11/08/2022

Le port de masques faciaux a été l'un des moyens essentiels pour prévenir la transmission du COVID. Il est évident que ça a affecté nos interactions sociales que ce soit dans le cercle privé, public et professionnel. Tout comme il a affecté les enfants qui ont eu du mal à lire les émotions sur le visage de leurs parents.

Nos visages fournissent des informations clés de notre identité, des informations socialement importantes comme la fiabilité, l'attractivité, l'âge et le sexe, des informations qui soutiennent la compréhension du discours, ainsi que des informations détaillées qui permettent de lire l'état émotionnel de l'autre via l'analyse de l'expression. La qualification des émotions par la lecture des expressions faciales est prépondérante pour pouvoir ajuster sa communication. C’est particulièrement vrai en entretien de recrutement en face à face, pire en visio, tout comme c’était le cas en réunion d’équipe où chacun doit redoubler d’attention et de concentration afin de ne pas faire de mauvaises interprétations. 

 

Des chercheurs de l’Université de Bamberg (Allemagne) ont mené une expérience pour tester l'impact des masques faciaux sur la lisibilité des émotions. Les participants (N=41, calculé par un test de puissance a priori ; échantillon aléatoire ; personnes en bonne santé d'âges différents, 18-87 ans) ont évalué les expressions émotionnelles affichées par 12 visages différents. Chaque visage a été présenté au hasard avec six expressions différentes (en colère, dégoûté, craintif, heureux, neutre et triste) tout en étant entièrement visible ou partiellement couvert par un masque facial. Les résultats ont fait ressortir une précision moindre et une confiance moindre dans sa propre évaluation des émotions affichées. 

 

La  lecture émotionnelle était rendue très compliquée à cause de la présence du  masque. Les chercheurs ont en outre identifié des schémas de confusion spécifiques, principalement dans le cas de l’expression du dégoût, de la colère, de la tristesse à l’exception des visages craintifs ou neutres.

 

Déjà que nous ne sommes pas forcément très bons pour qualifier correctement les émotions…

 

“En ce qui concerne l'analyse de l'expression, différentes études ont montré que nous sommes loin d'être parfaits dans l'évaluation de l'état émotionnel de notre vis-à-vis. C'est particulièrement le cas lorsque nous nous appuyons uniquement sur des informations faciales pures sans connaître le contexte d'une scène. Un autre facteur qui diminue notre performance à lire correctement les émotions des visages est la vue statique sur les visages sans aucune information sur la progression dynamique de l'expression vue ou une occlusion partielle du visage.”

 

Mais alors quelles actions compensatoires peuvent maintenir l'interaction sociale efficace (par exemple, le langage corporel, les gestes et la communication verbale), même lorsque les informations visuelles pertinentes sont considérablement réduites ?

 

C’est oublier un peu vite que nous disposons d’autres options tout à fait efficaces, comme observer le langage corporel… la personne a-t-elle recours inconsciemment à des micro démangeaisons, sur quelle zone ? La posture, les épaules sont-elles voûtées, tombantes, l’une plus haute que l’autre ? Le ton de la voix, l’inclinaison de la tête, vers la droite qui trahirait une certaine rigidité dans l’écoute, vers la gauche qui indiquerait une certaine confiance ? La gestuelle des mains qui accompagne le discours est-elle ample, contenue au niveau du tronc, inexistante, rigide, souple ? Est-ce que les mains tiennent un stylo, sont-elles posées sur la table, se raccrochent-elles à la table ?

 

Tous ces marqueurs gestuels (mi)-conscients permettent de qualifier l’état émotionnel de la personne. Votre expérience et la connaissance du contexte viendront valider votre analyse.  



Visage masque

Frontiers | Wearing Face Masks Strongly Confuses Counterparts in Reading Emotions (frontiersin.org)

Bruce, V., and Young, A. (1986). Understanding face recognition. Br. J. Psychol. 77, 305–327. doi: 10.1111/j.2044-8295.1986.tb02199.x

Derntl, B., Seidel, E. M., Kainz, E., and Carbon, C. C. (2009). Recognition of emotional expressions is affected by inversion and presentation time. Perception 38, 1849–1862. doi: 10.1068/P6448

Aviezer, H., Hassin, R. R., Ryan, J., Grady, C., Susskind, J., Anderson, A., et al. (2008). Angry, disgusted, or afraid? Studies on the malleability of emotion perception. Psychol. Sci. 19, 724–732. doi: 10.1111/j.1467-9280.2008.02148.x

Bassili, J. N. (1979). Emotion recognition: the role of facial movement and the relative importance of upper and lower areas of the face. J. Pers. Soc. Psychol. 37, 2049–2058. doi: 10.1037/0022-3514.37.11.2049

Blais, C., Roy, C., Fiset, D., Arguin, M., and Gosselin, F. (2012). The eyes are not the window to basic emotions. Neuropsychologia 50, 2830–2838. doi: 10.1016/j.neuropsychologia.2012.08.010

Blais, C., Fiset, D., Roy, C., Saumure Régimbald, C., and Gosselin, F. (2017). Eye fixation patterns for categorizing static and dynamic facial expressions. Emotion 17, 1107–1119. doi: 10.1037/emo0000283

Do Masks Impair Children's Social and Emotional Development? | Psychology Today

 

Pourquoi les femmes sont-elles sous-représentées dans les actes de violence ?

Par Le 08/08/2022

Sur toutes les images échangées sur les réseaux sociaux, la télévision, les médias en général, un grand nombre concerne des actes de violences. Pas un jour sans une attaque au couteau, attaque en bande organisée, attaque d’un individu contre un autre, manifestation qui dégénère… à y regarder de plus près, ce sont majoritairement des hommes qui sont impliqués, peu voire pas de femme.

Alors pourquoi les femmes sont-elles sous-représentées dans des actes de violence ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de se pencher sur nos cousins les chimpanzés, les singes araignées et les bonobos. 

Globalement, nous apprenons que ces attaques sont toujours perpétrées contre des personnes vulnérables. Si si, un cordon de CRS en statique avec pour ordre de ne pas charger peut être considéré comme vulnérable. Seulement, pour nos cousins les singes, la motivation n’est pas d’ordre idéologique mais plutôt une compétition sexuelle ou intraspécifique de dominance. Il s’agit plutôt d’explorer d’autres territoires en quête de nourriture ou d’aller tester sa capacité de combattant  contre des étrangers - tout comme le font un grand nombre de mineurs étrangers qui sont tout sauf mineurs ou encore les zonards de certaines cités.

Exactement comme nos cousins les singes donc, ces raids violents apparaissent très préparés, très coordonnés avec une stratégie qui semble avoir été réfléchie au préalable. Le parallèle peut se poursuivre dans la mesure où nous vivons tous socialement de la même façon, avec la même organisation en groupes sociaux qui constituent de plus grands groupes. Cette organisation permet à plusieurs mâles de groupes différents de faire campagne ensemble contre un autre groupe de congénères.

Très rarement des femmes se joignent à eux. En France, le taux de féminisation est de 11,2% pour l’armée de Terre, 15,8% pour la Marine, 23,2% pour l’Air et l’Espace et 19% pour la gendarmerie (selon le Rapport Social Unique, 2021). En 2016, elles représentaient 8% de tous les Marines enrôlés actifs (selon Wikipédia), l’armée russe 6,5% en 2016 (selon OPEX360). Ces données ne rapportent pas le taux de femmes qui prennent part directement aux combats. Pour les espèces dont les parents investissent dans leur progéniture, celui qui y contribue le plus sera celui qui aurait le plus à perdre s’il devait se blesser ou mourir lors d’un de ces raids (stratégies r et K). Et bingo, ce rôle tenu dans l’investissement parental, dans le but de transmission des gènes et du microbiome, c’est la femelle qui s’y colle ! Et pour couronner le tout, ces raids violents arrivent après une longue période d’inactivité sexuelle. Il ne faut surtout pas minimiser le rôle fort des femmes dans le maintien de l’ordre social, chez les bonobos, elles sont même co-dominantes. Les femelles ont le statut social le plus élevé du groupe grâce à l’association et la coalition entre femelles. Ce sont les femelles qui initient les interactions sexuelles, les bonobos ne montrent rien de comparable à la forte dominance avec soumission imposée par la violence qui caractérise les chimpanzés (et certains mâles humains ?). 

Le paradoxe norvérgien ! Selon P. Gouillou, “Harald Eia avait réalisé un superbe documentaire pour présenter les différentes approches pour expliquer pourquoi plus d’égalité (en droit) des sexes entraîne plus de différences sexuelles en comportement. (...) Au travers de l’interview de nombreux chercheurs connus, (il) avait montré qu’on y retrouve le résultat d’une interaction entre le biologique et le culturel : quand chaque sexe est socialement plus libre de faire ce qu’il lui plaît, il aura plus tendance à s’orienter vers ce qui correspond à son orientation biologique”. 

 

Evo

Sources :

Latest news from the bonobos: Pan paniscus myths and realities (openedition.org)

Les stéréotypes de genre peuvent expliquer le paradoxe de l’égalité des sexes | CNRS

(PDF) Raiding parties of male spider monkeys: Insights into human warfare? (researchgate.net)

Edward O. Wilson, “la sociobiologie”

 

Familicide : le cas David Bain

Par Le 08/07/2022

L’histoire se passe à Dunedin, en Nouvelle Zélande. Lundi 20 juin 1994, David Bain, 22 ans, appelle la police pour signaler que toute sa famille a été tuée. Son père, sa mère, ses 2 sœurs et son frère.

C’est avec le fusil - muni d’un silencieux - de David que son père a été retrouvé mort. Il se serait tiré une balle dans la tête après avoir exécuté sa femme et ses 3 enfants. Le message suivant a été retrouvé écrit sur l’ordinateur de la famille, à l’attention de son fils David : “désolé, toi seul méritait de rester.”

Selon l’enquête, le couple battait sévèrement de l’aile. La mère, ancienne prof de musique,  était sans emploi, narcissique et versait dans l’occultisme pour lequel elle faisait du prosélytisme aussi bien à ses enfants qu’à ses amies. Le père était enseignant et Directeur d’école élémentaire, dépressif et incestueux avec sa fille Laniet. 

David, quant à lui, est décrit comme un jeune homme timide, renfermé, sans ami mais aussi très contrôlant. 

Après être partie s’installer en Papouasie pendant des années, la famille est retournée vivre à Dunedin dans leur vaste maison délabrée, dans le jardin de laquelle se trouve une caravane. A tour de rôle, pour ne pas se croiser, le père et la mère s’y réfugient alternativement. 

Les enfants n’ont pas été scolarisés. La mère faisait l’école à la maison mais le niveau  des enfants était tellement catastrophique qu’ils ont dû être scolarisés urgemment. Mais pour David, 9 ans, il était déjà trop tard. Il fut la risée des autres, et il avait développé une personnalité complexe. Analphabète de surcroît, il avait adhéré aux croyances de sa mère et il était d’une capacité intellectuelle limitée. C’est certainement celui qui avait le plus besoin de sa mère, de son soutien et de tout son amour. Sauf que les parents se montrèrent incapables d’élever leurs enfants. Pour autant, David n’avait pas de maladie mentale. 

Lorsque David est rentré de sa tournée de livraison de journaux, il a trouvé son père allongé face contre terre avec un fusil près de lui. Tout semble faire croire à un suicide. Mais selon le rapport balistique, l’angle de tir et la longueur seraient incompatibles avec un suicide. 

Le père est dès lors mis hors de cause et c’est donc David, seul rescapé de la famille, qui va être arrêté, inculpé et incarcéré à perpétuité. Il a contre lui 20 minutes de temps manquant entre le moment où il découvre le massacre et le moment où il prévient la police. Ses justifications ne sont pas convaincantes, un verre de ses lunettes est retrouvé dans la pièce où son frère est mort, enfin, son visage est tuméfié et ses mains portent les stigmates d’une lutte, tout comme son frère qui semble s’être battu avant de mourir.

L’affaire va connaître un tournant lorsqu’un ancien rugbyman reconverti en homme d’affaires va saisir le Privy Council de Nouvelle Zélande pour demander la révision du procès. Suite à cette nouvelle enquête et plusieurs témoignages, la défense va réussir à immiscer le doute de la culpabilité de David Bain. Il sera finalement déclaré non coupable.

A ce jour, 2 théories s’opposent. La première est que le père serait le meurtrier parce que suite à sa dépression sévère, il aurait perdu tout contact avec la réalité et aurait eu de plus en plus un comportement désorganisé. De plus, il avait publié dans le bulletin de l’école des histoires graphiques inapropriées de violences et de meurtres commis par ses élèves de 9 ans, dont l’une racontait le meurtre de toute une famille. Enfin, la famille était chrétienne et le père était incestueux. Sa fille avait commencé à en parler à la communauté. La seconde est le fils David pour lequel le mobile n’a pas été établi. 

Lorsqu’un foyer n’est pas équilibré, conflictuel voire malsain, que la nature des relations entre les membres du foyer est perverse, que la mère est insécure et que le père ne joue pas son rôle pour poser les limites, alors l’enfant qui est le plus fragile émotionnellement, qui ne trouve pas d’autres figures structurantes, n’aura aucune capacité de résilience. Cependant, si l’enfant s'investit émotionnellement dans une activité qui le passionne, alors il y aura résilience et donc pas de motif de céder à la violence, hormis si un élément extérieur viendrait lui faire revivre un acte traumatique, ce qui serait un élément déclencheur. En situation de stress aigu, un élément extérieur agira telle une étincelle et mettra le feu aux poudres. 

Il ne faut pas perdre de vue que David n’a aucun mobile établi, que le verre de lunette retrouvé dans la chambre de son frère était couvert de poussière et que les 2 seuls éléments à charge sont les 20 minutes “perdues” et son visage et ses mains qui portent les traces d’une lutte. 

Ce que les statistiques nous apprennent, c’est que les “familicides” sont un crime hautement sexiste et que dans 95% des cas, c’est le père qui le commet, le fils dans seulement 1% des cas. Appeler un acte de violence sexiste ne revient pas simplement à suggérer qu’il s’agit de violence masculine à l’égard des femmes, même si c’est souvent le cas. C’est la violence qui est motivée de manière centrale par les dimensions sociales et structurelles du genre.

Dans les 1% des cas où le fils est le meurtrier, il s’avère qu’il a toujours été soit maltraité, soit il souffrait de troubles mentaux graves. 

Un des facteurs clé des familicides est le fait que le partenaire quitte ou communique son intention de quitter l’autre. Le passage à l’acte n’est pas toujours précédé de violences ni même que des violences aient déjà été commises. Le désir et le sentiment d’avoir à contrôler les finances et l’unité familiale est un dénominateur commun. Le passage à l’acte intervient lors d’une perte de contrôle en spirale sur ces thèmes, en particulier par le “chef de famille”. Dès lors que celui-ci ne peut plus exercer son “sur-contrôle” (sur la façon de s’habiller, sur les relations sociales, sur les finances, sur la communication, and so on…), le passage à l’acte est probable. 

Il existe des signes avant-coureur de familicide-suicide après séparation, cependant, ils ne sont pas reconnus ni par la victime, ni par le cercle proche des relations : antécédents de violences infantiles, niveau et dysqualité d’attachements des adultes, niveau de narcissisme.

Il existe a priori 2 types de meurtriers “familicide” : celui pour lequel le passage à l’acte est un acte de vengeance, une punition et celui pour lequel il s’agit d’un acte désespéré, un acte de libération pour sa famille et lui, soit un homicide-suicide altruiste.

Ces derniers représentent entre 0,20 et 0,30 pour 100 000 habitants. Dans la plupart des cas, l’auteur est un homme (85% à 90% des cas), plus âgé que ses victimes, des éléments dépressifs et paranoïaques sont souvent présents et le moyen utilisé est une arme à feu (88% des cas, 1983 N. H. Allen). Le lieu du passage à l’acte se trouve le plus souvent être le domicile de la victime ou de l’auteur et dans la chambre.

Voilà, je pose ça là, je n’arrive pas à la même conclusion que McSkyz, je vous laisse à votre réflexion…


David bain 2

 

Liens pour aller plus loin :

(1) 22 ANS et ACCUSÉ du SORDIDE MASSACRE de sa FAMILLE : Le cas David Bain (#HVF) - YouTube

A case that divides the nation (stuff.co.nz)

David Bain | … the real story (davidbaindonate.nz)

(1) Bain Family Murders | Was David Bain Innocent? - YouTube

David-Bain-appendices-tabs-A-to-E.pdf (justice.govt.nz)

Familicide Suicide | PDF | Attachment Theory | Domestic Violence (scribd.com)

Documents | David Bain (davidbaindonate.nz)

N¡12-Chocard* (senon-online.com)

 

Pourquoi je mens ?

Par Le 23/06/2022

Sherri papini

 

 

Le 24 novembre 2016, dans la nuit, Sherri Papini est retrouvée au bord d’une route de Californie. Cette jeune femme est portée disparue depuis plus de 20 jours. Nez cassé, cheveux coupés, marquée par des brûlures, portant une camisole de force. Sherri Papini dit avoir été enfermée dans un placard durant tout ce temps et battue quotidiennement par deux femmes de type sud américain. 

On est à Redding, Californie, USA.

Au cours de l’enquête, des doutes apparaissent dans le récit de la jeune femme. Mère de famille, mariée, deux enfants, elle part faire un jogging le 2 novembre et disparaît. Son mari, parti à sa recherche, ne retrouve que son téléphone avec ses oreillettes, des cheveux posés à côté. 

Les enquêteurs ont l’intime conviction qu’il s’agit d’une mise en scène. 

Une cagnotte en ligne est ouverte pour aider à trouver une piste qui permettrait de mener jusqu’à la jeune femme. Un site internet est ouvert et 24h après sa fermeture, Sherri Papini réapparaît. Elle ne donnera pas l’ombre d’une explication ce qui augmentera la suspicion. 

Internet est un outil puissant et il existe une grande communauté d’internautes qui savent en tirer partie pour creuser, pour enquêter bien plus rapidement que les autorités. 

Certains éléments vont desservir la jeune femme comme le fait que statistiquement, les enlèvements réalisés par des femmes sont rarissimes. On apprend que la mère de Sherri a décrit sa fille, lors d’un appel passé aux autorités en 2003, comme une mythomane qui a besoin d’être hospitalisée. A l’époque, elle se mutilait pour faire chanter sa mère. 

En 2017, une nouvelle analyse ADN sur ses vêtements portées lors de l’enlèvement révèle un profil masculin, qui  s’avèrera être le complice de Sherri Papini. 

Le scénario machiavélique est avoué par la jeune femme, ses blessures elle se les ait infligées avec son complice... Son procès se tiendra cet été. 

Après investigation auprès d’un expert psychiatrique - Dr Ian Lamoureux - Sherri Papini s’avère souffrir d’un désordre de la personnalité narcissique.

Pourquoi inventer des mensonges aussi énormes ? Le mensonge est un signe de détresse qu’envoie le menteur à celui qu’il veut berner. Mais pour quelles raisons ? 

Le mensonge participe à l’organisation psychologique de l’enfant, ça le structure et il contribue (c’est contre intuitif) à faire le lien entre l’enfant et l’autre. Selon Winnicott, les enfants qui s’attendent à être persécutés tentent de résoudre leur problème par un mensonge subtil consistant à se plaindre sans que cette plainte soit l’objectif réel. 

Lorsque l’enfant n’a pas pleinement profité du stade transitionnel, c’est-à-dire qu’il n’a pas su construire efficacement un espace psychique entre le dedans et le dehors. Cet espace transitionnel est là pour rappeler à l’enfant que la personne qui prend soin de lui est près de lui, quelque part, et ça le rassure. Ça fonctionne très bien avec le fameux ours en peluche, le doudou…

Sans cet espace transitionnel efficient, l’enfant conçoit le mensonge comme un facteur d’espoir. En mentant, il oblige l’environnement à le prendre en main pour le rassurer, lui montrer tout l’amour qu’il en attend, dont il a besoin impérieusement. Le mensonge a pour objectif de reconstruire l’aire transitionnelle. Le fait que l’autre tombe dans le panneau va créer le lien narcissique réparateur, ça va rassurer l’enfant menteur (ou l’adulte).

En réalité, c’est un jeu très enfantin comme Winnicott le décrit. C’est la nécessité paradoxale de se cacher pour être trouvé. 

La question qui reste en suspens pour ma part est : quelle enfance Sherri Papini a-t-elle eue ?

 

Macron vraiment méprisant ?

Par Le 24/04/2022

“Posture familière, (...) surprenante, très sage du bon élève, (...) son attitude révèle un certain mépris pour la candidate, (...) cette position se mue en celle d’un professeur, (...) l’index sur sa bouche intime l’ordre de se taire, (...) désinvolture” sont autant de qualificatifs qui teintent, qui confèrent à l’analyse de la gestuelle d’Emmanuel Macron une certaine subjectivité.

Les quelques analyses que j’ai lues et entendues à propos de la gestuelle d’Emmanuel Macron, suite à son débat face à Marine Le Pen, m’interpellent. Soit elles sont très évasives, dans le ressenti, soit elles vont dans le sens du ressenti commun et retranscrites par les médias c’est-à-dire qu’Emmanuel Macron affichait une attitude méprisante. Mais c’est omettre un peu facilement le contexte, le profil et l’histoire de chacun. Il est nécessaire de qualifier les gestes avec des mots suffisamment précis et neutres pour ne pas céder au ressenti.

Dans ce que j’ai vu durant les trois heures de débat et en tenant compte du contexte… Emmanuel Macron a de l’expérience dans l’exercice du pouvoir. Il a du gérer la crise des gilets jaunes, le COVID, la guerre en Ukraine. Il connaît donc très bien les rouages et la technicité de son statut, que ce soit au niveau national qu’à l’international. Qu’il ait été très précis et très technique dans ses propos ne peut être qu’une évidence. Emmanuel Macron a un profil de dominant, analytique, pragmatique. Il a largement démontré qu’il aimait les échanges avec des personnes partageant ses opinions mais également ceux qui viennent l’interpeller de façon plus âpre. C’est un lettré, il connaît très bien l’économie, il aime expliquer, démontrer, convaincre. Il a été l’ami et l’assistant de Paul Ricoeur (!) ce qui lui donne une assise intellectuelle qui n’est pas à omettre.

Marine Le Pen quant à elle vient avec toute la charge psychologique qu’à imprimé son précédent débat avec Emmanuel Macron. Elle a envie de plaire, elle a un profil plus politique, elle est influente, démonstrative, instinctive, expansive mais elle est aussi la fille de Jean-Marie Le Pen… une personne dominante, imposante, envahissante, impulsive, égotique avec laquelle Marine Le Pen a dû se construire. Il est évident qu’elle ne possède pas les mêmes connaissances opérationnelles qu’Emmanuel Macron. Donc il est aussi normal qu’elle fut plus hésitante, plus approximative.

Durant le débat, le retrait du buste d’Emmanuel Macron avec les bras croisés et les gestes d’auto-contacts ont été largement commentés et phantasmés alors qu’ils participaient à une gestuelle analytique. Il écoutait et analysait les propos de Marine Le Pen et avancait à nouveau son buste pour contre-argumenter. 

Je rejoins l’analyse d’Elodie Mielczarek (cf interview d’Apolline de Malherbe) pour qui, Marine Le Pen était comme prostrée face au danger, incapable de réagir. Elle avait une gestuelle de stress de fuite, bougeant beaucoup sur sa chaise, coupant la parole avec une voix montant dans les aigus. Elle a subi à la fois au niveau de la posture mais également dans la syntaxe de ses phrases. 

L’arrogance est brandie en accusation devant l’impossibilité de réfuter des arguments difficilement opposables par la raison. Il y a un glissement sémantique de la réflexion vers l’émotion. Le contexte et l’histoire de chacun sont des éléments sur lesquels il faut compter et à ne surtout pas oublier tant ils sont la base d’une interprétation plus froide et plus juste.

 

Lepen macron 2
Crédits : Charles Platiau, Julien de Rosa - AFP

Pourquoi favoriser l'intention dans les actes ?

Par Le 17/04/2022

Vouloir c'est décider en raison, se mouvoir physiquement et consentir moralement.

L'intentionnalité c'est penser à une chose, à un objet, dans son entièreté et à l'ensemble des sensations/images qu'elle suscite en nous et surtout, tout en étant conscient de ce processus (phénoménologie selon Husserl).

Mettre de l’intention dans ses actes c’est s’investir dans ceux-ci, c’est être volontaire, c’est montrer aux autres qu’on se donne les moyens de faire, c’est être dans l’action, c’est être actif.

Décryptons ce mécanisme psychologique. Vous manifestez une volonté de réaliser un acte, une action, un mouvement. Le cerveau crée une intention préalable pour la traduire en intention motrice ensuite. Pour cela, il crée une copie neuronale de l’intention qu’on appelle une “copie d’efférence”. Sur cette base, il anticipe les résultats de l’action souhaitée avant même que les muscles ne se mettent en mouvement. C’est exactement ce que font les élites des groupes d’interventions de la gendarmerie, du raid, des pilotes d’avion ou de voiture. Ils mentalisent l’action avant la mise en place.

La “copie d'efférence” remplit trois rôles indissociables : d'abord, elle permet à l’agent d’une action de corriger son mouvement en cours s’il constate la moindre erreur. Ensuite, elle est la source du sentiment dit d’”agentivité” qu’éprouve l’agent d’être l’acteur des mouvements qui composent son action. Enfin, grâce à la copie d’efférence de son intention motrice d’agir, un agent, à la différence d’un observateur de l’action, peut prévoir les conséquences sensorielles de son acte (Pierre Jacob).

Lorsque l’acte est réalisé de façon involontaire, le cerveau n’anticipe pas les conséquences,  il a donc besoin d’un temps pour s’ajuster en live.

L’intention, la volonté est prépondérante dans la mesure où elle introduit un lien causal entre l’action et les conséquences. L’effet d’anticipation ainsi généré permet au cerveau de s’approprier ses actes. C’est le propre de l’agentivité. C’est ce qui permet d’être plus efficient, plus efficace, de sortir d’un mode attentiste/victimaire pour un mode plus actif où on se donne les moyens de nos ambitions. 

A contrario, tout comportement est automatique s’il est réalisé sans se baser sur l’expérience et sans conscience. Agir de façon automatique, sans réfléchir, c’est se priver d’esprit critique, apporter une vision différente qui se confronte à celle en cours avec une argumentation réfléchie, documentée, sourcée.

Agir de façon automatique, hors actions simples qui ne requiert pas de concentration ni d’attention particulière, c’est afficher sa volonté de ne pas s’investir dans l’action, dans l’activité. C’est éviter de se remettre en question, d’accepter une autre façon de faire peut être plus efficiente. C’est ce en quoi il faut lutter dans une équipe quelle qu’elle soit.

 

L’absence de volonté peut se rencontrer en dépression. 

L'aboulie se caractérise par un manque de volonté. Il faut distinguer le manque d'entrain occasionnel d'une personne qui est fatiguée ou surmenée et qui n'arrive pas à faire face à ses obligations de façon momentanée, de la pathologie qui s'étend dans le temps, entraîne un manque de volonté et une incapacité permanente à prendre des décisions et à se fixer des objectifs.

Le sujet est dans l’incapacité à faire et en a plus ou moins conscience mais ne peut rien y faire. Il a tendance à la procrastination, il n'arrive pas à se fixer des objectifs ou à prendre des décisions. Il est également difficile pour lui d'avoir une vie sociale et professionnelle équilibrée, car il n'arrive pas à se fixer d’horaire. La moindre action étant pour lui source de pénibilité, il mettra par exemple un temps fou à se préparer le matin et il arrivera systématiquement en retard. Il est souvent submergé de toutes sortes de pensées parasitaires et ne peut passer à l'action même lorsque cela est nécessaire. 

Pierre Janet définit l'aboulie comme « une altération de tous les phénomènes qui dépendent de la volonté : les résolutions, les actes volontaires, les efforts d'attention ».

L’absence de volonté se rencontre également dans la psychasthénie ou l’apragmatisme. Il s’agit d’une incapacité à effectuer complètement des actions nécessitant une certaine coordination, alors qu'elles peuvent être conçues et qu'aucune lésion neurologique n'est décelée. Ce trouble majeur de l'activité volontaire réalise une inertie dans les conduites sociales avec désintérêt pour les nécessités quotidiennes et potentiellement d’une désinsertion socioprofessionnelle. Il s'observe fréquemment dans les états schizophréniques (source : cilf.fr).

La psychasthénie est un trouble de la personnalité qui se traduit par une appréhension forte et une intense fatigue. Elle est parfois appelée névrose obsessionnelle et se caractérise par une baisse importante de la volonté, elle a des retentissements dans tous les domaines de la vie quotidienne. 

 

Depuis des années, je travaille à comprendre et à développer l’intentionnalité parce que je suis convaincu qu’être conscient de ses actes permet de favoriser l’atteinte de ses objectifs, de lutter contre l’obscurantisme, de développer la curiosité et l’esprit critique. 

Pourquoi certaines personnes sont plus volontaires et conscientes que d’autres ? Est-il possible d’en identifier la frontière ? Peut-on aider une personne à être dans cette dynamique afin qu’elle puisse se donner toutes les chances de réussir ? Dans un monde professionnel et personnel si changeants aujourd’hui, il est juste primordial de s’inscrire dans cette démarche agile !

 

Faire un pas

 

L'effet IKEA pour le management

Par Le 13/03/2022

Une série de 4 études menées avec des personnes qui devaient construire des objets en Lego, faire des origamis ou encore assembler des boîtes Ikea et donner de la valeur à leur réalisation, a permis de montrer ce qu'est l'"effet IKEA". Plus les personnes consacrent du temps et de l'énergie à faire eux-mêmes, plus ils y accordent de la valeur.

Pour que cela fonctionne, il est nécessaire que les personnes participent activement et qu'ils puissent constater le résultat fini (Shapiro, 2004) grâce à l'effort déployé, couplé au sentiment positif et bénéfique du travail achevé et du feedback positif (Dittmar 1992, Furby 1991), sans oublier la croyance d'efficacité personnelle (Rotter, 1954 ; Bandura, 2003). L'effet Ikea est supprimé par la destruction et réduit si la tâche est partiellement remplie.

Les implications pour les managers sont importantes dans un objectif d'inclusion, de développement du sentiment d'appartenance ou encore de l'intentionnalité parce que nous donnons plus d'importance à ce que l'on fait. Donc co-construire un projet d'équipe avec un objectif subdivisé en sous-objectifs fixés dans le temps et atteignables (objectifs proximaux - Galand et Vanlede, 2004) ; communiquer aux autres sur ce projet et exposer les résultats obtenus permet de stimuler la créativité, le processus attentionnel (Moray, 1967 ; Wickens 1984) et motivationnel (Fenouillet, 2003), de renforcer le sentiment d'appartenance et de valoriser la personne et son sentiment d'efficacité (Thill, 1989), la prise d'initiative et l'échange.

CITATION : 

Norton, Michael I., Daniel Mochon, and Dan Ariely. "The IKEA Effect: When Labor Leads to Love." Journal of Consumer Psychology 22, no. 3 (July 2012): 453–460.

 

Effet ikea

 

Qui est Vladimir Poutine ?

Par Le 11/03/2022

Vladimir Poutine n’est pas un autiste - sa fréquence de clignements d’yeux est conventionnelle, il n’est pas non plus un psychopathe - son corps est mobile et en lien avec l'autre.

Il a un corps qui traduit une personnalité antisociale, assurément, et un fonctionnement comportemental de type “conquérant”. Sa tête est peu mobile lors des interviews et il affiche une posture assez rigide. Il fait peu de gestes inutiles. 

Entre 2002 et 2022, en visionnant plusieurs interviews, on peut se rendre compte que sa posture ne varie pas. Son axe de tête est irrémédiablement le même, sur un axe latéral neutre, ou bien penché sur sa gauche avec son hémi visage gauche souvent plus visible que celui de droite laissant entrer les informations, à l’écoute, il fait preuve d’empathie cognitive. Il est dans une logique froide.

Ses coudes sont très souvent posés sur la table, le buste en avant illustre sa présence au niveau du discours et du lien, l’ego s’avance vers l’autre par intérêt.
Sa main gauche est posée sur sa main droite montrant ainsi qu’il se retient mais qu’il pourrait faire preuve de plus de spontanéité. 
Souvent son sourcil gauche le place à distance des autres en s’élevant. D’ailleurs, on s’aperçoit qu’en 2002 le corps de Vladimir Poutine était plus mobile qu’aujourd’hui, plus souriant se prêtant au jeu social. Ce qui n’est plus le cas depuis quelques années.

VP ne fait pas preuve d'empathie émotionnelle, il est intransigeant, déterminé et n’affiche aucune culpabilité, aucun remord. Le mensonge fait bien sûr partie de son mode de communication tout comme l’intimidation. Il affiche une totale cohérence dans sa façon de faire, de gérer les conflits depuis qu'il est au pouvoir (exemple la prise d’otages dans un théâtre en 2002). 

Le trouble de la personnalité antisociale se caractérise par un motif persistant de mépris pour les conséquences et les droits des autres. 
Je trouve assez léger que certains semblent ne le découvrir qu'aujourd'hui.

Science décalée : on peut détecter un psychopathe grâce aux mouvements de sa tête (futura-sciences.com)
Trouble de la personnalité antisociale - Troubles psychiatriques - Édition professionnelle du Manuel MSD (msdmanuals.com)

 

Vladimir poutine

De l''intentionnalité, s'il vous plaît.

Par Le 07/03/2022

Lorsque j'ai modélisé mon process d'analyse comportementale il y a quelques années, je l'avais développé autour d'un axe pluridisciplinaire.

J'y abordais l'agentivité, les défenses archaïques, les théories qui portent l'auto réflexion et la construction de la pensée. 

Dans mon management au quotidien et l'animation de mon équipe, les deux valeurs totems que je porte sont l'esprit d'équipe qui doit prévaloir, et l'intentionnalité qui permet de travailler sur l'individu et ses motivations. Ces deux valeurs sont développées dans la contruction de la pensée de mon modèle mais je dois m'arrêter un instant sur cette notion d'intentionnalité qu'Husserl a porté avec la phénoménologie. C'est une pierre angulaire de l'Etre conscient et pour vous définir ce qu'est ce totem, je dois emprunter à Christine Leroy ("La phénoménologie", Ellipses).

"L'acte du sensible et celui du sens sont un seul et même acte, mais leur quiddité n'est pas la même."

Lorsque je perçois un objet, cet objet existe bien sur le plan physique et matériel, mais la sensation que j'en ai n'est pas l'objet lui-même. Ce que j'éprouve de ma sensation de l'objet n'est pas l'objet, c'est ma perception que j'ai de celui-ci en faisant appel à mes sens.

Lorsque nous "intelligeons" un objet, lorsque nous l'intégrons intellectuellement, psychologiquement, nous en saisissons la forme de tel sorte que nous pouvons toujours penser cet objet même en son absence. C'est l'aire transitionnelle de Donald Winnicott, c'est le "noème" de Husserl, qui est l'objet tel qu'on le pense et le phénomène, la forme de l'objet tel qu'il nous apparaît.

Le mot intentionnalité signifie que la conscience est toujours dirigée vers une chose (au sens psychologique, philosophique), elle donne accès à l'objet pour soi.

"En faisant varier, ne serait-ce qu'en imagination, les diverses manières qu'à l'objet de se donner sous la forme de phénomènes, c'est à dire en le considérant sous différentes perspectives, (...) on cherche le dévoilement progressif du processus intentionnel de la conscience" : c'est la variation déictique.

L'intentionnalité de la conscience semble atteindre sa forme la plus élaborée dans le concept de volonté par son faisceau spécifique d'intentionnalités fondé en raison et engageant corporellement autant que moralement. 

Vouloir c'est décider en raison, se mouvoir physiquement et consentir moralement.

L'intentionnalité c'est donc penser la chose, l'objet, dans son entièreté et l'ensemble des sensations/images qu'elle suscite en nous et surtout, c'est être conscient de ce processus.

 

Infographie analyse comportementale

 

 

How to become a murder ?

Par Le 14/02/2022

According to the theory of Donald Winnicott, our apprehension of life, our motivations, our actions are the consequence of our intra-family relationship. The relationship with the parents, the relationship with the mother and the father are the breeding ground for our ability to adapt, to create, to transform aggressiveness into a positive force.

The benevolence of the family structure and the social interactions are therefore important factors of the child.

Holding is also important but the mother must not substitute her own desire for that of her child.

It’s a physical and psychological protection against threats. A fusion mother, ambivalent, who conveys her fears, makes her baby feel her own shortcomings. Her baby will develop his mindset consequently. Parents have to be reliable and predictables to generate a positive experience which doesn’t distort reality.  

Douglas, Ressler and Burgess have interviewed a population of murderers. According to them, the social links has failed or has been selective. Parents have ignored, relativized or normalized certain behaviors. So, they enhanced these cognitive and emotional distortions of the child.

Child distress due to physical and/or psychological trauma was neglected. Nor was he accompanied or protected. As a result of the abusive events, the child may experience a high level of emotional arousal and when this sustained level interacts with obsessive thoughts, the child’s perceptions and therefore behaviors with others may be altered and inappropriate.

When the child has been neglected and/or psychologically/physically abused, when the parental bond and response is failing, the child may not have an adequate emotional response. Memories of frightening and traumatic experiences shape thought patterns and behavioral responses. 

Faced with the parent’s inability to become role models, the child finds himself incapable of projecting and identifying himself. This incapacity of the parents comes from an absent father or an addict to alcohol and/or drugs, it is due to behavior that is itself abusive, it is due to intra-family violence which the child witnesses, it is due to a home that is not secure for the child.

For these reasons, the child does not develop any affective bond with his/her parents - “caretakers” - who will themselves have no influence on the child or the adolescent.

Acting out stimulates and reinforces the cognitive and emotional patterns of the child, but it also helps to reduce internal tensions and this is true for all acting outs. The red line will always exist for these children, but the only thing that allows them not to cross this limit is the capacity for resilience. This is strongly correlated with the creation of attainable, rewarding goals, generating responsibilities. If so, the child will be a stick of dynamite just waiting for a trigger to explode.


 

Comment devient-on meurtrier ?

Par Le 12/02/2022

Selon la théorie de Donald Winnicott, notre appréhension de la vie, nos motivations, nos passages à l’acte sont la conséquence de notre relation intra familiale. Le rapport aux parents, la relation à la mère et au père sont le terreau de notre capacité à nous adapter, à créer, à transformer l’agressivité en force positive.

La qualité de la structure de la famille et les interactions sociales sont donc des facteurs importants dans le développement de l’enfant.

Le holding est le fait de porter son enfant, que ce soit par la mère ou le père. “L’important est qu’elle ne substitue pas son propre désir au besoin de l’enfant” (A. Lefèvre).

C’est une protection autant physique que psychique, contre toute sorte de menace.

Une mère fusionnelle, ambivalente, qui transmet ses propres peurs, fait ressentir à son bébé ses propres manques. Il va donc se construire en conséquence.

Les parents doivent être fiables, sécurisants, sachant poser des limites. Ils doivent être stables et prévisibles afin de produire une expérience positive mais qui ne dénature pas la réalité (principe de réalité). 

Dans la population de meurtriers, interrogés par Douglas, Ressler et Burgess, ce lien social a échoué ou a été sélectif (“Sexual homicide - patterns and motives”). Les parents - “caretakers” - ont ignoré, rationalisé, relativisé voire normalisé certains comportements déviants. Ainsi, ils ont soutenu et renforcé ces distorsions cognitives et émotionnelles de l’enfant.

La détresse de l’enfant due à un traumatisme physique et/ou psychologique a été négligée. Il n’a pas non plus été accompagné, ni protégé. Consécutivement aux événements abusifs, l’enfant peut éprouver un niveau d’excitation émotionnelle élevé et lorsque ce niveau soutenu interagit avec des pensées obsédantes, les perceptions et donc les comportements de l’enfant avec les autres peuvent être modifiés et inappropriés. 

Lorsque l’enfant a été négligé et/ou abusé psychologiquement/physiquement, lorsque le lien et la réponse parentale sont défaillants, l’enfant peut ne pas avoir de réponse émotionnelle adéquate. Les souvenirs d’expériences effrayantes et traumatisantes façonnent les schémas de pensées et les réponses comportementales. 

Devant l’incapacité des parents à devenir des modèles, l’enfant se retrouve incapable de se projeter et de s’identifier. Cette incapacité des parents vient d’un père absent ou addict à l’alcool et/ou à la drogue, c’est dû à des comportements eux-mêmes abusifs, c’est dû à une violence intra familiale dont l’enfant est témoin, c’est dû à un foyer qui n’est pas sécurisant pour l’enfant.

Pour ces raisons, l’enfant ne développe aucun lien affectif avec son/ses parents - “caretaker” - qui n’auront eux-mêmes aucune influence ni sur l’enfant, ni sur l’adolescent. 

Le passage à l’acte permet ainsi de stimuler et de renforcer les schémas cognitifs et émotionnels de l’enfant, mais il permet aussi de réduire les tensions internes et c’est vrai pour tous les passages à l’acte.

La ligne rouge sera toujours existante pour ces enfants traumatisés mais la seule chose qui leur permette de ne pas franchir cette limite (c’est-à-dire d’enfreindre les règles et les lois sociales), c’est la capacité de résilience. Celle-ci est fortement corrélée à la création de buts atteignables, valorisants, générant ainsi des responsabilités. Le cas échéant, l’enfant sera un bâton de dynamite qui n’attend qu’un élément déclencheur pour exploser.


Modelisation homicide caractere sexuel


 

Les clignements de paupières : un élément gestuel important

Par Le 01/02/2022

En 1965, Jeremiah Denton, officier dans la Navy, est capturé par les nord-vietnamiens. Un an plus tard, il est forcé de participer à une interview de propagande destinée à être diffusée aux Etats-Unis.

Lors de cette interview, il prétexte les lumières aveuglantes pour cligner des paupières de façon anormale. Lors de la diffusion, la Navy comprend rapidement que ses prisonniers détenus au Vietnam sont torturés. Jeremiah Denton, par ses clignements de paupières, avait transmis un message en morse : T.O.R.T.U.R.E. 

Le clignement des paupières est un élément essentiel pour confirmer qu'une personne ressent effectivement une émotion, positive ou négative. Son intensité sera plus grande encore si l'émotion est spontanée que celle liée à un souvenir.

Il a plusieurs fonctions :

Spontané, la fermeture est fugace et ne gène pas la vision. Elle assure la redistribution du film lacrymal et débarasse le film des impuretés.

- Réflexe, il s'agit de protéger l'oeil. On distingue le réflexe sensitif, à la percussion, optico-palpébral, auriculo-palpébral.

- Volontaire, plus long que le clignement réflexe, les causes sont variables selon les personnes et le contexte (A. Faucher - Univ. Sherbrooke).

Ce dernier est intéressant à observer. Dans un environnement relativement neutre, dénué de toute charge émotionnelle, il est admis qu'une personne cligne en moyenne 15 à 20 fois par minute (Univ. College of London - Current Biology, 2005).

Etre attentif à cet élément gestuel permet d'adapter notre communication pour apaiser l'interlocuteur, lui permettre de se recentrer pour retrouver ses moyens. Cela peut également nous permettre de postuler que notre interlocuteur masque ou modifie une partie de la véracité de son discours. Dans ce cas, il clignera moins parce que cela nécessite beaucoup de ressources cognitives. La personne sera donc concentrée à travestir son discours et l'absence, ou une baisse du nombre de clignements, l'isole du monde extérieur lui permettant ainsi de se focaliser sur son discours.

Lien : 

Jeremiah Denton — Wikipédia (wikipedia.org)

Le saviez-vous ? Un prisonnier a transmis un message codé en morse lors d’une interview (dailygeekshow.com)

Jeremiah denton

 

 

Margaux Pinot, Alain Schmitt : analyse des conférences de presse

Par Le 05/12/2021

Je souhaitais vivement analyser ce fait de violences conjugales qui a eu lieu le week end dernier, entre Margaux Pinot et Alain Schmitt, tous deux en couple et judokas.

Un fait d’une violence inouïe dont a fait preuve Alain Schmitt à l’encontre de Margaux Pinot. Les stigmates impressionnants sur le visage de Margaux Pinot et son ITT de 10 jours témoignent sans équivoque du déferlement de violence.

Cependant, Alain Schmitt a été relaxé au grand étonnement de tous. Chacun a donné une conférence de presse pour relater sa version des faits. Occasion qui m’est offerte pour observer et analyser les deux stratégies de communication et quels sont les gestes qui pourraient être non congruents avec le discours.

Alain Schmitt apparaît avec un hématome sous l'œil droit. Ce qui me questionne, c’est son discours dissocié avec l’emploi du pronom “on”, formulation très impersonnelle. Il s’extrait, en tant que personne, de l’action. Dans le cadre d’une stratégie où le partage en responsabilité est visé, il a raison mais risqué car pas très fin. Son sourcil gauche est fréquemment surélevé par rapport à celui de droite, ce qui va dans le sens de la dissociation. 

Egalement, il ne cligne que peu des paupières alors que nous pourrions nous attendre à un minimum d’émotion… de type tristesse, peur… mais comme nous le verrons plus loin, l’émotion ressentie est toute autre.

Puisqu’il n’est pas dans l’émotion, il est dans le contrôle pour en dire le moins possible bien sûr, juste ce qu’il faut pour ne pas trop s’incriminer. Le geste qui illustre fort bien cela, c’est sa main droite (l’analyse) qui vient se poser sur son poignet gauche (la spontanéité) pour rester dans le paraître.

Ses lèvres sont contractées, ce qui traduit une colère contenue. Certains gestes sont quand même cohérents, lorsqu’il dit “je suis redescendu dans la voiture” (57sec), sa main droite illustre bien cela. 

Certains éléments semblent anachroniques comme lorsqu’il évoque sa lettre de démission… que vient faire ce détail dans une description des faits qui devraient traduire de l’émotion ? Alain Schmitt fait également des défocalisations actives, c'est-à-dire que son regard vient fixer un point devant lui lorsqu’il relate une action. Mais cela est fait en toute conscience, ce qui l’extrait encore un peu plus de l’action dont il souhaite se soustraire (1 min 16 sec). Cette façon de fixer son interlocuteur avec les sourcils hauts illustre un désir de voir si l’autre est sensible à ses mots. “Tu me crois quand je dis ça”... c’est ce que veut dire cet item.

Le point très important dans ce témoignage, et que je retrouve dans celui de Margaux Pinot, est à 1 minute 33 secondes : “je me retrouve dans le lit”, avec sa main droite qui vient gratter le côté droit de son nez. C’est un item qui indique que ce qu’il dit à ce moment-là le dérange. Et c’est précisément à ce moment-là que tout dérape.  Qu’a-t-il fait pour que Margaux Pinot le rejette et lui fasse perdre son sang froid ? 

Alain Schmitt montre malgré lui qu’il est très sensible à l’humiliation, “je me suis senti humilié”, (3 minutes 05 sec) dit-il en se pinçant le nez avec sa main gauche. C’est lui dans sa chair, alors est-ce que cela lui a rappelé des souvenirs traumatisants subis à l’adolescence ?  

Je peux également le constater lorsqu’il dit : “elle m’a agrippé le col” en se mordant la lèvre inférieure (3 minutes 26 sec), un item de colère contenue ou encore à 6 minutes 14 et 6 minutes 30 lorsqu’il laisse apparaître - dans ce qu’on appelle dans notre jargon de synergologue - une lèvre de chien. La partie droite de la lèvre supérieure se réhausse, laissant apparaître les dents.

Enfin, Alain Schmitt termine cette conférence de presse par un “voilà” qui marque la fin d’une séquence qui aurait très bien pu être un discours de départ en retraite.

La stratégie de Margaux Pinot est toute autre. Elle fait montre de détails et de pronoms personnels, “je”, “il”. Elle cligne des paupières plus qu’à la normale, ce qui montre une forte émotion. Son regard se défocalise passivement dans son discours, c’est-à-dire que son regard se perd mais inconsciemment parce qu'elle se met dans sa bulle pour revoir la scène. Elle s’y associe. Elle s’y revoit.

Les commissures de sa bouche sont tombantes, illustrant de la tristesse sur le mot “alcoolisé”. Malheureusement, cet item induit aussi une récurrence. 

Chaque fait qu’elle relate est ponctué par sa langue qui sort rapidement, symbole qu’elle ne souhaite pas forcément évoquer cela publiquement. 

A 2 minutes 11 secondes, lorsque Margaux Pinot évoque les nombreux propos dévalorisant qu’elle subit, son buste (pour la seule fois de la vidéo) part en arrière. Elle veut fuir ces propos qu’elle a entendu trop souvent et qui, non seulement la blesse, mais lui fait perdre toute confiance en elle. 

A 2 minutes 34 secondes : “il s’est approché du lit, il a fait un geste et je l’ai repoussé”. Cette phrase aurait pu être anodine si le déferlement de violence n’avait pas suivi. Ce geste de rejet qu’elle a eu a été le déclencheur du passage à l’acte. Par ce geste, elle prend l’ascendant sur lui et il ne le supporte pas. 

Mais quel geste a fait Alain Schmitt que Margaux Pinot a repoussé ? Quelle était l’intention d’Alain Schmitt ? Vouloir coucher avec elle et il se serait fait repousser ? Pour une personne qui souhaite avoir l’ascendant sur l’autre, pour quelqu’un qui se considère être un “bonhomme”, un “mec” dans tout le symbolisme du mâle viril, c’est insultant de se faire repousser, c’est intolérable. Si l’envie de lui faire perdre ses gonds était là, voici un levier tout trouvé !

Le geste d’amour qu’il aurait pu avoir eut été de la laisser partir. Mais dans notre société aux comportements violents, que ce soit dans l’éducation, dans la vie sociale, professionnelle, dans l’attitude de certains politiciens, dans les mots employés au quotidien, comment cela pourrait en être autrement ?

Lorsqu’un parent traite son jeune enfant d’idiot, d’imbécile voire de con parce qu’il n’a pas fait quelque chose qui apparaît logique pour le parent, c’est déjà de la violence qui s’imprime dans l’inconscient. C’est déjà le dévaloriser. Le soumettre. Le placer en position d’infériorité. La question est de savoir comment l’enfant va traiter cette information pour faire qu’elle ne l’affecte pas…

 

Les liens vers les vidéos :

Alain Schmitt, conférence de presse : L'ancien judoka Alain Schmitt donne sa version des faits - YouTube

Margaux Pinot, conférence de presse : Violences conjugales: le témoignage de Margaux Pinot en intégralité - YouTube

 

Alain schmitt Margaux pinot

Une question d'ego

Par Le 05/11/2021

Est-ce que l’impossibilité d’avoir un débat contradictoire ne viendrait-il pas d’un problème d’ego ? Est-ce que dans notre société hyper connectée et fondée sur l’individualisme, sur une éducation plus permissive et la sacralisation de l’enfant roi, fait que nous n’envisageons pas/plus que l’autre ait possiblement raison ? Et qu’il faille donc écouter ses arguments (autres que ceux entendus dans les émissions de téléréalités et de pseudo divertissements Hanounesques) pour autant qu’il y en ait (des arguments) ? Mais avant tout, qu’est-ce que l’ego et pourquoi serait-il mal placé ?

L’ego, c’est la conscience que l’on a de soi, c’est ce qu’on pense être notre personnalité. En psycho, l’ego peut être vu comme notre “moi”, c’est-à-dire une instance qui écoute nos pulsions, nos désirs, nos envies mais qui est chargée également de les réprimer, de les restreindre, de les rediriger dans la mesure où elle est en relation avec le monde extérieur. Ce monde extérieur qui est régenté par des REGLES de fonctionnement.

Ainsi, le “moi” accepte les désirs (du “ça”, réservoir des pulsions) uniquement s’ils peuvent s’exprimer conformément aux principes de réalité. C’est le médiateur.

Cependant, il y a une différence entre ce que je crois savoir de moi et ce que je suis vraiment. Notre ego est notre conscience qu’on a de nous-même mais elle est limitée, imparfaite et soumise à des déterminismes, le moi s’éloigne largement de notre être réel. Il est à la fois conscient et inconscient et par ses filtres sociaux, il met en place des stratégies comportementales et des mécanismes de défense pour trouver sa place dans la société. 

“Le moi est donc limité à notre personnalité : il est notre posture sociale, ou encore le personnage que nous nous sommes construit sur la base de nos instincts, de notre éducation, de notre psychologie, de notre vécu, de nos relations, de notre histoire personnelle, etc... C’est une carapace qui fonde le « je » que nous croyons être, et qui certes nous permet de survivre dans notre environnement, face aux autres.”

S’il a peur, s’il se sent menacé, alors il se protège, il se replie et a tendance à exclure tout ce qui ne va pas dans son sens. Alors on s’énerve parce qu’on entend un mot qui réveille quelque chose en nous (alors qu’en vrai, l’intention de l’autre n’était pas de nous heurter). Donc, si notre éducation et nos expériences de vie ne nous ont pas inculqué l’ouverture d’esprit et envisager que l’autre peut avoir un avis différent du nôtre, il ne peut exister d’échange contradictoire. C’est ce qui fait que lorsqu’une personne n’est pas d’accord et qu’elle le verbalise, alors la houle se lève et la communication s’interrompt. Et si la communication se rompt, alors tout s’arrête, chacun repart dans son monde imperméable et pauvre. 

Quelles solutions ? La réflexivité (j’envisage que l’autre ait raison), la communication non-violente, l’assertivité, l’authenticité et l’empathie. Encore une fois, si nous ne sommes pas compétents dans un domaine, il vaut mieux faire profil bas et aller se renseigner a posteriori sur le sujet, ce qui nous donnera des arguments pour la prochaine fois. Si un mot ou une intonation semble nous énerver ou nous interroger, on peut aussi demander à l’autre de préciser sa pensée ou de lui dire que son ton semble être un tantinet dur. Il suffit de dire les choses...

“Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes qui, l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir”, disait Henri Poincaré.

Réf. : “La différence entre le moi et le soi”, (jepense.org) ; Freud

 

Ego

Le cerveau des hommes vs celui des femmes

Par Le 04/11/2021

Certaines réflexions que j’entends ou qu’on m’oppose trop régulièrement est que le cerveau des femmes n’est pas le même que celui des hommes. Et que comme ils sont “génétiquement” ou “naturellement” différents, tout peut être expliqué par cette évidence ! C’est bien pratique puisqu’on fait fi de la responsabilité individuelle et de la possibilité du choix. Cet argument fonctionne d’ailleurs assez bien pour n’importe quoi ! C’est la génétique donc c’est comme ça… Bien sûr, dans ces cas-là, la ou les personnes sont incapables d’argumenter leur position et elles sont aussi incapables d’entendre ma réflexion. Les échanges contradictoires sont très difficiles aujourd’hui, voire quasiment impossibles à avoir. La position est tenue par l’égo et la méconnaissance (prochain sujet d’article : l’égo !). Lorsqu’on n’est pas compétent sur un sujet, mieux vaut le dire, c’est toujours mieux que de s'arc bouter sur un argument lu à moitié dans la presse people ou entendu en vol lors d’une émission de vulgarisation.
 
Ma réflexion de psycho évolutionniste est celle-ci : l’outil cerveau est identique pour l’Humain  mais l’évolution (Darwin) fait que l’outil a été ajusté selon les expériences, les environnements de chacun(e) - comprendre femme versus homme. 
 
Le cerveau d’un homme est-il différent de celui d’une femme ? 
 
S’il existe bel et bien des différences entre le cerveau d’un homme et celui d’une femme, la réponse est plus complexe que ça puisqu’un cerveau humain est un cerveau humain. De la même façon qu’un cerveau de fourmi mâle est le même que celui d’une femelle. C’est le même outil que l’évolution a façonné différemment selon plusieurs données, environnements, conditions. 
 
Mais que ce soit par la taille, la constitution ou le volume de certaines régions cérébrales, en moyenne, le cerveau des hommes et des femmes n’est pas identique. Et ces différences s’expliquent en partie par des différences liées à l'éducation, certains stéréotypes et par la psycho évo Darwinienne (Franceschini et aI., 2014).
 
En fonction du sexe, en ayant développé des compétences différentes et étant soumis aux stéréotypes genrés, il est évident d’observer des différences de performances entre hommes et femmes. Mais il existe réellement des différences dans le développement, dans la structure et les résultats à certains tests comme la rotation mentale (Lenroot et al., 2007, Ruigrok et al., 2014, Parsons et al., 2004 ; Moè, 2009) entre le cerveau d’un homme et le cerveau d’une femme.
 
Durant l'adolescence, la croissance cérébrale diffère chez les garçons et les filles, ce qui aboutit à des connexions différentes selon les sexes. Les hommes sont davantage branchés d'avant en arrière, tandis que les femmes le sont plutôt de droite à gauche. 
Une étude récente mettait en évidence que les femmes savent davantage faire preuve d'attention que les hommes, elles ont aussi une meilleure mémoire des mots et des visages, et manifestent une plus grande intelligence sociale et une plus grande empathie. 
En revanche, elles se trouvent moins brillantes en ce qui concerne la capacité à traiter l'information visuelle par exemple.
 
Les chercheurs ont comparé les cerveaux et globalement, les hommes présentent beaucoup de substance blanche*, qui caractérise surtout les connexions entre les différentes régions de l'encéphale. À l'inverse, les femmes sont mieux pourvues en matière grise*, point de départ de la pensée.
 
Les branchements s'orientent différemment selon le genre. Pour les hommes, ils sont plus denses au sein d'un même hémisphère, donc pour des liaisons d'avant en arrière. Pour les femmes, les trajectoires perpendiculaires sont renforcées, car elles disposent de davantage de connexions entre chacun des hémisphères. Ces connexions dans le cerveau évoluent à l’adolescence.
 
Chez les hommes, l'information passe bien entre le cortex frontal, siège de la coordination de l'action, et le cervelet, à l'arrière de l'encéphale, qui gère les mouvements. À l'intérieur de cette structure, les scientifiques ont malgré tout observé de nombreuses connexions d'un hémisphère à l'autre. Ces données suggèrent donc une meilleure aptitude pour l'exécution des tâches motrices. 
 
Les femmes montrent davantage de câblages entre l'hémisphère droit, qu'on schématise souvent comme étant lié à l'intuition, et l’hémisphère gauche associé à la logique. Elles seraient donc mieux équipées pour intégrer les données. 
 
Les chercheurs ont également observé l'ampleur des différences en fonction de l'âge. Entre 8 et 13 ans, les cerveaux demeurent assez ressemblants selon les sexes. En revanche, ils sont les plus dissemblables entre 14 et 17 ans, en plein milieu de l'adolescence, avant que les différences ne s'atténuent un peu chez les jeunes adultes.
 
 
 
 Cerveaux hf
 

Réf. : 
“Neuromythes : cerveau masculin versus cerveau féminin”, 08.03.2018, par Christophe Rodo, doctorant ATER Aix-Marseille Université
PNAS January 14, 2014 111 (2) 823-828 ; https://doi.org/10.1073/pnas.1316909110, Edited by Charles Gross, Princeton University, Princeton, NJ, and approved November 1, 2013 (received for review September 9, 2013)
Matière grise et matière blanche du cerveau: définitions | Psychomédia (psychomedia.qc.ca) 
La substance blanche, support de l’intelligence ? | Cerveau & Psycho (cerveauetpsycho.fr)

 
*La matière grise du cerveau contient les corps cellulaires des cellules nerveuses (neurones) alors que la matière blanche contient les fibres nerveuses (axones des cellules nerveuses) entourées d'une gaine de myéline protectrice (voyez l'illustration d'un neurone plus bas). La myéline, qui donne la couleur blanche, agit comme un isolant qui facilite la transmission des signaux transmis par les fibres nerveuses. La matière grise est distribuée dans le cortex (surface des hémisphères cérébraux et du cervelet), et plus profondément, dans les noyaux (ex. thalamus, hypothalamus), dans le tronc cérébral et la colonne vertébrale. Les structures de la matière grise traitent l'information provenant des organes sensoriels ou d'autres régions du cerveau constituées de matière grise. La matière blanche est composée de faisceaux de fibres qui connectent les différentes régions de matière grise et transmettent les communications entre les cellules nerveuses.
Quel est le rôle de la substance grise ? La substance grise assure la fonction de centre nerveux : réception des messages, analyse complexe des informations, élaboration des réponses. ... Comparée à la substance blanche, elle est ainsi en quelque sorte la partie « noble » du système nerveux.
La substance – ou matière – grise est le lieu des opérations mentales et du stockage des informations. C’est la couche externe du cerveau ou cortex ; elle est composée d’un grand nombre de corps cellulaires neuronaux – les régions des neurones qui intègrent des informations. Mais en dessous, il existe un socle de substance blanche qui remplit près de la moitié du cerveau humain – une proportion beaucoup plus élevée que dans le cerveau d’autres animaux.
Qu’est-ce que la substance blanche ? Ce sont des millions de câbles de communication, chacun contenant un fil unique, ou axone, entouré d’une substance grasse blanche, nommée myéline. Ces câbles blancs relient les neurones d’une région du cerveau à ceux d’une autre (voir l’encadré page 50). Pendant des décennies, les neuroscientifiques se sont peu intéressés à la substance blanche. Ils considéraient la myéline comme un simple isolant et les axones comme de banales voies de passage passives. Les théories de l’apprentissage, de la mémoire et des troubles psychiques reposaient sur des mécanismes moléculaires ayant lieu dans les corps cellulaires des neurones et dans les synapses – les points de contact entre neurones.
Mais le transport correct de l’information entre les aires cérébrales est nécessaire au bon fonctionnement du cerveau. Des personnes ayant des expériences « mentales » différentes ou présentant certains dysfonctionnements n’ont pas la même quantité de substance blanche. Et cette quantité change aussi par exemple au cours de l’apprentissage ou de la pratique d’un instrument, tel le piano. Bien que ce soient les neurones de la substance grise – ou plus précisément leurs corps cellulaires – qui intègrent et exécutent les activités mentales et physiques, l’intégrité de la substance blanche serait tout aussi importante pour maîtriser certaines capacités mentales et sociales, et expliquerait aussi pourquoi les personnes âgées ont des difficultés pour apprendre.

 

 

Inhibition Divine...

Par Le 19/10/2021

Dans les pays anglo-saxons, la part du religieux occupe une place importante que ce soit dans la sphère privée que dans la sphère professionnelle. Ainsi, les croyants passent un temps certain à penser à leur Dieu pendant qu’ils s’affairent.  

Est-ce que pour autant, cela influe sur leur créativité ?

Les recherches actuelles suggèrent qu’effectivement les croyants partent avec un désavantage - par rapport aux non-croyants - dans les tâches qui demandent de la créativité et que cela est nettement renforcé lorsque les croyants pensent activement à leur Dieu et s’en remettent à Lui. Se faisant, les croyants adoptent un état d’esprit passif qui inhibe leur capacité à trouver des solutions novatrices. 

Parce que les adeptes acceptent l’influence de leur Dieu, son omniscience, son omnipotence, cela induit qu’ils s’en remettent totalement à Lui. Les croyants, qui ont une foi profonde, partent donc du principe que leur Dieu seul détient le savoir, la connaissance et l’expertise.

Les croyants construisent socialement leurs rôles en fonction de la vision qu'ils ont quant aux responsabilités inhérentes du rôle de “suiveur” et sur la meilleure façon de les assumer efficacement. L'hypothèse sous-jacente est que les différences de rôles hiérarchiques sont légitimés et justifiées par des différences de connaissances, d'expertises et d'aptitudes. 

Les suggestions qu’ils pourraient faire sont donc auto censurées, même s’ils ont l’opportunité de les verbaliser. Pour eux, ce serait se montrer irrespectueux envers leur Dieu. 

Le fait de suivre passivement leur Dieu ne décourage pas seulement la pensée indépendante, elle donne également la priorité à une vision d’un monde global déjà établi et pétri de certitudes.

S’il y a des croyants passifs, il y a logiquement des croyants actifs.

Pour ces derniers, ils se voient actifs dans leur foi comme producteurs et partenaires dans le process de décision. S’ils acceptent l'influence de leur Dieu, ils soulignent également l'importance de s'exprimer, d'offrir des opinions et de contester de manière constructive les orientations de leur leader. 

 

Divine inhibition: Does thinking about God make monotheistic believers less creative? - ScienceDirect

In god we trust


 

Pourquoi s'en remettre à l'expert ?

Par Le 16/10/2021

Montrer à une personne ses lacunes dans certaines de ses connaissances le rend plus ouvert à l’avis des experts. 

Alors que certaines personnes surestiment leurs connaissances dans certains domaines (économique pour l’étude citée en bas de l’article), induire un sentiment d’ignorance leur permet de se remettre en question au regard de l’avis des experts plus compétents.

Aujourd’hui, l’influence de l’avis des experts a disparu. C’est flagrant avec la crise du Covid-19, les gens pensent en savoir plus que les scientifiques sans jamais pouvoir valider leur avis par des sources fiables. Ils savent et s’en remettent à l’avis d’autres personnes qui partagent évidemment leur avis (biais de confirmation). 

Mais pourquoi ne s’en remettent-ils pas aux avis éclairés des experts, des scientifiques ? 

Pas plus tard que la semaine dernière, je discutais avec deux voisins de chiens, notamment primitifs puisque j’ai un Akita Américain et un Akita Inu. Inévitablement la discussion a dévié vers le pass sanitaire et la nécessité de se faire vacciner. Mes deux voisins étaient contre et avançaient des arguments fumeux sans aucune référence. Je me suis retenu de contre argumenter, le débat contradictoire ne prévaut pas en ce moment, mais je me suis fait la réflexion qu’un nombre important de personnes font la même chose que mes deux voisins.

Les chercheurs de cette étude ont trouvé que les gens revoient leur avis en se confrontant à l’opinion publique, mais pas à celui des experts ! Insensé… 

Cependant, lorsque les lacunes dans les connaissances sont exposées, les gens révisent leurs croyances beaucoup plus en réponse à l'opinion des experts. Ce qu'ils ne faisaient pas avant que leurs lacunes ne soient exposées. L'exposition de ces lacunes n'avait pas besoin d'être liée au sujet. Par exemple, le fait de ne pas expliquer comment un hélicoptère prend son envol entraîne une révision similaire des croyances sur des questions économiques, comme l'assurance maladie.

Si vous souhaitez faire changer l’opinion d’une personne, essayez de lui faire reconnaître ses méconnaissances du sujet, mais pas de manière frontale. Il faut se montrer plus fin comme lui faire évoquer au préalable un sujet qu’il maîtrise. C'est en échouant à expliquer quelque chose que nous reconnaissons ce que nous ne savons pas et que nous faisons l'expérience d'un état d'humilité intellectuelle qui nous permet d'être plus réceptifs aux informations. 

 

https://www.researchgate.net/publication/346510541_Inducing_feelings_of_ignorance_makes_people_more_receptive_to_expert_economist_opinion

 

Avis d expert

Pourquoi feindre d'être une victime ?

Par Le 11/10/2021

La victimisation suscite généralement l'empathie/la sympathie des personnes. Dans une stratégie comportementale consciente, jouer les victimes peut s'avérer être d'une efficacité redoutable pour obtenir certaines ressources : financières ou psychologiques en s'octroyant une certaine légitimité et ainsi l'impunité morale.

La plupart des victimes renonceraient à ce "pouvoir" si elles pouvaient se débarrasser de cet état. Mais lorsque le statut de victime apporte certains avantages, cela peut inciter certains manipulateurs à exagérer voire à simuler totalement cet état.

https://quillette.com/2021/02/27/the-evolutionary-advantages-of-playing-victim/

 

Victimisation

Dominance perçue sur le visage : un avantage ?

Par Le 14/09/2021

L'apparence, la structure d’un visage peut traduire de la dominance ou de la soumission (Collins & Zebrowitz 1995 ; Keating et al. 1981b ; Mazur et al. 1984 ; Mueller & Mazur 1996 ; Zebrowitz & Montepare 1992 ; Zebrowitz et al. 1993). Lorsqu’il est perçu comme dominant - je préfère l’adjectif “assertif” pour ma part - le visage est un prédicteur fiable et constant pour prédire la réussite d’une carrière. 

Dans une étude conduite par Mueller & Mazur sur une cohorte de cadets de la promotion d’officiers de 1950 de l’école militaire de West Point (USA, 1998 - “Facial dominance in homo sapiens as honest signaling of male quality”), il ressort que le sentiment de dominance véhiculé par le visage revêt une dimension cruciale du potentiel de statut élevé. Les chercheurs n’ont en revanche pas trouvé de corrélation avec le critère “beauté”.

Mueller et Mazur ont défini la dominance faciale comme “le degré auquel une personne est jugée en fonction de son apparence faciale en tant que dominant, autoritaire et leader, comme opposé  à quelqu’un qui est subordonné, obéissant et suiveur” (trad. P. Gouillou).

Le visage joue un rôle crucial dans la cognition sociale humaine (Morris et al. 1996). Chez tous les primates, les expressions faciales sont des signaux importants des états internes : émotions et intentions. C’est d’ailleurs également le cas dans l’éthologie canine.

Des relations positives ont été observées, dans cette étude, entre le statut élevé et les caractéristiques physiques ostensibles comme la taille, un physique athlétique et l’attractivité. 

L’assertivité dégagée par le visage peut signaler des intentions (Harper 1991 ; Maynard Smith & Harper 1988) ainsi qu'un potentiel d'action ; par exemple, des mâchoires fortes ou des pommettes larges - caractéristiques qui contribuent à la dominance faciale perçue (Cunningham et al. 1990) - peuvent indiquer une force physique supérieure (ex. : Sébastien Chabal). 

À l'inverse, les personnes ayant un visage poupin comme de grands yeux, des sourcils hauts et fins, un visage rond, de petites arêtes nasales sont perçues comme plus enjouées, plus faibles et plus soumises (Berry 1990) et se décrivent comme moins agressives (Berry 1991) (par exemple : Carlos pour ceux qui connaissent).

Il faut par ailleurs distinguer le comportement dominant, qui vise à obtenir et à maintenir un statut élevé d’un comportement qui vise à un plus grand contrôle des ressources sur un congénère. Le comportement dominant peut être utile pour quelqu'un qui aspire à une carrière dite “verticale” (en termes de motivation), cependant cet objectif n'est généralement atteint que si la personne possède d'autres compétences sociales et cognitives nécessaires  pour obtenir des autres une certaine forme d’aide. Sans ces compétences sociales, le comportement dominant sera perçu comme un comportement antisocial et contre-productif. C’est le cas pour les criminels, les pervers narcissiques, les manipulateurs, les harceleurs... Les synergologues reconnaîtront la posture “positive” et “négative” du profil “conquérant”.

Le comportement dominant, assertif, est une attitude sociale élémentaire et importante dans toutes les sociétés humaines et animales. Dans l’étude de Mueller & Mazur, si les personnes interrogées classent de manière fiable les visages selon une dimension de dominance-soumission, il faut bien avoir en tête que leurs réponses correspondent à leur expérience personnelle, individuelle (apprentissage vicariant de Bandura). 

Compte tenu des aptitudes cognitives, empathiques, sociales et sportives requises, la dominance faciale perçue semble être un facteur supplémentaire crucial pour la réussite professionnelle.

 

Carlos chabal

Un geste ordinaire

Par Le 04/09/2021

 

« Émettre l’hypothèse que la personne est curieuse lorsqu’elle applique sa main sur le haut de son nez pour le caresser ou le gratter, est l’explication la plus logique en l’état des connaissances. Dans la zone du nez, huit microdémangeaisons font ainsi l’objet d’horizons de sens différents ; chaque zone touchée, grattée ou caressée inconsciemment exprime un non-dit. Lorsque la personne se gratte à l’aide de la pince pouce-index sous le nez en l’obturant, ce mouvement traduirait un malaise :  il y a un problème.  Et bien évidemment ce geste est inconscient. La proposition consistant à comprendre qu’il y a un problème lorsque la personne effectue ce type de microdémangeaison, constitue aujourd’hui l’explication la plus plausible » (P. Turchet).

Ce mouvement peut s’observer assez fréquemment et ce qui est intéressant, c’est de le confronter aux propos de cette même personne, voire son sourire social…

Dans les vidéos suivantes, ce geste est effectué pour masquer l’émotion négative ressentie par son auteur. Un geste qui se veut fait en catimini, l’air de rien...